Finlande : qui veut la peau de Sanna Marin ?

La première ministre finlandaise a reçu une volée de bois vert parce qu’une vidéo la montrait faisant la fête au mois d’août. Et comme elle est jeune (36 ans) elle a été soupçonnée d’avoir consommé de la drogue.

 

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C’est nul. Cette suspicion vient d’adversaires politiques. On peut supposer qu’ils ne cherchent qu’à avoir sa peau pour la remplacer. C’est le monde politique.

La polémique a enflé au travers des rézos socio(pathe)s. Sanna Marin a été amenée à répondre publiquement aux attaques. On lui demandait de faire un test de dépistage de drogue. Elle s’y est soumise. Il était négatif. 

C’était le seul moyen d’éteindre cette polémique. Pourtant je considère qu’elle n’avait pas à le faire. Car ce faisant elle s’est aussi soumise à ses adversaires et à la sociopathosphère lâchée sur les rézos.

Sanna Marin a construit sa légende sur une enfance difficile, une vie précaire mais une volonté de réussir malgré les difficultés. Selon Wikipedia:

« Issue d’une famille pauvre et ayant grandi dans la précarité, elle est diplômée de l’Université de Tampere après avoir financé ses études avec des « petits boulots », ce qui fait d’elle un symbole de l’ascension sociale finlandaise. »

Plus précisément:

« Diplômée en administration publique à l’université de Tampere, elle est la première membre de sa famille à suivre des études universitaires. Afin de les financer, elle occupe plusieurs « petits boulots » ; dans une boulangerie, livreuse de journaux ou caissière en magasin et ne contracte aucun prêt étudiant de peur de ne pas pouvoir le rembourser. »

 

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C’est tout à son honneur.

Pourtant cette femme volontaire a été atteinte par les attaques, au point où elle s’est justifiée les larmes aux yeux. Très féminin, ça, de pleurer quand il y a une pression, cela déclenche automatiquement la compassion.

Je déplore que cette femme soit l’objet d’un tel procès public. Sa vie privée lui appartient et nous n’avons pas à lui chercher des poux. Mais elle n’avait pas à se justifier de son désir de fête, le test de drogue aurait largement suffi.

Je trouve donc qu’elle n’aurait pas dû pleurer en public. Elle devait rester zen, ne pas donner prise. En pleurant elle se victimise, et cherche peut-être à gagner un supplément de sympathie. Ça la rend fragile, et c’est justement ce qu’il fallait éviter.

Elle laisse le pouvoir aux autres. Je pense qu’il faut être droit dans ses bottes avec les rézos, et les envoyer promener. Je regrette ses larmes. Qu’elle danse, encore, si cela lui plaît. Mais qu’elle retienne ses larmes!

Et puis, quel comportement serait admis pour un leader politique? Le barbecue avec des amis est-il permis? Ou faut-il appliquer dorénavant un calvinisme politique?

Je vais plus loin: il faudrait envisager d’interdire aux invités d’une fête de nous photographier ou nous filmer. Sinon, comment mettre fin à ces abus, à ces intrusions dans notre vie privée et à son dévoilement public?

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • Touchant billet Homme Libre, MAIS dans votre portrait éthéré de Sainte Sanna, vous avez oublié un point crucial. Je ne vous en veux pas, car vous l'ignoriez sûrement:

    Tout comme Macron, Trudeau, Jacinda Ardern, Merkel, Bill Gates, Mark Zuckerberg, Gavin Newsom, Pete Buttigieg, Leonardo di Caprio, le caricaturiste Chappatte et des centaines d’autres, Sanna Marin est une Young Global Leader du Forum économique mondial, ou si vous préférez un pion au service des multi-milliardaires mondialistes:

    -les-mêmes qui dans leur vidéo officielle nous promettent que nous ne posséderons rien et serons heureux,

    -les-mêmes dont le conseiller en chef Yuval Noah Harari a dit par exemple que les gens du peuple “sont insignifiants et n’ont aucune valeur,” qu’à ce stade sa meilleure suggestion serait d’avoir recours aux drogues et aux jeux vidéo pour les occuper; que les humains sont des animaux que l’on peut pirater, qu’ils ne sont que des algorythmes biochimiques et que si on a suffisamment de données on peut hacker, contrôler et manipuler les gens d’une manière que même Staline et Hitler n’auraient pas pu imaginer. Harari nous dit aussi que les humains n’ont ni âme ni libre arbitre.

