Saga du CO2 (7) : la pire sécheresse du XXe siècle prenait fin il y a 100 ans

La mondialisation a ceci de bon: en cas de sécheresse prolongée ou de famine quelque part sur Terre, on peut envoyer rapidement des vivres prélevées sur des stocks excédentaires.

 

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Avant on subissait. Et les grandes sécheresses ne touchaient pas seulement l’Afrique. L’Europe avait son lot de calamités. Ainsi en 1921, elle a connu la pire sécheresse du siècle.

J’ai déjà parlé de cette année 1921 et de sa démesure météorologique. Mais je n’ai pas tout dit. En bref, ce furent des mois de sécheresse impitoyable et des records de chaleurs dignes de l’été 2003.

La sécheresse commença à l’automne 1920. On en sait un peu plus sur les conditions qui ont prévalu grâce à une étude sur les données météos d’Europe:

« L’étude compare, entre autres, les mesures météorologiques des précipitations et des températures récemment disponibles avec les rapports des médias de l’époque sur l'impact de cette sécheresse en Europe. Les résultats de la recherche ont été récemment publiés dans la revue "Climate of the Past Discussions".  »

 

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Ce rapport de i’Institut Royal de Météorologie de Belgique en dit plus:

« L’étude compare, entre autres, les mesures météorologiques des précipitations et des températures récemment disponibles avec les rapports des médias de l’époque sur l'impact de cette sécheresse en Europe. Les résultats de la recherche ont été récemment publiés dans la revue Climate of the Past Discussions. »

La sécheresse sévi de l’Irlande à l’Oural et on lui attribue la cause de la grande famine d’alors. Elle était due à une zone de hautes pressions centrée sur l’Angleterre pendant près d’un an! En comparaison, la haute pression bloquée de l’été 2003 et de sa super-canicule n’a duré « que » 3 mois.

Et selon le journal de l’époque De Standaard:

« Il s’agit de la sécheresse continue la plus remarquable observée depuis le début des observations météorologiques régulières (1833). D’après les informations que nous avons trouvées dans les archives historiques, il faut remonter aux années 1719 et 1684 pour trouver une sécheresse comparable à celle que nous connaissons actuellement. »

 

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En France dès le mois de juin, « La situation agricole empire, les fourrages sont très peu fournis et les éleveurs sont inquiets, certains se débarrassent de leurs animaux, moins par manque de nourriture que par manque d'eau pour les abreuver. »

On est alors en 1921, bien avant l’accroissement du CO2 dans l’atmosphère. Un tel extrême n’est donc pas attribuable au réchauffement, ni au CO2. C’est contre-intuitif.

Mais il y a autre chose. L’image 2 (clic pour agrandir) représente la « Gravité (Severity) de la sécheresse de 1921 et des autres sécheresses européennes connues survenues après 1950, en fonction du pourcentage de la zone touchée dans l'ensemble du domaine européen étudié. Chaque point représente une année de sécheresse spécifique. »

On voit que 1921 est l’année de la pire sécheresse, en cumul d’intensité, de durée et de régions touchées. On voit aussi que les plus graves sécheresses en Europe sont presque toutes d’avant 1976, soit d’avant la phase actuelle de réchauffement.

 

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Cela signifie que ni le réchauffement actuel ni l’augmentation du CO2 n’aggravent les sécheresses depuis 50 ans.

C’est pourtant une durée suffisante pour en voir des premiers effets annoncé par les alarmistes: aggravation des mesures et accélération des fréquences. Or cela ne se vérifie pas dans la réalité observée.

L’image 1 montre la statistique des sécheresses en Île-de-France depuis l’an 1500. Le rôle du CO2 est ici loin d’être probant. Aucune augmentation visible des sécheresses. Elles étaient même plus nombreuses dans le passé. 

Les image 3 et 4 montrent la statistique du Languedoc-Roussillon. On voit là aussi que les plus graves sécheresse datent… du petit âge glaciaire, période froide. La flèche rouge indiquerait une remontée de la tendance depuis 1850. C’est franchement peu évident.

Les faits et leur statistique jettent un sérieux trouble sur les travaux du Giec et de certains climatologues, ainsi que sur les annonces flippées de Génération extinction et autres alarmistes.

