Femmes-hommes : la répartition dans l’égalité

Femmes et hommes sont égaux devant la loi. Ok. Mais ils ne sont pas semblables. Et les femmes, comme les hommes, continuent à véhiculer des stéréotypes sexués. Et pourquoi pas?

 

 

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Dans Le Matin dimanche du 31 octobre dernier un article signé Rico Bandle relate les préférences politique en Suisse selon le sexe.

Selon le baromètre de la télévision suisse, « … les femmes votent majoritairement à gauche et les hommes à droite. »

Par exemple:

« Parmi ceux qui votent PLR, seul 38 % sont des femmes alors qu'ils ont 59 % à soutenir le PS. »

Bigre, la femme ne serait alors pas l’avenir de l’homme, puisque le PS est associé au courant destructeur des identités, lequel courant vise particulièrement à soumettre les mâles.

Cela fait désordre dans les cahiers roses du féminisme. Les femmes ont des préférences de genre! Si l’on considère la gauche comme plutôt sociale – l’est-elle encore, c’est une autre question – une majorité de femmes choisit de perpétuer l’archétype de l’infirmière.

 

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Alors que les hommes qui votent majoritairement à droite préfèrent la liberté et la technologie.

En Norvège les autorités avaient déjà essayé de pousser les femmes vers les métiers du bâtiment. Sans succès. Elles ne veulent pas des métiers qui rapportent pourtant plus.

« Un journaliste, Harald Eia, s’étonnait que dans son pays - le plus égalitaire au monde selon une étude - les femmes étaient bien plus représentées dans les professions touchant à l’humain - les soins en particulier - et les hommes dans les professions techniques. 90% des infirmiers sont des femmes et 90% des ingénieurs sont des hommes. »

En France c’est pareil:

« Si la part des femmes dans le bâtiment a bien progressé depuis l’an 2000 passant de 8,6% à 12,3% en 2018, les chiffres sont encore déplorables ! Ainsi, malgré les initiatives lancées par les syndicats professionnels et les entreprises pour renforcer l’attractivité des métiers du BTP, de nombreux efforts sont encore à faire. Un travail de pédagogie devrait notamment être engagé pour mettre à mal les idées reçues et faire du BTP, un secteur plus égalitaire. »

 

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Ben tiens! D’ailleurs les femmes sont moins bêtes que les hommes, qui acceptent des boulots usants et sans reconnaissance sociale. Pas les femmes. Elles préfèrent être cadres et ne pas aller sur les chantiers. Les sales boulots sont pour les classes défavorisées et pour les étrangers sans formation, mâles en général.

« La FFB précise que « c’est dans la catégorie des cadres que la proportion des femmes progresse le plus rapidement (19,4% en 2018 vs 18,4% en 2017) ». « De la même façon, en formation initiale, plus le niveau est élevé, plus le nombre de femmes augmente. » Elles représentent 45,8% des employés et techniciens et seulement 1,5% des professionnels intervenant sur les chantiers. »

Les journalistes qui n’ont pas encore bien étudié le dossier des salaires femmes-hommes pensent que les femmes touchent -18% à -25%, voire -40% dans certains cas. C’est sur ce point que des journalistes de BFMTV ont tenté de mettre en difficulté Éric Zemmour pour tacler sa supposée misogynie. Qui a répondu très logiquement que c’était faux.

Bon, on va le dire de manière un peu polémique: si des femmes votent plutôt socialiste, c’est qu’elles n’ont pas envie de gagner plus.

L’égalité, oui, mais la bonne vieille répartition des tâches a encore de beaux jours.

 

 

Catégories : Féminisme, Humour, société 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Si les gens, femmes et hommes, exercent le métiers qui leur fait plaisir, dans lequel ils brillent et qui leur accorde un salaire qui correspond à leur aspirations, pourquoi changer ?

    Concernant la répartition des tâches dans la société, je ne croirai jamais en la bonne foi des féministes tant qu'elles ne demanderont pas aussi leur part de travail ingrat, dangereux et dévalorisant.

    Par ailleurs, sur la question du pouvoir global des hommes, il faut poser pour moi le problème à l'envers: ok, les postes à responsabilité sont plus souvent pourvus par des hommes. Mais qui est en bas de l'échelle, les exploités, les mobbés, ... ? Et bien sensiblement 50-50. Pourquoi ? Parce que tout simplement très peu de personnes ont beaucoup de pouvoir dans nos sociétés. Quelle proportion de la population est chef d'une grande entreprise ? Un politicien de haut niveau ? Un haut fonctionnaire ? Un grand administrateur ? Très peu.