    -les mêmes qui promeuvent, entre autres:

    -la théorie du genre
    -le féminisme misandre
    -la théorie critique de la race (CRT aux USA, où l'on apprend à des enfants de 4-5 ans qu'ils sont des oppresseurs racistes car il sont blancs et que les autres sont tous opprimés)
    -l’écriture inclusive
    -l'immigration de masse non contrôlée
    -l'obligation vaccinale anti-Covid, etc.

    Bref tant de sujets que vous avez vertement critiqué dans nombre de vos billets et avec raison.

    Je n'ai rien contre elle en tant qu'individu, mais il est hors de question que je verse une larme pour cet agent du Forum économique mondial.

    Si vous ne me croyez pas, tout ce que j'affirme plus haut est aisément prouvable vidéos et documents du Forum économique mondial à l'appui. Quant à elle, vous la trouverez ici si vous descendez sur la page officiel des Young global Leaders:

    https://www.younggloballeaders.org/community?utf8=%E2%9C%93&q=Sanna+Marin&x=0&y=0&status=&class_year=§or=®ion=#results

    Pour plus de crédibilité, je crois que vous pouvez reprendre votre billet.

  • Moralité : le soupçon est accusateur. Il suffit de dénoncer pour traîner une personne devant le tribunal médiatique. Celle-ci est jugée avant de pouvoir se défendre. Elle est coupable sans preuve. Et elle est susceptible de perdre son poste car la pression exercée sur son patron est telle que beaucoup de dirigeants trouillards sont prêts à céder au chantage des réseaux sociaux.
    Cela ne vous rappelle rien ? Mais si, voyons ! Balance ton porc, Me too si vous préférez !

  • " Elle devait rester zen, ne pas donner prise. En pleurant elle se victimise" Étrange remarque. Être ému ne se commande pas vraiment. Un peu comme la bandaison...

  • Cette histoire a beaucoup de dimensions et je dirais que le vrai problème provient de la fuite des vidéos, qui se trouvaient sur le compte d'un un groupe privé. Sanna Marin a été trahie par des " amies" assoiffées de célébrité et de publicité.
    Absolument tous ont droit à une vie privée, mais pour des politiciens et célébrités, c'est plus difficile que pour des quidams.

    A lire les articles, les prises de parole et les commentaires des lecteurs du plus grand journal du pays, les Finlandais prennent l'affaire avec une certain flegme, pensant que leur première ministre a le droit de s'amuser de temps en temps.
    Bien sûr, il y a des voix pour dire qu'elle devrait être plus prudente, surtout qu'il y a déjà des précédents.

    Il faut savoir qu'il a longtemps été de notoriété publique que les dirigeants au plus haut niveau buvaient sec.
    Tout récemment, un épisode de la vie professionnelle du président Urho Kekkonen, le grand leader de la finlandisation a été rendu public.
    En 1973, il a osé signer un traité économique avec ce qui était l'Union européenne d'alors, sans en avertir Moscou d'abord, comme l'exigeait le protocole, de crainte que les Soviétiques n'opposent leur véto à un traité vraiment avantageux. Il a fallu l'annoncer à Andrei Gromyko, à postériori.
    Après ce coup de fil (qui ne s'est pas trop mal passé), Kekkonen a bu de l'aquavit pendant trois jours et trois nuits, tout en accomplissant quelques tâches en public entre deux verres. Il a été d'accord d'arrêter parce qu'au quatrième jour, il devait accueillir la reine du Danemark qui arrivait en visite officielle.

    L'extravagance de Sanna Marin arrive donc dans un paysage où on a vu pire et pas que pendant le temps libre.

