La dernière

Environ dix personnes, femmes et hommes, sont alignées en attendant d’être prises dans une des deux équipes. En face d’elles deux capitaines choisissent leurs partenaires, un par un à tour de rôle. Cela commence comme Koh Lanta, j’illustre avec des images de Koh Lanta, mais ce n’est pas Koh Lanta.

 

choix,préférence,premier,dernier,discriminationInégalité

Dans mon zapping je n’ai pas mémorisé le titre de l’émission. Je comprends que le jeu commence. J’ignore s’ils se connaissent tous d’avant, d’une autre phase de jeu. Cela a de l’importance. S’ils se connaissent déjà ils ont une idée de leurs compétences respectives.

S’ils ne se connaissent pas ils n’en ont aucune et ne peuvent se fier qu’à des éléments physiques, comme la force apparente, ou subjectifs, comme le degré de sympathie qu’une personne nous inspire.

Les capitaines choisissent, la ligne des candidats raccourcit. Plus que trois, puis deux, enfin plus qu’une seule personne. C’est une femme mais je pense que cela serait identique avec un homme.

Elle reste la dernière. Pour cette raison la caméra lui autorise un petit commentaire. De mémoire:

« Je ne me sens pas reconnue à ma juste valeur ».

Aïe! Elle se pose en discriminée. Elle se fait presque l’exclue du groupe.

Il y a ainsi de nombreuses situations inévitables de discrimination. Nous pouvons crier à l’inégalité, cela n’y change rien. Il n’est pas possible d’être tous choisis en premier!

 

choix,préférence,premier,dernier,discriminationStatuts particuliers

Il y a donc des préférences. C’est très discriminant, les préférences. Choisi ou choisie en dernier, c’est une claque pour certains individus. Cela veut dire que nous avons moins d’importance aux yeux de celui qui choisit.

Donc nous sommes MOINS quelque chose par rapport à d’autres. Ce n’est pas forcément agréable, et ce n’est d’ailleurs pas fait pour. C’est selon comment la personne est perçue par le chef d’équipe.

Où est le problème? Nous ne sommes pas tout, nous ne sommes pas égaux en performances, expériences, compétences et préférences. Nous pouvons être choisi en premier pour un but, et choisi en dernier pour un autre but.

Pourquoi en faire immédiatement une sorte d’affront personnel? Cette personne devrait rapidement s’atteler à démontrer qu’elle a sa place plutôt que de récriminer. Et si j’étais le capitaine je la mettrais à l’épreuve, pour lui donner sa chance.

Bien sûr ce n’est pas valorisant d’être à la dernière place, d’être la dernière choisie faute de mieux. Mais c’est la vie, quoi! On ne peut demander constamment des statuts particuliers. On prouve sa valeur ou on travaille à l’améliorer. C’est la compétition naturelle, normale de la vie.

Peut-être que cette personne préfère être victime et attirer l’attention sur elle par la compassion plus que par l’admiration. Ce qui est très différent. C’est moins difficile. Et pas besoin de compétences particulières.

 

 

Une petite pensée pour les anti-Noël:

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Et une compagnie agréable pour le Père Noël:

 

choix,préférence,premier,dernier,discrimination

Catégories : Divers, Philosophie, Psychologie 11 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Prouver sa valeur est la compétition naturelle de la vie, nous dit Homme cible, et il a raison. Malheureusement, j'ai l'impression qu'on oublie de plus en plus cette évidence.
    La question du choix, quand il s'agit de personnes, est de plus en plus problématique. Sous l'ancien régime, certains postes étaient réservés aux privilégiés. La Révolution est passée par là et les démocraties se sont installées en Europe. Pour elles, le meilleur moyen d'éviter les injustices et les conflits c'était l'évaluation de la compétence par des critères objectifs, L'examen et le concours pour les métiers. Quant aux associations, partis politiques, religions, tout ce qui relève de la sphère non-publique, on leur laissait le soin de choisir les meilleurs pour les représenter.
    Mais aujourd'hui, on a introduit la discrimination positive, même dans le domaine privé. Des quotas de femmes sont imposés dans les conseils d'administration, en France, on impose un homme plus une femme dans les élections départementales pour obtenir une parité effective, etc. L'idéologie paritaire s'introduit dans les entreprises, les institutions politiques, au détriment de la qualité, de la compétence et des capacités. Le mérite est un gros mot et, au lieu de rechercher l'excellence, on baisse le niveau exigé. C'est le règne de la médiocrité Merci aux post-féministes et à leurs complices médiatiques et politiques !