    Un exemple: prenons une société avec 1'000 salariés et sensiblement du 50-50% au niveau des employés. La direction est constituée de 3 frères. c'est une entreprise familiale. Est-ce un exemple de "vil pouvoir masculin" ? Non, car ceux qui n'ont pas le pouvoir sont autant des hommes que des femmes, mais également parce que les chances sont faibles que les 3 frères pratiquent une politique d'entreprise volontairement nuisible aux femmes. La question en jeu ici est la répartition des richesses et non du pouvoir en fonction du genre: les 3 frères n'ont pas de pouvoir parce que ce sont des mâles, mais parce qu'ils ont hérité.

  • La lecture femmes-hommes est en effet inappropriée au vu du nombre très restreint d'hommes disposant de pouvoir dans la société.

    J'avais repris les chiffres des différences salariales dans plusieurs billets, dont ceux-ci_

    https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2021/02/13/inegalite-salariale-f-h-quelque-part-entre-0-et-8-7-312901.html

    et

    https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2017/11/04/inegalites-salariales-la-rts-agent-de-propagande-287546.html

  • Evidemment la lecture homme/femme n'est pas pertinente, mais c'est la seule acceptée car elle n'est ni subversive, ni dangereuse pour ceux qui détiennent véritablement le pouvoir et l'argent.

    En France par exemple, les gilets jaunes se sont fait copieusement arroser de LBD car ils mettaient le doigt sur certaines inégalités dans la répartition du pouvoir et le poids de l'impôt. A l'inverse les causes progressistes y sont chouchoutés car donnant incontestablement un côté cool et moderne.

    Enfin, dans la communication tout du moins car le sociétal est le cadet des souci de Macron. Cependant, afin de ne pas perdre l'aile gauche/progressiste (sic) de son électorat, il s'était fendu d'un commentaire aussi navrant qu'immonde sur le fait qu'être un homme blanc est un privilège.

    Je m'étais à l'époque amusé à calculer le nombre d'hommes blancs pauvres que Macron avait ainsi insulté. A la louche, on a 40 mio de français de 18+ ans, 20 mio d'hommes, 17 mio de blancs, le taux de pauvreté étant aux alentour de 15% en France, on doit être 2.5 mio d'hommes blancs pauvres. Tout ceci est basé sur de grossières approximations mais ça donne un ordre de grandeur. Ah, les sales privilégiés !

  • Les femmes sont nombreuses dans des secteurs subventionnés. Les hôpitaux, l'éducation et la culture. Elles sont souvent plus diplômées que les hommes. Ce que je constate c'est qu'elles n'aiment pas trop travailler à 100%. Elles préfèrent le temps partiel. Elles invoquent alors les taches domestiques et l'éducation comme étant des quasi jobs. Leur condition cadre bien avec les propositions des partis de gauche. Il faut dire que la gauche ne représente plus les travailleurs, mais des clientèles (femmes, étrangers, handicapés, minorités sexuelles,....).

  • Je trouve rigolo qu'il n'y ait pas de commentaires de femmes à ce sujet.
    Faut-il en conclure que ce billet n'a pas été lu par des femmes, ou qu'elles abondent complètement dans le sens du billet ou qu'elles n'ont pas de motivation à commenter parce que découragées d'avance ?
    Alors je joue à Winkelried ... ( mais sais déjà que je ne permettrai aucune victoire).

    C'est un sujet compliqué parce qu'on aurait tendance à vouloir prêcher pour sa paroisse. Ou à se lancer dans la recherche des plus à plaindre de tous.

    Ce que je constate en tout cas, c'est qu'ici, on pense aux hommes sans pouvoir et sans pouvoir financier. Même si dans l'ensemble, les femmes en ont statistiquement moins.
    Elles seraient seules responsables de cet état de fait et donc, toute discussion à ce sujet est inutile.

    Il est vrai qu' il y a " un nombre très restreint d'hommes disposant de pouvoir dans la société".
    Toutefois, en pourcentages, les femmes en ont encore moins.
    Pour le moment, le peu de postes à pouvoir sont majoritairement occupés par des hommes.
    Si on considère que le pouvoir est politique ou économique, et pas seulement sociétal, les femmes s'en sortent moins bien au niveau planétaire bien sûr, mais également en Suisse.

