Nation, home sweet home

Pourquoi m’intéresser au concept de Nation? Je ne suis pas nationaliste au sens agressif des XIXe et XXe siècle. Juste un peu patriote, sans excès. Je ne déchire pas mes vêtements si la Suisse perd au foot.

 

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Mais j’ai un frémissement quand elle gagne, ou quand Belinda Bencic, dont le patronyme suggère une origine étrangère, porte haut les couleur de notre pays commun. Je pense même que notre mode de vie et notre système politique sont formidables et exceptionnels.

C’est une belle « maison » que la Suisse. J’ai envie qu’elle le demeure longtemps. Mon côté conservateur désire une politique durable, qui transmet et reproduit ce qu’il y a de bon dans l’héritage du passé.

Plus jeune j’aurais bien refait le monde autrement, ce qui impliquait une rupture d’avec le passé. Mais j’étais loin d’avoir toutes les compétences nécessaires pour cela. Avec quelques années de plus je ne considère plus que la rupture soit un bon plan – si même elle est possible! Les révolutionnaires deviennent tôt ou tard de bons bourgeois bouffis d’eux-mêmes. Tôt ou tard ils font comme leurs prédécesseurs.

Je pense déjà positif le fait de préserver le bon que l’on a reçu et le faire avancer un peu, ne serait-ce que d’un millimètre. Cela suffit amplement à donner de la valeur à une existence.

Les modes de penser profonds qui structurent nos personnalités sont, je crois, toujours les mêmes. Il n’y a pas d’homme nouveau, de femme nouvelle, sur le fond, mais seulement dans la forme relative à une époque délimitée dans le temps.

 

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Quand on prétend aider autrui on le fait pour soi, pour être quelqu’un de bien à nos yeux et aux yeux d’autrui. Combien de gens à la télé prétendent vouloir agir pour le bien des autres dans un élan humaniste et généreux, alors qu’en réalité ils disent les mots attendus, téléphonés, sans intérêt quand à l’authenticité de la personne, mais qui les feront beaux aux yeux du monde. D’ailleurs, même les dictateurs prétendent œuvrer pour le bien des autres.

Et la nation dans tout cela? Justement j’y viens. J’ai une horreur viscérale des régimes policiers tels que j’ai pu les découvrir par l’Histoire. Le régime nazi est le pire cauchemar peut-être que l’humanité ait eu à connaître. À part le régime communiste, lui aussi totalitaire.

Une de mes constantes depuis l’adolescence est de résister aux comportements totalitaires. Ceux imposés de l’extérieur par des personnalité tyranniques, mais aussi ceux qui me traversent parfois, car je ne suis pas exempt de ce qui fait un homme. Avec le temps j’ai avancé dans ce sens. 

Si je parle de nation ce n’est pas pour ressusciter les horreurs passées. La nation n’est pas par nature dangereuse. Elle est l’espace géographique et culturel qui réunit une communauté souveraine. 

 

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Pour le Petit Robert cité dans Wiki, une nation est « …un groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini (…) et personnifiée par une autorité souveraine ».

Ce groupe détermine librement son mode de vie et édicte ses lois. De même qu’un individu est souverain et ne peut être contraint s’il ne consent pas, une nation est une souveraineté collective dans laquelle notre individualité trouve ce dont elle a besoin pour exister librement.

Je sais combien l’Europe s’est déchirée pendant des millénaires, jusqu’aux deux grandes guerres terrifiantes du XXe siècle. Je comprends qu’à un moment on ait voulu casser cet engrenage en réduisant l’autonomie de ces nations. 

On avait démantelé les empires centraux et l’empire ottoman. Qu’on ait voulu créer des liens, imbriquer les pays dans un ensemble capable de limiter les velléités guerrières s’il s’en manifestait, était une stratégie positive à mon point de vue.

Mais ce qui va aux États-Unis, fédération jeune avec une population parlant la même langue et dotée d’une histoire commune, ne va pas si vite en Europe avec ses histoires multiples et ses anciens contentieux toujours sensibles.

Je rejoins Éric Zemmour sur ce point: les juges européens ont trop de pouvoir sur les nations. 

