Projets ferroviaires à Genève : on fonce dans le brouillard

Je mets ici ce billet déjà publié sous mon autre blog Genève bouge, mais qui n’est pas apparu dans la liste, à cause peut-être d’un bug informatique.

Trains? On n’y comprend plus rien. Étrangement le Conseil d’État genevois vient de proposer un nouveau plan de RER, au nom de la mobilité locale. Le trajet relierait Zimeysa et Bernex entre autres. Cela correspond à une logique, relier des pôles urbains et d’emploi.

 

boucle-cff-01.jpgAstuce

On apprend que la construction des lignes pourrait être initiée en 2040 et terminée en 2050. Or on remarque une chose: la ligne vers Zimeyza et Meyrin passe par les Nations et la nouvelle gare de l’Aéroport.

Par ce plan le CE entérine encore le tracé actuellement en odeur de sainteté bernoise, plutôt que la boucle. C’est peut-être une grosse astuce. Car précisément ce nouveau plan remplace incomplètement la seconde étape initialement prévue, avec la construction de la nouvelle gare de de l’Aéroport (un gâchis).

On se souvient, comme l’a souvent relevé l’ingénieur M. Rodolphe Weibel sur son blog, qu’au printemps les autorités avaient changé de point de vue sans que l’on sache vraiment le pourquoi. Les travaux d’aménagement de Cornavin et autre n’auraient lieu qu’en une seule phase et non deux comme annoncé initialement, la deuxième phase passant à la trappe.

Cette première phase de 10 ans, avec son lot de désorganisation à Genève centre, devrait subitement suffire pour augmenter la circulation ferroviaire. C’est faux, l’objectif final ne peut être atteint avec cette seule phase.

 

boucle-cff-02.jpgDisparue

Que devient la seconde phase? Ce nouveau plan va peut-être la remplacer, en partie au moins, car la diamétrale Cornavin-Zimeysa proposée passe par… la nouvelle ligne des Nations et la nouvelle gare de l’Aéroport. Dans ce projet il faut impérativement cette nouvelle gare sans quoi la diamétrale est inutile.

C’est donc là que l’on réintroduit ces deuxième phase de travaux, qui n’apparaissaiet plus dans le discours des autorités au printemps dernier? Le scénario du CE est-il de rendre indispensable cette nouvelle gare placée en travers de l’autre et en-dessous, sans les gros chantiers urbains au centre ville? Donc sans augmentation finale de la capacité de Cornavin selon le projet fédéral?

Je n’ai pas plus de détails sur ce plan mais, ne voyant plus la seconde étape des travaux initialement prévus, je me demande si ce nouveau projet n’est pas destiné à la remplacer l’air de rien.

Le coût est évalué autour de 2 milliards de francs. À la charge de Berne, souhaite le Conseiller d’État M. Serge Dal Busco. Avec l’argent non utilisé pour la seconde étape prévue et aujourd’hui disparue?

Selon le CE la phase initiale d’aménagement devrait suffire pour le trafic jusqu’en 2050 voire au-delà. Mais pourquoi faire un tel plan pour seulement les trente ans à venir? Et quand seraient construites les nouvelles voies souterraines supplémentaires si indispensables?

 

boucle-cff-03.jpgGloubi-boulga

Le train doit se penser sur au moins 100 ans. Et la Boucle est prévue pour durer. Elle remplit l’objectif final, plus rapidement, à moindre coût et avec relativement peu de gêne.

On n’y comprend plus rien. Au début il y avait le projet de la boucle, il y a une trentaine d’années environ. Puis par un singulier glissement et sous prétexte (mauvais) d’horaires cadencés  on est arrivé à un chantier pharaonique, très cher, compliqué, perturbateur pour des décennies, fractionné en deux.

Le projet Boucle a été continué en privé, affiné, et présente aujourd’hui un argumentaire positif qui devrait être sérieusement pris en compte. Mais non, M. Dal Busco envoie un écran de fumée et ignore superbement et la boucle et la seconde étape du mauvais projet officiel. Je peux me tromper mais je flaire une entourloupe.

Quelqu’un sait-il ce qu’il va se passer dans les 50 prochaines années? On commencerait en 2024 des travaux dont on sait qu’ils seront insuffisants pour l’évolution du trafic, sans savoir comment on continuera. Et l’on rajoute ces RER sans avoir réglé d’abord la capacité de la gare de Cornavin. 

L’aveuglement des autorités est de plus en plus problématique et dérangeant. Il confine à l’incohérence. La question ferroviaire, projet actuel majeur pour Genève, ressemble à un patchwork qui tourne au gloubi-boulga.

Quel parti soutiendra la Boucle au prochaines élections cantonales?

 

 

Images du Dép. des Transports et de Gérer (Genève Route et Rail), clic dessus pour les agrandir.

 

 

 

 

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Commentaires

  • Heureux que le sujet soit abordé dans votre blog aussi. Merci.
    Comment se fait-il qu'on traite avec nonchalance la réflexion sérieuse qui s'impose sur le sujet?
    Le "plan officiel* semble faire de Genève une sorte de trou noir et on néglige le principal axe vers Lausanne et la Suisse.
    Quant aux coûts financiers ,cela semble une catastrophe.

  • Magnifique article, qui rappelle que les CFF et le Conseil d'Etat jugeaient en 1987 que la toute nouvelle ligne de l'aéroport se prolongerait pour rejoindre la ligne de Lausanne à Bellevue, formant la boucle. (Journal de Genève, 25 mai 1987, Interview par le journaliste André Crettenand du Conseiller d’Etat Jean-Philippe Maître) et (route et trafic N° 5, mai 1988, Le raccordement ferroviaire Cornavin - Cointrin, Rodolphe Nieth).
    C’était un projet avancé par les CFF, en 1986, au moment où se mettait en place le système cadencé. Il est évident que les CFF tenaient alors compte de cette évolution.

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