Vladimir Fedorovski et la guerre en Ukraine

Cet ancien diplomate russe d’origine ukrainienne, aujourd’hui devenu français, est fréquemment invité sur les chaînes francophones. Il fut l’un des artisans de la transformation de l’ex-URSS au temps de Gorbatchev.

 

 

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Écrivain, il publie depuis des années en France. Dans son dernier livre, Poutine, Ukraine, Les faces cachées, il expose son analyse de ce qui se passe en Ukraine. Il était interviewé jeudi soir au JT de la télévision romande (ici et en-dessous, 3 minutes d’abord à partir de 9’51’’, puis suite en 2’10 dès 16’40).

Que dit-il en résumé? Qu’à la chute du mur de Berlin il y avait deux solutions:

« La solution d’accepter la Russie dans l’occident. Les grands américains que j’ai connus comme Baker, ou Mitterrand en France, ils voulaient ça; les États-Unis dans la réalité ont choisi depuis un bout de temps une autre voie.

Pour être franc je pense que c’est une voie vers l’impasse. »

Il affirme lui aussi qu’on a humilié la Russie. Fedorovski n’est pas un admirateur de Vladimir Poutine, cela donne de la force à son analyse. Il a assisté à la promesse américaine de ne pas avancer l’Otan vers l’est.

Il ajoute:

« Mais si l’on avait associé la Russie autrefois on n’aurait même plus besoin de l’Otan. »

 

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Je soutiens ce point de vue depuis des années. Mais maintenant c’est pour le moins compromis. 

Je déteste viscéralement la guerre et je pense, quelles que soient les considérations par ailleurs, que Poutine fait une erreur. La Russie va payer cela longtemps en terme d’image et de relations internationales. La Russie n’est pas un pays comme les autres, comme l’Arabie Saoudite dont l’intervention au Yémen est brutale mais très moyennement relayée en occident malgré les 130'000 tués.

Les Russes pouvaient-ils, dans leur représentation du monde, rester inactifs quand l’armée d’Ukraine préparait un assaut massif contre le Donbass? Ce que j’en ai lu est insuffisant pour me convaincre du bien fondé le l’intervention mais je laisse active cette hypothèse.

Fedorovski parle de guerre inutile. Et aujourd’hui l’objectif américain d’affaiblir la Russie peut s’exprimer ouvertement sans choquer personne. Rappelons-nous que le Heartland (les richesses de la Sibérie) est un objectif géopolitique des USA depuis plus de 100 ans.

 

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Je pense globalement du bien des États-Unis et de notre occident, ce qui ne m’empêche pas de garder un esprit critique et d’avoir de gros désaccords sur certaines choses.

On ne sait qui va gagner cette guerre sur le terrain et dans les futurs traités, mais on voit que les américains vendent à l’Europe leur gaz de schistes. Ces derniers sont interdit à l’exploitation et à la prospection  en France.

Les écolos sont devenus miraculeusement silencieux sur le sujet. Faut-il en rire ou en pleurer? Écolos mais pas idiots.

Enfin les USA valident leur géostratégie (tournée vers le contrôle des ressources extraterritoriales et dont ils ne se cachent plus) par l’invasion menée par la Russie, laquelle pratique la géopolitique de l’extension territoriale, soit « la nécessité de créer des antennes territoriales pour conforter « l’espace vital. »

Les États-Unis sont déjà gagnants. Business is business. Mais si nous voulons une solution pacifique durable autre que de détruire la Russie, il faudra bien parler ensemble.

 

Cela vaut la peine d’écouter ces quelques minutes (à 9'51'' et 16'40'').

 

 

 

 

 

Catégories : Politique 35 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Fedorovski a totalement raison ... et donc vous aussi.

  • Voici un autre point de vue que celui formulé par Vladimir Fedorovski :
    (tiré de : https://www.senat.fr/rap/r06-307/r06-30719.html)
    Union européenne - Russie : quelles relations ?