 

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Il est logique de vouloir unifier les législations pour rapprocher les règles de vie commune. Mais on ampute une nation d’un de ses principaux leviers de son autonomie.

Et c’est bien cette autonomie qui me fait considérer que la Nation n’est pas encore un concept obsolète. Au contraire. La mondialisation du commerce le rend encore plus nécessaire, comme protection, garde-fou, filtre, par exemple sur les produits agricoles de culture biologiques. Le nationalisme agricole et économique, porté autant par l’écologie politique que par d’anciens mondialistes, est très tendance.

Home sweet home.

La nation a aussi à voir avec l’origine et l’identité. Je ne suis pas de nulle part, je ne suis pas dans l’errance, je suis d’ici. C’est important.

La liberté de se déplacer serait-elle la même si par exemple les nations de l’Union Européenne réactivaient leurs frontières? C’était le cas il y a moins de cinquante ans. Ce n’était pas un problème, à part pour le passage des marchandises qui demandait plus d’administration.

L’Europe ne peut se concevoir sans la libre circulation des personnes. C’est un des piliers. Pourtant cela pose la question de la souveraineté sur le territoire national. Que serait l’UE sans la libre circulation? Est-ce envisageable?

 

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La nation est donc pour moi un rempart contre les pressions extérieures (en principe) et un moyen de garder un pouvoir sur notre coin de terre.

Très attaché à la liberté, je ne suis intéressé ni par le nationalisme, ni par le fascisme, ni par les skinheads déjantés de l’extrême-droite ou leurs clones hystériques de l’extrême-gauche, que rien ne différencie vraiment. Ni par des nababs de gauche des pays moins développés pour lesquels le nationalisme est un dogme.

Je préfère même contempler les prairies en fleurs au printemps, les blés murs en été, les ciels d’hiver, écouter Julie Zenatti et partager un bon moment avec une amie, que m’aventurer dans des considérations politiques.

Mais je pense qu’il y a des bonnes raisons de réhabiliter les Nations si dénigrées. Je veux en parler sans céder à la peur du jugement, arme des faibles en l’occurrence. 

Il faut aller au charbon, braver les vents contraires, laisser hurler la meute pavlovienne qui voit 1930 partout, et se tenir droit dans cette époque un peu déglinguée où la condamnation morale vaut mise à mort.

 

But I will survive.

 

 

Catégories : Politique 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • C'est très amusant d'entendre et de voir le double discours de la gauche! Tous les pays communistes sont fermés, avec des frontières infranchissables, surtout pour empêcher le peuple de partir! Tous ont un culte immodéré pour leurs dirigeants et pour la nation! Tout le contraire de ce qu'ils nous disent ici! Rappelons que la Russie et la Chine sont encore communistes! Que la Corée du Nord est communiste idem pour le Vénézuela! Que des dictatures où les peuples n'ont aucune importance! Un grand moment de solitude, un reportage sur Renaud lors d'une tournée en Russie, on le voit au début tout souriant, son concert à Moscow est un échec. Quelques jours plus tard il reste cloitré dans sa chambre d'hôtel. persuadé qu'on veut l'exterminé! Et de dire face caméra -Mais en France les communistes se comportent autrement!!!!!!! Eh bin OUI mon gaillard, le communisme c'est comme les bambous, en pots ça reste raisonnable, mais en pleine terre c'est ingérable et ça fini par tout envahir!

  • Vous passez en revue la plupart des thèmes qu'évoque la nation. En France on a aussi la communauté de language qui s'étend au delà de la nation. A mon avis certains nationalistes de 2021 sont pour certains un peu différents de ceux d'il y a 20 ans, ils se regroupent autour du drapeau parfois dans un mouvement de protection vis à vis des flux migratoires mais aussi et c'est la nouveauté, dans un réflexe de protection vis à vis d'instances supra-nationales qui imposent des lois, des modalités de pouvoir, des schémas de pensée obligatoires qui sont perçus comme des agressions, une atteinte à leur intégrité physique et spirituelle (au sens large du terme incluant les valeurs morales, la vision d'avenir,, la notion de bien , de justice)

  • Quand on égorge un professeur, un prêtre ou tue des enfants. On s'attaque à la Nation.

