Nation et nationalisme

Le Larousse peine à trouver une définition simple et claire de la nation. Ce dico trouve qu’il est « … possible de la rattacher à des données objectives : un territoire, un État, une langue ; mais elle dépasse aussi ces dernières. »

 

nation,nationalisme,conservateur,reactionnaireNaissance

Pas toujours. Certaines nations acceptent plusieurs langues officielles. Mais il y a une piste: une nation c’est une communauté de quelque chose de fort, sur un territoire commun qui favorise naturellement des liens positifs d’intérêt et de soutien mutuel.

Selon le Larousse encore, nation et nature ont la même origine: le verbe naître. Son existence précède et est au-dessus des individus qui la composent et dont elle organise la vie à travers la structure de l’état.

Ce dico fait ensuite de la politique en affirmant: « … en France, la nation a d’abord été liée à l’idéal républicain, avant d’être récupérée par un discours réactionnaire. La nation tend de nos jours à être monopolisée par ce nationalisme réactionnaire. »

C’est un peu court et le terme réactionnaire est utilisé abusivement. Un réactionnaire (expression de la révolution française) veut rétablir un ordre antérieur pour des intérêts de classe ou de corporation, et il est forcément décliniste.

C’est également réducteur d’amalgamer nation avec nationalisme, et celui-ci avec réactionnaire. Le nationalisme devrait d’abord être considéré comme une défense et un soutien à la nation. La nation est l’espace commun à des personnes ayant les éléments identitaires en commun. Cet espace offre protection et égalité. Il est bien d’encourager et de défendre cet espace.

 

nation,nationalisme,conservateur,reactionnaireLiberté

C’est aussi un espace de pouvoir pour une population donnée, pouvoir sur son environnement, son mode de vie, ses valeurs. La nation préserve de la dilution internationaliste. Nous sommes tous frères, mais pas de la même manière. Alors laissons œuvrer le temps.

Je ne la vois cependant pas comme un espace fermé, mais administré et représentatif d’une population donnée. Les échanges avec les autres économies et cultures sont toujours possibles et même souhaitables, mais ils sont encadrés par les décisions de la communauté nationale et/ou de ses représentants.

Ce n’est pas réactionnaire mais conservateur. Un conservateur place la raison très haut dans ses valeurs. Pour préserver ce qui est bon dans l’évolution de la société et ne pas courir après un changement perpétuel, il doit justement anticiper sur l’avenir. Les coups de cœur et les passions modernistes le laissent circonspect. Non qu’il en soit dépourvu ou qu’elles ne l’intéressent pas mais sa hiérarchisation des priorités en relativise la puissance hypnotique.

Une nation cela se construit. Il se méfie de l’instabilité produite par les émotions, du « tout et tout de suite ». Il ne refuse pas l’évolution des sociétés mais les mesure et les tempère. Il ne pense pas, comme le proclamait Mao, que l’homme doit dominer la nature.

Il ne défile pas poing levé aux cris de Liberté! Liberté! La liberté lui est naturelle, au point que les limitations à l’être sont perçues comme des supports et non des obstacles. Il aime d’autant plus la liberté que celle-ci conduit à la responsabilité individuelle. 

 

nation,nationalisme,conservateur,reactionnaireHospitalité

Devenir conservateur c’est devenir plus responsable vis-à-vis de son environnement. On rencontre d’ailleurs des gens de gauche très conservateurs.

L’écologie politique s’est ancrée à gauche et c’est une erreur fondamentale. En tant que pratique de terrain et philosophie politique elle est profondément conservatrice. Elle sert à préserver ce qui est, ou à le rétablir à l’ancienne. L’agriculture biologique reprend d’ailleurs nombre de techniques agricoles du passé, parfois améliorées, qui deviennent soudain très modernes.

Les temps changent.

Enfin, le nationalisme. De simple soutien à la nation il est devenu idéologie belliqueuse servant des ambitions politiques que je réprouve. Il faut malheureusement, en parlant de nationalisme, remuer son passé sinistre. 

On ne peut l’éviter. Même le simple mot de nation est déjà suspect. Pourtant la nation est ce dans quoi nous vivons, et la plupart des nations ne sont pas belliqueuses. Même la gauche dite progressiste soutient la nation – et même la patrie!

