Coexistence pacifique des nations ?

Les sociétés humaines reproduisent les comportements basiques des individus. Le plus fort domine le plus faible. La constitution d’empires, où une nation centrale forte satellise d’autres nations plus faibles, est une manière de protéger les petits groupes humains. Au prix de la souveraineté de ces derniers.

 

nations,guerre,europe,ue,Grands ensembles

Les nations parfois collaborent, parfois se font la guerre. En cause: un besoin alimentaire (famine), la maitrise d’une source d’eau, l’utilisation de ressources minières, des oppositions idéologiques, parmi d’autres.

La guerre n’est pourtant pas une fatalité. La nation n’est pas seulement le chaudron des rivalités et des politiques agressives cherchant à spolier ses voisins.

Elle n’est pas plus un refuge fermé sur le monde.

Je comprends que la constitution de grands ensembles permette de diluer des rivalités et par cela d’en atténuer l’aspect dangereux. Mais cela dilue aussi, en partie, la souveraineté, qui est à la nation ce que le consentement est à l’individu.

L’Union Européenne n’a pas tout faux cependant. Le vote à l’unanimité des États membres permet même aux petits États d’avoir une influence sur la politique de cet ensemble qui les concerne. Versant négatif: cela peut devenir un blocage.

La constitution de grands ensembles de nations ou de grands traités internationaux, sans recours à la contrainte militaire, réussit là où existent des bases culturelles communes. 

 

nations,guerre,europe,ue,Philosophie conservatrice

L’Europe est un cas particulier, puisque formée anciennement de nombreuses entités politiques petites ou grandes, vivant au gré d’alliances et parfois de l’arbitraire des pouvoirs en place.

La constitution de l’UE n’a pas éliminé la guerre, on s’en souvient, et les tensions sont bien réelles, surtout en raison de la pression migratoire. Mais les européens sont rangés sous la bannière de l’Otan, et donc ne sont pas souverains. Ici le plus fort décide, et ce sont les USA.

Dans cet ensemble les nations ont elles-même renoncé à une partie de leur souveraineté. Si la contrepartie est réellement intéressante, pourquoi pas. Mais il semble que pour une partie importante de la population des pays européens, cette contrepartie n’est pas bonne. 

En particulier, la culture des autochtones est brusquée et contestée. Vrai ou non? Cela se discute, mais acceptons ce sentiment et parfois cette réalité (p.e. le voile islamique ou la suppression de la fête de Noël).

On peut critiquer ceux qui à cause de cela se sentent/pensent responsables de la terre dont ils sont ressortissants. On peut les opposer aux autres, les traiter d’égoïstes, de conservateurs. 

 

nations,guerre,europe,ue,Politiques migratoires

Mais l’écologie elle-même n’est-elle pas aujourd’hui la plus conservatrice des philosophies? Ces critiques visent à neutraliser les débats en tentant de discréditer celles et ceux qui s’y aventurent. Elles n’ont aucun intérêt autre que de renseigner sur le degré de fermeture intellectuelle d’une partie des nations, en particulier leurs classes dominantes.

L’Europe se fait par le haut, faute d’abriter des populations assez unifiées pour décider par le bas. Pouvait-il en être autrement au vu de la disparité des nations et cultures? Cela suggère une autre question: fallait-il aller plus loin qu’une communauté économique (CEE), et créer une sorte de fédération aux ambitions politiques unionistes? 

Le développement économique, la paix, et la survie politique à long terme du Vieux Continent, ont forcé les esprits des décideurs vers une union qui devait devenir politique. Personnellement je ne suis pas opposé à une union en soi, pourvu qu’elle préserve davantage les différentes souverainetés et les identités qui la composent. 

Les politiques migratoires, et leur philosophie de fond sur quoi elles se sont développées, ne garantissent pas cette préservation.

 

nations,guerre,europe,ue,Entre traités et empire

Mais sans pouvoir supérieur à celui des nations, l’Europe ne serait-elle pas retombée dans sa longue hérédité guerrière?

Notre histoire passée ne plaide pas pour une coexistence pacifique spontanée. Les traités commerciaux, et même les alliances, ne suffisent pas à contenir ou détourner les velléités agressives. Il faut un « gendarme ». C’est l’empire. sans ses légions de soldats.

Entre les seuls traités de coopération économique d’une part et l’empire de l’autre, n’y a-t-il aucune forme politique et aucun mécanisme international susceptibles de servir une paix durable en préservant les nations, lieux de souveraineté, et en limitant les conflits?

 

 

Images: l’Europe dans l’Histoire (Wikipedia et admin.ch; voir aussi ici)

 

 

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