Saga du CO2 (8) : inondations, le cas exemplaire du Gardon d’Anduze

L’un de mes questionnements sur la variation climatique actuelle est: allons-nous vers une planète invivable ou non? Pour tenter de documenter cette question je plonge régulièrement dans les archives et chroniques du passé.

 

inondations,réchauffement,gardon,anduze,records,cévennesMultiplication

La climatologie moderne, science encore très jeune, manque de repères sûrs quant au passé. Il est difficile de comparer par exemple la météo du XVe siècle et celle d’aujourd’hui. Du moins dans le détail.

Dans les grandes lignes les reconstructions des climats passés sont utilisables, avec une réserve. En effet les imprécisions, le manque de données relevées avec rigueur, l’invention trop récente (moins de 500 ans) des instruments de mesure, n’empêchent pas de lire valablement une tendance générale mais ne permettent pas de faire une reconstruction complète et détaillée région par région.

Le résultat est que plus on recule dans le temps moins il y a de données utilisables sur les événements météorologiques très anciens. 

De plus la surveillance actuelle très serrée des conditions météo, la multiplication des sources de données, le grossissement inouï dû aux médias et à un certain goût de la dramatisation climatique, le conditionnement politique de masse, fabriquent beaucoup plus d’événements forts que par le passé, ou du moins les raconte-t-on comme tels, sans comparer avec ceux du passé.

 

inondations,réchauffement,gardon,anduze,records,cévennesCataclysmes

La mémoire humaine n’est pas suffisante pour évaluer l’intensité d’un météore. Lors des récentes inondations en pays Basque une dame interrogée par la télé disait qu’elle n’avait jamais vu cela autant d’eau. Or une rapide recherche montre que c’est récurrent et que cette intensité n’est pas nouvelle dans cette région.

En faisant ces recherches sur le passé je constate quasiment à chaque fois que d’une part des événements extrêmes ont toujours eu lieu, et que d’autre part ils ne sont pas forcément plus fréquents ou violents aujourd’hui.

Donc si la théorie alarmiste annonce une situation de plus en plus grave, utilisant chaque occasion, chaque orage, chaque sécheresse, chaque coup de chaud, pour crier au dérèglement (terme abusif), les faits sur le terrains ne confirment pas cet alarmisme.

Ce qui est le plus visible avec le réchauffement est le recul des glaciers et la réduction de la banquise arctique. Mais ce n’est pas nouveau, j’ai déjà traité leur recul historique du milieu de l’Holocène. Les glaciers vivent et respirent comme notre atmosphère.

Les inondations font partie des grands cataclysmes naturels. Mais ce n’est pas une fatalité. Sauf si l’on construit sur les zones inondables, on le sait. J’en viens au Gardon.

Le Gard, ou Gardon d’Anduze (il a plusieurs branches) est une rivière intéressante et assez bien connue. Intéressante et exemplaire parce qu’elle réagit rapidement aux fortes pluies, alors par exemple que le Rhône en aval de Lyon est assagi et ne réagit qu’aux crues massives ayant lieu bien en amont.

 

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Le Gardon prend sa source dans les montagnes des Cévennes. Ces montagnes pentues facilitent le ruissellement des pluies et reçoivent les épisodes cévenoles, ces précipitations diluviennes de type mousson. Les crues y sont récurrentes.

Pendant des siècles les crues n’ont quasiment pas causé de morts. 

« Les anciens avaient une parfaite connaissance du régime des cours d’eau. La soudaineté des crues apparaît dans les documents consultés : « cette rivière sans importance, apparaît tout à coup avec une rapidité effrayante ». Le terme « gardonnade » est cité pour la première fois dans ce texte en 1835. »

Mais aussi:

« Le comportement des gens reflète une bonne connaissance et une bonne adaptation au risque lié aux inondations. En près de 4 siècles, aucune victime n’est signalée dans le bassin du Gardon d’Anduze avant celles de 1958 (3 personnes à Anduze). » Et près de 40 en tout.

Ce rapport officiel est alors sans équivoque sur la cause des décès, les changements de comportement des années d’après-guerre:

« En effet, les années 50-60 ont marqué un réel tournant dans la perception du risque inondation. Les moyens mécaniques, le sentiment de pouvoir contrôler les phénomènes naturels, l’arrivée de nouvelle population dans notre région, ont conduit à une minimisation du risque lié aux crues. »

 

inondations,réchauffement,gardon,anduze,records,cévennesDésolation

Enfin la crue d’octobre 1790, selon le même document:

« … tous nos moulins sont ou emportés ou encombrés, toutes les digues sont rompues, le plus grand nombre de nos mûriers entrainés par les torrents, notre vallon resserré, dont la principale production consistait en prairies ne présente plus que des rochers à nud, les coteaux rapides qui nous procurent cette denrée précieuse, la chataigne qui alimente les habitans n’offrent plus que des excavations effroyables. »

Sur ce site d’archives de Météo-Paris on voit des images des inondations de 1960. On y apprend au détour que le 29 février 1960 était très doux (image 4): 28° en Aquitaine, 24° dans le centre de la France, et ainsi de suite.

