La guerre à l’envers

À partir du 24 février je suis allé à l’envers. J’ai remonté le temps pour découvrir sinon des responsabilités, du moins quelques pistes. Je détaille ici le déroulement de ma recherche sur la guerre en Ukraine et mes conclusions temporaires. Rien d’extraordinaire, juste un itinéraire et un autre angle de vue que celui délivré par nos médias.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiSouveraineté

Dans ma recherche j’ai gardé des constantes: ne pas me laisser enfermer dans le manichéisme, ne croire personne aveuglément, et ne pas craindre le déclassement moral qui menace toute personne non conforme à la doxa et même s’en moquer. Cela me touche mais je n’ai heureusement rien à perdre professionnellement et jouis donc d’une certaine liberté de pensée et de parole. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Un sorte de McCarthysme inverse semble se mettre en place.

Comme Saint Thomas je crois ce que je vois – et encore, même pas à la télé. Douter est une sauvegarde et une nécessité.

Au déclenchement de la guerre en Ukraine je me suis dit, pendant des heures et des jours: pourquoi? Pourquoi ont-ils fait cela? Pourquoi envoyer des troupes en Ukraine? Cela m’a paru être une catastrophe.

Beaucoup d’européens, et moi avec, espérions voir un jour une Europe élargie, associée avec la Fédération de Russie dans une structure à déterminer. Car si celle-ci chevauche deux continents, son ancrage européen est fort.

Après le 24 février beaucoup de choses allaient changer ou se perdre. Je craignais la nouvelle donne, la re-formation des deux blocs est-ouest. Elle allait altérer durablement les relations internationales. Elle allait peut-être mettre au placard les rêves d’une Europe grande et puissante, plus autonome politiquement qu’aujourd’hui, voire de l’Eurasie. Cependant l’idéologie de l’UE étant désormais celle des LGBTetc sans que personne n’ait voté pour, ce n’était pas gagné car Moscou préfère la biologie à la subjectivité sexuelle de minorités. C’eût été un objet majeur de discorde. La pression morale de l’UE pourrait s’apparenter à une dictature intellectuelle.

Certaines valeurs fondamentales sont donc très différentes. On voit avec la Hongrie et la Pologne que l'UE n’est pas une administration neutre mais comporte une idéologie intolérante à la différence et donc à la diversité politique.

Avec cette guerre le concept de nation souveraine, auquel je suis attaché, en prenait un coup. Poutine, dont on pouvait croire qu’il rendrait du sens à la Nation, revenait à une vision impérialiste de l’Histoire. Certains disent qu’elle l’a toujours habité. Probablement comme tout dirigeant de grande puissance.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiISS

J’ai entendu de nombreux commentateurs politique se déclarer surpris par le déclenchement des hostilités. Je l’étais aussi. On présentait dès lors Vladimir Poutine comme un fou imprévisible – ça, je n’y crois pas. Il était au contraire très prévisible.

Certains lui diagnostiquaient, sans compétences médicales, une paranoïa ancienne. D’autres relevaient sa nostalgie de l’ex-URSS ou de l’empire tsar.

Il y a possiblement du vrai: une certaine nostalgie. Pourtant je me souviens d’une période ou les relations avec la Russie de Poutine, certes pas toujours simples, montraient des signes encourageants et même un petit rapprochement. En apparence du moins.

Il y avait du dialogue. Le président russe était de toutes les grandes rencontres internationales. La collaboration spatiale m’a semblé importante. Anecdotique en apparence car ce ne sont que quelques personnes qui tournent en rond autour de la Terre, elle nécessite néanmoins une étroite collaboration dans la durée et des liens serrés entre scientifiques des pays qui sont engagés dans l’ISS (Station Spatiale Internationale).

Ce que je veux dire est que M. Poutine a montré des signes encourageants pour l’occident, pendant une période. Puis il semble avoir changé. Le coup d’état du Maïden est un tournant. L’interdiction de la langue russe par les putchistes dans le Donbass, un choc pour la Russie. Le signal était désastreux. Mais aussi la décision de Zelensky:

« En septembre 2020, le président ukrainien Volodymyr Zelensky approuve la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine, qui prévoit le développement d’un partenariat avec l’Otan en vue d’une adhésion du pays à l’organisation. »

Ne nous y trompons pas: le référendum en Crimée, réalisé dans l’urgence, montrait que la Russie prenait au sérieux le risque d’une Ukraine franchement hostile et soutenue par les initiateurs de la géopolitique occidentale.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiSécurité

Pourquoi cette guerre? Que n’avions-nous pas vu venir? Il fallait remonter dans le temps, aller vers l’arrière. Remonter les infos, relire des chapitres de l’histoire de la région. Comme beaucoup j’avais délaissé la situation au Donbass. Cette guerre presque « froide », à bas bruit pour user d’un terme médical, ne faisait après tout qu’environ 5 morts par jour (13’000 en huit ans). Pas assez pour émouvoir la presse.

La récupération de la Crimée – je dis à dessein récupération et non annexion – m’a paru avoir une cohérence avec l’Histoire. Cette région a été donnée à l’Ukraine par Nikita Khrouchtchev. Les habitants n’avaient pas été consultés. Par le seul fait du prince une région avait alors changé d’appartenance. 

La Russie n’était-elle pas en droit de recouvrer son intégrité territoriale? Je pensais que cela méritait discussion plus qu’anathème. Le référendum a été situé au moment de la vacance du pouvoir à Kiev. Poutine aurait pu attendre, mais il n’en avait visiblement pas l’intention. Sa priorité: ouvrir à sa flotte la porte des mers chaudes.

Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’à l’époque, la présence de la marine russe en Méditerranée ait dissuadé Barak Obama de « punir » El Assad pour des attaques chimiques venant supposément de ses troupes (ce qui n’a pas été prouvé formellement à ma connaissance). Je ne suis pas anti-occidental mais nos politiques sont parfois discutables.

