Saga du CO2 (11) : les frag’îles ne coulent pas

Je reviens sur la submersion annoncée d’îles et d’atolls à cause du réchauffement. Les océans monteraient de manière dramatique et l’on devrait créer un statut de « déplacé climatique ».

 

iles,pacifique,submersion,tuvalu,marshallVariations marquées

Or les îles fragiles du Pacifique ne coulent pas. Pire – ou mieux: la majorité d’entre elles sont stables. Une étude réalisée sur trente ans de données précises montre la réalité du terrain quand l’affolement théorique annonce des catastrophes planétaires (image 2 et 3, gains pertes ou stabilité des 709 îles étudiées – clic pour agrandir).

En voici le résumé:

« Au cours des dernières décennies, les îles des atolls n’ont montré aucun signe généralisé de déstabilisation physique face à l’élévation du niveau de la mer. Une réanalyse des données disponibles, qui couvrent 30 atolls des océans Pacifique et Indien, dont 709 îles, révèle qu’aucun atoll n’a perdu de superficie terrestre et que 88,6 % des îles étaient soit stables, soit en augmentation, tandis que seulement 11,4 % se sont contractées. (…) 

L’augmentation des perturbations humaines, en particulier la remise en état des terres et la construction de structures humaines, s’est opérée à l’échelle spatiale de l’atoll au littoral, expliquant les variations marquées au sein de l'atoll dans le comportement des îles et du littoral. »

En bref: la plupart des îles à risque observées n’ont pas perdu de superficie à cause de l’élévation des océans, et certaines ont même vu leur surface croître.


iles,pacifique,submersion,tuvalu,marshallLes plages survivront

Cette élévation est d’ailleurs fonction de différents facteurs et pas seulement de la fonte des glacier. 

Il ne faut pas imaginer non plus la perte de grand territoires côtiers. Selon le professeur de géologie marine Éric Chaumillon la menace concerne surtout les zones autrefois gagnées sur la mer:

« Les zones à risques concernant les submersions sont les zones littorales basses, comme les marais ou les terrains issus de la poldérisation, c’est-à-dire conquis sur l’océan. Ceinturés de digues, ils ne reçoivent plus de sédiments, se compactent et s’affaissent, ils deviennent alors plus bas que les plus hautes mers. Avec le niveau marin qui augmente, la situation empire… »

Il y a toutefois des désaccords entre chercheurs:

« Parmi les nombreux éléments de désaccord, le modèle d’impact de l’augmentation du niveau moyen de la mer utilisé par l’équipe européenne ignore les possibilités d’ajustement morphologique des plages à la suite d’un recul du trait de côte.

… si les plages ont un espace d’accueil à l’arrière, lorsqu’elles sont par exemple adossées à des plaines côtières, des marais littoraux ou des dunes, alors elles conserveront leur forme générale en migrant dans les terres : le littoral reculera, mais les plages survivront, bien qu’un peu surélevées et situées plus à l’intérieur des terres qu’actuellement. »


iles,pacifique,submersion,tuvalu,marshallElles s’élèvent

Mais quittons les plages (forcément paradisiaques) et revenons aux îles. Celles-ci, principalement d’origine volcanique, peuvent bien sûr s’enfoncer. La cause première n’est pas la montée très faible des océans, mais l’urbanisme ainsi que la tectonique des plaques. La tectonique déplace les points chauds volcaniques et les îles anciennes s’affaissent.

Cet article sur la Polynésie française explique cela simplement.

Pour les îles de récifs coralliens c’est encre autre chose. Ces îles s’élèvent avec l’océan:

« Il est important de se rendre compte que ces îles de récifs coralliens se sont développées sur des centaines à des milliers d’années avec le ressac des vagues enlevant le matériau de la structure du récif et le déposant vers l’arrière des plates-formes récifales, créant ainsi des îles. La hauteur de leur surface est en fait déterminée par les conditions de vagues les plus énergiques. Par conséquent, la submersion et les inondations des îles sont des processus nécessaires, quoique peu problématique et parfois dangereux, nécessaires à l’entretien de ces îles. 