  • Cela me rappelle les cours de gym à l'Ecole. Etre dernier était le pire des affront lorsque deux élèves devaient composer leurs équipes. On a presque l'impression d'être un poids pour le groupe, surtout lorsqu'il ne reste que deux joueurs à choisir. Lequel des deux est le moins mauvais??? Ca fait mal. Mais bon, les vrais sportifs savent que la réponse est à donner sur le terrain. C'est la capacité à transformer la frustration en énergie qui permet à chacun de s'améliorer et à gagner le respect des autres. Le sport reste un bastion de compétitivité où le progressisme gauche ne trouve que peur d'écho. Et cela est parfaitement normal.

  • "les vrais sportifs savent que la réponse est à donner sur le terrain"

    cela me paraît tellement évident. Si on y pense, dire qu'elle ne se sent pas reconnue est aussi une manière de juger négativement celui qui l'a choisie en dernier, puisqu'il n'a pas été capable de voir son supposé talent...

    N'y aurait-il pas une sorte de "syndrome de la princesse?" – qui peut aussi affecter des hommes?

    Il ne suffit pas de demander pour avoir, il faut aller au charbon.

  • "« Je ne me sens pas reconnue à ma juste valeur ».

    Aïe! Elle se pose en discriminée. Elle se fait presque l’exclue du groupe."

    Je n'ai pas vu l'émission, je me fie à vos écrit.
    Mais si en disant cette phrase, elle ne se posait pas en victime discriminée, mais elle avait juste une haute estime de soi?
    Elle ne se pose alors en rien, c'est juste son ego qui a pris une claque.

  • Oui c'est possible aussi. Ok, laissons ouvert.

  • Merci pour les photos, surtout celle du père Noël évidement! Comment avez-vous pu le débusquer près du Pôle Nord?
    Pour l'autre, je suppose que les demandes de localisation pleuvent.

  • Mère-Grand,

    oui oui les demandes pleuvent.
    Pour ma part je réfléchis à me recycler en père Noël...

  • La situation décrite ici ( se retrouver à être le dernier ou la dernière, après que tous les autres aient été choisis) aura été vécu par certains d'entre nous en vrai. Selon l'âge et la situation de l'enfant ou de l'adolescent, l'expérience est plus ou moins douloureuse ou vexante.
    Comme j'étais totalement nulle en gym, je me disais : "Ils ont bien raison de ne pas me choisir et j'aimerais d'ailleurs ne pas être là du tout. " Et j'attendais avec impatience que la cloche sonne et qu'on passe à autre chose, c'est à dire là, où j'étais à l'aise.

    Ici, il s'agit d'une adulte et elle veut s'affirmer face au groupe. Elle réagit comme elle le peut, à chaud, face à une situation désagréable.
    Elle reçoit clairement le message "tu n'es pas à la hauteur, on est tous d'accord que tu es le moins bon / la moins bonne pour cette activité". C'est quand même rude. Ce n'est pas une évaluation scientifique, mais une sorte de disqualification par ses pairs.
    Il faut être sacrément costaud psychiquement pour ne pas être un peu atteint par cette disqualification. On peut se dire : Quelqu'un doit bien être la dernière - pourquoi pas moi ? Mais peut-être que ce genre de personne ne participe pas à des jeux télévisés parce qu'elle n'est pas compétitive dans l'âme...

    Vu la fréquence de ce vécu, ce serait étonnant qu'il n'ait pas été étudié par des équipes de psychologues. C'est une des situations de "grande solitude" les plus cuisantes.
    Je n'arrive pas à énoncer la recherche de façon correcte ou de sorte à trouver des comptes-rendus via Google.

    La réaction de la candidate me semble plutôt affirmée.
    Elle verbalise sa frustration ou sa déception sur un mode peut-être pas assez agressif. Elle aurait pu dire : "Vous ne savez pas à quoi vous avez renoncé ." ou " Bande d'abrutis, je vous déteste." ou " J'aimerais vous voir à ma place!"
    Pour ne pas montrer sa déception ou son sentiment de dévalorisation, on a probablement avantage à se taire et se la jouer cool, ça peut sauver la façade.
    Dans un film américain, cette candidate ferait gagner l'équipe qui à été réduite à la prendre. Elle aurait sa revanche et les autres devraient faire pénitence, d'une façon ou d'une autre.
    Dans la vraie vie, selon la capacité à rebondir, on sera plus ou moins performant et il n'y aura peut-être pas de happy end.

    De nos jours, on essaye de former les équipes d'une autre façon, lorsqu'il s'agit de jeux ou de sport hors-compétition. On n'a pas envie des ambiances plombées par ces scènes de choix, où souvent c'est la popularité des enfants qui est jaugée et non leurs capacités au jeu
    Ca peut être vu comme une culture de faiblesse ou comme une envie d'organiser des jeux qui n'impliquent pas de drames personnels inutiles. Il y aura forcément des drames pendant le match, puisque même les meilleurs peuvent rater un but ou louper la réponse à une question.

