Pas né dans le bon corps

Sous ce titre, France 2 diffusait il y a quelques jours une émission sur les personnes transsexuelles. Le concept fait poser des questions essentielles sur la nature humaine et la constitution de l’identité sexuelle.

 

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Le premier point est la séparation du corps et du psychisme. Un homme (génétiquement et biologiquement) pourrait se sentir femme?

Dit autrement, le corps et l’esprit seraient deux entités distinctes: l’une physique, dont on sait où et comment elle se constitue; l’autre psychique, regroupe les sentiments, les émotions, les représentations de soi, l’image sociale, etc. On ne sait ni où ni comment elle est fabriquée, et encore moins comment s’opère la jonction ou le collage entre ces deux entités.

C’est une option philosophique, même mystique. La réincarnation table également sur une distinction entre le corps et l’âme, celle-ci migrant d’incarnation en incarnation. Les religions chrétiennes pratiquent également cette séparation. qui considère qu’une âme éternelle est insufflée dans un corps à usage temporaire.

Refuser son propre corps comme étranger est une bien étrange étrangeté. Qu’en pensent les psychiatres?

Et est-ce vrai et vérifiable? Je n’ai lu ni entendu chez les trans aucune théorie sur cette séparation, ni aucune hypothèse qui explique pourquoi certaines personnes sont en quelque sorte des « erreurs » de collage.

Et si l’on pousse l’idée plus loin, le fait qu’une majorité de personnes identifient leur corps et leur genre serait dû à une répétition mécanique et au hasard des statistiques, ou à une sorte de conformisme global, pas à une disposition naturelle normative.

 


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D’où viendrait cette identité de genre « pas dans le bon corps »? Où et comment s’est produite l’erreur?

Plus encore: comment un enfant de 6 à 8 ans pourrait réaliser ce qu’est une identité de genre? Comment un garçon de 9 ans peut-il savoir ce qu’est une fille?

À moins de croire en une sorte d’illumination, ou de transmission secrète par peut-être des esprits invisibles, l’observation du comportement des filles doit en être la clé. Mais vouloir être fille quand on est garçon, c’est forcément – à mon avis – plonger dans un stéréotype.

Refuser son propre corps comme étranger est une bien étrange étrangeté. Qu’en pensent les psychiatres?

Par ailleurs, je trouve déraisonnable que des parents encouragent une transition de genre préparatoire chez des enfants non pubères. Et pour les enfants qui se sentiraient offensés de n’être pas reconnus? Eh bien comme tous les enfants pour plein de raisons, ils attendront l’âge de décider par eux-mêmes.

Non seulement je ne partage pas la croyance qui dit que l’on pourrait décider de son sexe ou de son genre, mais je pense même que c’est une théorie pas très loin d’une forme de délire. On peut bien sûr se sentir des qualités attribuées généralement à l’autre sexe que le sien propre, mais cela ne change pas notre identité.

S’il est vrai, comme le prétendent la plupart des féministes, que le genre est une construction sociale découplée de la biologie, alors se sentir n’a même plus aucun sens.

 


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On ne peut pas se sentir femme ou homme, car le ressenti est l’interface entre le corps physique et la culture. Dire que l’on se sent suggère une essentialisation des sexes et genres. Pour ma part j’en reste au plus évident et au mieux adapté à la reproduction: c’est la nature qui nous choisit femme ou homme.

Car si le genre sexué n’est qu’une construction sociale, il n’est plus un ressenti naturel. Le ressenti est l’émergence de quelque chose qui appartient encore au corps physique, comme une émotion, tout en balbutiant les premiers mots qui donnent sens. Du point de vue de la théorie de la construction sociale, on peut dire qu’être femme ou homme est un choix et non pas un ressenti.

Mais, si c’est un ressenti, c’est-à-dire si nous sommes une entité unique corps-esprit, alors nous ne pouvons pas être autre chose que ce que nous sommes, même si parfois nous ne nous acceptons pas.

Pas dans le bon corps? C'’est l’extrême victimisation! Je n’explique pour autant pas les erreurs d’aiguillage de la nature, ces personnes qui ne collent pas au standard. Mais ils ne remettent pas en cause les identités binaires globales. Les comportements féminins et masculins sont moins tranchés qu’il n’y paraît, avec une large interpénétration des deux modes.