(…) Autrement dit, le sommet de l’île s'élève à mesure que le niveau de la mer augmente. » 


iles,pacifique,submersion,tuvalu,marshallMarshall et les autres

C’est un processus lent mais réel. C’est aussi le cas à Tuvalu, dans le Pacifique:

« Cette petite nation insulaire de seulement 26 km2 a gagné environ 73 hectares (0,73 km2) sur la période étudiée, soit 2,8 % de sa surface initiale, ce qui est considérable pour une période de 43 années. Les chercheurs estiment que cette expansion est due à plusieurs facteurs, tels que les dépôts de sables et de rochers par les vagues et courants, ou les accumulations de sédiments par les tempêtes. »

On le savait depuis 2017:

« À l’aide de photographies aériennes historiques et d’images satellite haute résolution, les scientifiques de l’Université d’Auckland, Murray Ford et Paul Kench, ont récemment analysé les modifications du littoral sur six atolls et deux îles de récifs médio-océaniques dans les îles Marshall. Leur étude évaluée par des pairs a révélé que depuis le milieu du XXe siècle, la superficie totale des îles a en fait augmenté. »

Et pas seulement pour les îles Marshall:

« La plus célèbre de ces études a montré que sur 27 îles du Pacifique, 14 % ont perdu de la superficie, mais 43 % en ont gagné, le reste restant stable. »


iles,pacifique,submersion,tuvalu,marshallL’attente du chaos

Et Tuvalu?

« Une autre nation insulaire du Pacifique, Tuvalu, a également affirmé qu’elle se noyait à cause du réchauffement climatique. Le Premier ministre a déclaré que Tuvalu était "la première victime du changement climatique au monde" et que « l'effet de serre et l’élévation du niveau de la mer menacent le cœur même de notre existence. »

Idem pour les Kiribati, documentées ici.

En 2020 une autre étude confirmait cela:

« Cela signifie que la crête de l’île s’élève à mesure que le niveau de la mer monte, les scientifiques affirmant qu’une telle adaptation naturelle pourrait offrir un avenir alternatif susceptible de soutenir l’habitabilité à court terme, bien qu’avec des défis de gestion supplémentaires, impliquant éventuellement l’alimentation des sédiments, des infrastructures mobiles et une protection contre les inondations. »

En 2014 Laurent Fabius prédisait solennellement: 

« Nous avons 500 jours pour éviter un chaos climatique. »

Donc à fin 2015 nous devions connaître le fameux chaos annoncé et presque attendu par les alarmistes. Plus de 2’000 jours après cette échéance on l’attend toujours. Il n’y a guère que le groupe Midnight Oil qui n'a pas lu les bonnes infos et qui fait la gueule (en haut à droite) avec Rising Seas.

 

 

Catégories : Environnement-Climat, Saga du CO2 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Les infos médiatiques seraient donc manipulées, car on ne compte plus les documentaires sur la disparition des îles à cause de la fonte des glaciers. Ces journalistes choisiraient certaines îles pour illustrer leurs propos, en oubliant la majorité des cas et en passant sous silence les autres causes. Quel est le but de tous ces mensonges ? Insister sur le réchauffement climatique en sélectionnant les exemples qui vont dans leur sens et en oubliant les autres ? Vendre une idéologie d'accueil inconditionnel des réfugiés dit "climatiques" ? Si c'est le cas, comment croire ces "informateurs" qui se font passer pour des scientifiques ? Que dit le Giec qui me semble avoir un statut plus objectif ?

  • Je viens d'écouter cette émission sur SUD-RADIO animée par André Bercoff qui recevait Christian Gérondeau pour son livre "Les douze mensonges du GIEC".
    A 13"10 il évoque la question de la montée des océans mais toute l'émission est intéressante, du début à la fin.
    https://www.youtube.com/watch?v=0nS0P2fv7sE

  • @ Henri:

    C'est dérangeant, oui.
    La vidéo proposée par Gilbert apporte un élément de confirmation.

    Le problème avec le Giec est qu'il s'agit d'un organisme à vocation politique dont le seul but est de démontrer une prédominance anthropique au réchauffement. Politique, au point où ses rapports sont votés par les représentants des gouvernements pour être publiés. Il y a au Giec des clans, des gurus, de l'argent par milliards si vous faites les "bonnes recherches".

    Il y a beaucoup de représentants d'associations écolos dont la ligne est notoirement alarmiste. Les infos reprises et divulguées sont celles issues des modélisations les plus extrêmes (jusqu'à +8°) alors que les observations depuis plus de 20 ans correspondent aux modèles prévisionnels les plus modérés. On ne va pas dans la direction du pire.

    Le risque de submersion est l'un des plus redoutés dans le monde. C'est une mine à subventions phénoménale. J'ai aussi des questions sur les différences dans l'info, en particulier sur le risque de submersion. Mais même en supposant 3mm par an (ce qui est exagéré) il faut 100 ans pour monter de 30 cm. Donc pas de 75cm en plus en 2100, même si le réchauffement continue car l'augmentation des températures ne suit pas les courbes extrêmes des modèles.

    Le Giec est frappé d'un biais de résultat et d'un biais de millénarisme apocalyptique.

Les commentaires sont fermés.