Belle histoire (21) : en Gironde, la forêt renaît déjà

C’est une histoire naturelle. Celle de la forêt, encore. Deux mois après les feux dans le département, feux parmi les plus ravageurs depuis un siècle, les premiers signes du renouveau sont là.

 

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Les forêts sont puissamment résilientes surtout aux incendies. En juillet nous étions choqués par l’ampleur et la virulence des feux. Aujourd’hui le sol est par endroit tapissé des feuilles vertes des fougères et des repousses sont visibles au pied de nombreux arbres (image 1 francetv.fr).

Comme le montre la vidéo en fin de billet les flammes n’ont pas tué tous les arbres, sous l’écorce la sève continue de couler. La vie est là. Les animaux reviennent.

« Beaucoup de renards, on voit quelques lièvres, on a vu quelques chevreuils aussi ».

Les forestiers coupent une partie des arbres qui serviront dans l’économie locale, et pensent déjà au reboisement des parcelles où c’est nécessaire. La forêt peut renaître seule, mais comme nous n’acceptons plus les processus naturels (régénération par le feu) nous devons l’accompagner, enlever le surplus, débroussailler, réaménager.

Le pin maritime reste privilégié.

« Certains spécialistes pointent du doigt justement ces pins maritimes pour leur côté particulièrement inflammable. « Dabord, cest une essence qui marque le paysage local, argumente Francis Maugard, lui aussi responsable risques naturels à l’ONF Nord-Aquitaine. Ensuite, c’est une essence qui produit du bois, qui est utilisé localement et qui génère de l’emploi. La gestion qu’on pratique fait que le pin maritime est plus ou moins sensible à l’incendie.

 

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Si on limite la continuité de la végétation basse horizontalement et verticalement qu’on fait du débroussaillement aux endroits où ça s’impose, le pin maritime n’est pas plus dangereux en termes d’incendie qu’une autre espèce. »

Il est vrai que sans les incendies volontaires, les accidents et les négligences il y aurait 90 % de feux en moins. Néanmoins en certains endroits du chêne liège, très résistant au feu, sera planté.

La tempête de 1999 avait détruit une partie de la forêt, comme un grand feu. L’incendie de 2022 (image 2 ONF) a laissé des arbres intacts et des îlots de verdure ont échappé aux flammes. 

Aujourd’hui la forêt touchée en 1999 a repris ses droits, aidée par une gestion humaine intelligente comme à Arsac dans le Médoc, au nord de Bordeaux.

« Aujourdhui, plus de la moitié du massif forestier arsacais revit. Il a fière allure avec sa forêt de pins cultivés, ses zones humides préservées, ses taillis conservés et ses espaces aménagés ouverts dans une biodiversité qui lui conserve ses caractéristiques d’antan tout en préservant son avenir. Un avenir qu’il convient d’envisager sereinement avec - pourquoi pas ? - une association de gestion le garantissant. »

La forêt n’a qu’une idée en tête sous sa belle canopée: pousser, pousser encore.

 

 

 

 

 

 

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