Les pharmas doivent-elles abandonner leurs brevets sur le vaccin ?

L’idée a été suggérée, entre autre par le porte-parole de Lutte Ouvrière, Jean-Pierre Mercier, sur CNews. Il trouve scandaleux de faire de l’argent sur la santé des gens. Il dénonce l’aspect privatif des brevets des vaccins contre la Covid-19.

 

mercier.jpgLa propriété privée est à nouveau mise en accusation. Les actionnaires en seraient les gargouilles diaboliques, les entreprises des ogres affamés.

Il faudrait abandonner les brevets pour deux raisons: pour ne pas faire d’argent sur la santé avec les royalties, et pour faciliter la fabrication des doses dans les pays pauvres.

Ne pas faire d’argent sur la santé? Comment va-t-on payer les locaux, les employés, la fabrication, la recherche qui dépend entre autres des bénéfices engrangés, le développement de futures thérapies, entre autres? Vouloir sanctuariser la santé est une position intellectuelle erronée. C’est de la démagogie, de l’humanisme de télévision. 

Et pourquoi alors payer les médecins? Et nos aspirines? Et nos huiles essentielles? 

Cela n’a pas de sens, ou alors sentimental. Cette extrême gauche se livre à la démagogie avec le ton du justicier outré. On n’est pas obligé d’être dupe.

Quant à renoncer aux royalties pour que les pays pauvres puissent fabriquer un vaccin meilleur marché pour leurs populations, étant donné le haut degré de corruption dans nombre de ces pays, c’est un vœu pieu de croire un telle chose possible.

Il faudrait de plus que ces pays sachent construire les usines et produire dans les mêmes conditions que celles exigées dans les pays économiquement développés.

Lutte Ouvrière court après Mélenchon pour reprendre une miette du gâteau politique Covid. 

On peut se demander si M. Mercier accepterait que les employés travaillant sur le vaccin ne soient pas payés, puisqu’ils œuvrent à la santé.

Chiche?

 

Catégories : Santé, Science, société 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Il est évident que tout travail doit être payé, celui des ouvriers, techniciens, scientifiques et directeurs des labos,etc. Sinon c'est l’État qui le fait avec nos impôts, comme aujourd'hui en rendant la vaccination gratuite. Les bénéfices dans le public comme dans le privé sont donc nécessaires. Mais je pense que L.O. veut s'attaquer aux profits qui sont engrangés par cette pandémie et qui enrichissent les actionnaires qui ont donné de l'argent aux labos et reçoivent une part des bénéfices. Comme on bloque les salaires et les retraites dans certains cas, on pourrait peut-être imaginer d'en faire autant avec dividendes en cas d'urgence, par exemple pour aider les pays pauvres. Malheureusement, comme le souligne Homme-libre, devant la corruption qui existe souvent, il serait nécessaire de court-circuiter les dirigeants de ces nations à la dérive. Mais ce n'est pas gagné.

  • Et laisser les autres concevoir et produire des vaccins adaptés aux nouveaux variants ?

  • Homme Libre,

    Vous passez d'un extrême à l'autre. Ce qui, de mon point de vue, disqualifie ou dévalorise votre propos. Moderna et Pfizer ont augmenté le prix de leur vaccin sans aucune raison autre qu'une position de monopole. On nous annonce la nécessité bientôt d'une troisième dose. C'est la poule aux oeufs d'or. Pourquoi refuser l'achat et le choix pour les citoyens des autres vaccins qui sont moins chers et pour un, plus efficace? Il est bien clair pour moi que les milliards engrangés permettent de corrompre les décideurs médicaux ou politiques et d'assurer le monopole de deux ou trois vaccins hors de prix. Il n'y a pas qu'en Afrique que la corruption existe. Et oui, certains médicaments sont déjà moins chers pour les pays pauvres et ça vous auriez dû le savoir.

  • Vous avez raison, certains vaccins et médicaments ont été cédés à prix baissés pour des pays d'Afrique. Il s'agit de vaccins anciens et courants, dont la recherche et le développement ont été rentabilisés de longue date. J'aurais pu le préciser. J'écrivais dans le contexte de la Covid.

    Je ne me prononce pas sur les tarifs pratiqués, je n'ai pas d'élément pour juger de leur pertinence. Les pharmas sont régulièrement attaquées, mais pas par moi. Les États n'auraient-ils pas pu refuser des augmentations qu'ils jugeaient injustifiées? Il y a de la concurrence.

    Enfin, je n'ai pas saisi ce que vous voulez dire à propos d'extrême.

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