La nation permet de poser des demandes sociales, de choisir sa représentation, de faciliter la vie des populations indigènes. On pourrait juger ce concept comme égoïste, à s’occuper en premier des siens. Mais d’abord: c’est que ce que chaque nation doit ou devrait faire, ensuite cela n’empêche pas les échanges ni l’hospitalité.

 

nation,nationalisme,conservateur,reactionnaireUnifier

La nation est aussi le lieu des amours, et des grandes batailles culturelles.

Les nations ont encore un rôle à jouer. Leur dissolution progressive, comme en Europe, me paraît prématurée. Mais les « nationaux », de droite ou de gauche, doivent épurer leurs discours et références de ce qui rappelle le passé sombre. La nation est pour moi un contrepoids politique à la mondialisation. Si ce verrou saute il n’y aura plus rien entre l’individu et les quelques poignées de décideurs.

L’idée d’un gouvernement mondial m’a longtemps séduit. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Je vois que les populations du monde, très différentes, ont besoin d’exprimer une identité et une souveraineté. Disposer d’un territoire en propre le permet. On ne peut forcer la chose.

Il y a beaucoup de bonnes raisons pour faire se rapprocher les peuples européens et les nations. C’est probablement plus simple d’unifier tout, les gens, les législations, par exemple. Mais il me semble que l’on saute une étape. L’Europe de Bruxelles s’oppose, à mon avis, à l’Europe des nations.

Le début de l’UE, soit la CEE, offrait plus d’avantages que de contraintes. C’était une bonne formule. Aujourd’hui on entend trop souvent Bruxelles rappeler à l’ordre ou menacer tel ou tel membre. C’est devenu une grosse machine sans identité et très contraignante.

L’Europe deviendra-t-elle un jour une nation? Dans mille ans peut-être.

 

 

 

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Commentaires

  • A l’heure où le monde se métisse de plus en plus, où le fléau de la pollution se mondialise, où les guerres sont médiatisées (pas tous, du moins pas encore), où la religion est en perte de vitesse, où le nationalisme se dilue au sein de la jeune génération –- les jeunes Occidentaux, ne désirent plus mourir pour leur pays, et seul le sport fait encore vibrer leur fibre nationaliste –-, la nation, à mon humble avis, est de plus en plus élastique, et finira par s’étendre au monde entier. En revanche, cette nation universaliste sera-t-elle démocratique ? j’en doute fort. A moins, que le modèle démocratique telle que pratiquée en Helvétie soit déjà pris en exemple au niveau européen. Rappelons qu’en Suisse, le conseil national représentant le peuple et le Conseil d’État représentant les cantons est un exemple de démocratie où les minorités se font entendre.

  • Le fondement de la souveraineté des nations est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le concept est aujourd'hui devenu une doctrine. La nation est bien légitimée, en tant qu'instrument territorial de cette souveraineté.

    La nation est élastique en temps de paix, quoique. Il y a quand-même, en principe, une préférence nationale dans différents domaines.

    Une "nation-monde" est peut-être le futur, mais qui la dirigera? Et qui décidera de ce qui doit être fait dans chaque région spécifique de la planète?

  • Il est difficile d'affirmer que les jeunes ne sont pas prêts à prendre les armes pour défendre la nation. Face à l'invasion russe sur le territoire ukrainien, beaucoup de civils, des jeunes aussi, ont résisté. Je crois également que les jeunes français ou suisses sont attachés à leur pays, à son intégrité, à ses valeurs, à ses coutumes. Mais être souverainiste n'est pas incompatible avec une solidarité internationale.