    En Suisse, on peut observer une lente progression des femmes dans le domaine de l'entreprenariat

    https://www.kmu.admin.ch/kmu/fr/home/faits-et-tendances/politique-pme-faits-et-chiffres/chiffres-sur-les-pme/entrepreneuriat---enterpreneurship/femmes.html

    "Les femmes sont encore sous-représentées dans la catégorie des personnes indépendantes ou salariées de leur propre entreprise, mais elles gagnent du terrain. Cette proportion de femmes dans la population d'entrepreneurs s'est établie à 37,9% au 2ème trimestre 2020, alors qu'elle se montait seulement à 28,2% en 1991, selon l'Enquête suisse sur la population active (ESPA) de l'OFS. La proportion de femmes entrepreneurs dans la population féminine résidente s'est fixée à 6% au 2ème trimestre 2020, contre 10,2% pour leurs homologues masculins. "

    Le monde agricole, plus conservateur et traditionnel, présente un tableau très contrasté.

    http://www.laliberte.ch/news-agence/detail/campagne-pour-ameliorer-la-couverture-sociale-des-paysannes/621637#:~:text=Ces%20derni%C3%A8res%20sont%20plus%20de%2054%27000%20au%20total,moins%20de%207%25%20des%20quelque%2050%27000%20fermes%20suisses.

    ".Ces dernières sont plus de 54'000 au total à travailler dans l'agriculture suisse, dont 12'000 à plein temps. Plus de 43’000 sont membres de la famille de l’exploitant, des conjointes pour la plupart. Seules 3300 femmes sont cheffes d’exploitation, ce qui concerne moins de 7% des quelque 50'000 fermes suisses."

    Je ne trouve pas surprenant que des femmes puissent imaginer que les partis politiques qui ont promu la parité en premier soient les plus proches de leurs préoccupations. Un parti comme l'UDC ne cherche pas à se profiler comme préoccupé par les femmes qui travaillent ou se lancent en politique. Le PDC et le PLR ont un peu modifié leur discours et promu des femmes dans les candidatures.

    Et il est regrettable que la prise en compte des besoins des familles dont les deux parents travaillent soit perçue comme quelque chose de négatif ou d'excessif.
    Je suis d'accord qu'il ne faut pas opposer hommes et femmes.
    Mais ici, je lis surtout un discours qui consiste à lister toutes les insuffisances des femmes. On se sent prises en faute et on comprend qu'on devrait donc se taire.
    C'est comme si une partie des femmes dérangeaient un ordre immuable, alors que notre société moderne a tellement changé en 100 ans et peu de choses sont restées immuables.

  • Homme-Libre a raison de rappeler que dans les pays nordiques, où tout est fait pour permettre aux femmes de travailler comme les hommes, elles privilégient un certain nombre de métiers (biologie, médecine, enseignement, droit) et boudent la technologie, les sciences exactes, l'informatique, et les métiers plus physiques. A partir du premier enfant, leur investissement dans l'entreprise diminue et elles et ont tendance à rapprocher leur lieu de travail du foyer, même au prix d'un moindre salaire.
    Ces études de l'Insee montrent également que les femmes gagnent donc, en moyenne, moins que les hommes quand elles vivent en couple avec enfants mais leur niveau de vie est strictement le même que celui de leur mari.
    C'est ce que nous cachent les féministes qui oublient que tout est partagé dans la famille, même après divorce. De plus et afin de victimiser la femme, elles laissent croire (et prétendent parfois) que le différentiel salarial existe "à travail égal", ce qui est faux? D'ailleurs, si les patrons pouvaient moins payer une femme pour un travail identique, ils n'emploieraient que des femmes ce qui n'est évidemment pas la réalité.
    Quant à l'idée que les femmes succomberaient aux stéréotypes en sélectionnant leurs emplois et en faisant passer la famille avant leur activité professionnelle, je n'en crois rien. Ces femmes qui entrent dans la vie active sont majeures, ont le droit de voter, et donc savent bien où est leur intérêt et leur préférence. Elles sont adultes et leurs choix ne dépendent pas des "idées reçues". On voit bien que, une fois de plus, les féministes voudraient rendre les femmes irresponsables de leurs actes, toujours dans le but d'obtenir des quotas féminins, c'est-à-dire des privilèges.