    III. VERS UN PARTENARIAT STRATÉGIQUE ?
    A. DEUX ACTEURS DIFFÉRENTS, DEUX VISIONS DISTINCTES
    1. Deux acteurs différents
    a) La Russie : un État souverain

    La Russie est avant tout un État souverain, soucieux de défendre ses intérêts nationaux et qui n'hésite pas à adopter une attitude très dure, voire brutale, dans les relations internationales.

    La Russie est aussi un pays à la recherche de son identité. État successeur de l'URSS, la Russie n'a jamais été dans l'histoire un État-Nation, mais un empire et elle n'a pas encore réussi à faire le deuil de la perte de son « étranger proche », pour reprendre la terminologie employée à Moscou. Le rapprochement avec les pays de la Communauté des États indépendants (CEI), c'est-à-dire les États issus de l'ex-URSS à l'exception des trois pays baltes, figure d'ailleurs au premier rang des priorités de la politique étrangère russe, devant le renforcement des relations avec l'Union européenne.

    La Russie souhaite-t-elle se rapprocher de l'Europe ou bien constituer un ensemble eurasiatique ? Personne ne le sait vraiment. Depuis le XIXe siècle, la Russie reste partagée entre des courants slavophile et occidentaliste.

    Pour Georges Sokoloff (9(*)), l'auteur de « La puissance pauvre », entre la prospérité économique et la puissance, la Russie a toujours fait le choix de la puissance.

  • @hommelibre,

    Etrange personnage, ce V. Fedorovski. Je l'ai trouvé passablement flagorneur avec le journaliste du TJ de hier soir. C'est peut-être un réflexe de diplomate. Mais j'ai un peu de peine à le prendre au sérieux.
    C'est utile que l'on nous explique un point de vue de "l'intérieur", même s'il faut souligner que V. Fedorovski a choisi de vivre en France depuis de nombreuses années.
    Il y a 5-6 ans, j'avais lu son " Poutine de A à Z". On apprend beaucoup de choses, entre autre sur l'enfance et la jeunesse du dirigeant, mais cela ne suffit pas à bien saisir le personnage. Fedorovski connaît le contexte, mais n'a pas fréquenté V. Poutine récemment. On ne comprend peut-être que de A à P.
    (Et le mystérieux Z, on ne comprend pas totalement ! :)
    De même, j'ai trouvé cette histoire d'humiliation certes intéressante, mais ne suis toujours pas persuadée que ce genre d'émotion doive justifier des initiatives aussi destructives que celle choisie. Qui provoque des "humiliations" bien plus grandes encore.
    En ce moment, on débat beaucoup de savoir, comment s'arranger pour que l'armée russe puisse se sortir de la situation actuelle la tête haute, sans donner l'impression d'avoir perdu la guerre. C'est dire que les analystes et autres spécialistes connaissent le besoin de réconfort des dirigeants russes. On attend le 9 mai avec une certaine appréhension. Il faut qu'il y ait des résultats.
    Je ne sais pas si la psychologie est bonne conseillère en géopolitique. Probablement on ne peut pas s'en passer, mais elle n'est pas l'unique clé.

  • Calendula,

    Les premières fois que je l'ai vu j'ai aussi eu de la peine à le prendre au sérieux. Je lui trouve des expressions de clown.

    "... mais ne suis toujours pas persuadée que ce genre d'émotion doive justifier des initiatives aussi destructives que celle choisie": je suis d'accord.

    Cet argument en recouvre peut-être d'autres, culturels propres à la Russie.

  • Cette "humiliation" évoquée par Fedorovski, ne peut pas être une cause à la guerre. ce n'est que le contexte général s'inscrivant dans un temps long évoqué en terme diplomatique. Je me souviens avoir noté, il y a des années, un grand calme et une grande foi en les valeurs diplomatiques chez Poutine face à des provocations qui faisaient déjà craindre le pire en 2013-2014.. Je pense que pragmatiquement il a cessé d'y croire. Suffisamment, pour penser que 'il n'y avait plus d'autres possibilités.
    On a très peu évoqué, et pour cause, l'activisme sans relâche du conglomérat polico-économique des Etats Unis sur le sol ukrainien. Par exemple, les labos aux activités douteuses ont été pourtant reconnus explicitement par V. Nuland, l'implication dans ces labos de la famille Biden est avérée ( même si aucun médias européens n'en parle).
    Je pense que l'on ne connaît pas le dixième du dessous des cartes et je n'arrive pas a penser que Poutine s'est réveillé un matin avec un besoin impulsif d'envahir un pays voisin. Cela ne collerait vraiment pas à tout ce qu'il a démontré depuis plus de 10 ans