    Quant à être au bord des larmes : je pense aussi que cela ne se commande pas.
    Cette personne est sous une pression énorme et cela à cause de dossiers successifs dont personne n'aurait pu imaginer la gravité ( covid + adhésion à l'Otan + crise énergétique).
    Certes, c'est rare qu'un politicien montre des émotions et je suis sûre que Sanna Marin n'est pas contente d'avoir un peu craqué.
    Elle serait probablement même d'accord avec vous, hommelibre . Mais trêve d'autocritique et de contrition !
    Elle a une façon à la fois très simple et très affirmée de s'exprimer. Ce ton parle aux gens, il y a une autorité naturelle et on est très loin de la langue de bois.
    Dans la vidéo, elle s'adresse à ses camarades de parti, élus parlementaires qui tenaient une sorte de réunion de travail.
    Des politiciens chevronnés ou coachés par des conseillers en communication lui auraient probablement conseillé de se barricader dans un discours impersonnel, de se profiler comme quelqu'un au-dessus de la mêlée. Ce qui permet de ne pas craquer.
    Elle a fait le contraire. On voit qu'elle parle sans notes et dit : en tant qu'être humain, j'ai besoin aussi de ...
    Elle se met au niveau de tout un chacun.
    Il y a des pays où ça ne se fait pas, ça ne passerait pas.
    Là, ça dégonfle la baudruche. "Je n'aime pas voir ces images et vous non plus vous n'aimez pas les voir."
    Tout est dit.

  • Merci pour ce billet! Pour ma part, je pense qu' un chef d'Etat ou un Premier ministre n'est pas vraiment un citoyen comme un autre. Il convient tout de même qu'il se contrôle un peu! Ce sont des gens qui ont le pouvoir exorbitant de déclarer la guerre, ce n'est pas rien, surtout dans le contexte actuel! Il leur incombe de susciter la confiance, ce qui n'est pas le cas ici.

  • @ Calendula & Géo:

    Pas d'accord pour les larmes. On apprend à retenir certaines émotions, comme un comédien retient de montrer son trac.

    Qu'un politicien montre son émotion devant un drame comme le Bataclan, oui. Mais là elle pleure sur elle-même, comble de l'indécence narcissique. Et c'est un mécanisme, on peut apprendre à s'y soustraire, et je pense qu'un personnage politique doit arriver à ne pas montrer autant l'intime en public. Il doit être capable d'affronter sans sourciller. C'est ce que l'on attend d'un chef, cette force personnelle de tenir. ce qu'il dit peut être profond et important mais pas larmoyant.

    Cela n'implique pas forcément de langue de bois ou de discours impersonnel. Je suis d'accord Calendula, elle a une forme d'autorité, et son discours est intéressant. Elle pouvait cependant s'en tenir à affirmer que sa vie privée n'a pas à être ainsi autopsiée. Sans pathos, sans justification. L'attaque contre elle est stupide et moche, mais sa réponse est embêtante.

    Je ne voterais pas pour quelqu'un qui pleure sur soi, femme ou homme. Imaginez Alain Berset pleurant en s'excusant d'avoir survolé un territoire réservé dans son petit avion (ce qui, on l'a su ensuite, n'était pas de sa faute).

    C'est d'ailleurs intéressant à un autre point de vue: un homme accusé peut difficilement utiliser les larmes et se montrer touché ou victime, alors qu'une femme accusée le fait très naturellement, très "normalement". Mais c'est un autre débat.

    Je n'ai rien contre elle, l'accusation est méchante, et je trouve toujours que ces déballages sont très moches. En plus j'ignorais que des amies ont trempé dans ce buzz. Très moche. Je le regrette pour elle.

    Mais ses larmes sont une triste image pour elle et pour les femmes. De quelle culpabilité se défend-elle? Il y a là quelque chose qui n'est pas clair.

    Les larmes peuvent être un moment dans l'intime d'une personne, mais ne doivent pas embarrasser la communication. Ici c'est le cas je trouve. Il y a forcément une posture intérieure pour déclencher ces larmes. Les larmes invoquent une forme de sincérité, mais qui peut être trompeuse. Et le cuir de madame Marin est trop tendre à mon avis.

    Les Finlandais restent flegmatique? Tant mieux!


    @ Fantasio: je me suis intéressé uniquement à cet épisode, et d'accord ou non avec sa politique je réprouve ces pratiques de dévoilement public.

  • "d'avoir survolé un territoire réservé dans son petit avion (ce qui, on l'a su ensuite, n'était pas de sa faute)." Si, il a commis une erreur de parcours, donc de lecture de carte. Il n'a pas répondu au contrôle aérien parce que celui-ci s'est trompé dans l'immatriculation : tango - oscar - roméo au lieu de t - delta - r.

  • Erreur de parcours, cela arrive, pas grave.

