Éboueures et mineuses : une juste revendication

Je rebondis sur une remarque postée sous mon précédent billet pour en faire une illustration humoristique. Il s’agit du travail féminin et de parité. La phrase est celle-ci: « … je ne croirai jamais en la bonne foi des féministes tant qu’elles ne demanderont pas aussi leur part de travail ingrat, dangereux et dévalorisant. »

 

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Je me fais aussi ce genre de remarque: pourquoi parmi les féministes, les meneuses invisibles, qui décident des thèmes des campagnes, ne réclament-elles pas davantage de boulots sales, très durs et dévalorisants socialement?

On pourrait imaginer une manifestation où elles revendiquent des postes d’éboueures au nom de la parité: autant de femmes que d’hommes veulent mettre les mains dans la merde.

 Ou, lors d’un défilé fuchsia pour le 8 mars, on en verrait des mineuses de fonds (mineure n’est pas toujours le féminin de mineur). Au XIXe siècle les hommes se sont honteusement approprié le boulot sous terre, dans le charbon, par une décision totalement discriminante pour les femmes.

Aujourd’hui les mineuses veulent devenir visibles et arborent, grâce à leur syndicat, un joli ensemble seyant de type Wonder Woman (clic sur l'image pour agrandir). De quoi leur remonter le moral quand les quintes de toux deviennent sanglantes. Vous savez, la silicose. Elle n’est pas réservée qu’aux seuls mâles.

 

femmes,argent,milliardaire,bezos,mariage,mineurs,eboueuses,parité,manifestationsCendrillon

En publiant ces informations capitales j’espère contribuer à réparer une grave injustice.

Évidemment on trouve pas des filles de bonnes familles dans ces jobs. Les filles de bonnes familles héritent de leurs parents, argent et entreprise, ou épousent un milliardaire. Les dix femmes les plus riches du monde en 2021 le sont devenues grâce au travail des hommes.

Le magazine Forbes dresse la liste des dix plus riches avec leur fortune. On y trouve entre autres: Françoise Bettencourt, 73 milliards de dollars (L’Oréal); Suzanne Klatten 27 milliards (BMW et pharma); Alice Walton, 61 milliards (Walmart); MacKenzie Scott, l’ex de Bezos, 53 milliards (Amazon); Miriam Adelson, 38 milliards des casinos de las Vegas hérités de son mari.

Messieurs qui pourriez vouloir jouer à Cendrillon, lisez les actus people. Quand une rumeur de séparation  circule sur un de ces couples, faites-vous engager comme bodyguard. On ne sait jamais, ça peut marcher.

Mais ne jouez pas les pauvres victimes du destin condamnées à une vie de trop dur labeur. Les femmes n’aiment pas les victimes. 

Sauf les infirmières.

 

Catégories : Féminisme, Humour, société 15 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonsoir John,

    Il faudrait savoir de quelles catégories de travailleurs on parle. Vous avez choisi les éboueurs, et les mineurs (il n'en reste pas beaucoup), soit. Parlons-en.
    Avez-vous pensé aux femmes de chambre des hôtels qui nettoient les crasses, les toilettes des clients ? Aux très nombreuses femmes qui travaillent sur les marchés et se lèvent à 5-6 heures, nettoient les poissons dans le froid ? Portent des caisses de fruits?
    À toutes celles qui s'occupent de personnes très âgées et changent leurs couches, celles qui travaillent et suent dans les blanchisseries,,,j’arrête là.
    Serait-il juste de les ignorer ?

  • Le silicone plutôt que la silicose. Si j'ai bien compris.

  • :-)

    Mais pas silicone carne.

  • Bonsoir Colette,

    Oui, bien sûr, il y a ces femmes que vous citez. Il y a certainement plus de femmes dans les soins que d'hommes. Ailleurs cela varie du genre d'activité précise. Il y a aussi beaucoup d'hommes dans le nettoyage.

    J'ai pris deux exemples plus visibles surtout pour souligner le fait que le discours sur l'égalité est fichtrement biaisé dans les instances féministes telles qu'on les entend.

    De toutes façons je ne suis pas pour une parité obligatoire. Laissons les gens faire ce qu'ils entendent, et s'il y a des préférences de genre, cela ne me gêne pas. De plus ces différences ne sont absolues, et nombre de femmes dans les métiers que vous citez font des boulots durs et ingrats.

    C'est aussi à une échelle plus humaine que les grandes théories. Une poissonnière vend peut-être la pêche de son homme parti en mer. On ne peut être que dans la collaboration et non dans une compétition intra-couple ou de genre, dans ce cas. Chacun a son domaine où il fait presque tout.

  • Le choix du métier n'est pas toujours libre. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Selon les lieux, et le contexte, les possibilités sont réduites. On le constate tous les jours avec la migration économique.
    Même un homme qui rêve de devenir mineur aura de la peine à réaliser ce projet de nos jours et surtout en Europe.

    Et combien d'hommes ont dit : je veux devenir éboueur.
    Je n'arrive pas à exiger d'une femme de le dire.

    Bien sûr, c'est un exemple, mais généralement tout le monde se souhaite un métier valorisant et valorisé du point de vue du salaire. Même les hommes.
    Tous les parents aimeraient que leurs enfants deviennent avocat ou médecin. Sans forcément comprendre, combien ça peur être éprouvant et combien les responsabilités peuvent peser.

    Imaginer la vie des autres fait partie de notre univers mental et on n'arrêtera jamais. Je crains simplement qu'on ne prenne pas toujours en compte l'ensemble du tableau.

