Saga du CO2 (2) : le dôme de chaleur du Canada

Est.ce le réchauffement, donc supposément le CO2? Au Canada le village de Lytton B.C. a été rayé de la carte. Détruit à 90% par le feu: après le record de chaleur de près de 50° il y a quelques jours, des incendies ont éclaté.

 

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Lytton est entouré de résineux. Les résineux s’enflamment facilement et ont besoin du feu pour se régénérer et s’étendre. La chaleur très sèche du dôme a préparé le terrain, ensuite une étincelle accidentelle, naturelle ou criminelle aura suffi.

La température a atteint un record historique dans l’ouest américain. Un tel événement est supposé ne se reproduire que tous les quelques milliers d’années. Enfin peut-être, mais on n’en sait rien. On a trop peu de recul sur le climat, pas assez de données très précises pour les millénaires précédents.

On ne sait donc pas si pendant l’Optimum médiéval (période chaude semblable à l’actuelle) de tels événements se sont produits, mais c’est possible.

Le dôme, cette haute colonne chaude enserrée dans le vent, s’est aujourd’hui débouclé. Mais que s’est-il passé? D’abord cette partie du Canada est chaude en été, même si le pays est globalement froid. L’image 2 montre les températures maximales des 50 dernières années à Lytton pour un 1er juillet. D’une année à l’autre l’écart peut atteindre 22 degrés (1987-1988).

 

 

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Ce dôme de chaleur est un phénomène connu. De l’air chaud est retenu dans un anticyclone, prisonnier de sa boucle de vent. Cet air est comprimé par les hautes pressions et chauffe encore plus. Ici c’est la pression et non le soleil qui ajoute un surplus de chaleur.

Comme on le voit le maximum de chaleur est au centre de l’anticyclone. Si de très hautes températures ont été relevées à l’intérieur du pays, ce n’est pas le cas dans les stations proches de l’océan. L’air chaud est donc accumulé au-dessus de terres.

Mais d’où vient-il? À cette latitude le réchauffement du sol par le soleil ne suffit pas à atteindre de tels chiffres. Si c’était le cas il ferait très chaud sur tout le Canada. Ici il s’agit d’une masse d’air chauffée au Mexique et dans les États désertiques du sud des USA.

Des vents de sud ont poussé cet air vers le nord. Là, l’anticyclone associé au jet stream en forme d’oméga (Ω) l’a capturé et intensifié. Il s’agit donc d’un phénomène lié à l’aérologie de cette partie du monde, soit les jeux des pressions et des courants aériens, et non au réchauffement local du sol ou à l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère.

 

 

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En 2003 l’Europe de l’ouest a connu un tel dôme de chaleur, beaucoup plus long, lors de la canicule historique. Aux États-Unis la plus haute température date de 1913, juste devant 1923.

« Le 10 juillet 1913, une station météo à une demi-heure de marche de là (Furnace Creek, Death Valley, CA) avait enregistré ce qui reste officiellement le record du monde établit à 56,7°C. Suivent les 55°C relevés à Kebili, en Tunisie, en 1931. En 2016 et 2017, les 54°C avaient été atteints à deux endroits, au Koweït et au Pakistan. »

Certains records sont encore contestés à cause du matériel utilisé dans le passé et celui de Tunisie n’a finalement pas été validé. Ont-ils été surévalués? Cela reste difficile à prouver. 

Ils indiquent que les extrêmes de ce type peuvent survenir même sans concentration élevée de CO2 dans l’atmosphère.

Pendant que l’ouest canadien a très chaud, l’Europe de l’ouest est sous l’influence d’une goutte froide (le phénomène inverse du dôme de chaleur). Cela donne des températures variables à tendance fraîches.

Ainsi va la météo.

 

 

 

Ce gif animé montre l’évolution de la boucle du jet stream qui bloque le dôme sur 6 jours, à 10’000 mètres d'altitude:

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Catégories : Environnement-Climat, Saga du CO2 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Homme-libre a raison de poser ces questions. Climat ou météo ? CO2 ou pas ? Un peu de recul nous dira si ces pics sont, de nos jours, plus fréquents et relèvent vraiment du réchauffement.
    En attendant, nos "informateurs" se précipitent sur la moindre anomalie météorologique, même glaciale, pour nous faire peur. Ce n'est pas une bonne méthode. Je dirais même qu'elle est contre-productive car on finira par ne plus leur faire confiance.

  • " Si de très hautes températures ont été relevées à l’intérieur du pays, etc... ", vous expliquez que près des océans les températures sont plus basses.

    Or, en partant de cette constatation, on peut largement supposer que l'habitat des centres urbains tel qu'il existe actuellement devrait être revu, ce qui m'amène à revenir sur un reportage (ARTE) d'il y a quelques années effectué au Canada.

    Ce reportage avait démontré deux choses :

    1) un immeuble locatif construit entouré d'arbres et de verdure, parcage en sous-sol;

    2) un deuxième immeuble identique au premier construit avec parking extérieur très peu de verdure et beaucoup de béton;

    Après trois ans, premier constat tiré :

    - le premier immeuble avait obtenu un meilleur résultat concernant le chauffage et l'isolation contre le froid (température à moins 20 voire plus) basse);

    - le deuxième immeuble avait consommé le double d'énergie du premier.

    En conclusion simple, les constructions dans les villes doivent être revues ... face au réchauffement climatique !

  • Merci pour cet exemple, Lise. Le résultat de cette expérience est clair.

    En végétalisant davantage on pourrait même réduire les "ilots de chaleur" que produisent les villes (jusqu'à 5° de plus que la température rurale). Cela suppose un fort remodelage des cités.

    Les villes avec un ancien patrimoine historique s'y opposeront peut-être, ou limiteront ce genre de mesure pour ne pas perdre leur histoire et le tourisme qui s'y intéresse. À moins que nécessité ne fasse loi.

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