    https://www.youtube.com/watch?v=Y39veTO7kF4&t=71s

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-10652127/Hunter-Biden-helped-secure-millions-funding-military-biotech-research-program-Ukraine.html?ito=social-twitter_dailymailus

  • Les USA font du buisness, Poutine fait la guerre, l'Europe fait la guerre à Poutine et le buisness des USA.

  • aoki, la seule différence, voyez-vous c'est que politico-économique des Etats-Unis s'est faite avec le consentement des Ukrainiens. Poutine, lui, a envahi l'Ukraine, pays souverain, membre de l'ONU, sans le consentement ukrainiens, et en y commettant les pires exactions. Par ailleurs, on ne peut comparer la politique économique avec la fuite de plus de 5mio d'Ukrainiens craignant pour leur vie.

  • " s'est faite avec le consentement des Ukrainiens. " Vous êtes sûr Frenkel ? Que savez-vous réellement de vos affirmations ?

    Je vous renvoie une autre comparaison. Les Etats-Unis sont déjà en train de s'agiter à coup de menaces "diplomatiques", les chinois qui viennent de signer un contrat de sécurité intérieure avec les îles Salomons. Je vous assure que ce contrat est largement consenti par les autorités locales. Dénoncerez-vous cette volonté d'ingérence américaine pour ce petit territoire séparé d'eux par le plus grand des océans ?
    A l'inverse, Poutine serait un dictateur parano quand un état qui refuse la collaboration et déclare ouvertement son hostilité face à sa nation, se ballade à ses petites affaires sur sa frontière ?
    Je vous invite à porter un regard un peu plus rationnel et moins idéologisé Frenkel

  • @aoki
    En fidèles vassaux des USA les Australiens ne cessent d'intervenir auprès des dirigeants des îles Salomon pour les persuader de renoncer à leurs liens avec la Chine. Ils viennent d'essuyer une rebuffade par le Premier ministre des Iles.

  • Aoki, venons-en aux faits : l'Ukraine n'a jamais menacé d'envahir la Russie, Les menaces diplomatiques ne sont pas à comparer avec des exactions véridiques que Poutine, et non la Russie, car le despotes n'a demandé l'avis de personne, commet en Ukraine. Ce que je prétends n'est pas de l'idéologie, mais la présentations de faits. Alors, comparons ce qui est comparable.

  • Il est absolument clair, dans cette affaire, que les agresseurs sont les Yankees et leurs marionnettes! Mister Z s'apprêtait à envahir le Donbass, aux frontières duquel il avait massé ses troupes, actuellement piégées, d'ailleurs, et c'est pourquoi les Russes sont intervenus. Ils ont sauvé de nombreuses vies!

  • Le Donbass est l'objet depuis le XIème siècle d'une "bataille" entre la Russie et l'Ukraine !

    Il ne faut pas non plus oublier les famines de 1932 orchestrée en réalité depuis 1930 par la Russie qui ont provoqué la mort de près de 4 millions d'ukrainiens !

  • Non, Madame, pas orchestrée par la Russie, mais par les autorités soviétiques russes ET ukrainiennes, sous la supervision de Staline! En gros, par l'URSS. Rappelons que l'Ukraine fut, depuis 1922, une des Républiques socialistes soviétiques d'URSS!

