Vers un statut de « déplacé » climatique ?

À Genève ce début avril est le plus froid depuis 103 ans, je parle des températures maximales. Cela devrait encore être le cas demain. On ne va pas pour autant transférer la ville dans la Drôme au nom d'un statut de déplacé climatique. Il sera temps d'émigrer en Afrique lors de la prochaine ère glaciaire.

 

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Le candidat EELV Yannick Jadot propose, en fin de sa campagne pour la présidence, la création d’un statut de déplacé climatique. Il avait déjà proposé le « réfugié » climatique en 2019. Mais par la suite il a « ... balayé cette option qui nécessiterait de modifier la Convention de Genève encadrant le statut de réfugié. » Le climat et ses variation n’engendre donc pas des réfugiés.

L’annonce est faite à l’intention de ses troupes.

« Pour nous, la solution, c’est d’avoir une convention internationale […] qui leur donne un statut, notamment en ayant des visas humanitaires », afin d’aboutir à la « reconnaissance du statut de déplacé climatique », a-t-il expliqué devant une vingtaine d’associations qui interviennent auprès des exilés. »

Il ajoute:

« Il y a des peuples, notamment les habitants des îles du Pacifique, qui sont soumis au phénomène de perte d’habitabilité complète de leur territoire. Donc se pose la question de leur transfert. »

Il souhaite mettre en place une protection transitoire applicable à des groupes entiers et non seulement à des individus.

 

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J’ai déjà documenté l’enfoncement supposé des îles, ou la hausse des océans, c’est selon. Cette hausse reste très faible (30 cm en trois siècles). Il faudrait beaucoup plus de 300 ans pour faire un mètre. D’ici là le réchauffement sera-t-il encore en cours? On ne le sait pas.

Je rappelle la position de Simon Donner, maître de conférences en climatologie à l’Université de Vancouver, partisan pourtant du risque réchauffiste.

« Son diagnostic: il n’est pas urgent de remparer les îles, ni de les évacuer. A court terme, les efforts précipités et les nombreuses bonnes intentions de la communauté internationale pourraient générer plus de mal que de bien. »

Il ajoute:

« Certes, le changement climatique rend les attaques de la mer plus probables, mais pour autant, le niveau océanique local continue de dépendre avant tout du régime des marées, de la météorologie marine et de la dynamique des océans à grande échelle. »

La proposition de Jadot est donc de la poudre aux yeux électorale. D’ailleurs les variations météorologiques liées au réchauffement ne seront pas extrêmes au point de devoir déplacer des millions de personnes. Dans la plupart des cas les déplacements, s’il doivent avoir lieu, se feront dans une région proche de celle de départ. De même si une région lacustre européenne devait être régulièrement submergée, on reconstruirait à quelques kilomètres ou dizaines de kilomètres.

Il n’ a pas lieu d’envisager des déplacements de masse, ni de créer un statut collectif qui pousserait le nombre d’arrivants vers une hausse exponentielle. Il faut au contraire adapter les régions exposées aux sécheresses et aux inondations: digues, barrages, réservoirs, etc. Pour les ouragans le réchauffement ne les augmente pas, il faut donc construire en plus solide, par exemple pour les insulaires, plutôt que d’envisager le départ des habitants.

Les actions à long terme devraient faire l’objet d’une réflexion très approfondie plus que d’une tentative de petit coup médiatique.

 

 

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Commentaires

  • Merci Homme Libre. Voici de quoi compléter votre excellent billet:

    https://odysee.com/@Roms17:d/Climat---Retour-%C3%A0-la-raison:d

  • Est-ce que les hommes de 18 à 60 ans seront interdits de déplacement climatique ?

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