    Il n'a pas rectifié à cause de l'erreur de la police de l'air française, cette erreur d'immatriculation. Sans cela, pas d'interception, on n'en aurait même pas parlé.

    https://www.arcinfo.ch/suisse/un-quiproquo-serait-a-lorigine-de-la-mesaventure-dalain-berset-1203283

  • Alain Berset (Fribourg)

    Le pilote Alain Berset a effectivement survolé une zone militaire française interdite. S'il a agit intentionnellement, même sans malice aucune, il s'agit d'un délit passible de 5 ans et, en cas de négligence, d'un délit passible de de 6 mois. Il ne s'agit donc pas d'une petite erreur.

    Suite à cette infraction il a été contacté par le contrôle aérien et il n'a pas donné suite. D'où l'intervention de deux Raffales pour l'escorter au sol. Selon des informations sybillines le contrôle aérien se serait trompé sur l'immatriculation de son avion. Ce qui ne change rien à l'infraction commise antérierement.

    Les autorités françaises sont compétentes pour poursuivre Berset. Par communication diplomatique la France a fait savoir que Berset n'était pas l'objet d'une procédure et qu'il n'était alors (au moment de la communication) pas envisagé qu'il le soit.

    L'autorité Suisse (OFAC; Droit pénal administratif) est aussi compétente, tant au vu de la nationalité de Berset que de l'immatriculation de l'avion. L'OFAC dépend du département de sa collègue socialiste au Conseil fédéral.

    Au première abord c'est donc un homme qui bénéficie de relations car le pilote lambda aurait été sanctionné par la Suisse à la demande des autorités françaises.

    Mais c'est pire que cela. Berset dépend des autorités françaises qui peuvent à tout moment activer une procédure pénale contre lui.. La communication diplomatique rédigée avec subtilité n'emporte pas une engagement ferme de ne pas poursuivre Berset car portant sur le passé et le présent (au moment de la communication) mais non un engagement sur le futur.

    Notons que si la Suisse sanctionnait Berset sans requête préalable de la France, la France conserverait la possibilité de le poursuivre puisque Schengen ne pose pas le principe "ne bis in idem" en le cas d'espèce. En effet, l'infraction a été commise sur territoire français alors que la France n'a pas demandé la poursuite de Berset ( France a émis la réserve idoine.)

    En définitive, la France s'est intelligement abstenue de toute requête de poursuite. Ce qui, au vu de la subtile teneur de la déclaration diplomatique, elle conserve la possibilité de mettre le grappin sur Berset s'il se trouve en France, voire de délivrer un mandat européen d'arrestation en retenant une commission intentionnelle de l'infraction.

    Rappelons que Berset n'a aucune immunité à l'étranger faute d'être à ce jour chef d'Etat ou ministre des affaires étrangères.

    Chapeau la France ! Un gros câlin inter-dominant en se réservant la possibilité de cogner fort contre une Suisse honnie en suite de l'affaire Raffale-F35.


    Pour mémoire : Code des transports (français)

    Article L6211-4
    Le survol de certaines zones du territoire français peut être interdit pour des raisons d’ordre militaire ou de sécurité publique dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat. L’emplacement et l’étendue des zones interdites sont définis par l’autorité administrative.

    Article L6232-2

    Est puni de six mois d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende le fait pour le pilote de survoler, par maladresse ou négligence, une zone du territoire français en violation d’une interdiction prononcée dans les conditions prévues par le premier alinéa de l’article L. 6211-4.
    Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende le fait pour le pilote de :
    1° S’engager ou de se maintenir au-dessus d’une zone mentionnée au premier alinéa ;
    2° Ne pas se conformer aux prescriptions des articles L. 6211-4 et L. 6211-5.

  • Reprendre le même article de presse en remplaçant le féminin par le masculin = aucun article juste un entrefilet de deux lignes ...

  • @hommelibre,

    Dans votre réaction, je retrouve la position qui était la vôtre à l'époque des larmes d'Obama, suite à une des ces tueries scolaires insensées dont les USA ont la triste habitude.
    Votre position est cohérente et constante : pas de larmes en public de la part d'aucun politicien de haut rang.
    Nous observons ce spectacle à travers nos lunettes personnelles et nos attentes face aux gouvernants. C'est un de ces "tests de Rorschach" qui dépassent la raison pure.