  • Bonjour Calendula,

    Je pense que ce type de thème n’est pas habituel pour beaucoup de femmes, et elles ne savent pas toujours comment le prendre et comment y réagir. Je ne pense pas et je n’attends pas qu’elles abondent toutes, et malgré mes occasionnels coups d’humeur et des positions parfois partiales et partielles, on me lit en faisant la part des choses. Enfin, je l’espère, car j’apprécie les femmes en général, j’aime leur compagnie, et je serais ennuyé si certaines pensent le contraire.

    Ma manière de dire les choses est parfois plus proche d’un Zemmour que d’un Macron. Zemmour est direct mais égalitaire. Je pense que Macron est sexiste, il tient un discours spécialement pour les femmes.

    Rechercher le plus à plaindre? Je comprends cette remarque, j’essaie de ne pas tomber dans ce travers, cette compétition victimaire. Mais il me paraît toujours nécessaire de dire ce type de choses, pour relativiser l’idéologie très misandre qui sévit aujourd’hui presque sans limite et fait des femmes les victimes et des hommes les bourreaux.

    Dans Le Matin dimanche du 31, à propos d’un prof controversé par des étudiants (Raphaël Arlettaz) à l’uni de Berne, une étudiante parle de lui comme « dans la position classique de pouvoir du mâle blanc… ».

    Ce genre de propos n’arrête plus. Il faut réaliser la submersion de la culture par la haine des hommes. Tout est bon, tout y passe, le vocabulaire traite les humains comme des animaux (mâle). Les "femelles" blanches racistes, sexistes et hargneuses ont tous les droits.

    Parfois je me fais le miroir ce cette misandrie, et du ressenti de nombre d’hommes.


    Sur les différences salariales, ce sont bien les choix professionnels qui sont en cause, pour les hommes comme pour les femmes. Il peut toujours y avoir des pressions sociales, mais autant sur les hommes que sur les femmes.

    Le pouvoir politique, c’est une autre chose. Les situations varient selon les régions et l’époque. Si les postes de pouvoir sont majoritairement tenus par des hommes, cela ne signifie pas que ces hommes discriminent les femmes. Les raisons à cela n'étaient pas sexistes. Leur intérêt est l’intérêt de tous et toutes, pas d’un seul genre. Ou alors, si vraiment c’est différent, si une femme s’occupe mieux des employées femmes, on aura affaire à une autre discrimination.

    Le pouvoir domestique: à part l’image du pater familias aujourd’hui désacralisé, il y a celle moins exhibée de la mater, puissante à la maison donc sur l’éducation, les soins, les relations.

    Chez les paysans souvent en couple, mon expérience de quelque mois à partager en partie la vie d’un tel couple, j’ai vu la femme aussi décidante que l’homme. Tout se discutait.

    Mais je ne veux pas trop m’allonger sur ce point du pouvoir. Le sujet est très vaste.


    Sur cet autre point:

    « Mais ici, je lis surtout un discours qui consiste à lister toutes les insuffisances des femmes. On se sent prises en faute et on comprend qu'on devrait donc se taire. »

    Bah, ce n’est qu’une habitude à prendre! Nous aussi on cherche à nous faire taire. Cela fait si longtemps et si massivement que des hommes sont dénigrés ou subissent l’opprobre pour leurs insuffisances et failles qu’on oublie de le voir, de l’entendre, et qu’il en résulte une culture victimaire manichéenne détestable et dangereuse pour les hommes.

    Peut-être qu'en général les hommes ont moins de difficultés à estimer leur propre valeur que les femmes,
    Les hommes, peut-être, en grand nombre, peut-être, cherchent davantage leur place dans le monde, et les femmes leur valeur.
    Peut-être, peut-être.

  • @hommelibre,

    Il y aurait tant à dire, à répondre à votre généreuse réponse !

    Mon premier étonnement : Zemmour égalitaire ?
    C'est compliqué, puisque vous ne voyez pas la recherche de l'égalité comme un objectif louable.
    Bien sûr, il y a égalité et égalité , civique - comme dans Liberté- Egalité -Fraternité, et puis l'égalité des sexes ...