En remontant l’Histoire très récente je constate que Vladimir Poutine a exprimé la même demande depuis des années. Elle peut se résumer en une phrase, qu’il a prononcée explicitement: « Une sécurité égale en Europe ». Donc une sécurité pour la Russie aussi, qui se dit menacée par l’extension de l’Otan à ses frontières. Des missiles à quelques encâblures de Moscou, ça craint.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiDonbass

En remontant en arrière jusqu’au Maïden, je me souviens du drôle de mélange dans les rues de Kiev en 2014. Des gens comme vous et moi, mais aussi des groupes nazis, un sénateur US pour encourager les manifestants, et Victoria Nuland, Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs. Elle a connu la gloire en conseillant « d’enculer l’Union Européenne » (Fuck the UE) – de passer par-dessus.

J’ai réalisé que la Russie était redevenue un état paria depuis cette période. J’ai alors mieux regardé la géopolitique américaine. Pas par suspicion systématique, mais comme je l’ai écrit ailleurs l’Ukraine est un objectif géostratégique des américains et de l’Otan.

J’étais alors partagé entre le choc causé par cette guerre et les espoirs européens que, comme d’autres, j’avais cru pouvoir fonder. Je suis toujours partagé et ce à quoi je croyais ne me sert aujourd’hui à rien.

Je comprenais cependant que la situation historique héritée de la fin de l’empire soviétique avait laissé non résolus un certain nombre de problèmes, dont celui de la sécurité de la Russie. 

J’ai aussi découvert que les accords de Minsk, destinés à trouver une solution au Donbass, n’avaient pas été respectés. 

Cela justifiait-il une guerre? Pas pour moi. Reprenant un titre d’article on peut dire: Poutine a des raisons mais il n’a pas raison.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiNation

J’ai aussi réalisé que le traitement des événements en Ukraine n’était pas équilibré en regard d’autres guerres dans le monde. La guerre civile au Yémen par exemple, qui « …mêle donc la politique, la religion, la géographie et la culture au sein d’un Yémen qui manque d’unité historique et politique. »

Une guerre terriblement meurtrière:

« En 2019, l’Organisation (ndla: ONU) estime ainsi le nombre de morts à 230.000 dont 100.000 péris dans les combats et 130.000 personnes victimes de la famine et des maladies. Chiffres revus à la hausse à la fin de l’année 2021 où cette fois-ci l’ONU a avancé le nombre de 370.000 morts, pour une population de 28 millions d’habitants. »

L’Arabie Saoudite, belligérante au Yémen, est mieux préservée de la vindicte américaine que la Russie de Poutine. L’éloignement nous rend moins sensibles aux drames lointains. Mais la proximité est-elle la seule raison de ce traitement médiatique de la crise ukrainienne? En partie probablement, mais j’ai aussi le sentiment que l’on charge Poutine bien plus fort que d’autres, et que ce n’est pas un simple effet de proximité. En repensant à la guerre dans les Balkans je me dis qu’il y a deux poids et deux mesures.

J’ai donc progressivement mieux compris la posture de Vladimir Poutine – ce qui ne vaut pas pour adhésion à sa politique guerrière. Cela dit, faut-il accorder aux grandes puissances la satisfaction des privilèges qu’elles exigent? Ces puissances veulent garder une zone d’influence autour d’elles, comme une zone tampon. Au nom de quoi? De l’Histoire, de leur sécurité, et partant, peut-être de la stabilité du monde. Cela peut se discuter, pour la Russie comme pour la Chine et les États-Unis.

Personnellement je suis acquis à la souveraineté des nations. Je ne cautionne pas une politique que je pense impérialiste. Je regrette que Poutine, que je croyais plus proche de ce concept, donne de la nation une image à nouveau négative.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiNazis

Les Ukrainiens ne disent pas tout. À ce jour, s’ils annoncent des pertes russes (une fois 20’000 hommes, une fois entre 7’000 et 15’000, c’est un peu confus), ils n’ont donné aucun chiffre sur les pertes ukrainiennes. On ne sait pas tout, on ne voit pas tout. Mon niveau de méfiance en est rehaussé.

Comprendre que cette guerre est la suite d’une évolution depuis 30 ans, et même davantage, est important pour ne pas être emporté par la très forte densité d’émotions que les images provoquent. L’émotion n’aide pas à comprendre. On sait que la guerre c’est moche. Rien de nouveau, hélas.

Ensuite je me suis quelque peu penché sur la justification de cette « opération spéciale »: dénazifier l’Ukraine et s’opposer à sa militarisation, pour la sécurité de la Russie.

Je reste très circonspect sur ce point. Oui, il y a des groupes nazi en Ukraine, qui avaient déjà participé aux émeutes du Maïdan. Même la télé suisse en a parlé. Oui certains font partie des unités d’élite de l’armée. Le Canada a même formé sans le savoir certains membres de cette unité (Azov). Mais l’Ukraine n’est pas un état policier à ma connaissance. La référence pour comparaison étant l’Allemagne nazie, l’Ukraine n’y ressemble pas.

On a aussi parlé de génocide à l’encontre des populations des républiques séparatistes autoproclamées.

Certes le Donbass était sous la pression de l’armée d’Ukraine, mais je ne vois pas de situation de génocide, et des ukrainiens sont morts des deux côtés de la ligne de front. Depuis 2014 le conflit dans l’est a fait plus de 13’000 morts (sel0n l’Onu, au moins 3’350 civils, environ 4’100 forces armées ukrainiennes et environ 5’650 membres de groupes armés).