    En Finlande, les médias sont plus sévères que la population face au comportement de la première ministre. Des résultats de sondages d'opinion n'ont pas encore été publiés, mais on imagine bien que ça va arriver !

    Sanna Marin essaye de placer le débat sur le terrain du travail accompli, celui de son bilan politique. Elle réclame la séparation des sphères, mais en ayant été insouciante quant au contrôle des images, elle a elle-même crée une faille et s'est rendue vulnérable.
    Son cas me fait penser aux différents faux pas d'E. Macron.On a vu des photos qui ne servent pas son autorité. Serait-ce un phénomène générationnel ? Pas tous les jeunes gouvernants versent dans cet univers du cool, mais un certain nombre tout de même.
    Ainsi, le cas Marin pose, entre autres, la question de la nouvelle génération, des nouveaux moyens de communication et de la rapidité des changements et de leur ampleur.
    En politique, on se fait rarement des cadeaux, donc il ne faut pas être surpris que l'opposition se précipite sur une affaire juteuse.
    Autrefois, personne ne s'intéressait à la Finlande, les scandales se passaient dans un huis-clos national. On lavait son linge sale en toute discrétion, alors qu'à présent toute la planète participe et y va de son opinion !
    Franchement, il y a de quoi craquer...
    .
    Je redoute de placer le débat sur le terrain hommes/femmes.
    C'est effectivement un autre débat, mais je ne veux pas non plus l'éviter à tout prix.
    Si on part du postulat que "les hommes ne pleurent pas" et qu'on en conclut que les femmes devraient tout faire pour ne pas le faire non plus, on est dans le discours 100 % égalitaire. Et on implique par là que le standard masculin est celui qui fait foi.
    La barre de l'égalité serait ainsi placé au niveau de l'homme qui se contrôle, comme un acteur.
    Au fond, le politicien le plus digne de respect serait celui qui est le meilleur acteur. Suivez mon regard, direction Zelensky ....
    Vous l'aurez compris, je ne suis pas complètement de votre avis. D'accord que la totale sincérité est indéfendable, mais le rôle de composition lisse pourrait suggérer quelque chose comme une stratégie de communication qui cache un creux.

    Sanna Marin aurait pu en dire moins, bien sûr. Elle aurait même pu ne rien dire du tout, dans le style " l'affaire est close".
    Mais de s'infliger des prises de positions publiques sur une affaire embarrassante peut également être perçu comme courageux.
    Chacun tranchera selon ses principes.

  • Calendula,

    "Si on part du postulat que "les hommes ne pleurent pas" et qu'on en conclut que les femmes devraient tout faire pour ne pas le faire non plus, on est dans le discours 100 % égalitaire. Et on implique par là que le standard masculin est celui qui fait foi. "

    C'est un angle d'analyse, mais pas le mien. Je mentionne les différences femmes-hommes dans le comportement mais au fond je m'intéresse à la fonction et à ce que l'on en attend, qu'elle soit occupée par une femme ou un homme.

    Pourquoi les hommes pleurent-ils moins? Par culture? Pourquoi pas. Si les hommes ont eu un rôle de protecteur depuis des millions d'années, il doit leur en rester quelque chose, peut-être même un instinct. Je dirais, mais à creuser, que c'est peut-être la fonction qui s'est incarnée dans le masculin parce que le rôle de l'homme le permettait.

    L'important n'est pas que ce mode soit masculin plutôt que féminin, mais qu'il permette au dirigeant ou à la dirigeante de survoler et contrôler les choses.

    Reste à savoir pourquoi les femmes pleurent davantage, indépendamment de la culture.

    Je comprends la démarche de madame Marin car je l'ai moi aussi vécue dans d'autres contextes, mais je la désapprouve aujourd'hui. Je ne vois pas cette position comme courageuse mais comme une solution de facilité.

  • Re-,

    J'ajoute qu'en admettant que le masculin s'est imposé dans ce domaine, il y en a d'autres où c'est le féminin: puéricultrice, accueil et soin des malades à la maison (même si le mari n'est pas d'accord), etc. L'égalité n'est pas pour moi la similarité en tout, mais le même respect apporté à tous malgré et avec les différences.

