Forêts, une priorité écologique (1) : des précédents

Après les incendies en Gironde Emmanuel Macron promet un « chantier national » pour les forêts française. Il me fait penser à Sarkozy qui promettait une nouvelle loi à chaque actualité un peu chaude.

 

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Devant lui le président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, réitérait les demandes du département. Selon Le Figaro: 

« Il faudra à l’avenir que nous ayons des moyens aériens basés ici, dans le massif des landes de Gascogne», a-t-il déclaré, persuadé que les feux auraient été plus vite circonscrits avec des avions à proximité. »

Evidemment. Il est même incompréhensible qu’il n’y en ait pas eu alors que la région est classée comme la plus à risque de France depuis 2016. D’ailleurs les grands incendies ne sont pas nouveaux. Il y a des précédents. Le plus terrible, durant l’été torride de 1949, 50’000 hectares avaient brûlé en quelques jours.

1949, année torride? Selon les archives de Meteo-Paris:

« Du 13 au 21 avril 1949, on assiste à la plus forte vague de chaleur jamais observée en cette saison - la chaleur envahit dans un premier temps le sud de la France avec 30° sur le Languedoc-Roussillon le 13 avril - à partir du 16 avril 1949, les fortes chaleurs gagnent le nord avec 32° à Paris (record absolu pour un mois d’avril), 31° à Clermont-Ferrand et 30° à Bourges, Auxerre et Orléans - le 18 avril 1949, on atteint de nouveau 32° à Paris et 30° à Auxerre - cette chaleur exceptionnelle provoque plusieurs insolations. »

 

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Après celle d’avril, trois autres vagues de chaleurs ont touché l’Hexagone (4 en tout):

« L’été 1949 est très chaud et surtout très sec - on ne signale pas la moindre goutte de pluie à Paris pendant 33 jours - du 11 au 13 juillet 1949, une courte mais intense vague de chaleur concerne notamment sur toute la moitié ouest - la température atteint 42° à Bergerac, 41° à Agen, 40° à Cognac, Gourdon (Périgord) et Nantes, 39° à Poitiers et Angers, 38° à Rennes - les fortes chaleurs reviennent du 22 au 27 juillet 1949 ainsi que du 31 juillet au 7 août 1949. »

À Paris les 30° étaient dépassé également dans la seconde quinzaine du mois ainsi qu’en septembre. Le drame arrive en fin août (image 1, archive Sud-Ouest):

« A la fin de cet été 1949 particulièrement sec et chaud, de gigantesques incendies se déclenchent dans la forêt landaise (Landes de Gascogne) du 19 au 25 août 1949.  52 000 hectares dont 25 000 de bois brûlent et entraîne la mort de 82 personnes. »

La moitié de la forêt avait disparu en 1950. Ce bref rappel pour montrer que la question des incendies de forêt est récurrente et nécessite de repenser la gestion des surfaces boisées en tenant mieux compte des risque naturels connus de longue date, et de leur accentuation par le réchauffement (bien que celui-ci ne soit pas la cause des départs de feux il rend les forêts plus vulnérables).

 

 

Suite à venir.

 

 

Catégories : Environnement-Climat 5 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • "Évidemment. Il est même incompréhensible ..." Si, c'est compréhensible. la maintenance des avions est un problème crucial et il est assez normal de centraliser pour en diminuer les coûts. De plus, les mécaniciens sur avion ne courent pas les rues.

  • Les Canadairs (de Nîmes sauf erreur) ne sont arrivés que le lendemain après-midi. Le feu était déjà trop intense pour l'arrêter. Le délai d'intervention est trop long.

  • Monsieur Goetelen,
    Dans les années 1950 la France était le modèle de l’aménagement du territoire. L’Etat avec son Ministère du Plan et son Service des eaux et forêts gérait son patrimoine forestier en bon père de famille. Les forêts étaient soigneusement débroussaillées, des chemins forestiers creusés parallèlement à distance régulière permettant un accès rapide en cas de besoin, les bois morts enlevés par la population pour son chauffage mais surtout, la population était éduquée au respect de la nature. Si ce n’est dû a une main criminelle, aucun feu de forêt n’est dû au réchauffement climatique, propagande écologiste. Les campeurs et pique-niqueurs laissaient les lieux de leurs visites francs d’ordures, les mégots de cigarette étaient jetés dans le feu ou emportés dans des cendriers et les foyers soigneusement éteints.
    Mis à part les feux causés par la foudre, aucuns feux de forêt n’aurait lieu si l’homme ne laissait pas traîner ses bouteilles de verre et autre déchets inflammables, ses mégots et restes de feu non correctement éteint. Mais aujourd’hui on consomme et on jette, on n’entretient plus rien et on est contraint de guérir parce qu’on n’a pas su prévenir !

  • Hélas oui.

  • Ce que vous racontez-là s'observait également en Suisse.
    La règle numéro un était d'entretenir les forêts. Puis tout cela a été décrié au nom d'une certaine écologie; sauvegarde de biotopes, etc.
    C'est devenu la mode de tout laisser traîner, se dessécher et de laisser pourrir sur place. On le paiera très très cher. "Touchons du bois pour que ça n'arrive pas". Mais je n'ose même pas imaginer les conséquences d'un feu de forêt de forte intensité dans les Bois du Jorat.

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