Poutine a déclaré que le génocide dans le Donbass était prêt être mis en action. Ce serait alors une guerre préventive, dans la ligne doctrinale de Bernard Kouchner et des États-Unis? Là encore la raison est difficile à prouver.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiNazis 2

Un autre média qui se revendique de la gauche historique tacle le régime de Kiev et sa colorations nationaliste et patriotique (il faut dire que jamais les médias occidentaux n’ont autant glorifié et exalté le nationalisme et le patriotisme que pour décrire les combattants ukrainiens!… mais en France cela reste diabolisé).

Ce média publiait précédemment un résumé des attaques militaires de Kiev contre le Donbass avant l'invasion russe.

Selon lui:

« Finalement c’est l’armée ukrainienne appuyée par les milices pro-nazies qui ont lancé des jeudi et vendredi 18 février des bombardements intenses contre les civils dans la province autonome du Donbass. »

Il est aussi question ici de sa coloration nationaliste.

Un autre média encore, dit progressiste (pro LGBTetc), confirme l’attaque du Donbass par l’armée ukrainienne.

Dans ces attaques il n’y a pas de dimension génocidaire, pour ce que je peux en voir en comparaison par exemple avec le Rwanda. En symétrie, je ne vois pas d’action génocidaire de la Russie contre la population ukrainienne.

Certes la définition onusienne du génocide est plus large que la seule destruction physique de l’ensemble d’une population. Ce qui permet à un juriste de déclarer qu’il y a bien un génocide contre l’Ukraine:

« Le génocide n’a pas besoin de prendre la forme d’une violence de masse pour être légalement un génocide. L’article II de la Convention des Nations Unies sur le génocide interdit toute tentative de destruction de groupes nationaux, raciaux, ethniques ou religieux. Il est donc clair que la tentative déclarée de détruire le groupe national ukrainien est intrinsèquement génocidaire. »

Le problème ici est que si l’on accepte l’idée que la Russie tente un génocide en Ukraine, alors de la même manière on doit admettre que l’Ukraine tentait un génocide dans le Donbass. Dans cette perspective toute guerre devient dès lors un génocide, et toute intervention peut se justifier comme mission de protection. 

C’est un exemple de la mauvaise utilisation des mots. Les morts de Boutcha illustrent-ils un génocide? Il faudra attendre une enquête approfondie pour déterminer ce qu’il s’est exactement passé. Les images de guerre racontent le récit que l’on veut faire entendre.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiManichéisme

Depuis des années l’Ukraine se construit autour du système d’élections libres. Il n’y a pas de groupes paramilitaires dans les rues, de bruits de bottes dans les grandes villes. Il n’y a pas de discours appelant à la dictature. Je ne vois pas une forte prégnance de ces nazis sur la société ukrainienne. Ce n’est que mon sentiment.

Pour moi les arguments de la dénazification et de génocide sont fondés sur des éléments réels mais utilisés de manière excessive et surévalués. 

La volonté de préserver une zone-tampon de sécurité me paraît plus appropriée. Mais alors, suffit-il d’être une puissance assez grande pour imposer sa loi à des territoires voisins? Cela se discute évidemment, mais c’est ainsi depuis la nuit des temps.

Sur le terrain toutes les armées font des horreurs. C’est infiniment triste. Elles se font aussi une intense guerre de communication. La guerre psychologique est déchaînée. Pour cette raison, je crois peu, très peu de ce qui se raconte d’un côté comme de l’autre. On arrange si facilement les récits. Les témoignages, les images, peuvent tous être manipulés. Aucune partie n’a intérêt à dire la vérité. Je ne crois donc pas grand chose tant que la guerre continue. Je suis très méfiant.

À quoi me mène cette question: Pourquoi ont-ils fait ça? Au moins à comprendre la logique qui a possiblement prévalu. À donner un peu de sens  aux événements, plus loin que l’émotion. Et surtout à ne pas tomber dans un manichéisme politique de mauvais aloi, malgré la décision de Vladimir Poutine d’engager une guerre que je réprouve.

Ai-je tout lu sur le sujet? Non. Disposé-je tous les éléments? Sûrement pas. J’ai encore de nombreux liens à lire, cela prend beaucoup de temps.

 

ukraine,guerre,poutine,donbass,zelenskiEn conclusion, je considère que l’intervention russe a des racines dans l’histoire récente et moins récente. Je pense que les occidentaux y ont participé d’une manière ou d’une autre. Je ne diabolise pas Poutine.

Je constate toutefois que cette intervention bafoue la souveraineté des nations et cause de grandes souffrances. Je pense que la menace de nazification de l’Ukraine est probablement exagérée. D’ici c’est très difficile à apprécier, tant sur l’intensité de cette tendance nazie que sur la menace réelle qu'elle représente. On peut bien sûr penser que même un groupe armé de 4'000 personnes est déjà dangereux, déjà trop.

Sur le génocide, s'il était en préparation, je n’ai aucun moyen de le vérifier, pas plus que pour les images que nous voyons en boucle, et d’ailleurs d’où qu’elles viennent je ne peux que croire, ce qui ne me suffit pas.

Voilà l’état de ma réflexion à ce jour, élaborée avec les maigres moyens d’un profane. Je peux me tromper, le temps me le dira.  Cela peut évoluer.

 

 

Catégories : Politique 34 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Homme libre : je vous répondrais que par quelques phrases :
    personne n'a menacé d'envahir la Russie. Que voit-on actuellement ? 5 millions de gens qui fuient l'Ukraine par peur de s'y faire massacrer.
    Bon weekend

  • C'est un peu plus compliqué que ça.

  • Que l'Ukraine menace la Russie, c'est aussi sérieux que la Suisse menace la France. En dehors de la puissance russe, ils ont l'arme atomique.
    La Crimée a été russe par la colonisation, les habitants d'origine ont été déporté par Staline.
    Les frontières de l'Ukraine ont été garanties par la Russie en échange de l'abandon de l'arme atomique.
    Et finalement, 90% des ukrainiens se battent contre les russes parce qu'ils ne veulent pas être sous la dictature de Poutine.
    J'ai donc beau chercher, je ne vois pas une seule bonne raison concernant l'invasion. L'OTAN a refusé l'Ukraine, tout le monde le sait.