  • Je ne me rappelle pas bien, mais a-t-on exigé la démission de Berlusconi après ces partouzes bonga bonga ? Pour lesquelles il a certainement utilisé des moyens d’Etat (avion privé, frais divers). Selon moi, Marin n’a pas pleuré mais était « au bord des larmes », comme l’ont écrit de nombreux médias. Elle a été violemment attaquée comme seuls le permettent les réseaux sociaux. A tout ceci, vient s’ajouter la trahison « d’amies », qui ont diffusé ces vidéos. Tout ceci est vraiment très moche. Pour Marin, il y aura un avant et un après. Elle va sans doute adopter le style Merkel-Lagarde, c’est plus sûr …

  • Arnica,

    Pleurer ou être au bord des larmes, est-ce si différent? C'est moins voyant mais le mécanisme est là, et c'est ce que l'on retient.

  • "Pourquoi les hommes pleurent-ils moins?" On a vu le héros idolâtré Federer pleurer presqu'à chaque match. Quand il gagnait, quand il perdait. Doit-on en conclure qu'il n'y a que les hommes qui ont le droit de pleurer ?
    Cela dit, ma première intervention s'appuyait sur une expérience personnelle, vous pouvez vous en douter. Si Freud a paré du complexe d'Oedipe, c'est bien parce qu'il l'a ressenti lui-même...
    Quelques jours après le décès de mon ex-femme mais néanmoins excellente amie, ma voix s'est éteinte au téléphone en discutant avec un proche. Je ne vois pas du tout ce qui aurait pu faire que cela ne m'arrive pas...
    Cela dit, les gens qui en sont capables, donc privés de toute empathie, cela s'appelle des sociopathes...

  • Géo,

    Perdre la voix ou pleurer c'est très différent. Savoir retenir certaines émotions se travaille, avec du coaching, pas besoin d'être un sociopathe dépourvu d'empathie.

    J'ai connu aussi des situations où le corps a pris le dessus, mais je m'emploie à les réduire sans nier ce qui est touché.. Si je dois pleurer, c'est avec de très rares personnes, et pas en public. Et pourtant je suis quelqu'un qui, jeune homme, ne rechignait pas à verser une larme. J'ai même adhéré à cette idée qu'il faut tout exprimer et savoir montrer ses failles.

  • Au fait, Federer aussi ne pleure que sur lui-même.

  • C'est un formidable bad buzz pour cette femme. Elle peut passer pour une victime, une pauvre femme attaquée par une meute de vilains misogynes et être "cool"... C'est résolument moderne!

  • @hommelibre,

    La différence entre "pleurer" et "être au bord des larmes" : dans un cas on arrive à se retenir, il y a un effort visible, dans l'autre pas.
    Ainsi, le mécanisme ne serait pas complètement le même ou il se pourrait aussi que l'intensité de l'émotion n'est pas égale dans les deux cas de figure.

    J'ai tapé dans le moteur de recherche : pourquoi les femmes pleurent davantage ?
    Et je suis tombée sur une page qui essaye de faire le tour de la question.

    https://www.passionsante.be/index.cfm?fuseaction=art&art_id=22625

    Il y a trois catégories de réponses :
    - hormones
    - morphologie des glandes lacrymales
    - références socio-culturelles

    Cette dernière catégorie est la plus fournie !

    Un journal canadien essaye aussi de répondre, en se référant à une étude de la société allemande d'ophtalmologie (DOG), qui affirme de façon surprenante que " Jusqu'à 13 ans, filles et garçons pleurent à peu près autant."

    https://www.lapresse.ca/vivre/societe/200910/14/01-911279-pourquoi-les-femmes-pleurent-elles-plus-que-les-hommes-.php

    Je cite encore :
    "Les femmes fondent en larmes le plus souvent lorsqu'elles se sentent «pas à la hauteur», lorsqu'elles sont confrontées à des conflits difficiles à régler, ou lorsqu'elles se remémorent des épisodes de vie passés, a constaté la DOG."

