Union Européenne : retour en grâce du nucléaire

La Commission européenne souhaite que l’énergie d’origine nucléaire soit incluse dans le développement durable et profite d’un label vert qui facilitera son implantation dans les pays de l’Union.

 

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Selon cet article du Figaro:

« Faire partie de cette classification permet une réduction des coûts de financement, cruciale pour les projets concernés et les États voulant les soutenir. »

Le nucléaire a donc plutôt le vent en poupe dans les instances européennes, malgré le refus de certains écologistes. L’Allemagne n’est pas contente, elle qui a décidé de la sortie du nucléaire et pour qui gaz et charbon sont aujourd’hui pour 40% de sa production électrique. 

C’est actuellement le pays qui émet le plus de CO2 de l’UE, et la fermeture prochaine d’autres centrales va aggraver la situation. Quel paradoxe!

Le gros développement des éoliennes ne porte pas suffisamment de fruits à cause de son intermittence. Or il y a une nécessité absolue à disposer d’une source d’énergie régulière et aisément pilotable. 

Nos congélateurs, les ordinateurs, l’informatique des transports aériens, l’ingénierie médicale, et tant d’autres activités sont aujourd’hui inconcevables dans un monde où le courant peut être coupé n’importe quand. 

Quant à internet qui consomme de plus en plus d’énergie je doute que les jeunes générations veuillent s’en passer. La consommation va continuer à augmenter, y compris avec les voitures électriques.

 

nucléaire,centrale,europe,éolienne,gaz,charbonTchernobyl

Je partage le retournement idéologique de la Commission européenne. À 20 ans j’étais anti-nucléaire, c’était le romantisme de l’époque. Et puis nous ne manquions alors de rien, c’était plus facile d’être du côté des « purs ». Mais il était temps que ce tabou du nucléaire tombe.

Avec recul je vois ce que cette ressource a apporté, et son intérêt. Je n’oublie pas bien sûr la question des déchets, et je n’ai pas de réponse à ce sujet. Les centrales de nouvelle génération pourront-elles recycler l’actuelle montagne de déchets? C’est une piste. 

Faudra-t-il les envoyer vers le soleil pour y être détruits? Sûrement très coûteux mais pourquoi pas? La technologie avance à grands pas et de nouvelles solutions vont peut-être émerger ces prochaines décennies. Ainsi une toute récente découverte permet de transformer du carbone en diamant en une fraction de seconde, alors que le processus naturel prend des millions d’années. D’autres découvertes révolutionnaires sont encore à venir.

Tchernobyl (image 2 actuelle, ville de Prypiat à côté de la centrale, évacuée et laissée à elle-même)? Fukushima? L’ombre de ces accidents plane sur nos sociétés. Des accidents qui auraient pu être évités et qui ne sont pas imputables à la technologie elle-même. Je sais que les opposants ont des arguments à ce propos. Mais je pense que l’on peut gouverner le risque, en regard des avantages que cette technologie apporte.

Jusqu’à présent j’ai changé d’avis sur pas mal de choses dans ma vie, à chaque fois suite à une prise de conscience ou à une réflexion critique – critique sur moi-même également. 

Aujourd’hui je pense que le nucléaire est une des solutions d’avenir. Et je crois que le génie humain peut trouver de bonnes solutions aux problèmes de l’espèce humaine et de son environnement.

 

 

Catégories : Environnement-Climat, Science, société 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Ce qui me pose question, c'est l'extraction de l'uranium. Qui accepterait de travailler dans une mine d'uranium ?

  • Mais vous pouvez mettre cette question au présent puisque des hommes tous les jours font ce travail est est mortel! Non seulement pour eux, mais aussi pour toutes leurs familles, ils rentrent chez eux avec des vêtements souillés de radioactivité, qui à la longue tuera toute la famille! Rappelons nous ces hommes qui ont faits sacrifices de leurs vies, tant à Tchernobyl qu'à Fukushima! La France qui compte 58 réacteurs nucléaire a dû en arrêter quelqu'uns, pour des raisons techniques. Les révisions et réparations n'ont pas été faites depuis le début des confinements! On joue avec le feu et ce feu là est diabolique!

  • En France on a eu jusqu'à 210 mines d'uranium et la dernière a fermé en 2001. Il y avait aussi de nombreux site dédiés à la concentration du minerais (raffinage)....Bizarrement, il n'y a jamais eu de scandale comme pour l'amiante !!?? Et pourtant on imagine que beaucoup d'ouvriers et de mineurs ont eu des problèmes mais c'est aussi le cas pour les riverains des mines à ciel ouvert. Je ne sais pas dans quelle mesure c'est possible d'aspirer et de filtrer les poussières liées à l'extraction !? Maintenant je lis que le minerais est extrait au Niger. Pour le Thorium je viens de regarder et c'est aussi un minerais radioactif
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Exploitation_de_l%27uranium_en_France

  • Voici un autre article plus nuancé sur le thorium. Il pointe les manquements technologiques pour en faire une filière valable et y voit surtout une énergie utilisable sur le long terme,

    https://www.cea.fr/comprendre/Pages/energies/nucleaire/essentiel-sur-une-filiere-nucleaire-au-thorium.aspx

    Il n'y a pas d'énergie permanente sans risque. Pour être permanente elle doit accumuler, ou équivalent. Dans un barrage on accumule l'eau, le risque est la rupture du barrage. Dans une centrale on accumule une réaction continue. Je ne sais si le terme accumuler est le meilleur, mais peut-être voyez-vous ce que je veux dire. Le vent ne s'accumule pas et la production électrique est intermittente.

