Nations et nationalisme : le terminal d’aéroport

La souveraineté nationale n’a pas forcément mauvaise presse. En Hexagonie on ne parle plus que de Made in France, expression qui prend presque l’allure d’une valeur morale. 

 

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Pourtant l’héritage politique du nationalisme est lourd et négatif. Plus que de valoriser un territoire partagé par des gens ayant des caractéristiques communes (terre de naissance, langue, organisation sociale, culture, religion, etc), il rappelle que ce terme a été associé à une formation politique terrifiante, le parti National-Socialiste, ou parti nazi.

Ce nationalisme-là fut une infamie extrême. Utiliser le concept de nation, qui est comme une grande maison ouverte, pour en faire un tremplin de haine, cela a dénaturé la chose.

Étonnement le nationalisme est plus souvent associé à la droite ou à ce que l’on nomme l’extrême-droite. Pourtant la gauche et ce que l’on nomme l’extrême-gauche ont pratiqué le culte de la nation socialiste – je pense par exemple au national-socialisme, ou socialisme national, de feu Nasser en Égypte, ou au patriotisme anti-impérialiste de Mao. 

La dictature, dure ou présentable, est la liturgie de ce culte. Staline, Mao, Pinochet, c’est le même combat de la même oppression. L’URSS, la Chine, certains pays arabes, Cuba, la Corée du nord, ont exalté ces régimes qui détournaient allègrement la notion de démocratie telle que nous la connaissons.

Le nationalisme était devenu une sorte de religion politique détournant la Nation en idéologie guerrière. Certaines nations ont développé une attitude suprémaciste. On pense bien sûr à l’Allemagne sous le régime nazi, mais aussi à des pays où l’islam politique et extrémiste imprègne les instances du pouvoir.

Pourtant le nationalisme est à l’origine une volonté de créer des États-Nations pour remplacer les systèmes monarchiques, et non pour instaurer une idéologie guerrière. Son projet est de substituer aux régimes autocrates une nouvelle conception de l’État non inféodé aux clans et dynasties, et d’entériner la fusion entre cet État et une population donnée.

 

nation,nationalisme,souveraineté,ernest renan,aéroport,clans,dynasties,made in france,migrationsSupposés émancipateurs

Le nationalisme a été un bond en avant vers la démocratie. Les nations modernes sont devenues à la fois un concept fédérateur de populations pouvant être différentes dans leur origines ethniques et parfois dans leur langue, mais unies par des convergences ou des expériences historiques dont il résulte un « esprit » collectif spécifique. Contrairement au XIXe siècle, l’ethnie et la langue ne sont aujourd’hui plus les seuls critères d’une nation, quand il le sont encore. 

L’instauration des nations avec des frontières admises et respectées est une étape historique importante dans l’indépendance des peuples qui les constituent. C’est, dans l’esprit, un projet stabilisateur pacificateur, en particulier dans une Europe où les guerres et les alliances variables ne cessaient de mettre le continent à mal depuis des siècles. Le nationalisme et les États-Nations ont été et sont encore des projets politiques positifs.

Pour des raisons politiques et historiques diverses le nationalisme est devenu une idéologie agressive et politiquement dominatrice. Le ou les différents nationalismes se sont imprégnés d’idées racistes et impérialistes.

Au bout du compte la Shoah, étape extrême du nationalisme raciste et impérialiste, fut une telle horreur que le concept de nation en a été discrédité, abimé. Aujourd’hui cette mémoire supplante les autres et produit un effet repoussoir. 

Il n’y a qu’à entendre la presse parler des nationalistes, ou assimilés, les amalgamant à une extrême-droite qui pourtant n’a plus en Europe le même pouvoir de nuisance que l’extrême-gauche pratiquant violences urbaines, terrorisme, exclusion morale, etc. Mais celle-ci ne subit pas le même discrédit.

Pour ma part, parler de nation aujourd’hui ne renvoie pas du tout aux années 1930. Je constate quel était le climat intellectuel de l’époque et, à gauche comme à droite, on acceptait les régimes dictatoriaux parce que supposés émancipateurs. 

Je ne me sens pas lié aux formes politiques d’alors si aujourd’hui je parle de la Nation comme d’une réalité non enfermante et plutôt positive.