    C'est comme Taiwan, la population ne veut pas de la Chine. Que Taiwan fut chinoise, ne change rien, c'est au peuple de décider.

    Si on se dit libre, il faut respecter les peuples qui ne veulent pas être rattaché à une puissance.

  • C'est pas l'Ukraine qui menaçait la Russie, mais un mix de puissances d'états et d'intérêts privés à travers l'Ukraine grâce à sa présidence fantoche.

  • John, merci pour votre article.

    Vous devriez vous intéresser au sort des Russophone à Odessa, à Nikolaev attachés à des poteaux ou à des arbres et battus. Facile à vérifier.

    Vous devriez vous intéresser au SBU, aux régiments ouvertement nazis. Il y en a plusieurs. Aux exécutions de prisonniers russes.

    Des noms: Arestovych, Biletsky, Dmitro Iaroch. De fait les nazis contrôlent tous les rouages du pouvoir. Notamment les postes de commandement de l'armée, mais pas seulement.

    Pour un autre son de cloche, je recommande les chaînes d'information sur Telegram: Donbass Insider, IntelSlava Z, Anne de Russie, etc.

  • Suite au début de la guerre, François Asselineau a publié une vidéo qui livre son analyse. Cette vidéo a été visionnée un million de fois les dix premiers jours, voici le lien https://www.youtube.com/watch?v=W-d7AxEBc30
    Dans un autre registre, j'ai suivi les vidéos d'un français vivant en Russie depuis 20 ans, et qui est franchement pro-Russe. Sa chaine Youtube est plus ou moins censurée depuis quelques temps mais on peut l'écouter sur Odyssée https://odysee.com/@STRATPOL:0

  • @hommelibre,

    Votre texte expose la complexité de la problématique et clairement, elle dépasse notre entendement. Il est très difficile de se faire une opinion définitive à moins d'adopter un point de vue volontairement réduit.
    Quand une réalité est trop complexe, on aimerait la simplifier.
    V. Poutine simplifie la situation pour la population de son pays en contrôlant étroitement la diffusion de l'information. En Russie, il est probablement possible de voir cette guerre avec une logique pure. Il y a et aura les familles des soldats blessés et tués au combat, mais pour le moment, elles ne semblent pas avoir d'importance.
    Du côté ukrainien, c'est la confrontation avec la réalité la plus cruelle qui soit.
    Et nous, nous recevons des nouvelles fragmentaires, forcément fragmentaires et des images. Mais aussi des réfugiés et leurs histoires.
    Nous sommes submergés par la quantité d'informations et d'analyses, que ce soit dans les médias mainstream ou sur le net. Nous avons connaissance du discours officiel russe, nous pouvons nous demander ( comme vous le faites) quelle est sa pertinence et si le choix de l'attaque militaire était le plus intelligent et surtout : le plus efficace par rapport au but visé.

    Si le but est vraiment la dénazification, on est au bas mot perplexe ( j'essaye d'être polie).
    Si le but est d'obtenir une zone neutre, on constate que la réaction des potentiels participants à cette zone est tout sauf collaborante et il est difficile de leur demander de se calmer et de se conformer aux besoins du grand pays qui se sent agressé.
    A mon avis, il doit y avoir d'autres buts (politique intérieure?), mais on ne les connaît pas encore.
    Quel qu'ait été le but réel, j'ai l'impression qu'à l'heure actuelle, la situation est bien pire qu'avant le 23 février.
    Si le but était d'éviter un génocide dans le Donbass, il faut compter les morts russes et ukrainiens et les destructions pour évaluer si cette guerre était l'unique et la meilleure façon d'éviter des morts dans la région séparatiste. Est-ce que tous ces morts étaient nécessaires pour éviter un potentiel génocide dans l'est de l'Ukraine ?
    Bêtement, je me dis qu'on aurait pu alerter les instances internationales pour éviter ce génocide - là. Amener des témoins impartiaux pour documenter les massacres sur les séparatistes. L'OSCE existe pour ça, entre autres.

    Les dirigeants et les gouvernements ont la responsabilité de leurs choix. Aucun choix n'est facile et tous ont des désavantages. Il n'y a jamais de solution parfaite, de traité de paix qui ne provoque pas de frustrations. Le monde est plein de conflits armés prêts a éclater.
    La paix est l'exception.
    J'ai cru qu'en Europe, on avait réussi à mettre la paix avant toute chose De s'accommoder de situations insatisfaisantes au nom de la paix. Mais visiblement, ça ne peut pas durer.
    La guerre semble devoir être la façon inévitable de résoudre les conflits, de trancher dans le vif pour créer un nouvel état des lieux et de reconstruire un nouveau château de cartes plus ou moins instable, avec plus ou moins de frustrations qui fermenteront jusqu'à la prochaine éruption guerrière.

  • « Que l'Ukraine menace la Russie, c'est aussi sérieux que la Suisse menace la France »

    Commentaire complètement absurde.

    Ce sont les alliés de l'Ukraine avec leurs armes nucléaires sur le territoire ukrainien qui auraient menacé la Russie.

    Imaginez le Canada allié de la Russie avec des missiles nucléaires sur le pas de porte des Etats-Unis d'Amérique.

    Dans votre esprit c'est déjà juste pas possible que le Canada soit un allié de la Russie.
    Mais vous trouvez parfaitement normal que l'Ukraine soit un allié des Etats-Unis.

  • « Si on se dit libre, il faut respecter les peuples qui ne veulent pas être rattaché à une puissance »

    En 2005, les peuples français et néerlandais avaient refusé par référendum le projet de traité constitutionnel européen.
    Et la volonté populaire fut bafouée par les "régimes" de ces deux peuples dits "souverains".