Néanmoins la binarité reste d’autant plus nécessaire intellectuellement qu’en face on nous propose une humanité fluide, inconsistante, terrorisée par le conflit, et une théorie proche du prosélytisme.

 

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L’hétérosexualité est une norme, à cause de sa fonction irremplaçable dans la reproduction, donc dans la survie de l’espèce. Mais il n’est pour autant pas interdit de se vivre autrement.

Par contre, faire des enfants trans des icônes de la modernité progressiste et imposer une dictature d’une minorité qui a obtenu une audience démesurée par rapport à sa représentation sociale, ce sera sans moi.

Ce n’est pas un progrès: c’est une surenchère de provocations de la part des déconstructeurs. Mais les personnes trans font un choix, et aujourd’hui on l’accepte. Je l’accepte également.

Cependant si la liberté de choix de vie est la règle pour chaque personne, elle n’empêche pas de garder son sens critique devant ce que les progressistes nomment la révolution transgenre, et qui pour moi est plutôt un concept douteux, une arme de guerre culturelle et une dérive par laquelle les marges prennent le pouvoir sur le corps central.

 

 

 

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Catégories : Philosophie, société 15 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • le corps physique masculin est fait pour pénétrer, en revanche l'émotionnel féminin est au combien plus pénétrant. Cela trouble les esprits :-))))

  • J'avoue mon incapacité à comprendre et à distinguer toutes les nuances de ce phénomène. La problématique de la séparation du corps et de l'âme est un enjeu énorme et ne peut pas être totalement passé sous silence.

    Il existe des personnes qui ont un génome pas explicite et /ou des organes pas explicites. Il me semble que ces cas sont à considérer comme une réalité. Là, il y a de vrais problèmes de choix.
    Les personnes à l'identité floue existent, même dans des sociétés non-occidentales.(Les waria en Indonésie, les katoï en Thaïlande, les hijra au Pakistan et au Bengladesh). Il ne s'agit donc pas uniquement d'une nouvelle tendance à la mode.

    Ensuite, il existe des personnes qui disent se sentir être de l'autre sexe. C'est de celles-là que l'on parle ici.

    J'ai lu dans un long article en finnois que la majorité des personnes venant consulter au sujet de leur "sentiment" sont des femmes qui se sentent hommes ou qui voudraient devenir des hommes.
    Selon le psychiatre interviewé, responsable d'une policlinique
    spécialisée, cette tendance de refus de la féminité serait observée partout dans le monde. Ce serait une évolution plutôt récente.
    Ces affirmations m'ont étonnée parce que les hommes devenus femmes sont bien visibles.
    Malheureusement, il n'y a pas de lien vers des statistiques. J'ai cherché sur le net, mais n'en ai pas encore trouvé.

    La policlinique reçoit surtout des adolescentes-jeunes femmes de moins de 24 ans
    L'article est extrêmement nuancé et décrit une réalité très complexe. Le travail du psychiatre consiste, entre autres, à déceler si le défaut d' identification est lié à un mal-être lié aux transformations de la puberté ( beaucoup de ces jeunes femmes ont de la peine avec le regard intrusif sur leurs seins !) et il doit à ce moment-là orienter les personnes vers d'autres thérapies.
    J'ai cru comprendre que tout ça n'est pas de la rigolade, mais que ces personnes ont de vraies difficultés.

    Cet article provenant d'un site en anglais ( britannique ?) m'a semblé très clair et assez complet.

    https://www.yourhealthremedy.com/health-tips/gender-identity-facts/

  • Votre billet est contestable à chaque ligne, tant il relève de vos croyances ou opinions plutôt que d'une réalité scientifique...

    Au hasard, cette affirmation:

    "On ne peut pas se sentir femme ou homme, car le ressenti est l’interface entre le corps physique et la culture"

    On pourrait vous opposer que, notamment et en complément de votre affirmation, le ressenti est aussi l'interface entre le corps physique et le MOI profond. Du coup, la question de l'identité sexuelle (complémentaire du genre biologique) prend une dimension autre...

