Paris ville sale : la novlangue de la mairie

Je n’ai jamais trouvé Paris très propre, sans dire pour autant qu’elle est crade. Je ne suis pas seul. Nombre de citoyens (ailleurs je dirais d’habitants, mais en France tout doit être citoyen) pensent pareil.

 

paris,propreté,novlangue,La Mairie a sondé des citoyens et -yennes pour avoir leur avis. Il en résulte un rapport de 14 pages dans lequel on découvre des perles de novlangue, relevées par le Canard enchaîné (image 1, clic pour agrandir).

Exemple:

La perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté.

Euh, ça veut dire quoi? Selon le magazine Marianne:

« À en croire Anne Hidalgo et les élus socialistes, Paris n’est pas une ville sale mais c’est une ville salie. Le verbiage est soigneusement pensé pour défausser la Maire de ses responsabilités : ce n’est pas la Ville qui est défaillante mais les Parisiens qui sont malpropres. À défaut d’obtenir des résultats, la politique de propreté de la Ville de Paris est devenue un concours Lépine de la bonne excuse. »

Donc si Paris est sale, elle n’est pas sale. Ce sont de gros cochons qui la salissent. Mais, s’ils la salissent, alors elle est sale. Non? Si. Bon, ce sont des socialistes, faut pas chercher. Ce sont eux les spécialistes de la novlangue et de la confusion du sens.

Pour moi cette phrase absconse signifie que si Paris n’était pas sale, elle ne serait pas sale. Si vous voyez la ville sale, elle est sale. Et elle n’est salie que par quelques yeux qui la voient sales. Ah, les salauds. 

paris,propreté,novlangue,De même il n’y a pas de détritus dans les rues, seulement des débris flottants. Même s’ils ne flottent pas encore sur la Seine.

L’insalubrité est due à la dérégulation de certains quartiers. Ah oui? Mais quelle dérégulation? Pas de précision. Ça ne veut pas dire grand chose, mais peu importe.

Les sans-abris sont devenus des personnes en situation de rue. Les rues sont d’ailleurs requalifiées d’autoroutes citoyennes. Jolie référence à la bagnole pour une anti-bagnole.

Et encore cette perle:

« Sa ville est un lieu où il fait bon être « Neo agriculteurs » et avoir un « topager », c'est-à-dire un potager sur les hauteurs. »

– Ah, Marie-Chantal, que pensez-vous de mon superbe topagé?

– Trop top, Marie-Christine! Je kiffe à donf.

 

Le mot de la fin à John Lydon, alias Johnny Rotten, tête chantante de feu les Sex Pistols:

« Aujourd'hui, la pensée hégémonique est le Neo marxisme, la gauche, le progressisme cool, le progressisme Starbucks. Si je voulais maintenant être un transgresseur, je devrais être de droite. Les conservateurs sont les nouveaux punks. »

Johnny Rotten est un philosophe.

 

 

Catégories : Divers, société 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Quand les bobos en ont assez de manquer d'air sur leur trottinette, ils vont à la campagne où ils doivent côtoyer les odeurs de lisier, les coqs qui chantent, les cloches qui sonnent, et les bouseux derrière le comptoir du bistrot. Alors, ils reviennent au bercail et apprécient la CIVILISATION. Ils voteront encore pour Madame la Maire, soyez en sûr, cher Monsieur.

  • Une ville sale est une ville salie par propres ses habitants où par quoi voire qui d'autre ?

    Vous posez la bonne question puisque si elle est salie, cela peut aussi signifier que la gestion de la propreté urbaine laisserait à désirer !

    La propreté urbaine est un combat permanent entre autorités et citoyens/citoyennes et j'avoue être partisane d'une dénonciation voire amende envers ceux/celles qui laissent traîner leurs déchets sous le fallacieux prétexte qu'ils paient des impôts = solution de facilité !

  • Bien d'accord Lise,

    Préserver la propreté des rues est comme préserver la propreté chez soi. On n'a pas à se reposer sur la voirie en se justifiant des impôts, pour ne pas avoir ce respect minimum de l'espace public.

Les commentaires sont fermés.