  • @petard
    Une fois de plus vous avez raison. Je constate que chaque fois que l'épisode des missiles de l'URSS en route pour Cuba et la réponse de Kennedy est évoqué, on passe dessus comme si le parallèle avec les missiles des Etats-Unis aux frontières de la Russie n'avait rien à faire dans cette histoire.
    Mais il importe d'aboyer avec les chiens!

  • De fait l’Ukraine s’est fortement réarmée depuis l’affaire criméenne, et elle a commencé à acquérir notamment le matériel nécessaire pour mener une offensive contre le Donbass. Il est évident qu’elle s’y préparait et qu’une telle offensive était sans doute une question de mois, et qu’elle aurait vraisemblablement conduit à une boucherie.

    D’ailleurs pourquoi l’Ukraine se serait-elle gênée, l’exemple de conflits récents a démontré que lorsque l’agresseur est un « ami », l’Occident se contente de détourner pudiquement le regard ou, dans le meilleur des cas, d’appeler « toutes les parties à la retenue » en évitant d’appeler un chat un chat. Tout au plus le gentil Zelensky aurait vu son capital sympathie s’effriter temporairement, mais rien de dramatique.

    C’est dans cette perspective que j’interprétais l’accumulation de forces russes aux frontières ukrainiennes, je pensais que Poutine voulait simplement dissuader Zelensky de s’embarquer dans une action irréfléchie à la Saakashvili.

    De toute évidence, j’ai eu tort, et Poutine a préféré prendre l’initiative des hostilités, probablement pour ne pas attendre que la puissance militaire ukrainienne ait atteint un niveau trop élevé pour devenir difficile à affronter. Visiblement, il a fait une erreur d’analyse, à la fois sur les capacités de combat de l’armée ukrainienne, et sur les siennes propres.

    Le budget militaire russe est certes dix fois plus important que celui de l’Ukraine, mais outre la corruption, une bonne partie doit être siphonnée par certains armements avancés comme les armes nucléaires ou les missiles hypersoniques ou intercontinentaux, qui n’ont guère d’utilité lorsqu’il s’agit de soutenir l’avancée des simples troufions sur le terrain. Et là, on a découvert une armée de terre à la peine, désorganisée, en manque d’intendance… le prestige de la superpuissance russe en a pris un coup.

    Je ne sais pas à quel point les allégations de massacres de masse sont crédibles, il y a certainement eu des exactions, comme dans toute guerre, mais à quel point sont-elles généralisées? En tous les cas, le qualificatif de genocide est en l’espèce irrecevable. Depuis l’affaire des couvreuse koweïtiennes, j’ai appris à me méfier de la propagande de guerre US.

  • La recrudescence des attaques de l'armée ukrainienne contre les républiques du Donbass ont possiblement été l'élément déclencheur. Les 17 et 18 février les bombardements se sont intensifiés.

    La reconnaissance de ces deux républiques par Moscou a été le sésame pour intervenir afin de protéger les habitants russes et russophones de la région, Préparer une telle intervention prend du temps, j'imagine que Poutine l'avait décidée bien avant cela. Ces deux républiques auto-proclamées n'avaient pas été reconnues par d'autres pays, et n'avaient pas négocié leur indépendance avec l'Ukraine, la guerre ayant cassé les liens depuis 2014.

    Moscou est allé défendre ses ressortissants, pourrait-on avancer. C'est possible, mais c'est problématique quand une telle décision est portée par une seule partie sans l'accord d'autres garants.

    La souveraineté nationale, à quoi je suis attaché, n'y trouve pas son compte. Mais pas plus que l'Irak à l'époque de l'invasion américaine.

    Ceci est un mauvais argument mais: si les USA vont tout seul défendre leur univers, pourquoi la Russie ne ferait-elle pas de même de son côté?

    Parce que l'on aimerait en finir avec ces politiques basées sur la loi du plus fort..

  • "Et là, on a découvert une armée de terre à la peine, désorganisée, en manque d’intendance…"

    Non. L'armée russe dans la première phase n'a utilisé que 60 brigades soit environ 50'000 hommes face à une armée ukrainienne bien plus nombreuse. Cette première phase a été un round d'observation - je suppose avec l'arrière pensée que les soldats ukrainiens allaient se rendre, - un round d'observation donc et de destruction des dépôts d'armes, de carburants et des infrastructures militaires et de commandement. La propagande nazie affirme même que l'Ukraine est en train de gagner. Posez-vous la question de savoir pourquoi les centres de commandement de Kiev n'ont pas encore été détruits. Les Russes ne mènent pas un campagne d'extermination comme le font les ricains. Ils veulent préserver des vies, même celles de l'ennemi, même celles des nazis coincés dans les sous-sols de l'usine à Mariupol. (Tout militaire sait que des troupes coincées dans un bunker dont l'ennemi contrôle toutes les issues est sans aucun espoir. Il y a des blessés qui sont en train de crever faute de soins. Mais ça permet au zek de dire que Mariupol tient encore. Mensonge effronté.)

    Un spécialiste militaire a écrit que l'opération est un modèle du genre et devra être enseignée dans les écoles militaires.

    La phase 2 a commencé. Fin de la récréation.

  • La « souveraineté nationale » est une chose lorsque l’on considère des États à la vieille histoire commune, dont les frontières ont été tracées souvent par le sang et à travers les vicissitudes de l’Histoire. En ce sens, on peut comprendre la sacralisation, en Europe, du principe d’intangibilité des frontières, les disputes autour de celles-ci ayant causé tant de guerres. Et nos états de droit respectent maintenant les minorités nationales, donc les revendications territoriales sont moins pertinentes qu’elles ne le furent. Même si je considère que si un peuple (ou une partie d’une nation qui vient à se considérer comme tel) revendique sa propre souveraineté, et se prononce démocratiquement pour, il n’y a aucune raison légitime de la lui refuser (exemple: Catalogne).