    Et puis, les discussions sur le transexualisme me font penser à celles portant sur le mariage pour tous... Qu'en avons-nous à faire si les couples de même sexe veulent se marier? Dès le moment où il(elle)s s'aiment... Et à tout prendre, je préfère un couple de même sexe qui s'aime à un couple hétéro qui se déteste tout en restant ensemble.

    Par extension, qu'en avons-nous à faire si des personnes "se sentent" du sexe opposé au leur et veulent en changer? Et là également, je préfère voir un(e) transexuel(le) bien dans sa peau. Cela relève de la liberté individuelle, me semble-t-il...

    Salutations.

  • Merci pour ce résumé Calendula. Plus de femmes voulant devenir hommes, surprenant, mais peut-être est-ce un effet de la tendance à créer par exemple des héroïnes aussi fortes et dangereuses que les héros masculins. Le masculin tel qu'on se le représente habituellement: force, autorité, domination, vulgarité, etc, est devenu la règle pour nombre de personnages féminins, dans des films et des séries.

    Que des personnes puissent avoir un vrai problème, oui, mais cela ne répond pas aux questions sur l'essentialité d'une identité de genre (donc sexuelle), sur sa constitution, sur les erreurs d'aiguillage (à part les cas que vous citez en début de commentaire).

    D'où vient un ressenti qui ne serait pas associé au corps physique? Et suffit-il donc vraiment de changer d'apparence aux yeux du monde pour changer d'identité, ou pour endosser enfin ce que l'on se "sent" être?

    Comme vous dites c'est compliqué, d'autant plus à cause de l'extrême politisation du sujet actuellement.

  • @ Nicolas,

    Au moins ne contesterez-vous pas ma conclusion, qui rejoint la vôtre: c'est de l'ordre de la liberté individuelle.

    Mais alors pourquoi s'y intéresser? Parce que cela interpelle, à l'évidence, et que je ne me satisfais pas (à raison ou à tort) de côtoyer les autres humains comme des fantômes que j'ignore en raison d'un supposé respect de la liberté individuelle. Cette liberté n'éteint pas les grands débats ni les interactions. Je suis intéressé au monde et aux gens, c'est tout simple.

    Comme vous je pose mon opinion. J'aimerais donc que l'on me propose une certitude scientifique sur la séparation de l'âme et du corps, ou sur le découplage de la culture et du genre biologique (qui est la source et non le complément du genre socialisé).

    Le point du MOI profond que vous évoquez devrait être précisé. En l'état c'est un concept flou.

    Quand vous écrivez:

    "Et à tout prendre, je préfère un couple de même sexe qui s'aime à un couple hétéro qui se déteste tout en restant ensemble."

    le "à tout prendre" correspond en langue courante à: "au pire" ou: "faute de mieux". Drôle d'opinion sur les couples homos. On peut aussi le comprendre comme: "somme toute", soit "en tenant compte du bon et du mauvais". Quel mauvais?

    Les couples gays mariés apprécieront,...

    Et j'espère qu'ils préféreront mon franc parler car ils savent, pour ceux qui me lisent, que je suis accueillant d'eux.

  • Un autre problème est qu’on ne nous demande pas seulement d’accepter les transsexuels. Ce sujet est devenu à une allure folle une lutte politique particulièrement prisée dans les universités. Douglas Murray montre dans «La grande déraison» ce qu’il en coûte d’exprimer des opinions divergentes ou des doutes, comme vous le faites dans ce papier. Ce nouveau totalitarisme (comme le féminisme contemporain ou l'antiracisme) est devenu la nourriture favorite des radicaux de gauche. Et s’écarter de ce discours détruit en quelques jours une réputation, pousse des profs -souvent de gauche- à démissionner, oblige à des séances d’humiliation publique. Murray décrit ce pouvoir terrifiant qu’on a donné aux minorités par des exemples pêchés aux USA et en Grande-Bretagne. Je crains que notre tour arrive bientôt.

  • Bravo Mme Valette, comme si souvent vous avez mis le doigt là où ça fait mal!