 

nation,nationalisme,souveraineté,ernest renan,aéroport,clans,dynasties,made in france,migrationsErnest Renan

Jean-Pierre Chevènement, souverainiste de gauche, n’a pas médit de la nation ni de son versant sentimental, la Patrie (ou terre des ancêtres), et ne subit pas l’opprobre que subit Marine le Pen (qu’elle soit une piètre politicienne n’empêche pas que son courant politique est aussi légitime qu’un autre). Mais les médias ne retiennent de l’histoire que les excès des uns et pas ceux des autres.

Une nation n’a pas vocation par nature à se dresser contre d’autres, ni a guerroyer. C’est une entité administrative et culturelle, limitée par des frontières, et habitée par des personnes ayant certains points en commun. C’est le lieu où s’exerce la souveraineté. Une nation protège ses habitants, elle ne les envoie pas mourir au champ de bataille sauf nécessité de défendre son intégrité.

Le terme de Nation est dérivé du latin naître et désigne aussi un groupe humain de même origine. On naît ensemble. La nation est une grande assemblée de femmes et d’hommes partageant un héritage commun et une volonté encore présente de vivre ensemble. Un territoire commun les unit et des institutions indépendantes des clans et classes sociales y règlent la vie des gens.

Ces populations peuvent être de différentes origines géographiques ou ethniques. Il y a néanmoins, souvent, une relative homogénéité de culture et de langue.

Pour le dictionnaire Le Petit Robert, « … une nation est un groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini (…) et personnifiée par une autorité souveraine. »

Pou l’historien Ernest Renan, en 1882 (Wiki):

« … à la différence des races, les nations s’étaient formées sur la base d’une association volontaire d’individus avec un passé commun : ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ni d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’« avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore » dans l’avenir. »

À lire ici le discours de Renan de 1882.

 

nation,nationalisme,souveraineté,ernest renan,aéroport,clans,dynasties,made in france,migrationsPierre d’achoppement

Selon Wikipedia:

« Le philosophe israélien Yoram Hazony critique pour sa part la connotation négative du terme nationalisme, qu’il estime confondue avec l’impérialisme. Selon lui, cette doctrine serait positive dans le sens où elle se limiterait à « vouloir vivre dans un monde constitué de nations indépendantes » sans volonté d’hégémonie. Il l’oppose à l’« impérialisme libéral », qu’il définit comme la volonté de certains gouvernementaux occidentaux de déconstruire les souverainetés nationales, d’abord chez eux mais aussi de l’imposer au reste du monde, si besoin par la force, citant les exemples de la Yougoslavie, de l’Irak, de la Libye ou encore de l’Afghanistan. »

Aujourd’hui le mot Nation n’a plus la même connotation que par le passé. La fonction protectrice est devenue essentielle. Une nation est une entité administrative, issue à l’origine de populations relativement homogènes, fondée sur la libre adhésion à des valeurs communes et à un système de gouvernance.

Une nation moderne en occident ne cherche plus tant la guerre impérialiste. Elle doit assurer que les citoyens sont traités avec équité, que leurs droits fondamentaux perdurent et qu’aucun d’entre eux ne reste dans le fossé s’il chute. 

La nation est un acquis social très important. Mais au travers de ses lois et règles, et de ses valeurs, elle est aussi une entité culturelle forte. Elle préserve les traditions qui ont fait leur preuves, simplifient les transmissions générationnelles et permettent d’innover dans un cadre sécurisé, sans violence.

Les échanges sont souhaitables entre nations: économiques, culturels, démographiques, et sont d’autant mieux vécus qu’il y a respect mutuel. Les accords internationaux favorisant par exemple les relations commerciales entre nations sont de bonnes choses. 

Mais si je regarde le monde, je dois constater à l’évidence que le temps des nations et des États-Nations n’est pas fini. L’Europe tente de former un groupe plus fort que par le passé. Cela me paraît souhaitable. On peut en discuter la forme et les allégeances obligatoires. Cependant la situation est compliquée, avec beaucoup de langues, de particularités malgré le fond chrétien commun, d’histoire à digérer.

Dans cette réalité les vagues migratoires se révèlent problématiques pour nombre de citoyens européens. C’est la pierre d’achoppement des nations. La solidarité entre êtres humains est nécessaire mais pas absolue. Aider, accueillir temporairement des victimes de guerre ou de désastres, apporter des secours en hommes et en alimentation, est une très bonne chose.