    Mais dans d’autres régions, où les frontières ont été tracées arbitrairement par des puissances extérieures, et où les droits des minorités nationales sont trop souvent bafoués, il devrait y avoir plus de souplesse dans le délicat équilibre entre intangibilité des frontières et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Trop de massacres de masse et de purifications ethniques ont directement découlé de l’application univoque du premier de ces principes (je pense en particulier à l’ex-URSS ou encore à l’Afrique - même si dans le cas de cette dernière, la multiplicité des ethnies rendrait les choses beaucoup plus complexes, au point que je me demande si ce n’est pas un nouveau modèle d’état, émancipé des modèles européens, qui devrait y être inventé pour favoriser le développement du Continent, mais c’est un tout autre sujet).

    D’un autre côté, lorsque cela favorisait leurs intérêts, les USA et leurs alliés ont bien bafoué l’intégrité territoriale de la Serbie au profit du droit des Kosovars à disposer d’eux-mêmes, en n’hésitant pas à bombarder massivement et illégalement la première, et au surplus en refusant de manière totalement illogique et inconséquente aux minorités serbes locales le droit de se séparer à leur tour de l’Etat nouvellement reconnu pour rejoindre la mère patrie. Mais les USA voulaient y établir une base de l’OTAN, ce qui explique donc l’entorse aux principes généralement acceptés jusque là. Il ne faut pas s’étonner qu’après cela, la Russie ait suivi l’exemple donné en reconnaissant elle-même plusieurs républiques séparatistes (Ossetie du Sud, Abkhazie, Donetsk et Lougansk). Elle ne fait après tout qu’appliquer la « jurisprudence Kosovo », avec les mêmes méthodes que les USA…

  • "Si le but est vraiment la dénazification, on est au bas mot perplexe ( j'essaye d'être polie)."

    Pourquoi? Tous les rouages du pouvoir ukrainien ont été nazifiés. Votre perplexité ne masque que votre ignorance. Secteur Droit, Svoboda se réclament de Stepan Bandera, dressent des monuments à sa "gloire", nomment des rues. Renseignez-vous sur Bandera. Vérifiez. Vous croyez que les Russes sont capables de pardonner? De tendre l'autre joue face à un pouvoir raciste anti-russe, interdisant la langue russe jusqu'à l'école?

    "Amener des témoins impartiaux pour documenter les massacres sur les séparatistes. L'OSCE existe pour ça, entre autres."

    Votre ignorance encore. Un membre de l'OSCE a été arrêté dans la RP de Lougansk parce qu'il renseignait l'artillerie ukrainienne afin d'ajuster les tirs. Alors comme "témoins impartiaux", on fait mieux. A de nombreuses reprises l'OSCE a fermé les yeux sur les crimes des ukrainiens. L'offensive contre le Donbass était prévue pour le 8 mars: massacres et nettoyage ethnique étaient au programme.

    Actuellement le seul génocide est celui de la population russophone de l'Ukraine. Par les nazis. Comme à Mariupol, heureusement libérée. La population ne cesse de témoigner: nous avons attendu 8 ans! Huit ans de cauchemar, la ville ayant été livrée aux exactions (tortures, viols, assassinats) du régiment azov.

    Et merci de ne pas oublier ce qui se préparait dans la trentaine de laboratoires militaires biologiques. La seule existence de ces labos justifie pleinement la démilitarisation et la dénazification en cours.

    Les Russes sont accueillis comme des libérateurs. Mais bien sûr toutes les informations dans ce sens sont censurées. Jamais une guerre telle qu'elle est menée par la Russie n'a été aussi "propre": offres de reddition avec vie sauve (même pour les nazis de l'usine métallurgique de Mariupol, qui sont coincé dans les sous-sols, faits comme des rats sans espoir), soins aux prisonniers blessés, protection de la population civile.

    Le problème est que les ricains veulent un maximum de destructions, jusqu'au dernier ukrainien. La majorité des soldats ukrainiens se trouvent coincés entre l'armée russe et un commandement nazi prêt à les sacrifier et à les assassiner s'ils veulent se rendre et avoir la vie sauve.

  • @ Calendula, John

    Vérifiez ce site:

    https://www.donbass-insider.com/

    Et plus particulièrement l'article sur la SBU.
    Et la situation à Mariupol avec quelqu'un qui a été sur place, les témoignages.

  • J'ai déjà regardé ce site donbass insider, que je trouve utile mais qui présente le défaut de beaucoup de sites: il est ouvertement anti-ukraine et anti-occident, un peu trop à mon goût. Du coup je le relativise, ou je le prends par petits bouts. J'ai apprécié par exemple la réponse aux censeurs qui donnent les pastilles vertes ou rouges, selon la conformité ou non d'un site à la doxa.

  • Après, il faut quand même se rappeler qu’historiquement la plupart des guerres gagnées par la Russie, du moins contre des états modernes, l’ont été grâce au climat ou à l’effet de masse. Or ici, on constate que le climat n’a pas été favorable aux Russes, et que la masse s’est retournée contre eux (avec d’immenses convois a l’arrêt pris pour cible par l’adversaire).

  • J'ai lu ceci et voici un petit extrait qui nous rappelle que, depuis une dizaine d'années, le vent avait déjà tourné pour l'Occident. Vivre sur les rentes des anciennes colonies, organisant des rapines partout dans le monde... Même si la Russie n'était pas intervenue en Ukraine, l'effondrement des pays de l'Union Européenne et leurs satellites allait se produire. Il n'est qu'une question de temps dès lors que les pays qui vivaient sous le joug des Occidentaux, se réveillent et découvrent qu'ils peuvent tout à fait être prospères et leurs populations en meilleures santé. C'est cette influence là qui va bouleverser l'empire et l'OTAN.