    En lisant les articles, je me suis à nouveau dit que les changements auxquels nous assistons depuis quelques dizaines d'années sont si rapides qu'il n'est pas possible que la psychée humaine s'y adapte sans accoups, en saluant tout changement sous prétexte que tout ce qui est nouveau est bon et en s'y adaptant de façon optimale. On peut réagir simplement par le refus ou l'incompréhension aux nouveautés qu'on nous propose ou impose ( p.ex. les hommes enceints, les voitures autonomes, les vaccins de nouvelle génération etc).
    Les premières femmes cheffes d'état ont souvent cultivé une image stricte et archi-respectable selon des critères traditionnels. Il n'était pas question de sortir du rang.

    Généralement, on voudrait qu'un dirigeant politique reste dans un rôle digne et ne voir de lui qu'une facette rassurante et qui dégage la maîtrise et inspire la confiance ( comme V. Zelensky). Je ne le critique pas, mais je ne suis pas non plus scandalisée si par moments quelqu'un craque.

    Ce qui serait rédhibitoire, ce serait un comportement répétitif.
    Et à la fin, ce sont les électeurs qui tranchent.
    L'arène politique est peuplée d'individus très différents et les citoyens font leur choix selon leurs critères.

  • Sanna Marin (Finlande)

    Le soupçon de consommation de drogue ne vient pas de son âge mais de ce que certains disaient avoir entendu dans la vidéo le mot "flour", lequel en argot de là bas désigne la cocaïne et non la farine.

    L'examen d'urine effectué plus de deux semaines après l'épisode festif ne permet nullement de démontrer l'absence de consommation de cocaine pour être trop tardif. Pourquoi ne pas avoir fait usage d'une méthode plus sérieuse (cheveux?)?

  • Je me méfie de l'exemplarité que l'on exige des élus (encore faudrait-il en définir la nature et le champ) mais je conviens qu'une éventuelle consommation de cocaïne ou autre serait dérangeante. Une élue de ce niveau doit être en état de répondre à toute crise ou situation urgente, donc même une petite biture est discutable.

    Il y aurait une enquête à faire si l'on veut aller par là, or est-ce pertinent? Madame Marin fait-elle preuve d'un comportement irrationnel, déraisonnable? Il semble que non.

    Le droit à la critique politique est indispensable, mais faut-il flinguer de la sorte les gouvernants? On va trouver tellement de failles chez tellement de gens que nous ne pourrons plus bouger le petit doigt, ni eux ni nous (car cela se répandra des têtes vers le reste du corps).

    La loi est la loi, bien sûr, et si elle a contrevenu elle est justiciable. Mais je crois que l'époque demande tellement aux gouvernants que j'accepte quelques entorses dans le comportement individuel, si elles n'empiètent pas sur les fonctions et compétences. Les humains ont besoin d'une marge "grise", surtout si la pression (d'où qu'elle vienne) est forte.

    Concernant madame Marin, je continue à trouver sa réaction un peu immature, mais si personne n'a demandé l'analyse des cheveux tant pis.

  • L'exemplarité est un sujet épineux .
    Effectivement, il faut la définir avant de la réclamer, puisque les lignes ont bougé depuis l'avènement d'internet et des smartphones et cette exigence de transparence assez tyrannique..

    On peut décider que Sanna Marin est très suspecte et qu'elle mérite qu'on examine son corps avec minutie, pour se rassurer.
    Mais aura-t-on ainsi résolu le problème quant à toute la classe dirigeante à travers le monde ?
    Je n'imagine pas qu'on puisse croire que tous les politiciens haut placés sont exempts de tout vice et toute consommation de substances. Ils ont le mérite de savoir rester discrets.

    L'erreur de Marin, c'est son choix d'amies et son insouciance face aux caméras. Alors qu'elle fait partie d'une génération qui devrait connaître les dangers.
    Petit détail piquant : parmi ceux qui se sont le plus fortement indignés, il y a un parti dont certains membres ont vécu des scandals similaires, dont une histoire de ..."dick-pics". les gens ne l'ont pas oublié.

    La piste d'une certaine immaturité est intéressante.
    Ca rejoint mon hypothèse d'un problème générationnel. Nous, les "boomers" ne pouvons pas approuver le phénomène des influenceuses / influenceurs. Car les personnes avec lesquelles S. Marin est vue sur les images controversées sont entre autres ça : des personnes dont le but principal dans la vie est d'apparaître sur els réseaux et en vivre financièrement.

