Saga du CO2 (3) : 2021, un été d’eau et de feu

À Genève et en France on a presque froid. 17,9° à Cointrin le 1er août, qui a été l’un des 4 plus froids depuis environ un siècle, avec 1998, 1973, 1968. Même dans la première moitié du XXe siècle la température maximale n’était jamais descendue sous les 18 degrés à cette date. Et en France le sud-ouest bat à nouveau des records de froid (après ceux du printemps).

 

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Je soupçonne d’ailleurs la température réelle d’être plus froide. En effet le site de MétéoSuisse annonçait 18,3° à 14h45 – mais c’était une prévision d’un modèle, pas la réalité mesurée. En fait la température réelle à ce moment était de 14,6° sur le relevé en direct de Cointrin (image 1, copie d’écran, clic pour agrandir), soit près de 4 degrés de moins.

L’image 2 d’Infoclimat propose ce relevé des variations de températures maxi et mini depuis 1900. J’ai ajouté en jaune les tendances vers le frais ou vers le chaud. La variation entre les températures maximales peut atteindre 15° d’une année à l’autre. C’est une variation naturelle.

Cet été 2021 présente un tableau jusque là très contrasté. Pas en Europe de l’ouest, qui reçoit des vagues de pluie et d’air plus frais faute d’être protégée par l’anticyclone des Açores.

Par ailleurs le Pacifique est encore en phase La Niña qui est cette fois assez forte pour faire baisser les températures mondiales moyennes de 1 à 2 degrés (à moins que d’autres facteurs non visibles soient en jeu). La bulle de chaleur délivrée dans l’atmosphère par le long et très puissant El Niño des années 2015 à 2019 semble s’affaiblir.

 

 

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On nous a appris que chaque degré de température de plus augmente l’humidité de l’air et les précipitations de 7%. Pourtant la tendance a été à une baisse des précipitations régionalement, depuis la phase de réchauffement des années 1990. Plus chaud moins d’eau. Pourquoi n’est-ce pas le contraire? Mystère. En tous les cas cette année très humide est en même temps, jusque là, plus fraîche que bien des précédentes.

L’image 3 montre la tendance des précipitations à Genève (extensible à une vaste région) depuis 1962. Il y a environ 15 à 20% de moins de pluies, surtout depuis 1998. On se souvient que durant cette période le niveau des nappes phréatiques était anormalement bas. Dans le même temps l’ensoleillement au augmenté, de plus de 25% (image 4).

L’ensoleillement hivernal a en particulier augmenté, avec moins de brouillards bas et des durées moins longues de régime de stratus. Ce régime peut maintenir -5° au sol et +10° à 1’000 mètres. Les hivers se sont donc, logiquement, plus réchauffés que les étés (image 5).

Moins de précipitations et plus de soleil: on en déduit qu’il y a moins de couverture nuageuse. Ce qui favorise chaleur et sécheresse, un moindre enneigement et une rétraction des glaciers et du manteau neigeux (exemple: image 6, France, Chartreuse). Les faibles précipitations ne compensent pas la fonte. Les nuages jouent un rôle majeur dans le climat, et ils sont peu pris en compte par les modélisations informatiques du Giec.

 

 

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Jusqu’ici l’année 2021 montre que l’aérologie, soit les grandes aires de hautes et basses pressions et la circulation des vents mondiaux (et donc des masses d’air), est capable d’annuler quasiment le réchauffement pour une durée non négligeable.

Il me semble que le transport des masses d’air chaud (donc des grands équilibres aérologiques) est prévalent sur l’accumulation locale de chaleur - liée ou non au CO2. Le réchauffement peut accentuer les tendances, mais pas les créer de toutes pièces.

L’image 7 montre la répartition actuelle du chaud et du froid sur la planète.

Et le CO2? S’il joue un rôle, les événements actuels ne devraient pas avoir déjà eu lieu. Que nous dit cet été qui fait la une en raison des incendies et des inondations? Celle de Chine est catastrophique. Elle bénéficie de gros plans sur les rues les plus submergées.

Pourtant les inondations de 1931, en Chine centrale, étaient pires. Elles ont fait entre 150’000 et 4 millions de morts. 10 millions d’habitants n’avaient plus d’habitation. 122’000 km2 ont été touchés.

À Nanjing: 

« La ville située sur une île a subi des dommages catastrophiques1. Il est estimé par certaines sources que des millions de personnes sont mortes noyées ou par les maladies infectieuses transportées par les flots, comme le choléra et le typhus. 

 

 

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Femmes et fillettes sont vendues par les hommes désespérés ne pouvant subvenir à leur besoins. Des cas d'infanticide et de cannibalisme sont même rapportés au gouvernement1. La soirée du 25 août, la crue dévalant le Grand Canal a rompu les digues du lac Gaoyou et environ 200’000 personnes sont mortes noyées dans leur sommeil. »

Le réchauffement, et a fortiori le CO2, n’y était pour rien.