  • Permettez-moi encore d’ajouter : soyons réalistes. D’une manière générale, nous sommes déjà dirigés par ceux qui grâce à leurs puissances économiques, ont une certaine influence sur les gouvernements. Par ailleurs, nous vivons à une époque où toutes les nations sont plus où moins interconnectées entre elles. Les peuples ne peuvent pas toujours disposés d’eux-mêmes, au sens absolu. Pour ne citer qu’un exemple : l’heure d’été. Refusée par le peuple suisse, elle a été malgré tout instaurée par nos dirigeants pour cause de contingence européenne. Par ailleurs, la notion de peuple se limitera de plus en plus au peuple du monde. Le grand défi pour les générations à venir sera, et cela ne pourra se réaliser que grâce à l’Éducation des jeunes, d’être solidaire, généreux, empathique et respectueux envers autrui ainsi qu’envers l’environnement. A défaut, l’humanité courra à sa perte, car elle trouvera plus fort qu’elle, et là je pense à Dame Nature. Bon weekend

  • A mon avis, en 2022, la première définition de la nation c'est la langue. Nation vient de "naissance" et ce sont les mères de familles, premier maillon de la naissance, qui transmettent aussi, en premier lieu, la langue dite "maternelle". En tant que français, j'estime que la notion de francophonie a maintenant (en cette période de dissolution dans l'UE) un sens accru. L'aspect culturel me semble maintenant en retrait du fait de l'internationalisation de l'alimentation, de l'interchangeabilité de la littérature de masse, de l'abandon de l'étude des auteurs classiques. Le cinéma aussi est international, pour ne pas dire américain de façon hégémonique. Pour en revenir à la langue, on voit avec de nombreux conflits que le point de rupture entre les peuples se fait souvent au niveau de la langue, véritable frontière entre les peuples qui, même s'ils partagent un territoire et une portion d'histoire, sont prêts à se tourner vers un voisin plus puissant lorsque le temps deviennent difficiles. Sans présumer de l'avenir, il n'est pas exclu que la Suisse, un jour, se fractionne en rattachant ses régions à des voisins européens. En France, l'acculturation et l'analphabétisme sont de puissants diluants de la société. Les migrants non alphabétisés ont évidemment une plus grande propension à se tourner vers leurs communautés respectives et les religions surplombant ces communautés et en deviennent le dénominateur commun au détriment de la nation.

  • Oui, la langue est un facteur d'assimilation nécessaire. Elle doit être la première exigence auprès des populations immigrées. Le communautarisme, la créolisation ne font pas une nation. C'est apparemment ce que n'a pas compris la majorité des électeurs à la présidentielle.

  • Il me semble que la notion de "nation", en tant que territoire défini et délimité est encore une évidence et une réalité largement acceptée. Ce n'est pas une notion en perte de vitesse, je dirais même qu'il y a de nouvelles nations qui émergent, à mesure que des gens se reconnaissent en tant que groupe spécifique.

    L'ONU n'est rien d'autre que l'un des lieux où presque toutes les nations reconnues se retrouvent pour ce qui devrait être des débats et des prises de décisions supranationales.

    C'est intéressant de regarder, quelles "nations" ne sont pas membres :

    la Cité du Vatican ( observatrice)

    la Palestine (observatrice)
    le Kosovo
    Taïwan
    le Sahara occidental
    Ossétie du Sud
    Abkhazie
    Chypre du Nord

    headinghometodinner.org/fr/pays-non-membres-de-lonu-2021/

    Il n'y a pas encore si longtemps, la Suisse n'en faisait pas partie non plus, par choix.
    Le Vatican est toujours non-membre par choix, les autres "nations" ont un problème de reconnaissance internationale.

    Accéder au statut de nation reconnue n'est pas toujours facile. Il ne suffit donc pas de se ressentir comme faisant partie d'une nation, encore faut-il pouvoir en convaincre largement.

    La nation, la nationalité, l'identité nationale sont probablement une des notions les plus complexes, aussi parce que les frontières ont souvent été dessinées bizarrement (dans les ex-colonies en particulier). Les nations non-reconnues de la liste ci-dessus sont des territoires qui se sont séparés d'un plus grand ensemble, toujours après un conflit armé (sauf le Vatican ! les gardes suisses sont des gardes, pas des soldats : -)))
    La plupart des 193 nations reconnues par l'Organisation des Nations Unies ont aussi dû faire la guerre à un moment où un autre pour obtenir des frontières fixes.
    Je formulerais donc l'hypothèse suivante : généralement, la naissance d'une nation exige des actions guerrières, d'une sorte ou d'une autre.

