Réchauffement : adapter les villes

L’urbanisation s’est accélérée au 20ème siècle. En 1900 seuls 10 % de la population habitait dans une ville. En 1950, 30 %, en 2000 50% et en 2025, 62% sont prévus.

 

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En corollaire la surface occupée par les villes augmente. Nous sommes entrés dans l’ère des mégapoles, villes tentaculaires dévorant leurs banlieues.

Prenons l’exemple de Los Angeles en Californie. Sa surface est plus de 10 fois celle de Paris: 469 miles carrés soit environ 1’200 km2 contre 41 soit 106 km2. Paris représente une surface de 6 km par 7, Los Angeles de 35 km par 35 km.

Encore plus grande est la ville de Houston: près de 1’600 km2, soit une surface de 40 km par 40 km plane et étanche, favorable aux inondations. En comparaison la ville de Genève occupe 15,9 km2 de terre, soit environ 4 km par 4 km.

On sait que les villes, surtout les grandes villes, créent leur propre micro-climat. L’ilot de chaleur conditionne les températures estivales. Ainsi au centre d’une ville le mercure peut montrer plusieurs degrés de différence avec la campagne proche, surtout la nuit (jusqu’à 10°) quand le béton et le bitume exhalent la chaleur retenue. Cela aggrave les canicules localement.

J’ai abordé déjà les ilots de chaleur et quelques solutions pour rafraîchir les villes, et des routes peintes en blanc en Californie.

 

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Rafraîchir une ville est un travail sur le moyen et long terme. À moyen terme, peindre routes et maisons en blanc est une des pistes. Revégétaliser en est une autre, plus compliquée. En effet un parc arborisé peut maintenir une certaine fraîcheur mais surtout dans son périmètre. 

Pour être efficace ce couvert doit être suffisamment étendu, sans toutefois empêcher le vent de descendre jusqu’au sol et de garder une couche chaude sur quelques mètres.

Végétaliser les toits et murs est une bonne chose là où c’est possible, sur les toits plats surtout. Mais cet objectif pourrait en contrarier un autre: celui d’implanter des panneaux solaires sur tous les toits. 

Les panneaux solaires ne sont pas rafraîchissants. Il faudra faire un choix entre la baisse de températures résiduelles grâce aux végétaux ou la production d’énergie électrique photovoltaïque. On peut imaginer un mix mais est-ce encore efficace par rapport à l’objectif?

On pourrait aussi installer de grands brumisateurs à certains points stratégiques à la fois pour les passants et pour la végétation.

 

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À plus long terme il faudra repenser les matériaux et la construction. Les immeubles devront capter une partie de la chaleur solaire pour leur usage, mais sans en emmagasiner à l’excès.

La structure des rues pourra être repensée afin d’éviter des rues fermées par des immeubles qui maintiennent des bulles de chaleur locale. L’air doit circuler à travers la ville pour éviter les stagnations éprouvantes. 

Au terme de plusieurs siècles les villes devraient être reconstruites selon des critères d’économie d’énergie et d’accumulation de chaleur. Il faudra planifier sur 500 ans et supprimer des quartiers entiers pour rendre les villes respirables par fortes chaleurs.

Enfin, si le réchauffement continue. Un tel changement à moyen et long terme coûterait des billiards. Je n’ose imaginer. Il ne peut être réalisé en quelques décennies. Il faudra plusieurs siècles, et être sûr de son utilité avant de bouleverser nos villes.

La récupération de l’énergie dissipée par les bâtiments, par exemple la chaleur en hiver, est relativement plus simple. On améliore l’isolation sans changer toute la ville. Pour le reste il faudra trancher dans la chair urbaine pour en alléger la fièvre.

 

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Catégories : Environnement-Climat 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Difficile de comparer les villes. Paris et la ville la plus dense d'Europe d'où un problème gigantesque avec les îlots de chaleur. Genève est 2ème ce qui inaugure rien de bon puisque la politique de bétonnage donc de pile à chaleur est une priorité. Ce mantra idiot de construire pour abaisser les loyers ne fonctionne pas et réchauffe la ville. Il est temps de stopper et utiliser le télétravail couplé à des transports moderne comme à Lausanne, au lieu d'accueillir plus d'habitants.

    Les villes étendues sont parsemées de parc, même de forêts. Les ajustements seront plus facile que dans une Genève qui bétonne et croit que quelques arbres suffiront. Ben non, l'incompétence politique qui se poursuit aggrave la situation. Soit on utilise le béton que pour les structures internes des bâtiments soit on ne construit plus rien en attendant que les architectes soient poussé à la retraite pour laisser la place à une génération non influencé par le 20ème siècle, le moyen-âge de l'architecture.
    Bota, l'amoureux du béton, c'est has been, l'exemple à ne plus faire. Le béton est un grand émetteur de CO2 et de chaleur.

    En résumé, végétaliser et bétonner en même temps, c'est absurde et ne fait qu"empirer les choses. Le citoyen doit demander de la cohérence. Végétaliser ou bétonner, il faut choisir.

  • Il me semble qu'il faudrait plutôt trouver un compromis entre le "dur" et le végétal. Mais, comme toujours, Un bien peut produire un mal. Évitons de concentrer l'habitat en augmentant la superficie et nous allongerons les distances et donc la pollution des moyens de transports. Plantons des arbres et des arbustes et nous multiplierons les interventions pour leur entretien, ce qui aura un coût monétaire et écologique car le travail pollue. Etc...

  • Henri, en effet et Los Angeles a été conçue pour la voiture. Inévitable dans ces étendues trop morcelées pour les transports publics.

  • Bonjour @Homme Libre Pour info je vous cite en fin de cet article du jour, même thématique, angle différent sur mon blog TDG
    https://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2022/07/20/il-fait-trop-chaud-ma-boule-50-323623.html

  • Bonsoir Sylvie, et merci.

  • Je ne sais pas si c'est mon cerveau qui bug avec la chaleur mais la phrase suivante me pose problème car j'y vois un contresens. Kamoulox ??. "...Pour être efficace ce couvert doit être suffisamment étendu, sans toutefois empêcher le vent de descendre jusqu’au sol et de garder une couche chaude sur quelques mètres..."

  • Houlala Gilbert,

    Je pense m'être mal exprimé. Il y a des vents descendants locaux, liée au turbulences naturelles ou à la topographie urbaine. Ces vents brassent l'air jusqu'au sol. Si le couvert végétal est trop dense la chaleur reste dessous sans être brassée.

  • Merci Homme Libre pour cette précision,/rectification.

  • @ Motus:

    Los Angeles est intéressante car étendue en petites maisons avec jardin. Mais cette arborisation ne suffit pas à empêcher les pics de chaleurs et le dôme de chaleur urbaine.

    Je note aussi que dans cette ville les stations de relevés météos sont en plein dans les zones de pics de chaleur urbaine. Les records qui s'y passent ne sont pas représentatifs de la globalité.

  • Adapter les villes et aussi les banlieues en prenant exemple sur le
    Lignon : belle construction mais pour les habitants la chaleur doit être infernale ces jours dans les appartements ! Mes parents y avaient habité quelques années : une vraie fournaise !

    Que faire ? Quelles adaptations à faire ?

    Dans les grandes villes allemandes, les centres sont interdits aux véhicules dès 10h. à la seule exception des véhicules d'urgence, ce qui peut déjà limiter la chaleur. De plus, il y a des jardins et des parcs bien arborisés, des fontaines pour se rafraîchir.

    Du pain sur la planche pour la classe politique ...

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