    Voici l'extrait de l'article en question:
    " Un « printemps » des nations longtemps soumises au joug de l’occupation coloniale atlantiste. Les russes et les chinois sont sans conteste très habiles et promettent de rallier les élites bourgeoises-compradore du monde entier avec leurs échanges en roubles/yuans/monnaies locales/matières premières… La promesse d’un retour à l’économie réelle, une fois la parenthèse de la bulle spéculative de la « société de consommation » occidentale fermée ! La fin de la domination colonialiste mondiale va adosser les économies occidentales à leur création réelle de valeur (c’est-à-dire à bien peu de choses), au lieu de la valeur extorquée à l’international (cette source étant sur le point de se tarir)… Des pans entiers de ce qui subsiste de « l’industrie de bazar » occidentale vont s’effondrer (aéronautique civile, automobile par exemple), sans oublier la majeure partie de leur « secteur tertiaire ». Le tournant fasciste de l’Occident n’est pas un hasard… Ecoutons-donc Glazyev pour lequel « des événements comme celui-ci se produisent une fois par siècle ».

    Lire plus en ouvrant ce lien

    https://les7duquebec.net/archives/272000

  • Il y a du "lourd" ici :

    https://bit.ly/3OvImSd

    (si ça n'a pas disparu entre-temps?

    Article pour le moins intriguant sur « The Press United », de la part de Daniel Kovalik, avocat américain des droits de l'homme et professeur des droits humains internationaux à l'Université de Pittsburgh:

    « Why Russia’s intervention in Ukraine is legal under international law »

    Suivre également les autres liens dans l'article, c'est instructif.

  • Merci pour ce lien Pétard. Très intéressant. J'ai fait un premier tour sur le personnage, pour voir si ses positions sont cohérentes et connaître ses appartenances. Il est pas exemple très critiqué pour ses positions peu favorables à Israel, et semble montrer un manque d'objectivité sur le sujet car il ne critique pas le Hamas. Il a aussi publié dans RT.

    Mais pas que: Le Huff, et d'autres, peu favorables eux à Moscou.

    Son CV est cependant assez engagé dans la défense des droits humains et des actions pour la paix, de longue date, pour prendre ce qu'il écrit en considération.

    Je vais creuser et, si je trouve utile, en faire un billet.

  • "dans la défense des droits humains"

    Allons Homme Libre, ne vous faites pas prendre au piège des pseudo progressistes mondialo-gaucho-woke (qui veulent ignorer qu'en français homme signifie aussi Mensch) en utilisant leur novlangue. On dit les droits de l'homme.

  • @petard
    Jimmy Carter, qui ne peut guère être traité d'ennemi des USA, fait le même constat que Chomsky et d'autres quant à la nature fondamentalement guerrière de la politique américaine.
    Mais tout à coup toutes les agressions de la part de cet Etat sont oubliées chez nous en Occident en faveur d'un point de vue qui correspond entièrement à cette vision de l'ennemi "communiste" traditionnel. On se croirait presque revenu à l'époque de McCarthy.

  • @ Mère-Grand,

    Si on a été horrifié par les guerres du Vietnam, d'Irak, d'Afghanistan, Kosovo ( mais aussi de Tchétchénie etc), on peut être choqué par les événements d'Ukraine.
    Comment dire en un mot ou une courte phrase, et à chaque fois, qu'on a de la peine à s'enthousiasmer pour des guerres de conquête, des guerres voulues par plus grand et plus fort ?

    Rien que de relire ce que j'ai écrit fait clignoter des voyants rouges dans mon cerveau : est-ce de la morale naïve ?

    Et faut-il se justifier à chaque fois ?!

    Je ne me sens pas obligée de trouver que la guerre d'Ukraine est excusable par les actes passés des Américains. Il n'y a pas de droit automatique à bombarder et tuer parce que d'autres l'ont aussi fait.

    Existe-t-il réellement des guerres d'agression justes ?
    Et comment faire pour que les USA arrêtent de se mêler de géopolitique internationale, justement maintenant ?

    Lorsque récemment le gouvernement du Kazakhstan a appelé l'armée russe au secours, cela faisait partie d'un dispositif d'entraide. C'est un fonctionnement qui n'existe pas uniquement à l'Ouest.

    C'est tout à l'honneur de Carter et Chomsky de jeter un regard critique sur la politique de leur pays. Et à l'honneur de leur pays de le supporter sans avoir besoin de censurer ou d'emprisonner.

  • Oui, Mère-Grnd

    Mère-Grand, je rejoins Calendula : on est pas dans une cour d'école enfantine où le "Tu m'a fait ça, je te fais ça" Aucune guerre d'invasion d'un pays souverain, membre de l'ONU, ne se justifie. Cessons de nous référez au horreurs d'antan pour justifier une horreur dans notre temps. A ce tarif là le monde court à sa perte.
    Selon Malraux, le 21ème siècle sera spirituel où ne sera pas; hélas, à l'heure actuelle il est conflictuel.

  • Je vais peut-être écrire une énormité mais à mon avis il est possible et plausible que la Russie attaque pour des raison X ou Y la Pologne. Evidemment c'est monstrueux et personne ne le souhaite mais c'est plausible car je pense que l'UE réagirait relativement "mollement" à des frappes russe du fait que la Pologne manifeste de plus en plus fort son opposition au pouvoir centrale de Bruxelles.