  • Calendula, la vie ne serait donc pas un film qui finit bien? ... décidément, rien n'est parfait...
    :-)

    Vous soulignez les biais dans le choix des équipes. Il est donc important d'être bien dirigé quand on est enfant, par exemple pour choisir le bon sport et ne pas de retrouver en rade.

    Mais je pense aussi que l'on ne doit pas toujours éviter une telle situation qui peut endurcir le caractère. À condition d'en prendre les aspects utiles, comme la révélation de notre compétence insuffisante aux yeux des autres. Ce qui devrait entraîner un sursaut de notre part.

    Ce moment de solitude peut être riche d'enseignements.

    "Il faut être sacrément costaud psychiquement pour ne pas être un peu atteint par cette disqualification."

    Oui, et cela s'apprend et se développe. On n'est pas complet au départ. Ce genre de situation peut contribuer à l'apprentissage d'une autonomie émotionnelle.

    On ne peut gommer du monde toutes les situations où une personne se sent disqualifiée. C'est impossible. C'est à la personne de se renforcer plutôt qu'au monde de s'adapter à elle, me semble-t-il.

  • @hommelibre,

    Comme si souvent, on est d'accord sur le fond : nous devons nous adapter au monde réel et pas s'imaginer être dans un film ou sur Instagram.
    Evidemment qu'on va être confronté à des échecs et des évaluations défavorables. En tant que prof, j'ai été non seulement témoin, mais en quelque sorte le bras armé de ces situations qui forgent le caractère. Souvent, les adolescents réagissent de façon agressive et faussement goguenarde. C'est de bonne guerre, mais beaucoup baissent ensuite les bras et c'est dommage.
    Comme la confrontation à ses limites est inévitable, les adultes peuvent essayer de ne pas en rajouter et donner des portes de sortie. Et p.ex. organiser la formation d'équipes d'une autre façon.

    Entre frères et sœurs, la friction est permanente, on se mesure à plus grand et plus fort ou à plus malin et ayant de meilleures alliances ( généralement, les mamans défendent les plus jeunes face aux plus âgés ...). Je crois que ces rivalités sont très formatrices.

    Au fond, ce que j'essayais de dire, c'est que dans la situation décrite par votre billet, il est difficile d'avoir une attitude royale.
    On a forcément l'air d'un loser et pour s'en sortir de façon un peu digne, on fait ce qu'on peut.
    Une adulte à l'esprit compétitif et ayant peut-être déjà eu des difficultés p.ex. en entretien d'embauche va faire une sortie comme : je ne me sens pas reconnue à ma juste valeur.

    La jeune femme sur la plage est reconnue à sa juste valeur ! De dos. :-)))
    Je ne m'attendais pourtant pas à la voir incluse dans le panorama de l'ambiance de Noël, sur une plage de sable. J'ai des références plutôt du côté des flocons de neige et bonnets à pompon.
    Elle est appréciée par l'équipe franchement pro-Noël est c'est cela, l'essentiel.
    Joyeux Noël à tous !

  • MDR Calendula!

    "La jeune femme sur la plage est reconnue à sa juste valeur ! "
    En effet... Je me suis régalé du contraste proposé. On peut dire qu'elle l'attend à la maison.

    Sur le fond, je penche pour dire que la situation n'est pas si grave mais que le caractère de la personne en fait un fromage.

    "On a forcément l'air d'un loser et pour s'en sortir de façon un peu digne, on fait ce qu'on peut"

    Elle prend clairement la posture de looser. Mais si elle disait: "Chouette, super" avec un visage souriant et enthousiaste, elle pourrait vite devenir winner aux côté des autres. Rien ne l'empêche d'être contente sinon l'image qu'elle se fait d'elle.


    "les adultes peuvent essayer de ne pas en rajouter et donner des portes de sortie":

    ça oui, bien sûr. Il ne s'agit pas d'enfoncer le clou. Et le moniteur ou le prof peuvent parfois donner un minime coup de pouce pour éviter de voir baisser les bras. C'est cela que je voulais dire par "bien dirigé".

    Joyeux Noël à vous aussi.

    PS: La prochaine fois je proposerai (peut-être) un père Noël homo et un bel étalon bronzé qui l'attend sur la plage, avec de belles fesses, ainsi les dames pourront aussi se régaler.

    Je crois que la téléréalité commence à déteindre sur moi: il faut entendre les gars parler des filles, et les filles des garçons... C'est cru.

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