    Je pense qu'il faut aussi suivre le projet de Bill Gates de minicentrales. Au sodium liquide elle présentent moins de risques d'accident type Tchernobyl. Elle donnent aussi plus d'autonomie locale et moins de centralisme.

    À voir.

    https://www.courrierinternational.com/article/energie-la-premiere-mini-centrale-nucleaire-de-bill-gates-en-fonction-dici-sept-ans-aux

  • En 2014, j'ai passé 6 mois sur une mine d'uranium en Namibie et ne suis pas pour autant devenu phosphorescent la nuit. Tout est automatisé, y compris le transport du minerai. Et les lois namibiennes concernant ce type d'exploitation sont draconiennes. Sans parler des normes internationales.

  • Alors il faut mécaniser un maximum. Ou utiliser par exemple le thorium. Ce n'est pas une solution miracle mais il faut continuer à chercher.
    .
    Un premier pas est de reconsidérer la question, nonobstant les combats passés.

  • L'Allemagne verte a suivi Madame Merkel sans réfléchir. Maintenant elle brûle du charbon et dépend du gaz russe.

  • Très bon billet, Hommelibre! Sans le nucléaire, et d'ailleurs sans le charbon et le gaz, nous ne nous en sortirons pas, tant le solaire et l'éolien sont ridiculement insuffisants et déficients, car intermittents et globalement de trop faible rendement! Bien à vous!

  • Je relaie ici une déclaration de Brice Lalonde, ancien candidat écolo à la présidence, sur le site Googplanet, racontant son passage de l'opposition au nucléaire à sa réhabilitation:

    "Au sein du mouvement écologiste, c’était comme renier la Bible pour un chrétien. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut réformer les techniques nucléaires, notamment la gestion des déchets, avec la transmutation (NDLR : transformation d’éléments radioactifs à vie longue en éléments à vie plus courte). C’est un problème d’ordre moral. Mais aujourd’hui, qui décide de l’avenir du nucléaire ? Les écologistes, au lieu de vouloir tout arrêter, devraient se saisir de la question."

    https://www.goodplanet.info/2020/05/25/peut-on-etre-ecologiste-et-pro-nucleaire/

    Enfin sous le titre "Le nucléaire, l'impensé des écologistes", Le Point propose une réflexion qu'il conclut ainsi: "L’abandon du nucléaire, y compris progressif, n’est pas justifié par des arguments écologiques. La seule appréhension d’une catastrophe de l’ordre de celle de Tchernobyl ou de Fukushima ne mène à rien. C’est un réflexe d’enfants qui n’a pas lieu d’être dans un monde d’adultes où la peur, sentiment irrationnel par définition, doit être conjurée par le pragmatisme, et ce même si cela réclame plus d’efforts encore. Une société civilisée et ambitieuse ne répond pas au risque en l’interdisant, mais en le minimisant. C’est à l’intelligence qu’elle confie son avenir, pas à ses craintes : voilà peut-être la juste définition du progressisme."

    https://www.lepoint.fr/invites-du-point/chevallier-le-nucleaire-l-impense-des-ecologistes-07-09-2021-2442060_420.php

    Les anti veulent surtout que l'on devienne sobres. Mais une telle injonction est contre-productive car elle résonne comme un imposé religieux. Et le reste du monde, en développement, ne va pas vouloir devenir sobre...

  • Pour compléter le dossier, voici un article récent sur le thorium, peut-être un peu plus objectif que le site officiel du nucléaire français, qui roule pour l'uranium depuis des décennies.

    https://www.letemps.ch/economie/lemergence-geneve-dune-energie-nucleaire-presque-inoffensive

    Je me souviens d'avoir lu à l'époque quelques articles sur les travaux prometteurs du Professeur Rubbia, lequels n'ont malheureusement guère eu de suites concrètes à ce jour.

    Je soupçonne également que le peu d'investissement des grandes puissances nucléaires dans la recherche sur le thorium, en comparaison avec l'uranium, soit principalement motivé par la possiblité que cette dernière filière offre de produire également du plutonium à usage militaire...

  • Merci pour le lien Olivier, et votre conclusion fait en effet réfléchir aux motivations des décideurs.

  • Oui, ces motivations sont tout sauf reluisantes, et je note d'ailleurs sur le site que vous avez mentionné que l'Inde, qui au départ était attirée par le thorium (disposant de celui-ci en grandes quantités), s'en est bien vite détournée dès qu'elle a obtenu un accès illimité à l'uranium. Cette puissance émergente ambitionnant de rivaliser avec sa grande rivale la Chine dans la course à l'arme nucléaire, et de maintenir à distance son ennemi juré le Pakistan dans le même domaine, ceci explique sans doute cela...

  • Je me suis aussi posé la question pour l'Inde. Vous avez probablement raison. Du coup le pays va prendre du retard sur la filière Thorium, qui pourrait pourtant lui assurer son développement sur le long terme.

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