Noholita ne pisse pas dans un violon

Elle est jeune et jolie, Camille Callen. Il faut ça dans son travail d’influenceuse. Car elle vend, ou du moins pousse à l’achat de mode les jeunes filles qui la suivent sur les rézos. Elle fait partie de ces jeunes femmes bien faites qui servent de mannequin pensant.

 

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La pensée de la parisienne de 25 ans Camille Callen n’est certes pas du Onfray ni du Theilard de Chardin. Mais elle est l’une des influenceuses les plus suivies. en France. Maquillage, vêtement mode au top, colifichets, décoration: elle est l’héroïne des journaux de mode et des rézos.

« Avec près de 700 000 abonnés sur Instagram, elle est devenue la blogueuse que les marques s'arrachent. (…) Forcément, le nombre de demandes de collaborations va en grandissant. Adidas, Deby Debo ou encore Mon Petit Bikini qui l'invite à imaginer le design de toute une ligne de maillot de bain... On la veut partout ! »

La marque Stradivarius en parle comme d’une ambassadrice grâce à sa « typical rebellious yet chic touch » (touche rebelle typique mais chic).

Surfant sur sa notoriété elle crée maintenant sa propre marque de maillots de bains et de prêt-à-porter.

À une époque où être soi-même et refuser les stéréotypes devrait être la tendance, on trouve toujours autant de gens, ici jeunes, prêts à se faire formater, influencer, par d’autres. 

 

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Je suis surpris que le terme d’influenceuse soit si bien perçu par les jeunes filles et femmes qui la suivent. La frontière entre influencer et manipuler est plus ténue que jamais.

Mais que ne ferait-on pas pour être incluse, intégrée par le look, la frime, l’apparence, la beauté?

Si l’expression Pisser dans un violon s’emploie pour indiquer l’inutilité d’une action, ce n’est pas son cas. Il faut dire qu’elle est jolie (critère obligatoire dans ce job, les moches ou les mal faites n’ont aucune chance).

Elle sait vendre en donnant l’impression qu’elle aide ses lectrices, elle leur parle comme une amie. Puis elle incite à l’achat, donne les liens directs vers les marques, et gagne selon le nombre de lectrices ou selon les achats qu’elles font (la marque sait quelle influenceuse recommande un achat).

Camille Callen, alias Noholita, gagne bien sa vie, avec 5’000 euros par post ou story. Ce n’est pas le tarif le plus élevé. Danielle Bernstein, une new-yorkaise de 22 ans, vient de passer au niveau supérieur: 

« En franchissant le million d'abonnés sur Instagram il y a quelques jours, Danielle va passer à un autre niveau de revenus. Elle avance la somme délirante de 20 000$ (18 200€) à 100 000$ (91 000€) par photo pour les comptes à plus de 6 millions d'abonnés ! »

 

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Si Camille publie un post par jour, cela doit faire au minimum 150’000 € par mois. On peut dire qu’avec la marque Stradivarius et les autres,  Noholita/Camille Callen, publicité vivante, ne pisse pas dans un violon.

Les filles qui la suivent se sentent valorisées. Il faut dire que manifester pour le climat et crier À bas le capitalisme habillée avec la dernière collection de Zara, s’en faire un selfie et l’envoyer partout pour montrer qu’on est quelqu’un de bien, c’est trop top! 

Et tant pis si la jolie Camille Callen pousse à consommer de plus en plus (elle change de tenue plusieurs fois par jour) des produits de marques qui polluent un max, produits parfois pleins de la sueur et des larmes des enfants esclaves en Asie. 

Tant pis si elle pousse à une consommation compulsive d’internet (profitons-en, avec les éoliennes envahissantes et intermittentes ça ne sera peut-être bientôt plus possible).

Consommer, polluer, gaspiller, sont les trois mamelles de la mode.

– Oh ben, faites pas chier! Cette génération a aussi le droit d’avoir ses contradictions!

 

 

 

 

 

 

Catégories : Divers, société 9 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Et on ose nous dire que les femmes sont plus écolos que les hommes. Il est vrai que seuls les naïfs croient encore à ses bobards.