Enfin sur la crue majeure de 2002:

« Les évènements des 8 et 9 septembre 2002 ont montré que l’aménagement du territoire des dernières décennies a eu comme impact d’accroître la population en zone inondable et que les gens avaient parfois des comportements inadaptés notamment au volant de leur voiture. »

Sur le Gardon la dernière crue récente de référence date donc de 2002. Avant, il y a eu celles de 1958, du 30 septembre au 4 octobre, survenue en deux vagues successives. Météo Languedoc donne ici une petite idée de ce qui est nommé la crue du siècle:

« Le 30 septembre 1958, des crues d’ampleur exceptionnelles touchent l’ensemble des cours d’eau cévenols. Elles se propagent rapidement vers les plaines du Gard et sèment la désolation sur de nombreuses communes. Début Octobre, la direction des Ponts et Chaussées déclare « La crue a été d'un mètre supérieure à celle de 1907. »

 

inondations,réchauffement,gardon,anduze,records,cévennesSuperexceptionnelle

Et avant? Il y a des pistes:

« On sait par exemple que 3 crues exceptionnelles du Gardon se sont produites entre 1400 et 1800 ap. JC, laissant des traces dans une grotte située à plus de 17 mètres au-dessus du niveau de la rivière, entre le pont Saint-Nicolas et le pont du Gard ! À titre de comparaison, l’inondation « qualifiée d’exceptionnelle » de septembre 2002 n’a pas dépassé les 14 mètres. Ainsi, la notion de crue exceptionnelle est relative car des événements d’ampleur équivalente, voire supérieure, se sont déjà produits dans le passé. »

Invoquer le réchauffement, et particulièrement le CO2, ne me paraît pas pertinent. Les pluies et crues extrêmes, comme les sécheresses, sont des constantes et non des événements météorologiques encore jamais vus. Il y a donc autre chose en cause, que je ne saurais quantifier mais qui me paraît remarquable, dans les variations climatiques.

Autre chose: quand on regarde un plan des zones inondables du Gardon (image 2, ici près de Moussac, clic pour agrandir - source) on voit qu’entre son étiage et les grandes crues, son lit passe d’une vingtaine de mètres à plus de 300 mètres de large, sans compter la hauteur. Il semble que des crues gigantesques ont déjà eu lieu depuis des temps reculés, pour creuser ainsi son lit.

La vallée du Gardon devrait d’ailleurs nous alerter (image 1). On voit à droite sur l’image jusqu’où l’eau à monté lors de crues exceptionnelles.

 

inondations,réchauffement,gardon,anduze,records,cévennesCroyances

Combien de crues phénoménales, inouïes, « historiques et jamais vues », se sont-elles succédées ces derniers milliers d’années, et bien avant déjà, pour creuser ainsi la roche?

Je constate toujours plus l’importance de comparer le présent au passé, quand c’est possible, et de relativiser l’effet loupe moderne, le grossissement générateur d’angoisse donné par les médias et les journalistes qui relaient les thèses alarmistes sans réflexion et sans plus aucun questionnement. 

De mon point de vue ce que je constate ne confirme pas la dramatisation et devrait peut-être nous faire repenser nos croyances sur la variation climatique, sans céder à la peur,  et comment s’y adapter. En tous les cas le passé met à mal l’hypothèse d’un réchauffement qui serait dû exclusivement au CO2 d’origine anthropique et dont les effets pourraient éradiquer la vie sur Terre.

 

 

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Commentaires

  • Lu et approuvé et bravo pour toutes ces recherches. Il n'y a en effet aucun lien évident entre un pic météorologique et le climat. Le micro-trottoir n'est pas non plus une preuve son son exceptionnelle gravité. Et les humains ne sont sans doute pas les seuls responsables du réchauffement climatique. Mais je ne pense pas que les scientifiques ignorent cela lorsqu'ils mesurent l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Quant aux prévisions climatiques, elles doivent être prudentes. Ceci dit, cela ne nous empêche pas de réduire notre consommation énergétique afin de ne pas risquer d’aggraver les problèmes à venir.

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