Cela ne signifie pas que rien n’est à faire – surtout contre la pollution et la préservation des ressources. Mais cela laisse à penser que le pire, l’apocalypse climatique, la Terre étuve, la fin de l’espèce humaine, ne sont pas proches, et il n’est probablement pas du tout réaliste de les envisager.

 

 

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Commentaires

  • J’ajoute ces trois sources d’info sur 1921. Dans le premier rapport de l’époque, on voit que l’hiver connut un record de douceur, et la glace de montagne en Suisse en a été très affectée.

    https://www.sac-cas.ch/de/die-alpen/les-variations-periodiques-des-glaciers-des-alpes-suisses-23-9636/

    On a aussi cet résumé d’une étude sur le niveau extrêmement bas des cours d’eau en 1921 en Europe de l'ouest.

    https://www.shf-lhb.org/articles/lhb/abs/2004/05/2004_5_18/2004_5_18.html

    Enfin, en anglais, les conséquences sur la société anglaise de cette redoutable sécheresse.

    https://cp.copernicus.org/articles/17/2201/2021/

    Ceci pour montrer que l’événement météo de 1921 a été remarquable par son étendue autant que par son intensité. Les tableaux qui illustrent ce billet sont représentatifs de la Belgique, mais pas seulement.

  • Je vais encore me faire l'avocat du diable. Il est vrai que les pics météorologiques ne donnent pas beaucoup d'indications sur le réchauffement climatique. Mais je ne crois pas que le Giec se contente de cela. La production de gaz à effet de serre peut être mesurée et ses conséquences connues (par exemple, on sait que l'atmosphère de la planète Vénus est invivable à cause de ça). Mais on peut également constater le recul des glaciers alpins ( je le vois chaque fois que je me rends au pied du glacier de Saint-Sorlin d'Arves en Savoie). Et bien d'autres études vont dans ce sens. Par contre, on ne connaît pas exactement la température dans dix ou vingt ans. Il est donc inutile d'inquiéter à ce point la population. Mais je pense que, en particulier dans les pays riches, il est nécessaire de réduire nos émissions de CO2. Et les pays pauvres, particulièrement en Afrique, doivent pouvoir aussi diminuer les naissances, comme la Chine (au rythme actuel, dans trente ans, la population du Nigeria aura dépassé celle des États-Unis). Cela est à leur portée et l'on sait que le nombre d'habitants est un facteur important du réchauffement climatique.

  • Bonsoir Henri,

    La discussion est ouverte, pas de problème.

    J'ai deux questionnements majeurs:

    1. Le réchauffement est-il vraiment dramatique? Peut-il l'être? Je montre dans mes billets qu'il faut relativiser la supposée menace. En réalité on ne sait pas s'il va pleuvoir plus ou moins. Les alarmistes tablent sur les sécheresses, mais cela ne semble pas parti pour. Et puis cela dépend où. Et pourquoi ont-elles été plus nombreuses et intenses au petit âge glaciaire?

    Les ouragans, les tempêtes, les tornades, tout cela a déjà eu lieu à la même intensité selon les archives météo.

    2. Quelle est la part réelle du CO2 par rapport aux importantes variations naturelles? C'est encore en débat, bien que les alarmistes aient imposé leur version. Pourquoi le Giec continue-t-il à produire les projections de modèles qui ne sont d'évidence pas en accord avec les observations réelles (la majorité)? Cela fait die comme je l'ai entendu il y a deux jours par un activiste clim que bientôt il y aura 4 degrés de plus en régions Paca et que de large portions du territoire seront inhabitables. Ce n'est pas démontré. Et même, les territoires déjà inhabitables actuels auront-ils augmenté? On ne peut le dire. On habitera toujours dans les villes.

    Le réchauffement a commencé il y a 300 ans, sans CO2 supplémentaire. Pas d'explication. L'hypothèse des volcans pour expliquer le PAG ne tient pas.

    Sur le CO2 je vais progressivement introduire les éléments de controverse.


    De la réponse à ces questions peut dépendre le diagnostic et donc l'objectif à viser.

    Bien à vous.

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