    Ensuite, il y a cette radicalité d'un certain discours féministe et qui est repris un peu béatement par des personnes qui ne réfléchissent pas beaucoup. Mais il n'y a pas que discours féministe pour être dans l'exagération dans l'espace publique.
    Je me demande si on ne va pas développer une sorte d'immunité à ces grands emportements.
    L'étoile jaune est banalisée, les gouvernants sont des Hitlers, les élus sont menacés de mort et on va vers la fin du monde. Pour supporter ce bruit-là, en plus du féminisme radical, il faut se blinder.
    Oui, il faut prendre l'habitude d'être dans un environnement verbalement excessif. Mais je refuse de participer à ça en tant qu'émettrice de messages.

    Le problème de la prise ou du partage du pouvoir est effectivement délicate.
    Si une femme travaille p.ex. sans statut dans une exploitation ou entreprise familiale, elle peut avoir des problèmes administratifs. P.ex. pas d'assurance maternité.
    (Entretemps, j'espère que ça s'est arrangé- je ne peux pas m'imaginer que ça perdure).
    Je ne dis pas qu'il y a une mauvaise intention là-derrière, mais il n'y a pas non plus de diligence. On peut quand-même se demander, pourquoi un truc comme le congé-maternité à pris 50 ans pour être mis en oeuvre. Comme si la maternité n'était pas une affaire de couple et de famille. On comptait certainement sur le fait que les femmes se débrouilleront toutes seules parce qu'elles veulent le bien de leurs enfants.

    Et puis, changer de fonctionnement, c'est très pénible. On préfère rester dans ce qui est connu, même si c'est un système bancal. Je le redis : je comprends qu'une partie non-négligeable des femmes puisse penser qu'il y a des partis politiques qui prennent leurs conditions de vie davantage au sérieux que d'autres.
    La peur du gauchiste enragé n'a plus cours, je crois.

  • Bonjour Calendula,

    Cela étonne de qualifier Zemmour d’égalitaire, je l’explique ainsi: il laisse les gens à ce qu’ils montrent sans chercher à les dominer. C’est la différence dans l’égalité globale. Par exemple un enseignant et son élève sont égaux parce qu’ils sont dans des statuts fondamentalement différents et inassimilables l’un à l’autre, différents et reconnus sans que l’un soit discriminé ou dénigré. C’est la vraie inclusivité, loin de la mesure quantitative des droits des uns et des autres.

    Je ne dis pas que la recherche de l’égalité n’est pas souhaitable, par exemple juridique, mais qu’elle ne doit pas être un but en soi qui occulte les nécessaires différences fondatrices des dynamiques individuelles.

    Je partage votre souci par ex. pour les entreprises familiales. Le statut de la femme doit être reconnu.

    « La peur du gauchiste enragé n'a plus cours, je crois. » En effet. Mais il y a pire qui vient: les antifas, les woke, les racialistes, toute cette nouvelle lie de la gauche délirante et aux abois.

  • Merci pour ces précisions.

    Sans entrer dans la Zemmourologie , c'est malgré tout assez compliqué à suivre. Pour moi, il y a quelque chose de contre-intuitif dans votre façon de présenter l'égalité.

    L'exemple enseignant / élève est assez difficile à saisir, de mon point de vue. Je dirais, très généralement, qu'un mineur et un adulte ne sont pas égaux. Tout comme un citoyen d'un pays donné n'est pas l'égal d'un étranger.
    Vous semblez envisager la chose autrement.

    J'essaye de reformuler et vous me direz, si j'ai compris votre idée :
    Du moment qu'il y a un cadre légal ou réglementaire bien défini, la question de l'égalité ne se pose pas. Si le statut de chacun est fixé par la loi, l'égalité est atteinte.

    Je ne développe pas davantage, puisque je ne suis pas encore sûr d'avoir compris vos prémisses.

  • Merci pour cette invitation à m'expliquer davantage Calendula.

    C'est une question très complexe. Le cadre légal est important, il garantit en principe contre les excès d'un pouvoir personnel. Du moins laisse-t-il la possibilité à chacun de faire valoir un préjudice s'il peut le prouver.

    Les motifs et situations d'inégalité stricte sont nombreux. Par inégalité stricte j'entends par exemple le fait que le 100 mètres en athlétisme ne donne pas lieu à des courses mixtes. Une égalité stricte implique que tous et toutes soient admis à faire les mêmes choses au moment où on le veut.

    Or les compétences naturelles, l'expérience accumulée, l'âge, la génétique, et de nombreuses autres causes, rendent l'égalité stricte peu réaliste et inapplicable. Le régimr juridique de l'égalité doit faire avec une somme importante d'inégalités rédhibitoires.