  • On trouve aussi d'autres définitions aux nations, par exemple les 'nations celtiques" qui sont en fait des portions d'autres nations/pays et qui se caractérisent par leurs langues celtes. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_celtiques
    Je pense aussi au concept de "nation of islam" https://fr.wikipedia.org/wiki/Nation_of_Islam
    Et aussi aux "premières nation", désignant les groupes ethno-linguistiques du Canada précédents l'arrivée des européens https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8res_Nations
    Effectivement le concept de nation est assez vaste.

  • Je trouve intéressant de constater que les amérindiens veulent reconstituer leurs nations sur le territoire de leur réserve (pour ceux qui en ont une), reconstruire leur culture, être plus souverains.

    "Il existe chez beaucoup d’Indiens une volonté de reconstruire leur nation à partir de la seule base territoriale dont ils disposent. Les réserves sont maintenant pour les Indiens des territoires nationaux où ils peuvent exercer leur souveraineté et tenter de sauver leur culture.

    La souveraineté des tribus indiennes sur leur réserve a été reconnue par la Cour Suprême des Etats-Unis en 1976, donnant une grande liberté de décision aux tribus."

    http://nationsindiennes.over-blog.com/2015/08/reserve-indienne.html

  • @Calendula: deux des territoires que vous citez sont à mon avis des cas particuliers, ne se revendiquant pas en tant que "nation" à proprement parler:

    TAIWAN (la République de Chine) ne s'est jamais proclamée indépendante, et se considère donc de facto toujours comme une province chinoise. Sa séparation administrative du continent vient de son opposition au régime communiste chinois jugé illégitime, le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek s'y étant réfugié en 1949 pour fuir l'avancée des troupes de Mao. La reconnaissance par l'ONU de la République populaire n'est en réalité qu'une reconnaissance de la réalité du pouvoir communiste, selon le principe qu'il ne peut exister qu'un seul gouvernement pour l'entité politique unique "Chine".
    Taïwan se garde de proclamer une indépendance formelle, qui constituerait sans doute un casus belli pour Pékin, qui pourrait alors être tenté d'envahir l'île. Pour l'instant, le statu quo semble arranger tout le monde, mais pour combien de temps?

    LA REPUBLIQUE TURQUE DE CHYPRE DU NORD (RTCN) est le résultat de l'invasion du Nord de l'île par les troupes turques en 1975 (l'occupation continue depuis lors ne semblant guère émouvoir les Occidentaux, contrairement aux agissements de Poutine en Ukraine - eh oui, la Turquie est un état considéré comme pilier de l'OTAN, et peut donc se permettre à peu près tout sans craindre la moindre conséquence).
    Après transferts de populations et purification ethnique, il en est résulté un territoire ethniquement homogène, avec depuis lors des envois de colons d'Anatolie pour renforcer la population face à celle de la République légitime de Chypre qui conserve le contrôle du Sud. Ce n'est donc pas l'aspiration à être une nation en tant que telle qui dirige la volonté d'indépendance de la RTCN, mais celle de faire partie de la Grande Nation turque

  • @ Olivier Levasseur,

    Vos précisions confirment l'idée qu'une nation peut être constituée ou reconnue de façons très différentes, mais il y a généralement des actes du type guerrier à la base.
    On comprend aussi que bien des pays n'ont pas un choix infini de solutions ( p.ex. Taïwan).Et il est très utile d'avoir des alliés puissants ( République turque de Chypre du Nord).
    Si on pense que la Grèce et la Turquie sont toutes deux membres de l'OTAN, la situation de Chypre est assez incroyable.
    Suite à vos exemples, j'avance une autre hypothèse:
    Tout comme il y a toutes sortes de neutralités, il y a également des degrés différents de souveraineté nationale

    Un pays ( une nation ) peut se faire imposer la neutralité par de puissants voisins, ou elle peut la choisir elle-même. Ce sont deux réalités assez différentes.
    De même, un pays (une nation) peut se retrouver coincée à côté d'un voisin avec des exigences fortes et se voir restreinte dans ses choix. Ca arrive aussi à l'intérieur d'une alliance militaire, qui à la base devrait être un choix positif.