 

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Mais cela doit tenir compte de conditions respectant la souveraineté des « nationaux ». On doit distinguer l’aide d’urgence à des victimes réelles, de la migration économique. Cette dernière doit être régulée, de la même manière que les pays d’origine de ces vagues migratoires limitent l’installation d’étrangers sur leur territoire. C’est la norme partout.

Voulant se montrer mieux que les autres, ou pour expier une culpabilité de riches et d’anciens colons, nous en faisons plus. Ce sont de mauvaises raisons. Je pense par exemple que l’on doit éviter les grandes concentrations de natifs d’une même culture dans les pays formés par une culture très différente.

En Europe les Polonais et les Italiens avaient une proximité avec la France, pourtant l’immigration italienne a suscité des troubles et des rejets pendant environ un siècle, avec des morts et des pogroms. La culture tribale afghane est ô combien plus étrangère à nos valeurs en Suisse et en France que celle des italiens du XIXe siècle.

On nous prêche partout la différence. Or en matière d’immigration on doit impérativement tenir compte des différences, pour éviter qu’une trop grande disparité de culture ne conduise à des clashs et à des replis communautaires. Ce qui se passe en France doit être un signal d’alerte: une partie de la troisième génération de l’immigration nord-africaine ne se reconnaît pas dans la nation française, menacée clairement de séparatisme.

Les « bons sentiments » pas si bons que ça en réalité peuvent conduire au désastre s’ils ne sont pas tempérés par une réflexion lucide.

Une nation n’est pas un terminal d’aéroport, elle a besoin d’un minimum d’homogénéité culturelle si l’on veut éviter les confrontations sociales et les oppressions qui en résultent.

 

nation,nationalisme,souveraineté,ernest renan,aéroport,clans,dynasties,made in france,migrationsRôle protecteur

Les réfugiés afghans, décrits en majorité comme des hommes jeunes et célibataires dans certains médias, sont à des lieues intellectuelles de notre monde avec ses jolies femmes très court vêtues de Genève ou Paris, et ses icônes gay ou trans dont la télé nous abreuve complaisamment jusqu’à plus soif.

Le respect des cultures nationales est souhaitable. Pourquoi ne le serait-il pas? Une vague de réfugiés doit d’abord être accueillie par des populations proches culturellement. Pour l’Afghanistan c’est le Pakistan, l’Iran, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, et la Chine. 

La Chine ne laissera entrer aucun réfugié. Et les autres pays limitrophes? À voir. Mais les Afghans n’ont logiquement pas à venir en Europe.

La souveraineté d’un État, d’une Nation, d’une population, se mesure à la capacité de réguler les entrants (immigrants). Il n’y a pas de mal à penser ainsi, pas d’opprobre morale. La Nation joue ici son rôle protecteur et filtrant.

À cause de bons sentiments mal à propos on voudrait supprimer les frontières, alors que les peuples n’y sont pas prêts. Demandez aux Talibans s’ils sont prêts à renoncer à la surveillance des leurs au nom de l’amour universel. Ou aux Américains, même les anti-Trump, d’ouvrir toutes les routes avec le Mexique. Vous ne les verrez pas bouger un sourcil.

Ou bien essayez d’entrer dans la propriété de Madonna sans y être invité, pour tenter de vous faire engager comme jardinier ou videur de poubelles. Vous irez en prison. Madonna se protège, comme un État-Nation. Et je ne vois rien de contraire à la morale dans cela.

Il faut retrouver ce que le concept de Nation a de positif et éviter les glissements suprémacistes ou racistes qui en ont détérioré le sens.

 

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Catégories : Philosophie, Politique, Refondation 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Sans le nationalisme les pays européens vont être tout simplement rayés de la carte et remplacés par des régimes tribaux dont sont issus les migrants. Et oui! Il ne faut confondre ouverture d'esprit et ouverture des frontières, car ceux à qui ont les ouvrent n'ont pas la même ouverture d'esprit et fonctionnent de manière clanique. Le drame c'est que quand les bobos s'en apercevront il sera trop tard et les nouveaux maîtres de l'Europe leurs feront vite oublier leurs rèves de bisounours. L'Aphganistan n'est que le début de ce qui nous attend.