  • Ca semble se passer majoritairement sur Instagram et être un truc de jeunes.
    J'ai voulu en savoir un peu plus et ai regardé si c'était un pré carré de jeunes femmes écervelées.
    Eh bien, il semblerait que ce soit un monde plutôt mixte, puisqu'il existe des influenceurs - mode -hommes :

    https://edgard-lelegant.com/les-10-influenceurs-homme-a-suivre/

    https://blogfr.influence4you.com/top-influenceurs-mode-2019/

    Les influenceurs sportifs, également des deux sexes :

    https://blogfr.influence4you.com/top-influenceurs-sport-2019/

    https://www.influenth.com/influenceurs-fitness-populaires/

    Le domaine des influenceurs de voyage est mixte, il y a pas mal de couples voyageurs :

    https://blogfr.influence4you.com/top-influenceurs-voyage/

    https://globetrotterplace-ca-paris.fr/influenceurs-voyage-instagram/

    Cuisine :

    https://blogfr.influence4you.com/top-influenceurs-cuisine/

    J'ai cru comprendre que pour les marques et les entreprises, avoir des influenceurs est plus efficace et moins coûteux qu'une campagne de publicité à la télé ou dans un magazine.
    Ces personnes permettent de réduire le budget marketing de façon astucieuse. Au lieu de payer des dizaines ou centaines de milliers de francs ou euros, on paye quelques influenceurs quelques milliers de euros.

    Tout cela se place clairement dans le domaine du commerce et de la recherche de profit. Je ne m'attends donc pas à ce qu'il y ait une dimension humanitaire, écologique ou morale.
    C'est juste une évolution de la publicité.

  • Je n'avais pas vu autant d'hommes. Merci pour ce complément d'information.

    On cite le plus souvent les femmes, en particulier pour les plus suivies. Mais les hommes font fort aussi.

    Evolution de la pub, oui. Perso je n'aime pas trop le mélange entre aventure personnelle partagée avec ses followers, et la commercialisation dans la foulée. Et puis ce qui est présenté dépend intimement de la personne qui les recommande, je me trouve moins de choix que dans un magazine papier.

    Pour ce qui est de la dimension ecolo-morale, je vois une collision des valeurs quelque entre un idéal présenté comme une marque générationnelle, et ces pratiques qui contredisent le discours ambiant.

  • Cher Homme Libre, j'ai pensé que vous aimeriez ce dernier Tweet sur d'autres "influenceuses" beaucoup plus influentes que celle dont vous parlez. Cliquez bien sur les photos pour les apprrécier en grand. Ça vaut le détour:

    https://twitter.com/lolaweb71/status/1355095954878328833

  • Ok c'est un peu lourdingue, mais fallait que ça sorte:

    Savez vous pourquoi un cul-de-jatte achète des chaussures ?

    Pour la même raison que Camille Callen achète des soutiens-gorge !

  • Et ce tweet-là c'est pour vous donner des idées si jamais vous êtres "à bout d'habits". Voici les dernières tendances de la mode masculine:

    https://twitter.com/lolaweb71/status/1355199626966687745

    Comme il est dit dans l'un des commentaires: "C'est le mâle occidental voulu par les mondialistes : incapable de défendre sa femelle et son territoire."

    Je connais quelques bloggueurs et commentateurs qui promeuvent ces idées à qui ça irait très bien.

    Et ce autre tweet sera peut-être utile pour un de vos futurs billets sur les nouvelles dérives concernant notre langue:

    https://twitter.com/lolaweb71/status/1355098465970384897

  • Et finalement, cher Homme Libre, ce dernier tweet hors sujet pour vous tenir au courant des dernières nouvelles de la dystopie dans laquelle nous vivons:

    https://twitter.com/lolaweb71/status/1355228868647546881

  • Eastwood:

    hummm... la mariée serait-elle trop belle?
    :-D

  • @ Lola: en effet il y a des idées! Je pense m'en servir. Merci pour ces liens.

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