  • Donc, "les agresseurs sont les Yankees" et " les Russes ont sauvés de nombreuses vies".
    L'habituelle inversion marxiste…

  • Pratiquement que des commentaires émotionnels. Est-il raisonnable de dire que Poutine a pensé, a dit ou a fait ceci ou cela ? Est-ce que Poutine est la Russie ou que Biden est les Etats-Unis ? Arrêtez donc ce culte de la personalité ! Ni Biden ni Poutine n'ont le pouvoir de faire ce qu'ils veulent. Ils sont tenus par l'approbation de leur parlement. Que cela plaise ou non, la Russie est une démocratie au même titre que les Etats-Unis. Recherchez donc les faits et fondez votre jugement sur cette base et non sur vos seuls sentiments !

  • Monsieur Davier : "Mister Z s'apprêtait à envahir le Donbass..." 1) Pourtant, nul besoin de l'envahir Donbass fait déjà partie de l'Ukraine ! C'est une région économique et culturelle importante de l'Ukraine, qui comprend deux oblasts (provinces) de l'est du pays : l'oblast de Donetsk et l'oblast de Louhansk. Elle recouvre approximativement la portion de la steppe pontique dont l'appellation géographique savante était Méotide, à laquelle le nom de Donbass s'est complètement substitué depuis l'époque soviétique. La ville de Donetsk est considérée comme la capitale officieuse du Donbass.
    2) Et pourquoi bombarder Kiev et les autres villes d'Ukraine ? Qu'en peuvent les populations qui y habitent ? On vient d'apprendre qu'en Ukraine de nouveaux corps torturés ont été retrouvés à Boutcha, et que l'Est de l'Ukraine est pilonné par les Russes (I24News).
    Je hurle donc haut et fort : "Honte à cette Russie qui s'en prend à des innocents. Toutes explications cherchant à comprendre et à expliquer l'immonde est une insulte aux victimes. Et je le répète derechef, on ne peut comparer l'implantation économique des USA dans certains pays DE MANIÈRE PACIFIQUE à l'invasion criminelle russe. Par ailleurs, les crimes de guerre que l'OTAN et les USA ont pu commettre auparavant NE JUSTIFIENT en aucune manière les crimes de Poutine. Il faut arrêter avec le "tu m'as fais ça, je te fais ça" en continuant ainsi le monde entier court à sa perte. STOP et STOP !!!

  • @ Jacques Davier : le résultat de cette famine provoquée est le même soit des morts inutiles et scandaleuses !

  • « Je lui trouve des expressions de clown. »

    Oui, c'est vrai. Quand il fait la grimace on dirait la bobine de Grock. Le pape François dans le genre, c'est pas mal non plus...

  • "Les Russes pouvaient-ils, dans leur représentation du monde, rester inactifs quand l’armée d’Ukraine préparait un assaut massif contre le Donbass?"
    Si l'Ukraine préparait réellement l'assaut contre le Donbass, pourquoi la Russie n'a-t-elle pas attendue? Les Ukrainiens auraient tiré en premier et la Russie serait venue défendre le Donbass. Et aurait moins la posture de l'agresseur.
    Cela ressemble à une excuse "arme de destruction massive en irak".
    Mais la plupart des pro-russes nous sortent cette excuse...

  • « Les Ukrainiens auraient tiré en premier et la Russie serait venue défendre le Donbass. Et aurait moins la posture de l'agresseur. »

    Vous avez loupé une quantité de chapitres...
    Entre les 12 et 16 février 2022, qui est-ce qui a tiré les premiers obus sur le Donbass ?

  • À part les chapitres de la propagande russe, il y a cette constatation de L'OSCE, autrement plus fiable :
    "Du 19 au 21 février 2022, l'OSCE constate une augmentation accrue d'incidents armés et d'explosions dans les deux républiques du Donbass, les deux parties du conflit se rejetant la responsabilité"

  • petard,

    Si je vous suis bien, entre le 12 et 16 février, les Ukrainiens auraient entamé une grosse opération d'attaque dans les régions dans lesquelles la guerre a lieu depuis plus de 7 ans.

