France : le référendum mis à mal

À peine l’élection était-elle bouclée que des manifestants demandaient la démission de Macron dans plusieurs villes. Absurde, et frisant le déni de démocratie. Quelques incidents ont eu lieu. Le populiste Mélenchon, lui, annonçait (faussement) que l’Emmanuel était le président le plus mal élu de la Ve république.

 

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La crispation française devrait probablement continuer. Donc peu ou pas de chance de référendum sous ce quinquennat: c’est trop dangereux.

Justement, le référendum. En Suisse nous dirions initiative, le référendum étant opposé à une décision déjà prise par les élus. Un outil important en démocratie. Il permet de donner un avis en cours de mandat, de valider ou non un projet du gouvernement, de s’écarter des programmes partisans pour traiter de sujets spécifiques ou en faire émerger des nouveaux.

Car je ne sais pas vous, mais moi je peux voter pour un projet d’où qu’il émane politiquement, si je suis d’accord.

Le référendum ne remplace pas le travail des chambres mais le complète.

Il fait peur chez nos voisins. On a vu en 2005 comment les français ont « mal » voté sur le traité de Maastricht. Au point où les députés ont, par la suite, fait renter par la fenêtre un projet qui avait été mis à la porte.

Depuis personne ne s’y aventure.


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Sauf les candidats à la présidence. Référendum ou R.I.C, ils sont fans. Selon les programmes du premier tour:

Marine Le Pen propose le RIC: « … c'est-à-dire, la capacité pour 500 000 Français de pouvoir faire voter l'ensemble des Français sur un projet de loi ou la suppression d'une loi. »

Éric Zemmour: « Je redonnerai la parole au peuple français grâce au référendum. »

Jean-Luc Mélenchon « … entend développer une forme de référendum d'initiative citoyenne qui doit permettre de "proposer des mesures et sujets à mettre à l'ordre du jour d'une Assemblée. »

Yannick Jadot souhaite « … rendre la "démocratie plus vivante avec des référendums d'initiatives locales et des conventions citoyennes. »

Anne Hidalgo veut « … faire du référendum un mode normal de participation. »

Pour le communiste Fabien Roussel un référendum « … pourra être déclenché par un million de citoyens et porter sur "des questions relevant de l'organisation des pouvoirs publics, des changements constitutionnels ou des traités internationaux.. »


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Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle proposaient également le recours au référendum.

La majorité des candidats du premier tour misaient sur le référendum sous une forme ou une autre. La gauche n’était pas en reste comme on le voit.

Or…

Or j’ai pu lire et entendre un argument incompréhensible, absurde. Une critique qui visait essentiellement MLP. Selon certains politiques, l’usage du référendum est une preuve du caractère extrême-droitiste de la candidate, puisque – tenez-vous bien – le référendum permet de supplanter le parlement. Et comme une caractéristique majeure de l’extrême-droite est l’anti-parlementarisme, MLP et le recours au référendum sont donc d’extrême-droite

Bravo le sophisme!

Et le Merluche? Et l’Ibère? Et le Vert dans la pomme? Et le coco? À ce tarif ils sont tous d’extrême-droite. Des suppôts de Satan en habits rouges.

Comment un argument aussi stupide et spécieux a-t-il pu être mis en avant? Qui plus est par des gens qui s’auto-proclament les plus démocrates?

On marche sur la tête. Les français sont embourbés dans leurs ornières politiques.

 

 

Catégories : Philosophie, Politique 6 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Hyper bien vu ce que vous dites là. On voit qui c'est l'extrême droite antidémocratie. C'est pas MLP. C'est Macron.

  • Les élites ont toujours eu peur des référendums ( sauf De Gaulle sans doute ). Peur du peuple, en réalité ; selon eux, un peuple ignorant, soumis à ses émotions, incapable de penser à l'intérêt général. C'est toujours la même méfiance envers "les instincts bassement matériels" de la base, des populistes, des "sans dents", alors que nos énarques, eux, savent ce qu'il faut au pays.
    Après cette élection, la France est coupée en deux, non pas politiquement, mais socialement. Nos dirigeants seront incapables de comprendre cette France d'en bas qui n'aura qu'une seule façon de se faire entendre : la rue et le gilet jaune.

  • Le référendum, c'est donner un pouvoir à des millions d'abrutis qui sont très loin d'envisager les implications que risque d’entraîner leurs réactions souvent épidermiques, et donc irrationnelles.

    Je pourrais tolérer une consultation, mais le choix final doit être laissé à un chef d'état ou un gouvernement même si leur choix définitif est contraire au résultat de la dite consultation: sinon, je ne vois aucun sens à l'élection d' un chef de gouvernement: la décision finale en tant que capitaine est implicite dans le concept même de "chef". On peut donc dès lors laisser tomber toute forme d'élection.

    Par contre, qu'il puisse tenir compte de l'avis des citoyens à condition de pouvoir décider d'y donner suite ou pas me parait rationnelle.

    PDO

  • PDO, vous n'êtes certainement pas Suisse, car chez nous, le droit de référendum et d'initiative fonctionnent très bien !

  • @ PDO
    Votre jugement à propos du peuple est exagéré. Nos dirigeants ont été élus sur un programme, et pour l'appliquer, c'est vrai. Sauf qu'ils l'oublient un peu vite, et toujours en trouvant des prétextes. Ils ne se gênent pas non plus prendre de nouvelles dispositions qui ne sont pas toujours justifiées. Les électeurs ont donc bien souvent de bonnes raisons pour protester et manifester. On ne peut donc les ignorer. D'autre part, ceux qui n'ont pas élu la majorité qui dirige le pays ont aussi le droit de réclamer plus de justice et de demander à être écoutés. Le Président élu est celui de tous les individus qui composent la nation . Il doit en tenir compte et, si besoin, modifier sa politique. C'est alors qu'intervient une consultation de la population lorsque l'enjeu est important. Oui, le référendum a son utilité en démocratie.

  • Le peuple français élit Macron tout en le regrettant parce qu'il ne veut pas de Marine Le Pen qui s'était rendue en Russie en mars dernier faire une visite de courtoisie à son Président ... alors que l guerre en Ukraine prenait de l'ampleur ...

    Savent-ils ce qu'ils veulent ?

    Telle est la question ...

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