  • Homme libre, j'apprécie votre analyse détaillée et factuelle même si, parfois, non-exempte d'une certaine émotivité.
    Pro- ou anti-Poutine, les faits ou la propagande, où nous mène l’émotionnel ? Poutine ou Zelenski sont vouées à disparaître. La Russie et l’Ukraine, que l’on veuille ou non, seront toujours là. Et si les pays qui s’étaient portés garants de l’application du Protocole de Minsk n’avaient pas failli à la parole donnée, il n’y aurait simplement pas eu d’intervention russe en réponse à la demande d’aide des russophones ukrainiens face à la guerre que leur livrait leur gouvernement.
    La propagande ukrainienne a vite fait de qualifier les autonomistes russophones ukrainiens du Donbass de séparatistes et l’émotivité des occidentaux, viscéralement russophobes, de les qualifier de partisans du Mal, eux les défenseurs du Bien ! Sentiments justifiant à leurs yeux leurs ignobles sanctions décrétées non seulement contre la Russie, ce qui se comprend, mais contre des individus avec pour seule justification leur nationalité ! Comme l’a dit Bruno Le Maire, le Ministre des Finances français, «Il faut faire souffrir le peuple russe. » !
    Et notre Gouvernement suisse, le gouvernement d’un pays neutre depuis des siècles, fondateur de la Croix-Rouge et champion des bons offices, suit servilement le mouvement, sans aucune décision du Parlement et en violation pure et simple de notre Constitution. Nos gouvernants savent-ils encore ce qu’est la neutralité ?
    Laissant aux juristes le plaisir des argumentations sémantiques, le bon sens nous rappelle qu’être neutre veut tout simplement dire de ne pas prendre parti, d’avoir un jugement impartial à l’endroit des belligérants et de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires des autres Etats.
    Pays de la démocratie directe, où est le peuple ? La honte !

  • Bien peu sont, sur ce blog, les commentateurs capables de mettre en doute la propagande russe.
    Une courageuse minorité à féliciter !
    Quant à moi, je suis vraiment lassé de cette déferlante poutinienne…
    Peut-on encore être conservateur sans faire allégeance à la Russie de Poutine ?

  • C'est un thème que j'aborderai un prochain jour.

  • ++++Cessons de nous référez au horreurs d'antan.++++

    Vous ne faites que ça, rien que ça, jour et nuit.

  • « Bien peu sont [...] capables de mettre en doute la propagande russe »

    Pas du tout. C'est un argument bateau destiné à clouer le bec à ceux qui ne sont pas d'accord. C'est tellement plus simple de qualifier un tel de fachiste, de complotiste, d'extrême droite. Ça ne mange pas de pain et les crétins marchent tout de suite tête baissée.

    Pour ma part, je le répète donc pour la énième fois: L'agression physique de l'Ukraine est une violation de l'intégrité territoriale de ce pays. Ce que je déplore fermement.

    Maintenant... s'interroger, et essayer de comprendre le pourquoi du comment, ce n'est absolument pas cautionner l'agresseur.
    Si tous les avocats étaient de mèche avec leurs clients, il faudrait tous les mettre au trou.

    Si tout était si simple; il n'y aurait pas besoin, du droit, de la justice et de ses tribunaux. Ça serait la loi de la jungle.

  • Ni "pro" ni contre Poutine, j'écoute un peu tout ce qui se dit de part et d'autre et là, j'ai une pépite à partager avec cette vidéo d'interview de Jean Radvanyi chez Tabibian. Il y a plusieurs séquences où il analyse des images d'archive récente où on voit Poutine et son gouvernement. J'ai mis la vidéo à 8 minutes (moment crucial où Poutine extorque le consentement d'un de ses subordonnés concernant la reconnaissance de l'indépendance du Donbass) mais toute la séquence commence à 6 minutes. C'est absolument édifiant et ça fait immanquablement penser au film Rollerball (1975), la séquence où le dirigeant du monde demande l'approbation en visio-conférence à ses "ministres" (dirigeants de consortiums).https://youtu.be/2SxmKrz6JQM?t=482

  • Pour faire suite à Gilbertgg, une autre pépite:

    https://www.schweizer-standpunkt.ch/news-detailansicht-fr-international/la-politique-des-etats-unis-a-toujours-ete-d-empecher-l-allemagne-et-la-russie-de-cooperer-plus-etroitement.html

    Quant au site Donbass Insider, il est d'abord anti-nazi. Faut-il le lui reprocher?

    Pourquoi ne pas vous brancher sur Telegram: nombreux témoignages sur les exactions des ukrainiens à Mariupol, comme celle-ci:

    “Le commandant de la compagnie de la 36me brigade de l'infanterie de marine des forces armées ukrainiennes, le lieutenant Seguey Baturynsky a été arrêté. Selon les premières informations, il a avoué avoir violé une des résidentes détenues à Marioupol, and avoir tué un homme (probablement son mari) qui essayait de l'en empêcher."

  • @Calendula et Frenkel
    Je me permets de m'adresser aux deux, car j'aimerais revenir sur le reproche que vous me faites, si je vous ai bien compris, de justifier une guerre par une autre. C'est d'ailleurs une remarque que j'ai lue plusieurs fois sur nos blogs.
    M'attribuer cette logique est me prendre pour un imbécile, mais qu'importe. Après tout on est toujours l'imbécile de quelqu'un. De plus je viens de terminer le texte de Sénèque sur la colère et je vais donc essayer d'être un digne lecteur de son oeuvre en m'abstenant de cette émotion.
    Plus sérieusement maintenant. Mon argument ne se tourne pas vers le passé pour justifier un acte par un autre, mais il concerne l'avenir pour poser cette question: quelle confiance peut-on avoir dans les intentions, les déclarations et la ligne politique d'un gouvernement dont l'action passée infirme les mobiles dont il se prévaut pour justifier sa politique actuelle et donner des leçons de morale et de démocratie au monde entier?
    Ce n'est pas une pensée vengeresse ou oisive que poser cette question, mais une mesure de bon sens pour juger de nos propres prises de position et nos actions dans l'avenir et garder, pour autant que cela soit encore possible un certain degré de liberté de pensée.

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