    Je trouve normal de traiter les non-nationaux différemment des nationaux, même s'ils vivent sur le même territoire. Donc pas de vote pour les non-nationaux. C'est pourtant une forme de discrimination et de situation inégale. Mais elle a des raisons et est cadrée.

    La loi peut rendre égaux le grand et le petit, mais dans la vie l'inégalité demeure et doit trouver comment être gérée, à chaque fois, de cas en cas. Je ne sais pas si je peux dire que la loi me rassure. Oui il me semble important que les places des uns et des autres soient posées comme répondant à des normes admises par la majorité – ce qui crée des stéréotypes de comportements mais pourquoi pas. Mais la loi peut devenir trop contraignante pour rendre compte du réel. Une relation égale contient de points d'inégalités naturelles ou acquises qu, bien comprises, ne posent pas de problème. L'idéologie égalitaire pose des problèmes là où il n'y a pas lieu, comme dans le cas des précautions à prendre pour faire du jogging.

    L'idée de l'égalité qui pousse des féministes à dire que les femmes sont en droit de courir où et quand elles veulent et que les criminels devraient ne pas s'en prendre à elles est de l'égalité forcée, non circonstanciée, génératrices de frustrations qui à leur tour valident de nouvelles formes de victimisation..

    Accepter les inégalités naturelles ou acquises ne devrait pas faire l'objet d'une thèse en sociologie.

    Cela vous donne-t-il plus d'éléments? Je ne suis pas sûr d'avoir répondu à votre demande.

  • Oui, ça me donne des éléments . Merci !
    Et je comprends que nous ne sommes pas d'accord. :-)))
    Mais cela ne dérange pas, et n'empêche de débattre - comme d'habitude !

    J'ai cherché la définition d'"inégalité stricte" pour savoir s'il s'agissait d'un terme de philosophie politique, mais c'est un terme de théorie mathématique.
    Clairement, nous ne sommes pas tous capables des mêmes performances physiques et selon notre âge, nous n'avons pas non plus les mêmes capacités intellectuelles ou le même bagage de compétences. De plus, des inégalités sociales ( même en Suisse, par le simple éloignement géographique de centres de formation ou de soins) peuvent accentuer des inégalités.
    Je dirais que si on considère les choses strictement sous cet angle, on n'a pas encore tout dit et même Zemmour n'a pas encore tout dit. Je ne crois pas qu'il en reste à cette définitition-là.

    Notre société cherchera à aider les personnes handicapées ou malades, alors qu'autrefois, elles étaient destinées à vivre misérablement ou à mourir jeunes. Pas forcément par cruauté ou indifférence, mais parce qu'on n'avait pas les moyens de les prendre en charge. Désormais, on considère qu'un handicapé est égal en droits.
    Et le 50% de la la population, composée de femmes ,également !

    Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut viser haut, essayer de faire mieux. Et qu'il serait favorable à toute la société d'obtenir que la violence physique diminue. Cela signifie : ne pas la tolérer du tout.
    Les personnes qui agressent des femmes à la sortie de night-clubs sont probablement violentes un peu partout, y compris avec leurs proches.
    Je pense qu'il n'est pas mauvais de frustrer des gens violents dans leurs élans. Ce n'est pas insupportable d'exiger qu'on ne suive pas ses instincts si l'occasion se présente.
    Oui, l'être humain peut être un mammifère assez agressif ( " un loup pour l'homme"), mais en Occident, c'est un aspect qu'on a déploré depuis longtemps et essayé d'endiguer, au moins au niveau de la société civile.
    Pour une femme, il est difficile d'accepter qu'elle aurait moins de droits et de libertés dans l'espace publique.
    La liberté est un idéal tout comme l'égalité des droits. Si on les garde en ligne de mire, on va essayer de trouver des moyens de s'en approcher. Et osons les mots: évoluer et progresser.
    C'est une vision peut-être trop optimiste et naïve !

    On ne devrait pas juste dire " les droits", mais : les droits-et devoirs.
    Un élève n'est pas l'égal de l'enseignant. L'enseignant a davantage de droits ( il peut quitter le périmètre de l'école, infliger des punitions, décider du déroulement d'une leçon et souvent de son contenu), mais il a également énormément de devoirs et de responsabilités. Il doit rendre des comptes, respecter des délais et des plans d'étude, il doit appliquer le règlement et le faire respecter par les élèves et communiquer avec les parents. Le cahier des charges de l'élève est bien plus mince.