    Ce cancer qui ronge nos sociétés, c'est ce qu'on apelle le postmodernisme. Tout a commencé en France avec des "philosophes" comme Derrida, puis c'est arrivé en Amérique sous le nom de "French Theory":

    https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory

    et voilà que ça revient chez nous en pire. Voyez par exemple ce billet qui présente bien les choses:

    https://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2020/01/22/l-offensive-postmoderniste-en-suisse-romande-303939.html

    Le plus comique dans tout ça c'est que ce mouvement de gauche radicale a été totalement récupéré par la haute finance, les milliardaires de tout poil et leurs grandes multinationales pour mieux détruire les états nations, les frontières, la cellule familliale traditionnelle, les traditions etc. Bref tout ce qui fait l'identité d'un peuple afin de faire de nous des consommateurs interchangeables, manipulables, sans identité propre.

    Un des meilleurs exemples est le milliardaire George Soros et son Open Society Foundation qui finance BLM, les antifas, Greta Thunberg (par l'intermédiatre de l'ONG ONE) et les excités du climat, les Femen, l'immigration de masse et bien sûr le CCIF:

    "En 2012, le CCIF a reçu également 35.000 euros de la part de l'Open Society, la fondation du milliardaire Georges Soros, pour mettre en œuvre une campagne controversée, qui avait finalement été retirée par la RATP."

    vous trouverez ça ici:

    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/08/23/01016-20160823ARTFIG00137-la-montee-en-puissance-du-controverse-collectif-contre-l-islamophobie-ccif.php.

    De même, il n'y a qu'à voir nos publicités actuelles pour se faire une idée, par exemple:

    -les pubs récentes pour Le Lait Suisse, Amazon, ou Gilette où il n'y a QUE des noirs.

    https://www.youtube.com/watch?v=oRf0kECwZYU

    -les pubs où on nous montre toujours des couples mixtes (homme noir et femme blanche)

    https://www.polemia.com/la-publicite-de-la-telerealite-commando-de-choc-de-lidealogie-du-metissage/

    -les pubs avec des homosexuels ou trans comme Rivella où on voit des transexuels qui dansent

    -les pubs avec des femmes voilées comme dans le catalogue IKEA, chez L'Oréal, ou H&M:

    https://telquel.ma/2015/09/16/femme-voilee-nouvelle-pub-hm_1463088

    Tout cela est voulu et planifié dans les hautes sphères

    https://www.youtube.com/watch?v=1XIhTG6JyW0

    Le but est de détruire tout ce qui pourrait s'opposer (amour du pays, traditions, religion catholique etc.) au grand changement qui est en marche voulu par la super-classe mondiale hors-sol.

    Mais le dire est devenu "conspirationniste"! De nos jours la Vérité c'est le Mensonge!

    Le cancer est déjà bien avancé, on est quasiment en phase terminale grâce à tous nos idiots utiles principalement de gauche.

    Nous sommes mûrs pour le grand RESET si cher aux mondialistes et ça va nous faire très mal:

    https://www.letemps.ch/economie/klaus-schwab-fondateur-forum-davos-quattendre-great-reset

    Merci à vous et à Homme Libre pour faire encore briller le flambeau de la vérité et du bon sens!

  • Effectivement, c'est comme pour «amour, délice et orgue» qui changent de genre au pluriel: c'est une règle grammaticale, il faut l'accepter ou ne pas utiliser ces mots au pluriel. Voire changer de langue, si ça en devient intenable.

  • Ca ne va plaire a Chauvet et autres pisse-froid mais ce mec est excellent et decrit exactement les delires de certains..

    https://m.youtube.com/watch?v=43bUGwcsHd8

    D'ailleurs les memes doivent regarder assidument les series de TF1 avec leurs transgenre et antifas aux cheveux bleus.

  • @hommelibre,

    Vous évoquez l'image "des héroïnes aussi fortes et dangereuses que les héros masculins" comme motivation possible pour une identification avec le masculin.

    De mon côté, j'ai pensé aux changements provoqués par la consommation accrue de films pornographiques.
    Des jeunes qui sont exposés à des images très extrêmes depuis un jeune âge sont forcément influencés dans leur perception de l'autre. Cette distorsion ne concerne pas l'ensemble de la population, mais ce n'est pas non plus anecdotique.
    Je me souviens bien de mon adolescence et des garçons qui étaient "obsédés", comme on disait à l'époque. On en riait, mais en même temps, ça faisait bizarre parce qu'on se rendait bien compte qu'on était vues comme des objets sexuels potentielles. Celles qui avaient de vrais seins étaient au centre de l'attention assez envahissante des plus décomplexés. Je me souviens qu'on se disait qu'ils étaient "immatures". En tant que filles, on se sentait tellement plus mûres et moins possédées par cette obsession. Sans être totalement fleur bleue, ont rêvait d'autre chose .... Donc de garçons plus âgés et donc moins obsédés.

