Sur le front de la sécheresse

À Genève il n’y a pas eu trois nuits consécutives à plus de 20°, donc techniquement il n’y a pas eu de canicule malgré les températures élevées diurnes. L’effet îlot de chaleur a cependant pu chauffer davantage certains quartiers, comme on lecteur me l'avait fait remarquer l'an dernier. Aujourd'hui il pleut sur Genève. Derrière ma fenêtre ouverte le clapotis de la pluie est de retour. Ciel gris, petite fraîcheur, la météo de la mi-août prend ses marques habituelles. Le pire est derrière nous. Celui de 1976.

 

sécheresse,canicule,climat,1976Sibérie

2022, année de sécheresse dure, précédée déjà par d’autres années depuis 2015. C’est une série, comme dans la décennie 1940. Ce n’est pas encore comme l’exceptionnelle sécheresse de 1976, la plus longue et terrible depuis environ un siècle, et par chance les pluies prévues pour la semaine à venir devraient commencer à inverser la tendance de 2022.

Comme en 1976 la Loire est toute rabougrie.

« Le "fleuve royal" ressemble de plus en plus à une petite rivière, voir à une plage avec des dunes de sable, à certains endroits. Son niveau approche ses plus bas historiques. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses photos saisissantes et vidéos montrent le fleuve presque à sec. »

sécheresse,canicule,climat,1976Ce n’est pas nouveau. En 1976, justement:

« Tout a commencé à l'automne de l'année précédente, en 1975, car la sécheresse est un poison lent. L’anticyclone des Açores, qui offre un bouclier anti-pluie à l’Europe durant les mois d’été a été trop présent. Il est remonté vers le Nord et s’est allié à un autre anticyclone nord-américain. Les deux anticyclones conjugués ont asséché l’Europe pendant des mois. »

Ce n’est pas tout:

« En février 1976, c’est une autre alliance qui a empêché les pluies de tomber sur le sol européen et français : l’anticyclone des Açores et celui de Sibérie. Une protection qui est restée très efficace jusqu’en avril, provoquant un assèchement durable des sols. 

 

sécheresse,canicule,climat,1976Perpignan

En mai, les températures étaient particulièrement chaudes pour la saison, frôlant régulièrement les 30°C. 

En juin 1976, la chaleur s’est installée durablement dans le sud-ouest de la France et des records étaient battus dans des zones plus au Nord : Île-de-France et même sud de l’Angleterre. Et en juillet, le bassin d’Arcachon dépassait la barre symbolique des 40°C. Une rareté pour le pays. » 

Les 7 et 8 mai 1976 il faisait 30° en Normandie et en région parisienne. Au début de l’été une troisième vague de chaleur dure deux semaines. À Roanne le prix du beurre augmente de 30%. 

En 1976 déjà on traversait le Rhône en mouillant à peine ses pieds (image 2). Et cette même année la Loire n’était plus, en certains endroits (image 3, source Meteo-Paris), qu’un « long ruban de sable et de cailloux. »

sécheresse,canicule,climat,1976Côté incendies de forêt on estime que 90’000 hectares ont brûlés lors de cette année terrible de 1976 (Wikipedia). La forêt de Brocéliande, ou de Paimpont de son vrai nom, a été atteinte. De ce point de vue 2022 n’est pas exceptionnelle car les feux ont toujours ravagé cette forêt mythique.

La sécheresse en 1976 reste une référence de l’extrême météorologique, avec la flamboyante année 1921. Et je ne parle même pas des anciennes sécheresses des 18e et 19e siècles. 

Cela dit le graphique de Paris sur les sécheresses depuis 1874 ne montre pas d’accentuation depuis 100 ans, au contraire on constate une légère diminution des sécheresses (image 4). À Perpignan (image 7), cité du sud sec et point chaud météorologique, les variations naturelles de la pluviométrie ne montrent pas non plus de tendance particulière.

D’autres détails sur 1976 peuvent être consultés ici.

 

Image 5: le graphique des précipitation en 1975 et 1976, à Nantes.

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Image 6: pluviométrie à Paris en 1976.

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Image 7, pluviométrie à Perpignan.

 

 

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Commentaires

  • À propos de canicule, Marrakech vit son 38enjour à plus de 40°, avec des pics à 48°. Tous les autres jours sont au-dessus de 30°, surtout entre 35 et 40. Seules trois nuits ont connu moins de 20°, précisément 19°. Il y a eu des nuits à 26, 28 et même 33°.

    Une année, je ne sais plus laquelle, il y a longtemps, il faisait 43 le jour et 37 la nuit.

    La ville connait 8 semaines de canicule. Sa géographie l'explique en bonne partie.

  • La première pluie sur Genève ce matin était assez douce pour ne pas ruisseler – on sait que la terre sèche absorbe mal l'eau d'orage par exemple – mais assez abondante pour humidifier une première couche. la deuxième pluie ce soir était plus forte mais pas assez longue. Il faut de la durée en pluies modérée.

    Nous saurons quand le sol est à nouveau humide en profondeur quand les vers de terre sortiront. Ils ne traversent pas la couche sèche.

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