    L'autorité conférée pour faire respecter les lois et règlements est de plus en plus contestée. La justice qui est censée sanctionner les abus semble souvent dépassée et on vit avec un sentiment d'insécurité diffuse et pas seulement les femmes.

    En conclusion, j'accepte les inégalités naturelles, mais n'accepte pas la loi du plus féroce, du plus arrogant ou du plus fort.

  • L’expression « inégalité stricte » m’est venue spontanément, et je découvre qu’elle existe déjà! La définition en maths peut presque être transposée dans la philo.

    « une inégalité stricte est une relation entre deux éléments comparables qui exclut le cas d’égalité »

    Dans l’exemple de la relation prof-élève on a deux éléments comparables, deux être humains, mais pas d’égalité, ni en droit ni en devoir, ni en compétences, etc. On pourrait trouver de nombreux exemples d’inégalités incontournables avec lesquelles nous vivons au quotidien et que nous gérons selon des ententes de gré à gré. C’est ce que je nomme « la dynamique organique de l’inégalité ».

    Si tous nos comportement et toutes nos alliances ne relevaient que de la loi, sans tous nos particularismes et inégalités, nous serions tous et toutes des « mêmes », des clones. Dans cette hypothèse l’humain ne relève plus de lui-même mais du formatage donné par le milieu.

    L’exemple du contrôleur, décrit ailleurs, qui a su trouver l’attitude et les mots justes, ne relève pas d’une loi officielle de comportement pré-programmée, mais d’un ajustement intelligent au moment, prenant en compte les inégalités (de force garçon-fille, de statut garçon-contrôleur) de manière à ce que l’incident se résolve par le moindre coût pour tout le monde.

    Dans les conflits de personnes les d’inégalités sont parfois exacerbées et une médiation peut s’avérer nécessaire. Si cela ne suffit pas, la loi prendra le relais.


    Selon moi l’inégalité naturelle et ses dynamiques « organiques » (interactives, sensibles, interdépendantes) doivent être cadrées, c’est la loi abstraite, l’aspect judiciaire. Mais de ces inégalités naît une dynamique évolutive, par l’exemple, par la compétition ou tout autre moyen.

    J’ajoute donc ceci à mon comm précédent: l’inégalité et sa dynamique organique prime sur l’égalité purement juridique dans la plupart des relations et conflits, étant entendu que chacun a reçu une éducation morale dans sa jeunesse et son enfance qui permet de ne pas glisser dans la délinquance ou qui suffit à régler les affaires de personne à personne.

    L’usage de la violence ou la simple menace de cela fausse évidemment le jeu des relation puisqu’on en arrive à un simple de rapport de force dans lequel l’inégalité organique acquière une puissance telle qu’il n’y a plus la possibilité d’un ajustement intelligent.

    Que la violence physique diminue, c’est aussi mon souhait. Mais je vois que la réalité n’est pas cela. Pour beaucoup de raison. La violence comme celle du train commence de manière individuelle et ne peut être anticipée et cadrée géographiquement dans un endroit sûr. Elle vient comme une mauvaise réponse à une situation d’intense douleur émotionnelle, ce qui la rend d’autant plus imprévisible et peu contrôlable.

    Je ne crois pas qu’il y ait une solution toute faite et durable. À chaque génération ils faut remettre l’ouvrage sur le métier, et des situations de violences reviennent. L’éducation ne suffit pas à tout apaiser.

    La loi du plus fort ou du plus féroce ne me plaît pas plus qu’à vous même si, en compétition sportive par exemple, elle est justifiée. Je crois qu’on ne peut l’éviter totalement et elle reste un marqueur même chez les jeunes.

    Je trouve normal et nécessaire qu’un corpus de lois pose des cadres et des limites, mais je pense que cela ne marche que par l’adhésion personnelle, qui vient d’une compréhension personnelle des raisons de ces lois. Et cette adhésion personnelle est, je crois, fortement influencée par une bonne gestion des dynamiques inégalitaires, donc de la manière dont des relations inégalitaires naturelles ont été gérées par le passé entre le sujet et son entourage.


    En synthèse je dirais que l’inégalité n’est pas forcément un mal, qu’elle est même positive quand elle enclenche une dynamique évolutive. Elle devient un problème si cette dynamique ne s’enclenche pas et si la situation reste bloquée, engendrant un sentiment et une réalité d’injustice. C’est là que la loi doit parfois intervenir.

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