    Zelensky et ses généraux auraient pris la décision de passer à une grande offensive ( ou "génocide") au moment même où on annonçait la présence aux frontières de plus de 150 000 soldats russes et leur matériel militaire, images -satellite à l'appui.
    Ainsi, Zelensky aurait pensé que ce serait le moment parfait
    pour provoquer la Russie ?
    Bien sûr, tout est possible, mais encore faut-il des preuves. Il ne suffit pas d'affirmer une chose pour qu'elle soit vraie, même si cette chose vient de sources russes.
    Le discours officiel russe parle d'un génocide imminent au Donbass.
    Comment prouver ces dires ?
    Et surtout : comment les croire ?
    Je suis ringarde, je sais, mais j'aurais besoin de quelque chose qui ressemble à une preuve.
    Pas assez ringarde pour ne pas avoir compris qu'on peut fabriquer des preuves à postériori, mais on n'en a pas encore vues.
    A mes yeux, une annonce documentée dont le contenu se réalise est plus crédible. Pourquoi ne nous a-t-on pas livré les preuves de ce génocide en préparation, avant le 23 février ?
    Si le commandement russe avait les informations, il aurait pu les partager après le 24 février, pour justifier cette opération spéciale.
    En lieu et place, on nous a dit " dénazification" et on a attaqué au Nord.
    C'est quand même compliqué à suivre !
    Ceux et celles qui ne comprennent pas ont quelques excuses.

  • L'histoire du laboratoire de recherche militaire est un fake. Ne diffusez pas d'infox.

  • @Calendula

    Tout ça est documenté.

    Et puis Poutine en a parlé au moins à deux reprises face aux médias: la première fois en présence d'Emanuel Emanuel Macron lors du dernier tête-à-tête. La deuxième, la plus explicite, en conférence de presse lors de la visite de Olaf Scholz.
    Ce dernier a fait semblant de n'avoir rien entendu... Je pense que le *déclic" chez Poutine, c'est fait à ce moment-là.

  • « j'aurais besoin de quelque chose qui ressemble à une preuve.»

    Il y a aussi le reportage de Anne-Laure Bonnel, et d'autres

  • « mais encore faut-il des preuves. Il ne suffit pas d'affirmer une chose pour qu'elle soit vraie, même si cette chose vient de sources russes.»

    Et si c'est de source US, pas de souci, on avale tout rond ?

    ...Les charniers de Timisoara, ça ne vous dit rien ?
    ...Les couveuses du Koweit ? ...toujours rien..?
    ... Les fioles de farine de Colin Powel ? ... encore rien ?

  • petard,

    Oui, Poutine parle. Il dit toutes sortes de choses.
    C'est compliqué de le croire sur parole.

    Je comprends que vous ne fassiez pas confiance aux informations émanant des Américains Vos exemples sont accablants, je les connais
    Mais ce n'est pas un argument logique ou convaincant pour prouver que les dires de V. Poutine sont exacts.
    Les enfumages américains ne sont pas la preuve d'une transparence ou honnêteté russe.

    Les Russes n'ont pas contesté la présence de leurs troupes aux frontières ukrainiennes, mais ont prétendu procéder à des manœuvres et exercices. On connaît la suite.
    Je ne m'imagine pas les dirigeants ukrainiens prenant le risque de procéder à un génocide justement ce moment- là.
    Un petit pays ne se comporte pas comme un très grand pays.

  • @petard
    Les américains ont menti!
    Bouuuu c'est pas bien.
    Mais il y a une différence entre le monde démocratique et le reste: les mensonges peuvent être divulgués sans trop de risque.
    Les journalistes peuvent enquêter sans risquer leur vie ou celle de leur famille, et dénoncer les mensonges ou crimes de leur propre gouvernement.
    C'est possible en Russie? En Chine?

  • Perso je reste avec beaucoup plus de questions que de réponses. J'essaie de vérifier autant que je peux, mais les liens vidéo trop longs ce n'est pas possible, surtout quand il faut trouver encre autre chose pour corroborer.