En Allemagne nous avons déjà vu (ici et ici) que les inondations géantes sont connues depuis au moins le Moyen-Âge.

On sait aussi que les dégâts sont aggravés partout depuis les années 1960. En cause: l’urbanisme inadapté, un aménagement inapproprié des paysages et territoires, l’abandon des zones inondables, etc. Nous sommes très vulnérables. Ce n’est pas dû au réchauffement.

Les incendies disent-ils plus?

Difficile de l’affirmer. Ils ont toujours eu lieu, dans l’ouest américain et la Californie en particulier. La sécheresse y est endémique, avec des cycles. Mais qu’il s’agisse des Great Fires de 1910 ou d’autres, les méga-feux ne sont pas récents. Je rappelle celui de Peshtigo aux USA en 1871: « … qui a fait entre 800 et 1.200 morts, selon les estimations. Le feu, qui s’était déclaré dans la bourgade forestière de 1.700 habitants avait ravagé seize autres villages, répartis sur 500.000 hectares. »

 

 

inondations,incendie,feux,réchauffementForêt

En France les forêts du sud brûlaient régulièrement jusque dans les années 1960-1970, avant qu’une surveillance meilleure et un nettoyage des bois morts ne soient devenus systématiques.

Selon Vincent Clément, maître de Conférences à l'ENS de Lyon - Laboratoire de BIOGEO, ENS de Lyon, le procès contre la nature est faux:

« La forêt méditerranéenne brûle depuis des temps très reculés. Elle est pourtant toujours présente dans le paysage. Le retour périodique des feux est-il réellement la conséquence logique d’une nature ingrate, esclave d’une climatologie des extrêmes ? Ne peut-on pas avancer d’autres éléments d’explication ? Notamment, quelle responsabilité attribuer aux sociétés humaines ? La politique de prévention, conduite depuis le xixe siècle, est-elle adaptée et à l’abri de toute critique ? L’actualité récente fournit l’occasion d’une mise en perspective de cette réalité méditerranéenne ancienne qui, pour éviter le piège du catastrophisme, doit être resituée dans sa dimension historique. »

Mais aussi, pour le début du XXe siècle:

« Cette progression funeste s’explique par la disparition de cultures qui coupaient autrefois les massifs, opposant des obstacles à la marche des flammes. Le pays se dépeuple, les cultures reculent ; ici, bien loin que ce soit les boisements qui en profitent, c’est le feu qui trouve un milieu plus favorable . (Deffontaines, 1933, p. 158). »

 

 

inondations,incendie,feux,réchauffementAggravation

Le dôme (nouveau mot en météorologie) de chaleur récent du Canada est, lui un phénomène pas encore connu à ce point dans cette région, du moins au XXe siècle. On ne peut pas savoir pour les siècles précédents, en particulier lors de l’optimum médiéval ou l’optimum romain.

Les feux ont toujours existé. Ils régularisent et régénèrent les grandes forêts. À l’école on parlait déjà des grands feux. On sait ce qui les favorise: le mauvais entretien des surfaces. À cela s’ajoutent des lignes électriques pyrogènes, les pyromanes, un manque d’eau chronique par trop de prélèvements (Colorado et Californie), et des habitations qui fragilisent la forêt: la présence humaine favorise les grands feux.

Les conséquences catastrophiques des événements météo ou climatiques extrêmes sont d’abord l’effet d’une intervention humaine inadéquate en amont. Le réchauffement peut en favoriser les conditions, mais il n’en est pas la cause, et son effet peut et doit être maîtrisé. Et en l’état je juge son effet assez incertain par rapport aux événements naturels du passé, et je doute d’y voir la signature spécifique du CO2.

J’ajoute que la visibilité médiatique de ces événements est aujourd’hui énorme. On sait tout, de partout, au même moment, d’autant plus que le climat est devenu un objet d’attention soutenue et d’angoisse. Le volume médiatique augmente le sentiment que l’on peut avoir d’une aggravation affolante de la situation.

Je ne suis pas sûr que l’on ait raison.

 

 

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Catégories : Environnement-Climat, Météo, Saga du CO2 2 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Comme toujours, une grand merci Cher Homme Libre de remettre l'horloge climatique à l'heure.

    A l'avenir si l'on ne veut pas financer la propagande réchauffiste, LGBTQI+ (etc.) des médias, je conseille à tous de signer, diffuser et de faire signer la pétition suivante:

    https://medias-controles-non.ch/

    Si l'on ne fait rien, les grands médias vont toucher 178 millions par an payés par nos impôts pour faire une telle propagande et faire ainsi disparaître peu à peu la liberté d'opinion qui est déjà bien en danger.

    Merci à tous

  • Il ne s'agit pas d'une pétition mais d'un référendum contre l’arrêté fédéral sur le « train de mesures en faveur des médias ».

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