Du cas Bayou au cas Rousseau

La guillotine médiatique est passée. Actionnée par Sandrine « buzz » Rousseau, députée écolo, elle a dézingué le chef Julien Bayou.

 

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Dans une séparation douloureuse le Julien a été accusé de violence par sa compagne. C’était au début de l’été. Il s’en est défendu au Figaro et a demandé à être entendu par la Commission ad hoc de son parti.

Malgré quatre demandes il n’a toujours pas été entendu. Et pendant deux mois on a amalgamé implicitement les supposés méfaits de monsieur Bayou avec des violences sexuelle. En septembre Sandrine Rousseau accuse formellement Julien Bayou à la télévision. Elle déclare:

« J’ai reçu chez moi très longuement une ex-compagne de Julien Bayou, je pense que des comportements sont de nature à briser la santé morale des femmes. »

Et ajoute:

« Au moment où j’ai reçu cette femme, elle était dans un état très déprimé, elle était très mal, elle a d’ailleurs fait une tentative de suicide quelques semaines après. »

Il doit y avoir des traces, des preuves de cela. Lesquelles? Quels sont les éléments factuels qui permettent de différencier une pression psychologique malveillante d’un ressenti de déception, à la fin (non choisie) d’une relation?

En exhibant le « cas » Bayou elle se mettait elle-même en posture délicate. Car sa déclaration est grave pour ce qu’elle montre de cette nouvelle « justice » publique expéditive qui n’a qu’un but: détruire socialement la cible avant toute autre considération.

Elle aime dresser des bûchers et faire flamber. Il brûle, le Bayou.

 

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Madame Rousseau fait entre autres un diagnostic sans y être autorisée, sans moyens explicites de vérification, et jette dans la fosse son chef, à quelques mois des élections internes au parti EELV.

J’assimile cela à une forme de terrorisme social. La contradiction est évacuée, ou si elle a lieu elle est biaisée ou formulée par médias interposés. Je lis que monsieur Bayou ne sait pas de quoi il est accusé et qu’aucune plainte n’a été déposée.

L’argument de la violence psychologique doit être objectivement démontré. Un ressenti éventuel n’y suffit pas. Et puis il n’est pas si exceptionnel que l’accusation de violence soit brandie pour obtenir des avantages dans un divorce difficile. La violence de certaines séparations touche les hommes comme les femmes. Il y a beaucoup d’hommes démolis après des séparations difficiles.

Aujourd’hui la dénonciation publique, sans procès, sans éléments vérifiables, fait penser à des régimes que l’on aimerait disparus. ici, le bouc émissaire est l’homme.

Selon le Nouvelobs:

« L’affaire Rousseau-Bayou est un modèle des excès de l’activisme d’une catégorie de militantes néoféministes qui, inconsciemment, ou sciemment, c’est selon, glisseraient dans le procès public, dans une forme d’inquisition express, sans même que la justice ne soit saisie. »

 

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Et selon Libé:

« … Il y avait clairement, dès 2019, une campagne animée par des féministes pour le faire tomber», raconte une ancienne compagne de l’écologiste… »

La psychanalyste Sabine Prokhoris, féministe et auteure de « Le mirage MeToo », analyse critique du mouvement, résume ainsi la question: « L’affaire Bayou, symbole de ce nouveau catéchisme qui est en train de balayer la justice. »

Je constate que dès que Julien Bayou a parlé dans la presse, il s’est mis dans un engrenage terrible pour lui. Le mal est fait. Actuellement le crime social a réussi: il est hors service, il a démissionné de ses fonctions.

Je constate également que seuls des hommes sont accusés et sommés de rendre des comptes. N’y aurait-il aucune femme violente, querelleuse, excessive, brisant la santé morale des hommes? 

Ne doit-on pas analyser chaque situation en elle-même et non à l’aune d’une idéologie? Ne prolonge-t-on pas indéfiniment le rôle de « méchant » de l’homme, comme les pères dans le couple parental, la mère étant la consolatrice?

