Cinéma : Helen doit-elle être juive pour incarner Golda Meir ?

Encore une polémique sur fond de religion et d'identité. Cette fois elle vise l’actrice britannique Helen Mirren. Celle-ci incarne l’ancienne dirigeante israélienne Golda Meir dans un topic sur sa vie.

 

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Faut-il être noir métisse pour incarner Obama ou Chin0is pour jouer Mao? De préférence, quand-même, si l’on veut garder un minimum de cohérence visuelle. Car ce sont des signes lisibles sur le corps, qui contribuent à l’identification de la personne.

Par contre la religion ne se voit en principe pas, sauf pour certaines tenues spécifiques. À moins d’avoir une « tête de juif ». Cela fait aussi polémique.

La comédienne britannique Maureen Lipmann a déclaré par exemple:

« Avec cela, je ne suis pas d’accord, parce que la judéité du personnage est tellement intégrale. »

Jusqu’où aller dans l’identification à un personnage? Le rôle de l’acteur et de l’actrice est d’entrer dans la peau de quelqu’un d’autre, d’être quelqu’un d’autre pendant un moment. C’est un film, pas une messe. On entre dans le personnage ou on le fait entrer virtuellement en nous, y compris dans ses dimensions intérieures.

Commentaires sur Facebook:

« De plus en plus consternant. Faudra-t-il exiger un test de virginité à la prochaine actrice qui incarnera Jeanne d’Arc? »
 

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Ou celui-ci:

« À ce compte-là, c’est un scénariste de confession juive qui devrait écrire le scénario, des cameramen idem le tourner, dans des décors idem, peut-être même entièrement en Israël, un cinéaste de confession juive qui devrait le diriger et les fonds idem le financer. Il pourrait aussi n’être projeteé qu’en Israël et dans des cinémas de confession juive et dans des synagogues, pour faire bonne mesure. C’est la mort de l’acteur. »

Rappelons que comme toute comédienne Helen Mirren a interprété des personnages très variés dont aucun ne lui ressemblait:

« Lady Macbeth, la petite amie d’un gangster, la femme d’un voleur, une détective alcoolique, une héroïne dans un film d’action, le personnage [masculin] de Prospero, ainsi que la reine d’Angleterre, qu’elle a interprétée à quatre reprises au moins. »

Pour le journaliste et écrivain Stephen Pollard, ancien directeur du Jewish Chronicle:

« Si l’on suit sa logique, le seul personnage qu’un acteur puisse interpréter, c’est lui-même. »

Seuls ceux qui ont vécu une expérience ou un mode de vie seraient compétents et légitimes pour l’incarner? C’est bien cela. Le séparatisme, le regroupement communautaire, le retour des clans instaure de nouvelles frontières entre les humains, plus implacables que les frontière terrestres. Celles-ci peuvent au moins être franchies. Celles-là sont infranchissables.


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Et à ne vouloir offenser personne parce que l’on ne serait pas de son groupe ou clan, on ne parlera plus ensemble, sauf des rideaux de la cuisine. Et encore, cela pourrait être source de malentendus.

Des différences entre nous, de l’apprivoisement, de la distance progressivement diminuée, oui. Mais le communautarisme, non.

À propos d’appropriation, des sites théorisent le sujet.. Comme celui-ci:

« Le concept d’appropriation culturelle décrit l’usage, par les membres d’une culture dominante, d’éléments culturels produits par les membres d’une culture dominée. »

Ah!...

On se demande pourquoi laisser des femmes jouer des rôles d’hommes et vice-versa. Après tout le sexe est un marqueur plus fondamental que la religion. 

C’est ce que font par exemple les personnes trans, qui s’approprient le plus grand nombre de marqueurs visuels et comportementaux du sexe qu’ils ne sont initialement pas.

On ne le voit pas sous cet angle, pourtant il me semble très pertinent, et très étrange l’acceptation de cette appropriation par les progressistes. 

Dans certains cas on pourrait s’approprier, dans d’autres non. Cela dépend de ce que l’on veut faire dire politiquement. 

Ou de l’air du temps. Ou de la tête du client.

 

 

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Commentaires

  • Combien d'acteurs juifs ont interprété des personnages de l'histoire européenne qui ne l'étaient pas? Devrait-on alors brûler tous ces films?
    Combien d'acteurs d'origine roturière ont interprété des rois et des princes de l'histoire européenne? Ne devrait-on pourtant pas considérer que "le caractère aristocratique des personnages est tellement intégral"?
    Buckingham Palace s'est-il publiquement offusqué de voir Helen Mirren interpréter la Reine, alors qu'elle n'est même pas membre de la Royal family?
    Et tant qu'à faire, devra-t-on empêcher à des Juifs Séfarades d'incarner des Ashkénazes, et vice-versa? De fait, ce n'est pas du tout la même chose!
    Pendant ce temps, il ne semble pas que quiconque soit gêné de voir des personnages de couleur incarner des européens du XVIIIème siècle dans une série en costumes (donc par là même supposée avoir l'ambition d'offrir un reflet visuel fidèle de l'époque), Peut-être est-ce une manière de faire en sorte que les "nouveaux européens" puissent s'approprier l'histoire de leur continent en y découvrant des personnages "qui leur ressemblent", qui sait?

  • Seules les prostituées peuvent jouer des rôles de prostituées. Seuls les gangsters peuvent jouer des rôles de gangsters. Seuls des nazis peuvent jouer des rôles de nazis. Les gays ne peuvent pas jouer de personnages hétéro. Seules les personnes mariées peuvent jouer des personnages mariés. Les scènes de viol devront être réelles, car la victime dans la suite du film doit réellement être une victime du viol.
    Etc.....

  • Homme Libre a vraiment le chic pour mettre en évidence la bêtise contemporaine. Il est certain qu"un acteur joue un rôle puisque c'est son métier. Il se met donc dans la peau d'un personnage qui n'est pas lui. Mais comment convaincre ces ignorants ? Mission impossible !
    Le lien sur "l'appropriation culturelle" nous explique pourquoi il est interdit à un blanc de se grimer, se coiffer, se vêtir comme un noir. Ce serait un manque de respect puisque ces coutumes sont une manière de se révolter contre l'oppression blanche. une domination qui n'est donc pas vécue par eux. Or, on trouve de nombreux noirs qui exploitent leurs congénères et de nombreux blancs qui soutiennent les victimes. On ne compte plus les dictateurs de couleur qui se sont enrichis sur le dos de leur peuple. L'ethnie n'induit donc aucun gène de moralité. Mais, une fois de plus, on se heurte ici au sacro-saint communautarisme. Les bons et les mauvais points seront attribués en fonction de la couleur de la peau. C'est exactement la définition du racisme. Nos "racialistes" seraient donc des racistes qui s'ignorent.

  • J'en ai encore d'autres sous le coude, Henri!
    :-)

  • Les problèmes qu'a eux Claude-Inga Barbey viennent de ce même genre de vision en deux dimensions. Les stand-uppers (Thomas Wiesel, Marina Rollman & C°) se produisent en jean et pull, on n'oublie jamais que ce sont eux. En revanche, CIB s'habille, de déguise, porte des perruques et joue des personnages. Les imbéciles modernes ne sont pas capables de comprendre que c'est du théâtre, du guignol. Ils pensent qu'un.x.e comédien.x.nne qui joue un salaud est un salaud, qui joue une femme de ménage est réellement une femme de ménage, qui joue une psy est réellement une psy. C'est carrément effrayant de bêtise.....

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