  • L'accueil des réfugiés pose problème quand ils viennent d'Afghanistan, me semble-t-il. Certes, il est nécessaire de sécuriser ceux qui sont directement en danger, comme les auxiliaires des pays occidentaux. Par contre, on ne voit pas pourquoi il faudrait accueillir toutes les femmes qui le demandent, comme le veulent les féministes. La loi islamique est inique pour les femmes mais elles ne la subissent pas plus que dans d'autres pays musulmans. D'autre part, les États-Unis ont fait des enquêtes (style INED) auprès des Afghans (hommes et femmes). Il en ressort que 90 % sont favorables à la charia. On peut donc penser qu'une immigration massive de femmes afghanes poserait d'énormes problèmes d'assimilation. La solution d'un accueil par les pays musulmans les plus riches me paraît plus approprié.

  • Votre paragraphe "Au bout du compte la Shoah, étape extrême du nationalisme raciste et impérialiste, fut une telle horreur que le concept de nation en a été discrédité, abimé. Aujourd’hui cette mémoire supplante les autres et produit un effet repoussoir.", est un peu obscur. Elle supplante les autres et produit un effet repoussoir, affirmez-vous. Mais à quoi voulez-vous en venir exactement ? Pour mémoire : Israël n'a pas été conçu sur les cendres de la Shoah, mais bien avant en 1920 lors de la conférence de San Remo.

  • Je veux dire simplement qu'aujourd'hui dès que l'on tente de discréditer le concept de nation, on s'appuie sur la dérive nazie bien plus que sur la dictature stalinienne. Ainsi tout rappel à la nation est assimilé à la droite. Ce qui me paraît erroné et réducteur pour le concept de nation.

    Nous vivons toujours, encore, dans l'ère des nations. Et je pense que l'on peut faire mieux avec ce concept qu'un épouvantail.

  • Vous utilisez un vocabulaire et des concepts empreints de la raison, dans un monde de plus en plus animé de sentiments qui s'abreuvent à des idéologies non analysées ou mal digérées.
    Tant que vous vous en tenez à des idées et des principes généraux on pourra vous entendre, dès que vous voudrez en montrer les applications logiques vous vous heurterez à la haine de ceux qui se sentent offensés par une vérité qui n'est pas la leur, ou qui est même son contraire.
    D'ailleurs, vous l'avez déjà fait en écrivant "Mais les Afghans n’ont logiquement pas à venir en Europe". Espérons que vos lecteurs relèveront le terme "logiquement" et ne liront pas votre texte comme une déclaration de haine envers *l'autre".

  • Oui je l'ai fait. C'est une position politique. Que je sois touché par la souffrance des populations est une chose. Mais je refuse de donner le pouvoir à cette émotion. Je dois penser plus globalement et durablement.

    Je pense, et je l'ai déjà écrit, que les humains doivent apprendre à s'apprivoiser. Cela demande une approche progressive. Si l'on demande aux états d'appliquer des règles comme le respect des frontières mutuelles, on doit aussi demander, en contrepartie, que les migrations soient organisées et régulées, car il y a un lien direct entre la paix et la migration. La pression migratoire crée des tensions fortes.

    Doit-on les éviter et accueillir l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie centrale, sans poser une limite à un moment? Aucune personne censée et responsable ne pourrait soutenir une telle idée. Combien, et partant qui, pouvons-nous accueillir en tenant compte de multiples paramètres, donc la préservation du mode de vie et de la philosophie que nous nous sommes donnés.

    On peut désirer s'ouvrir à tout le monde, et accepter toute différence sans rien y retoucher. Mais cela ne pose pas de problème si le nombre est restreint. La masse ne peut être intégrée ainsi. Elle conduit au communautarisme et à la fracture identitaire, culturelle et nationale.

    Une partie du rap français tient en discours basés sur une victimisation pour raisons ethniques et/ou identitaires. La bataille culturelle penche en faveur des "séparatistes".

    Ma perception actuelle de la Nation (concept que je n'aimais guère par le passé, mais surtout que je ne comprenais pas ou assimilais à une frange politique peu attractive) n'est pas construit sur la haine de l'autre. Je ne me sens pas concerné par cela. La situation du monde m'emmerde, et je préférerais que ce soit plus simple.

    Mais je pense aujourd'hui qu'une limite, plus qu'un enfermement ou une exclusion, est une interface de communication et d'apprivoisement.

  • Tiens, je pense à l'Espagne sous Franco. La France a accueilli de nombreux réfugiés espagnols. Je suis d'accord avec cela, agissons d'abord avec nos proches, puis seulement de proches en proches. Comme disent les écolos, agissons local.

