La démocratie c’est la déception

Jour de votations ce dimanche, donc jour majeur de la démocratie suisse. Les résultats tombent. Satisfait ou déçu, chacun construit sa position, raconte sa story, pourquoi il a gagné ou perdu. Les gagnants d’abord, qui  sont gonflés d’une légitime satisfaction.

 

suisse,votations,13 juin,co2,climatRessentiment

Les perdants, ensuite, tentent de justifier leur échec. Il y a une légitime frustration et une déception. Mais quelles que soient les raisons bonnes ou mauvaises d’être déçu des urnes, cela ne change rien.

Gagner, perdre. Gagner sans arrogance, perdre en acceptant la déception. Gagner ou perdre, c’est l’immense privilège de la démocratie. Cela veut dire que l’on a pu s’exprimer, s’impliquer et développer ou soutenir une vision ou une conviction. 

Mais la démocratie génère de la déception. Il y a forcément des perdants. Et ces perdants vont, pour certains, développer du ressentiment, et rompre le lien social et intellectuel entre les groupes sociaux. La défaite est quand-même moins belle que la victoire, et les perdants n’acceptent pas toujours leur score.

Le ressentiment en cas d’échec produit une attitude accusatrice et paranoïaque. Greta Thunberg est l’exemple du ressentiment négatif poussé à son extrême. Elle accuse les adultes de lui avoir volé son enfance. Or ce type de ressentiment est fabriqué, car personne ne lui a volé son enfance. Ou alors qu’elle cherche au bon endroit, du côté de ceux qui l’ont élevée.

Je parle d’elle parce que le refus de la loi sur le CO2 peut typiquement alimenter du ressentiment chez des extrémistes « climatiques ».  

 

suisse,votations,13 juin,co2,climatFin du mois

Il n’est pas impossible qu’ils se prévalent du refus de cette loi pour passer à des actions illégales, qu’ils justifient ensuite au nom d’une prétendue urgence climatique fabriquée par des modèles climatiques déconnectés du réel. Pour cette raison il pourraient s’estimer exonérés du respect des lois et de toute sanction.

Le récent procès d’activistes en Suisse s’est conclu au Tribunal Fédéral, qui a cassé le premier jugement qui les avait acquittés. Le TF n’a pas retenu la notion d’urgence climatique. Et heureusement. L’urgence doit être factuelle, tangible, comme un ouragan qui fond sur une île. Elle ne peut être virtuelle ou reportée à 100 ans, sans quoi ce n’est plus une urgence, peu importe le référentiel de temps.

Les activistes veulent porter l’affaire devant la Cour européenne. Espérons que les juges ne seront pas démagogues.

Les taxes sur le CO2 passent mal en Suisse. Tant mieux. Depuis que le pétrole est une ressource incontournable de nos civilisations, on ne cesse de payer des taxes. La presse commente le refus de cette loi par des raisons financières. Selon l’ATS relayée par le quotidien 24heures:

« Les Suisses ont mal au porte-monnaie et sans doute bien davantage que les politiques ont pu le penser», écrit le «Nouvelliste». Et d’ajouter que le slogan de l’UDC « Avant la fin du monde, la fin du mois », est devenu un parfait résumé de la réalité que semblent vivre les citoyens. »

« Avant la fin du monde, la fin du mois »: excellent slogan. L’UDC a parfois de l’esprit.

 

 

P.S.: Le projet de Cité de la Musique de Genève était soutenu entre autres par la gauche. Et combattu par la gauche. Le projet est refusé. Donc la gauche est déçue et la gauche est contente. La gauche a battu la gauche.

 

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Catégories : Politique 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Merci Homme Libre!

    "Gagner ou perdre, c’est l’immense privilège de la démocratie."

    De la démocratie en effet, mais il faut qu'on n'y est plus vraiment en démocratie, pusique dans le cas de la cité de la musique, par exemple, "dans sa conférence de presse suite aux votations, le gouvernement annonce qu'il «se réserve le droit» de ne pas tenir compte du préavis municipal, c'est-à-dire du vote des citoyens de la ville."

    Rien que ça. Le vote des citoyens est désormais appelé "préavis municipal" et on peut le fouler aux pieds! On se fout vraiment de nous!

    https://www.tdg.ch/deux-projets-soumis-au-vote-des-citoyens-du-canton-et-de-la-ville-719516021758

  • J'ai lu que cette votation sur la Cité de la Musique n'était pas contraignante. J'ignore les raisons techniques de cela, je n'ai pas creusé.

    Les autorités ne seraient dès lors pas tenues par ce vote.

  • La démocratie ?
    Vous parlez de ce système dont les Suisses étaient si fiers avec leur droit d'initiative et de référendum ?
    Ce vestige du siècle dernier ?
    Faudra vous mettre à jour. La farce a assez duré et les citoyens commencent à comprendre qu'ils sont manipulés par des merdias main stream et des autorités à la solde des puissants.
    Malgré la censure presque systématique de tout discours dissonant sur les mesures sanitaires, 40% a dit non. C'est à la fois peu et beaucoup. Mais cela suggère que ceux qui nous gouvernent devront trouver d'autres supercheries pour continuer à nous faire croire que le peuple est souverain.

  • Merci Pierre, vous avez parfaitement raison!

    je vous conseille d'écouter cette vidéo édifiante sur les votations en Suisse:

    https://www.youtube.com/watch?v=p3-RNunUQFs

    et aussi:

    https://microtaxe.ch/fraudes-electorales-consequentes-en/

  • C'est malheureusement la réalité, et cela ne va pas s'arranger.
    Trop d'années paisibles nous ont rendu mous et conformistes. L'instinct viscéral qui permet de voir le danger et d'engager un combat pour sa liberté est éteint globalement

  • « ceux qui nous gouvernent devront trouver d'autres supercheries pour continuer à nous faire croire que le peuple est souverain. »

    Je pense qu'ils essaient surtout, de ne pas nous faire croire que le peuple est souverain. Je pense que leur objectif est de rayer la démocratie directe de la Constitution.

    Pour eux, le peuple est con, c'est tout !

  • "Pour eux, le peuple est con, c'est tout !"

    Et ce n'est pas tout faux.
    Maintenant c'est peut-être bien leur responsabilité puisque les autorités nous abreuvent du moins pire qu'est l'idéologie mondialiste à l'abrutissant avec des programmes de distraction et du sport.
    La question qui se joue aujourd'hui dans le monde devenu village est de savoir si le programme des puissants, symbolisé par le forum de Davos, est une bonne solution pour sortir des conflits et mieux gérer notre environnement.
    Personnellement j'en doute. L'universalisation est un nivellement par le bas. La diversification est une des règles de la vie, l'hétérogénéité une condition. Je pense donc que les nations vont résister à cette tendance.
    La crise sanitaire sera vraisemblablement le révélateur de l'imposture. Nous découvrons tous les jours l'ampleur du mensonge qui s'est répandu bien plus rapidement que le virus et pour lequel les autorités devront rendre des comptes.
    Alors à con, con et demi.

  • J'ajouterais que les puissants semblent aussi cons que nous tous car ils ont péché par impatience.
    Leur programme a été mis en place dans la deuxième moitié du siècle dernier et les multi-milliardaires aux commandes on tenté un va-tout car leur temps est compté.
    Mais le premier péché aura été de croire qu'ils pourraient prolonger suffisamment leur vie grâce à la technologie et certains ont peut-être même déjà caressé l'idée d'immortalité.
    Leur impatience, ô combien compréhensible dans leur logique, risque bien de leur péter à la figure.

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