    Il faudrait pouvoir étudier tous les mouvements de naissance des nations ( 19ème - début 20ème siècle) pour arriver à comprendre ce qui se joue et de quoi on a besoin pour créer une nation. L'Allemagne et l'Italie n'ont pas été unifiées depuis des siècles et la naissance de ces grands pays a été laborieuse. Encore maintenait, les identités régionales sont fortes.
    On a pensé que l'UE permettrait d'attenuer les tensions à l'intérieur des pays, p.ex. en Espagne avec la Catalogne.
    Ca fonctionne plus ou moins. L'autonomie régionale est censée être une réponse.
    C'est comme une sorte d'immense "machine à Tinguely" qui grince, comme beaucoup de systèmes impliquant des êtres humains. Ca ne fonctionne pas de façon lisse et ordonnée.
    Il me semble que le conflit et l'insatisfaction sont la norme. On croit toujours qu'il y aurait une solution idéale, on râle et pense avoir compris le fond du problème, mais c'est une illusion. Ca nous échappe forcément.
    On peut simplifier une situation artificiellement, décider de n'adopter qu'un point de vue ( être du côté de la Chine ou de la Turquie p.ex.) mais il n'est pas sûr qu'on arrive à comprendre l'entier du problème.

  • Merci Calendula pour ces échanges intéresants. Vous avez raison, il nous faudrait toujours savoir faire l'effort de considérer et si possible d'essayer de comprendre tous les points de vue, en évitant de tomber dans l'émotionnel comme beaucoup le font actuellement pour l'Ukraine.

    Je ne suis pas spécialiste, mais il me semble que cette notion de "nation" est assez récente, de l'époque des Lumières je crois.

    Auparavant, les territoires étaient régis par le système féodal, et les populations passaient d'un royaume à l'autre au gré des guerres mais également des alliances et des mariages. Il y a eu des exceptions sans doute, comme la guerre d'indépendance des Provinces-Unies contre la Couronne d'Espagne (les Bourgeois protestants contre les Rois très Catholiques).

    La Révolution a remplacé le Souverain par le Peuple et c'est celui-ci qui dès lors devait être maître de son destin.

    Il s'ensuivit la construction de l'Europe dans les frontières que nous lui connaissons, au gré des invasions, annexions, et guerres de "libération" ou d'"unification" nationales, le tout au nom des Peuples qui constituaient ces Nations existantes ou en devenir.

  • @ Olivier Levasseur

    Ce sujet choisi par hommelibre est en plein dans l'actualité, et on pourrait se laisser emporter dans des débats du type "pour/contre".
    Il est difficile de rester sobre et de ne pas verser dans l'émotionnel, c'est vrai. Pourtant, je pense qu'on a avantage à faire l'effort d'une prise de distance. Il ne faut pas paniquer ou se laisser emporter par des sentiments passionnels. La passion, c'est la souffrance.
    Les personnes qui vivent la guerre en vrai sont obligées de souffrir, dans leur corps et dans leur esprit. Pour le moment, nous avons encore un peu de choix.

    Plus j'essaye de comprendre la notion de "nation" et plus ça a tendance à devenir flou. Probablement parce que c'est une notion évolutive et que selon les époques et les lieux, le nationalisme prend des aspects différents.

    Par hasard, je suis tombée hier sur une émission-radio à ce sujet.
    Dès le début, on est bombardés par des notions comme l'état-nation, le statut de citoyen, la souveraineté, la démocratie.
    Si on admet que la nation est l'entité qui permet la démocratie et qu'elle donne un rôle prépondérant au citoyen, alors elle est désirable. Mais on sait bien qu'il faut remplir d'autres conditions pour que la démocratie puisse réellement avoir lieu, la nation seule ne suffit pas. Il faut p.ex. des élections libres, des médias non-muselés, la chasse à la corruption.

    L'émission :

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/le-retour-des-nationalismes-25822708.htm

    "La Deuxième Guerre Mondiale lʹavait mis à mal. Mais depuis quelques années, le nationalisme connaît un regain de succès un peu partout dans le monde. Comment expliquer ce retour de flamme? La mondialisation en est-elle lʹunique cause? La nation est-elle une valeur refuge quand le monde semble mal aller? Tribu reçoit Oscar Mazzoleni, sociologue à l'Université de Lausanne et auteur du livre "Nationalisme et populisme en Suisse", dans la collection Savoir suisse."

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