    Sauf pour les catastrophes où il faut des réserves d'aide et des équipes pouvant se rendre sur toute la planète.

  • Hommelibre,
    Je suis effarée de constater à quel degré les gens sont assistés et dirigés mentalement. Ils ont cette croyance qu'une nation leur est apportée sur un plateau, qu'elle a toujours existé et qu'elle ne pourra jamais disparaître. C'est comme si on disait: telle communauté a toujours existé et elle ne disparaîtra pas. Quelle conviction permet une telle affirmation?
    Ils se réfèrent systématiquement à la profession de foi "Nationalisme" pour fonder leurs critiques - et naturellement toujours négative .
    Les nations, par la volonté des habitants d'un même territoire dont ils organisent leurs existences (matérielles et immatérielles) n'ont pas toujours existé avec des frontières et un ensemble d'institutions (entités représentatives autant que leurs élus). Elles se défont parfois sous l'effet d'une agression autant externe qu'interne (voir les clans et les tribus que vous avez fort bien évoqués). Parfois, les nations ne parviennent pas à aboutir parce qu'elles ont du mal à Se Constituer (à se consister) par refus des plus petits dénominateurs communs, par manque d'intérêt ou de compréhension pour son propre environnement - surtout à cause des divisions à plusieurs niveaux dans les deux dimensions et par manque d'idéal commun pour une certaine forme de société - le vivre et travailler ensemble ne se décrète pas s'il n'y a pas un même entendement, une détermination et des aspirations communes.. Le bain culturel et social est un facteur agrégeant.
    L'Allemagne est une nation jeune. Elle a réussi, après la chute de l''empire austo-hongrois à se rendre indépendante et à s'auto-organiser, y compris linguistiquement. Cela a été une longue construction, pas toujours heureuse dans son petit parcours.

    Les pays du Višegrad ou ex.soviétiques sont des nations aux frontières terrestres et culturelles peu stables. l'Ukraine en donne l'exemple avec tous ses extrêmes et des revendications ahistoriques. Il y a, à mes yeux. un manque de maturité générale qui fait que les institutions sont tout aussi mal pensées et mal ancrées. Ce peuple donne l'impression de vivre de sa séduction plus que d'un travail sur lui-même bien qu'une bonne partie ait eu la chance d'être bien formée techniquement et technologiquement: un héritage un peu délaissé.

    Un pays qui ne s'investit pas à résoudre par lui-même ses problèmes organisationnels et qui ne vise qu'à tirer partie d'un ensemble en présence dont il n'est pas le composant intime ni légitime, est un pays opportuniste. C'est un faiseur de roi, mais lorsqu'il se fait confronter avec d'autres faiseurs de roi qui s'alignent avec un peu plus de "sex-appeal", il panique, se délite et se laisse défaire.
    Sans souveraineté, le pays est une proie facile pour tous les autres.

    Dans une telle réalité physique, nation représente des réalités tangibles. Nationalisme est une imposture, il ne signifie rien du tout., à part d'en faire une religion. Un axiome politique fragile.
    Je peux concevoir qu'un individu puisse être social, mais pas être socialiste. De même pour celui qui prône et agit avec un sens commun mais pas communiste. Ce ne sont pas des métiers, encore moins des vocations.

    Je défends ma souveraineté de personne, c'est ma première frontière. La souveraineté collective (des natifs et adoptifs) et d'un pays, c'est ma deuxième frontière qui concerne ceux qui vivent et partagent avec moi les mêmes réjouissances et les mêmes charges.
    Il faut vouloir ensemble protéger ce que nous avons construit et réformer ce qui ne va pas et changer ceux qu'on veut dévisser - pour cela, nous avons convenu une réglementation pour y accéder.
    Il faut surtout éviter d'aller chercher de l'aide ou du soutien ailleurs hors de ses frontières.

    On peut parfaitement aider un autre pays sans s'immiscer dans son organisation. Attendons qu'un pays en détresse formule et définisse ses besoins. Héberger et donner à manger n'est pas un geste de bonté et c'est dérisoire, Lui donner les moyens de s'en sortir, de devenir, au moins suffisant, et de construire sa souveraineté est la solution durable.
    En tant que citoyens, nous comprenons cela depuis longtemps, pas nos gouvernements!

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