    Beaucoup d'infos sont approximatives Par exemple pour V. Nuland selon la vidéo de son audition elle n'a pas déclaré formellement que l'Ukraine détient des armes biologiques ou les moyens de le faire. elle parle de laboratoires biologiques sans en dire plus.

    https://www.youtube.com/watch?v=Y39veTO7kF4

    Si comme moi d'autres veulent vérifier c'est aussi trop long. Je ne publierai plus les liens vidéos de plus de 5 minutes.

    L'écrit c'est plus facile on peut chercher des mots clés, lire rapidement.

    En l'état j'entends qu'il y a des groupes d'obédience nazie en Ukraine. C'est un fait.. Sont-ils assez puissants pour justifier une intervention aussi massive? Pour moi ela reste en question. Idem pour les bombardements du Donbass.

    Il me manque une corroboration par plusieurs sources différentes. J'en ai trouvé certaines mais je les trouve fragiles.

    Je suis d'accord avec le fait que la Russie a des griefs à exprimer et que nous n'avons pas tenu la promesse (verbale, certes, mais quand-même). Je continue à chercher. Je comprends le besoin de sécurité, pour la Russie comme pour nous. Mais je me méfie des infos du temps de guerre.

  • « Les enfumages américains ne sont pas la preuve d'une transparence ou honnêteté russe. »

    Là-dessus on est d'accord.
    Les enfumages des uns et des autres sont à déplorer.
    Toutefois, je m'étonne de tous ces commentaires et articles qui dénoncent des crimes de guerre à l'encontre des autorités russes, alors qu'aucun tribunal digne de ce nom s'est prononcé,

  • « dénoncer les mensonges ou crimes de leur propre gouvernement. C'est possible en Russie? »

    ... ça tombe mal... Poutine ne ment pas. Quand il dit qu'il prune, il prune !

    Que ce soit bien ou mal, c'est une autre histoire. Quand il dit qu'il le fait ou qu'il le fera, C'est pas du bidon.

    Alors, pour les va-t'en-guerre qui pensent pouvoir se permettre toutes les provocations, au lieu de plaider l'apaisement; pas besoin de réserver le curé pour l'extrême onction, il y aura comme un temps de retard.

  • @petard
    "Poutine ne ment pas. Quand il dit qu'il prune, il prune !"
    C'est mignon, Poutine dit que la vérité... Parce que s'il ment, son nez s'allonge comme pinocchio?

    Mais qui, dans son pays, peut dénoncer ses mensonges et celles des dirigeants? Sans risquer un procès.

  • Bonjour petard,

    Vous écrivez :
    "je m'étonne de tous ces commentaires et articles qui dénoncent des crimes de guerre à l'encontre des autorités russes, alors qu'aucun tribunal digne de ce nom s'est prononcé,"
    C'est encore un peu tôt pour avoir des décisions de justice de tribunaux et cours internationaux, elles viennent souvent des années plus tard.
    En fait, je crois qu'il s'agit en ce moment d'accumuler des preuves, pour de sérieuses enquêtes et de futurs procès. Il s'agit de savoir très précisément qui a fait quoi. On n'est pas censé bombarder ou tuer des civils, ni violer des hommes ou femmes du camp opposé.

    Et de savoir si V. Poutine ne ment pas n'est pas une entreprise simple. Il me semble que vous le dédouanez un peu vite.
    Il a affirmé, avant le 23 février, qu'il n'attaquerait pas l'Ukraine, si mes souvenirs sont exacts. Que ces 150 000 soldats étaient là pour des exercices militaires.
    Etait - ce un mensonge ?
    Ce n'était en tout cas pas la vérité.
    Donc, il peut dire quand il prune, mais il peut également ne pas l'annoncer. C'est une stratégie comme une autre, mais qui a pour conséquence de ne pas forcément accroître son capital -confiance auprès de personnes comme moi.
    Et comme tous se retrouvent à spéculer sur les objectifs réels de l'opération spéciale, je dirais qu'on ne sait pas vraiment où et quand ça va pruner.
    Le plus étrange dans tout ça, c'est qu'il raconte à la population russe que ce n'est pas une guerre et personne n'a le droit d'utiliser ce mot dans le pays, sous peine d'amende et /ou emprisonnement. Dans le style de la non-vérité, c'est tout de même assez énorme !
    Cette incapacité à assumer pleinement l'invasion a quelque chose de déroutant. Il donne l'image d'un dirigeant qui pense que sa parole suffit à modifier la réalité. Que ça puisse fonctionner à l'intérieur de son pays, passe encore.
    Mais nous autres ?! On est censés accepter ce tour de manipulation du vocabulaire, alors qu'on constate la réalité du terrain !
    Ca me dépasse.
    C'est une vraie guerre, avec des milliers de morts tant civils que militaries, des tanks détruits, des navires coulés, des réfugiés par millions, des villes rasées, des champs de mines et des menaces nucléaires.
    Impossible de mesures les dégâts psychologiques et la haine qui en résultent.
    Et ce n'est pas terminé.