  • Colette a raison : il n'y a aucun doute , les femmes font leur part de boulot, même ingrat. Quand elles travaillent moins dans l'entreprise, elles compensent par les tâches ménagères et familiales. Homme-Libre a raison : les métiers sont genrés parce que hommes et femmes sont différents et exercent ceux qui leur conviennent, par intérêt mais aussi génétiquement. L'inné est aux commandes, au moins autant que l'acquis. La parité est donc un leurre. Cette idéologie paritaire est mise en avant pour obtenir des quotas féminins, mais pas pour tous les emplois, seulement ceux qui rapportent. Cette méthode élimine le mérite et favorise la médiocrité. Or le but n'est pas d'avoir autant de zizis que de zézettes dans une profession, mais l'efficacité dans l'entreprise.

  • Je vois très bien toutes nos politiciennes de gauche, camionneuses ou non, derrières les camions de la voiries! On aurai peut-être enfin une ville propre et non sale en permanence! Bonne nouvelle benneton vient de lancer des hujhab unisexes, comme ça même les hommes pourront en porter avant que ça devienne aussi obligatoire pour les hommes enfin là on pourra attendre! L'été tous les hommes qui accompagnent des femmes bâchées sont en petites tenues très dénudées! La bâche intégrale, même en été, c'est pour la femme pas pour eux! Mon correcteur d'orthographe corrige systématiquement le mot camionneuse en camionneur, il est old school! il y a quelques années j'ai vu près de la fosse aux ourses à Berne une femme passer la balais et quelques minutes plus tard à la gare des dealers, qui eux n'ont jamais passé le balai! Pourquoi le métier de dealer est réservé aux hommes puisque en Suisse aujourd'hui c'est un vrai métier? On veut aussi voir des dealeuses! Et en Lacoste TN!

  • «[…] le discours sur l'égalité est fichtrement biaisé dans les instances féministes telles qu'on les entend.»

    C’est pas peu dire…

    Si un homme demandait à sa femme:

    - c'est quelle modèle d'aspirateur que tu veux pour Noël ? Nul doute qu'il se ramasserait illico une claque.

    Or, lorsque la même dame vient de gagner Top Chef reçoit un set de couteaux et un jeu de casseroles en inox, c'est certain qu'elle est bien loin de tirer la gueule...

  • Excellent exemple Pétard!

    La gagnante ne va pas faire une scène à la production sur le plateau!

    Mais qu'aurait gagné un candidat homme?

  • Aujourd'hui plus d'aspirateur mais des robots nettoyeurs, je ne sais pas s'ils sont aussi actifs et performants dans le lit conjugale, ça risquerait de donner des idées aux hommes pour la noël! Même plus besoin de faire son "devoir conjugal", le robot s'en chargerait! Chéri veux tu enlever les piles au robot, je voudrais ...............dormir!

  • Tout cela me rappelle une scène désopilante.
    Une personne bien intentionnée a posé la traditionnelle question " Qu'est-ce que tu veux devenir plus tard ?" à une de mes filles ( elle devait avoir 8 ans) .
    Elle a réfléchi un instant et a répondu avec grand sérieux : "J'hésite entre conducteur de camion et conducteur de tracteur."
    C'était totalement sincère et en accord avec sa passion des gros engins et heureusement que personne n'a bronché.

    Quand je vois mes contemporains manœuvrer les gros 4x4 dans le peu d'espace qu'on a en ville et dans les parkings sous-terrains, je me dis que ces gens n'ont peut-être pas assez écouté les rêves de leur enfance.
    Le camion-pubelle impressionne quand-même plus qu'une Porche Cayenne ! Ca coûte même certainement plus cher.

  • :-)))

    J'imagine Madonna conduire un énorme camion poubelle, le plus cher et le plus gros, rutilant – c'est quand-même une star! Là on aurait de la ferveur et du respect envers le métier.

    :))

    Je rejoins Henri dans son commentaire.

    Mais aussi:

    "Je crains simplement qu'on ne prenne pas toujours en compte l'ensemble du tableau."

    Évidemment pas. Ici ce n'est qu'une partie du paysage, regardée aux jumelles et donc grossie. De plus l'observateur n'a pas l'ubiquité lui permettant de cerner la chose.

    C'est donc à pallier à cela que sert la discussion. Chacun et cune y contribue. D'ailleurs, merci à toustes.

  • VOus m'avez bien fait rire avec Madonna et son camion poubelle ! C'est vrai que les voitures qu'on trouvait imposantes il y a dix ans semblent banales aujourd'hui...on s'habitue. Alors le top de l'ostentatoire ce sera peut être bientôt d'avoir son permis poids lourd.

  • Eboureurs et mineurs c'était ( et c'est encore) probablement conditionné par le dimorphisme sexuel. J'ai l'impression que ce qui reste de ce dimorphisme dans la répartition de travaux c'est l'intensité requise par un travail donné, que ce soit intellectuel ou physique. Dans mon quartier il y a une femme qui ramasse les papiers sur le sol avec une poubelle à roulette. Cela n'est pas très intense mais pas non plus, à priori, très valorisant. Personnellement je ne juge pas la valeur de son travail et j'étais très content l'autre jour qu'elle me gratifie d'un sourire radieux et d'un bonjour plein d'entrain...En plus elle est jolie.

  • Vous auriez pu aussi citer le secteur du BTP, des métiers extrêmements durs physiquement.

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