    En reprenant les éléments biographiques que vous donnez plus haut ( et qui ne sont pas qu'une légende, c'est sa vraie vie, elle serait difficile à camoufler dans un pays avec une si petite population), je me demande si Sanna Marin n'est pas en train de rattraper une adolescence ou une post-adolescence d'une fille trop sage. Ce n'est franchement pas le bon moment, mais l'être humain n'est pas toujours rationnel, surtout pas si soumis à une forte pression.
    Urho Kekkonen buvait trois jours et nuits d'une traite, en accomplissant quelques tâches de représentation en simultané.
    Du moment qu'il s'en sortait, c'était accepté. Il ne séparait pas loisirs et travail.
    Sanna Marin tente de séparer les deux domaines, mais non seulement s'y prend-t-elle mal, mais en plus, ces affaires débordent à présent sur le temps dévolu au travail.

    Il serait temps de tourner la page et laisser la bonne élève démontrer qu'elle a compris la leçon.Car toute l'histoire de Sanna Marin a montré qu'elle a été exceptionnellement raisonnable à l'époque de ses études, elle a voulu maîtriser ses finances et sa vie et de plus, elle a fait ses preuves auprès de son parti politique.
    Elle a un sacré potentiel, mais également des fragilités qu'elle aurait pu cacher.
    Je me souviens d'avoir lu, il y a peut-être 2-3 ans, qu'elle à une sorte de besoin compulsif de faire le ménage quand elle a été confrontée à des difficultés. Son mari a raconté que s'il rentre dans un appartement impeccable, ça signifie qu'il y a eu du stress pendant la journée.
    Voilà quelque chose d'étrange, que je n'aurais jamais révélé en public. Il est possible que ça ait été fait pour empêcher que d'autres le fassent. Et ça nous montre aussi, combien la distance entre la première ministre et la population est petite.

    Je connais ce besoin de mettre de l'ordre, le côté calmant et rassurant de la poutze où on a un résultat, aussi éphémère soit-il. On rétablit une harmonie simple, on a (pour une fois) un résultat visible !

  • Très intéressant Calendula.

    En parlant de "légende" je ne dis pas que son histoire ne serait pas vraie, j'emploie le mot au sens de se raconter de la manière qui nous sert. Je l'ai dit dans un sens plutôt positif. Le résumé de Wiki est très bref et ne saurait couvrir 36 ans de vie mais il surfe sur des éléments de nature à fabriquer une icône (partie de rien, a bossé et réussi).

    Que son mari ait parlé est en effet surprenant et déplacé, à moins comme vous le suggérez de servir de pare-feu, ou de tentative renforcée de l'humaniser. D'ailleurs vous pouvez reprendre le fait du ménage à votre compte, et surement d'autres gens en Finlande aussi. Si ce n'est pas un pare-feu je n'en vois pas la raison et cela devrait lui valoir un savon de la part de sa femme.

    En apprenant que les personnes avec lesquelles elle fait la fête sont des influenceurs femmes et hommes, je me dis qu'elle est même très naïve. L'hypothèse d'une adolescence trop raisonnable peut avoir du sens.

    Maintenant je n'exclus pas que son émotion fasse partie d'une mise en scène pour éviter des critiques trop sévères (ou pour cacher quelque chose?...). Elle s'est placée en situation de pouvoir pleurer en parlant de son droit à la joie et à la lumière. Cette irruption du discours privé sur un mode presque mystique me gêne aux entournures. Je suppose qu'elle puise dans un ressenti victimaire plus ancien et large que cet incident pour y arriver.

    Cela dit, d'accord avec vous, il serait bon de tourner la page, surtout que l'on n'est pas devant un crime ou une mise en danger du pays.

  • C'est un autre débat, mais il serait "intéressant" de savoir si les transhommes ne pleurent pas et si les transfemmes ont plus de mal à retenir leurs émotions.

    Puisqu'on nous dit que le genre est une construction sociale et qu'une transfemme est exactement pareil qu'une femme - idem pour les transhommes. Ce n'est sans doute qu'une question d'hormones.... Il suffirait alors à Marin de prendre un peu de testostérone tous les matins et le problème serait réglé.

    Perso, je trouve que tout le monde devrait avoir le droit de craquer quand les circonstances deviennent trop dures à encaisser. Franchement, qui va encore vouloir se lancer en politique si on se fait démolir et traîner dans la boue pour avoir simplement voulu vivre comme ses semblables ?

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