  • @Calendula

    D'abord, s'agissant de VP, je ne le dédouane pas. Il a commis la grave erreur de prendre l'initiative de cette nouvelle guerre.

    « Il a affirmé, avant le 23 février, qu'il n'attaquerait pas l'Ukraine, si mes souvenirs sont exacts. »

    Dans ce climat anxiogène, il conviendrait de nuancier et d'être le plus précis possible... sinon ça dérape dans tous les sens.

    "Sémantiquement" ce n'est pas ce qu'il a dit. Il a répété maintes fois qu'il "n'envahirait" pas l'Ukraine. Qu'il pourrait intervenir en relation avec les républiques autoproclamées; ça il l'a clairement dit.
    Envahir l'Ukraine, c'est-à-dire prendre le pays d'Est en Ouest. À de multiples reprise qu'il ferait pas. Et il ne l'a pas fait.

  • « Que ces 150 000 soldats étaient là pour des exercices militaires.
    Etait - ce un mensonge ? Ce n'était en tout cas pas la vérité. »

    Oui, c'était pour un "exercice" et accessoirement de l'intimidation.

    Tous les experts militaires et des renseignements un peu sérieux, admettent qu'ils ont été sidérés par la décision d'intervention du 24 février. Il y a eu un "détonnateur", probablement à la suite des visites d'Emmanuel Macron et d'Olaf Scholz. L'intransigeance des Occidentaux à ne plus entrer en matière sur les accords de Minsk a probablement été le déclic.

    «Donc, il peut dire quand il prune, mais il peut également ne pas l'annoncer.»

    J'observe depuis des années, qu'il est assez loquace sur tout ce qu'il va faire, ou ce qu'il a l'intention de faire. Il a accordé de nombreuses interviews fort substantielles à de nombreux journalistes occidentaux (même Oliver Stone en a fait un très long documentaire).

    « Le plus étrange ... c'est qu'il raconte à la population ... que ce n'est pas une guerre et personne n'a le droit d'utiliser ce mot ... sous peine d'amende ... Dans le style de la non-vérité, c'est tout de même assez énorme »

    Je vous l'accorde, c'est déroutant. Notez que les Américains lors de la guerre en Irak, ont parlé de "frappes préventives" pour les bombardements; et de "dommages collatéraux" pour les victimes civiles.

    « C'est une vraie guerre, avec des milliers de morts tant civils que militaires, des tanks détruits, des navires coulés, des réfugiés par millions, des villes rasées, des champs de mines et des menaces nucléaires. »

    Oui, présenté comme-ça, c'est une vraie guerre, même "mondiale" puisque de nombreux pays occidentaux fournissent des armes à hauteur de centaines de millions ou de milliards (on ne sait plus); et livrent la bataille par procuration.

    Si dès le début de l'attaque ou de l'invasion russe, les Occidentaux avaient joué la carte de l'apaisement (même avec indignation), plutôt que de jeter de l'huile sur le feu. On en serait pas là.

    Mais hélas, je pense que le pire est devant nous. La haine des deux côtés est telle que... J'aime mieux pas trop y penser.

    PS: Je pense que dans son dernier billet, Guy Mettan résume assez bien la situation.

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