Ne prendrait-on pas en compte comment les hommes fonctionnent, du moins ce qu’ils ont en commun, en particulier qu’historiquement ce sont eux qui s’exposent dans la séduction et qu’ils sont donc facilement critiquables? Qu’ils ne sont pas forcément mauvais s’il commettent un impair, comme ne le sont pas forcément les femmes qui en commettent? (L’idéal serait de n’en commettre jamais, mais cela arrive quand-même).

 

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Nous pourrions en vouloir à toutes les personnes qui nous ont heurté. Je préfère ce mot à offensé, car dans l’offense il peut y avoir malveillance alors que heurter est seulement faire bouger quelque chose sans intention de blesser. Pour ma part j’ai choisi une autre voie: faire au mieux ici et maintenant, sans rabâcher le passé, sans me plaindre ni reproduire mes propres erreurs.

Nous ne savons rien de la relation de Julien Bayou avec sa compagne. Quels sont ces comportements de nature à briser la santé morale des femmes, comme le dit Sandrine Rousseau? Et, tiens, n’y a-t-il pas des comportements féminins de nature à briser la santé morale des hommes? Je pense que les choses doivent se régler entre les personnes concernées, parfois avec le soutien d’une médiation, mais pas par des manœuvres dilatoires.

Nous savons seulement que Julien Bayou s’est retiré de ses fonctions majeures, et que Sandrine Rousseau campe sans état d’âme sur la visibilité gagnée avec son buzz.

 

 

 

Catégories : Politique, société 5 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Le plus compliqué dans tout ça, c'est qu'on se retrouve à discuter de la vie de couple d'inconnus. Ca fait penser à "France Dimanche" et "Ici Paris", si on a encore de telles références ;-))))

    Certes, les personnages publics et les responsables politiques ont un autre statut que les citoyens anonymes, mais tout de même : comment se faire une opinion éclairée à un tel sujet ?
    Tout se mélange !
    Un cas particulier est érigé en cas exemplaire, sans que l'on connaisse le moindre détail. On est dans le schématique et sans aucune nuance.

    En tant que spectatrice de ce genre de happening, je ne peux rien en faire, en tirer aucune leçon, ni être empathique de quiconque.
    Personne ne sort grandi de cet embrouillamini.

    Ce serait intéressant de savoir si la suite de buzz orchestrés par S. Rousseau apporte de nouvelles adhésions à sa cause et si les jeunes apprécient ses procédés. Après tout, beaucoup ont l'habitude d'étaler leur vie privée sur des réseaux sociaux. En principe, on ne montre qu'un côté scintillant et positif, on cache ses échecs. Ainsi, ce dévoilement des tristes coulisses pourrait faire peur.
    On ne sait pas non plus, comment la compagne de J. Bayou vit le fait que sa tentative de suicide est étalée sur la place publique. Sait-on, si elle a autorisé S. Rousseau à le faire ?

  • Le terme d'#Inquisition colle parfaitement. Ces Verts #EELV à la #Rousseau sont en réalité BRUNS. En tous cas, ce n'est PAS du #féminisme mais de la dénonciation publique sans preuve.
    Ces extrémistes qui envoyaient facilement à la guillotineont leur descendance ... Sylvie Neidinger

  • En y repensant je me dis que SR est au top de ce qu'il y a de pire dans le "populisme".

  • Certains politiciens pensent que ce n'est pas un hasard concernant l'affaire Bayou. Il y a bientôt des élections chez les écolos, 2 poulains s'affrontent, celui de Bayou et de Rousseau.

    Pour comprendre Rousseau, il faut comprendre son ambition politique dévorante. Elle veut non seulement prendre la tête des écologistes, mais surtout de toute la gauche. Elle est le pendant féminin de Mélenchon, narcissique et ambitieuse.
    Mais ses excès lui font du tort, et comme Mélenchon, elle ne peut pas se remettre en question.

  • Un vilain exemple des excès des féministes "metoo", osant se réclamer de l'écologie, mais en réalité émanant de l'extrême gauche fascisante.

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