  • Bruxelles veut également supprimer de notre vocabulaire des mots comme "Noël" et "Maria" on se demande bien pourquoi??? On supprime les mots donc on supprime les fêtes! Je constate que nos dirigeants qui avant n'hésitaient pas à employer le terme de "Gouvernance Mondiale", l'ont remplacé aujourd'hui par "Gouvernance Globale"! Ce qui veut dire exactement la même chose,soit un seul gouvernement pour toute la planète! Une seule dictature en fait! Et là gauche se tait face à ce danger! L'Europe est devenue pour le reste du monde, une sorte de laboratoire, où on peut tout faire, en nous expliquant que c'est pour notre bien!

  • "La nation a aussi à voir avec l’origine et l’identité" et vous avez entièrement raison : les deux font la paire !

    Je m'explique : côté paternel origine allemande et côté maternelle origine suisse, ce qui n'a pas toujours été facile à porter. Feu mon père n'avait jamais répondu à l'appel de la Wehrmacht, l'un de ses frères l'avait fait.

    Alors pour comprendre ce qui s'était réellement passé entre 1939 et 1945, (voire avant), je lis, mieux je dévore parce que depuis la chute du Mur de Berlin, les Archives se sont ouvertes dans leur grande majorité pour d'autres partiellement. Récemment, au Japon, il y a eu un "règlement financier" à l'égard des femmes dites de "réconfort" de 20'000 dollars pour celles qui sont encore vivantes !

    J'apprécie très particulièrement vos deux derniers paragraphes et vous dis un Grand Merci !

  • Le problème est que peut faire des nations face aux ogres économique comme les USA et la Chines.
    La création de l'union européenne répond bien sur à l'envie d'avoir la paix, mais aussi à pouvoir se montrer fort économiquement. Et pour se montrer fort, il faut être uni et donc laisser une partie du pouvoir de décision à l’Europe. Malheureusement, politiquement c'est la désunion au sein de l'Europe.

    "On avait démantelé les empires centraux et l’empire ottoman." Et les empires coloniaux allaient subir la même chose.

  • Vous avez raison Omar, c'est une question majeure.
    Dans la suite à venir de ce billet je parlerai de certains inconvénients de la Nation, J'y introduirai cette question.

  • « [...] l'union européenne répond à [...] se montrer fort économiquement face aux ogres économiques comme les USA et la Chine »

    La dérive est dans l'annihilation de la libre et saine concurrence. La globalisation est un leurre.

    Que font les entreprises pour faire face à la concurrence ?

    Elles s'agrandissent, puis finissent par devenir tellement grandes en s'absorbant entre-elles, qu'elles en deviennent une entité "totalitaire" n'offrant plus de libre choix à leurs clients.

    On est presque en plein dedans, ici, avec le commerce de détail où les deux mammouths "Migros" et "Coop", mènent le bal...

    Il y a bien un gendarme qui s'appelle "Comco", mais c'est pour amuser la galerie...

  • Le but de la gauche mondialiste (au service du grand capital) est une deconstruction (i.e. destruction) totale de la culture occidentale: nations, frontières, amour du pays, famille traditionnelle, religion catholique, genres, races etc. Son ennemi principal le prétendu "sale mâle blanc". Voyez le tout dernier délire de ces malades dont l'idéologie mortifıère ronge jusqu'à l'os ce qui autrefois méritait encore le nom d'université. Et lisez bien le texte qui dégouline de haine primaire. Et cette honte est payée avec nos impôts. Personne ne dit rien ni ne fait rien. Un billet sur votre blog peut-être, Homme Libre?

    https://www.unige.ch/lejournal/vie-unige/automne-2021/coup-de-jeune-bustes-bastions/

  • @ Henry : j'ai le sentiment en vous lisant de retrouver quelques pages d'un livre d'histoire "Berlin 1933" , particulièrement les trois mots " "sale mâle blanc".

    Belle journée à tous

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