Incendies en Gironde : le chaud, le sec, et la main de l’homme

Bientôt une semaine que les feux ravagent la forêt des Landes. Chaleur et sécheresse ont rendu la végétation particulièrement inflammable. Après six jours les pompiers n’ont toujours pas fixé le feu.

 

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Le vent tournoyant attise les brasiers et les rendent difficilement accessibles.

La presse signale aussi la densité dans les forêts, qui n’ont pas été débroussaillées et élaguées de manière suffisante. Le manque d’entretien des forêts est clairement pointé du doigt. Les forêts non débroussaillées freinent la progression des secours et alimentent les feux.

Le débroussaillement est précisément codé:

« Tous les deux ans sur une plantation jeune, ou tous les cinq ans plus tard, on réduit la végétation au sol dans les interlignes. On garde une bande non boisée de 4 m de chaque côté de la route ou de la piste. Les fossés et collecteurs doivent pouvoir être franchis tous les 500 m, et le passage doit faire 7 m de largeur. Il est conseillé de garder une lisière de feuillus sur deux ou trois rangs. »

Les Canadairs venus de Provence et de Grèce ne sont intervenus au plus tôt que le soir du deuxième jour. Trop tard. Selon le président du département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, il faut impérativement maintenir des Canadairs dans la région.

La Provence a longtemps été le principal objectif de la lutte contre les feux de forêts. Les Landes ont été mises à l’écart et chaque été sec les autorités déplorent le manque de moyens aériens. 

 

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Il faut savoir que la flotte est positionnée à Nîmes. Selon un pilote:

« On a des avions sur le parking qui ne peuvent pas voler. C’est simple, le 14 juillet 2019 sur ce même parking, nous avions 22 avions en capacité de voler. Trois ans plus tard, à date, nous en avons 13 », constate Christophe Govillot. »

Qui ajoute:

« Nous avons six Dash, des avions rapides – ils font Nîmes Bordeaux en une heure- chargés de 10 000 litres de produits retardant, le septième doit être livré. Quatre sur six sont en mesure de voler. Quant aux Canadair, sur les 12, seulement 9 sont opérationnels » La raison ? « La maintenance n’est pas au niveau. Notre direction est incapable de mettre au garde à vous les sociétés qui en ont la charge, au frais du contribuable. On les paie pour avoir des avions disponibles, ce n’est pas le cas. »

La flotte française vieillit:

« Le plus ancien a trente ans, nous faisons face à des problèmes de pannes récurrentes, un manque de pièces détachées. On a un Canadair qui attend un moteur depuis un mois… C’est l’avion le plus adapté à la France, le plus agile, qui fait le plein en quelques secondes à proximité du feu. »

Et ainsi de suite. L’entreprise Bombardier a cessé la chaîne de fabrication des Canadairs. Une nouvelle entreprise prend le relais avec un nouvel avion mais faute d’avoir commandé à temps la France ne recevra les deux premiers qu’en 2025. 

 

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Ce manque de moyens est difficile à comprendre quand on sait qu’il y a des feux chaque année dans ce département et dans la région.

On lit aussi dans ce document édité par la région Aquitaine:

« L’Aquitaine est classé à haut risque pour les feux de forêts. On compte plus de 1700 départs de feux par an en moyenne, voire plus les années de sécheresse. »

« Le débroussaillement fait partie des opérations d’entretien sylvicole, il contribue à la production de bois en réduisant la concurrence vis-à-vis de l’eau. »

D’autres recommandations figurent dans le document.

Les Landes de Gascogne ont été classées à haut risque de feu en 2016 déjà.

« C’est une forêt composée essentiellement de pins maritimes, résineux particulièrement inflammables. Elle est ainsi classée au haut risque de feu. »

Les moyens à disposition étaient-ils à la mesure du risque? Le débroussaillement était-il à jour? La main de l’homme – pas celle qui allume les feux, celle qui les éteint – était-elle prête à la furie des éléments?

Si « Le brûlage à l’air libre des déchets verts produits par les particuliers, les professionnels et les collectivités locales est interdit toute l’année sur l’ensemble du territoire des départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne. » on doit se préparer au pire.

Le danger était connu. Dans cette région il est connu depuis longtemps.

 

 

Catégories : Environnement-Climat 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • J'ai lu récemment que la région des Landes devenait un endroit touristique très prisé (et très cher). Peut-être que des promoteurs immobiliers ont intérêt à ces incendies.

  • Bravo pour cette analyse de la situation. A juste titre, elle met en avant l'incurie des dirigeants successifs en matière de moyens pour lutter conte les incendies. Mais chut ! Il ne faut pas en parler. Alors, on accuse les individus négligents qui balancent leurs mégots ou font un barbecue. On accuse le réchauffement climatique et les citoyens qui ne font aucun effort pour le réduire. On focalise l'attention sur des responsabilités qui ne sont pas gouvernementales. C'est une méthode qui a fait ses preuves. Mais, à force d'être utilisée, elle détourne les électeurs des urnes.

  • Merci pour vos explications.

    Finalement personne n'est responsable des départs des feux ... les habitants subissent avec l'espoir de retrouver leurs biens et les Hommes du feu doivent faire avec les moyens du bord !

    Au final, c'est la faute à "pas de chance" !

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