    Plus récemment, j'ai rencontré cette même problématique en tant qu'enseignante. Des filles pouvaient se faire harceler par des garçons qui soudainement brandissaient un natel avec un film porno devant leurs yeux. Ca suggère que la présence de stéréotypes est réelle et que c'est monté en puissance. Les filles jeunes doivent donc trouver des stratégies de plus en plus raffinées. Il y a mille solutions possibles, dont le fait de se conformer à une esthétique type Kardashian ( chercher à plaire, avec les codes hypersexués ) ou à l'autre extrême, se profiler en garçon soi-même, pour avoir la paix. Entre ces deux extrêmes, il y a bien sûr d'autres attitudes possibles, en fonction du contexte.
    (Je ne prétends pas que les filles soient uniquement dans la réaction à un contexte donné. Là aussi, il y a plein de cas de figure, dont des personnalités réellement fortes et qui n'ont besoin de personne pour choisir ce qu'elles font.)

    Bien sûr, on peut reprocher aux filles de ne pas être assez Lara Croft intérieurement, mais n'y a-t-il pas quelque paradoxe là-dedans ?!? Est-ce à elles de gérer le tout, de main de maître, comme si elles devaient réellement être en mesure de comprendre la situation du point de vue des autres et se placer au-dessus, en ayant de la patience ?

    A l'adolescence, on se cherche, par définition. Qu'on soit fille ou garçon. On sait qu'il y a une mue et qu'elle peut se passer plus ou moins douloureusement. Pour un ado, le groupe est très important, il apporte protection et solidarité.
    J'ai vu des garçons efféminés faire partie d'un groupe de filles énergiques et ça les a protégés, même si leur vie n'était pas simple. Ils n'étaient pas seuls et c'est essentiel.
    Je n'ai pas étudié le sujet de "ressenti de genre" de façon approfondie, mais ne serais pas surprise d'apprendre que la solitude, l'isolement ou le renfermement peuvent être un facteur aggravant.
    C'est pour ça que je ne suis pas encore certaine que de parler du phénomène soit 100 % négatif.

    Dans des sociétés traditionnelles, les personnes intersexe ou efféminées ( selon un terme désuet) ont souvent des rôles bien définis, par exemple rester à la maison pour s'occuper des parents vieillissants. Ainsi, la naissance d'un tel enfant est une sorte de bénédiction.
    Chez nous, tout est plus déstructuré, on est plus libres, et ça amène d'autres responsabilités et difficultés.
    Je suis soulagée de ne pas avoir eu à gérer ce problème, car il doit nous pousser dans des retranchements insoupçonnés et qu'on n'a pas forcément envie de visiter ...

  • Le femmes chinoises reconnaissent volontiers avoir été «libérées» par Mao Zedong. À vivre au milieu d'elles, il faut reconnaître qu'elles manifestent un sacré tempérament en public, n'hésitant pas à apostropher tel ou tel détenteur de l'autorité dont le comportement leur a déplu.

  • Calendula,

    J’aime votre description des filles et des garçons à l’adolescence. Pfff… trop vrai.

    Si la nature a assigné la maternité aux filles, qu’a-t-elle assigné aux garçons? Ce serait trop long et trop ambitieux d’y répondre ici, mais on constate une lancinante répétition des comportements à travers le temps et les sociétés: les hommes avancent, les femmes temporisent (ou freinent).

    Il n’y a pas d’égalité dans les comportement, au sens ou égalité inclut la notion de similarité et de droits identiques (bien que le comportement ne soit pas un droit, mais plutôt quelque chose que la société ou soi-même autorisons).

    L’égalité de comportement serait par exemple que les femmes fonctionnent à l’identique des hommes dans la sexualité: expression décomplexée du désir, « chasse » au toy boy, objétisation de l’autre (ou objectivation, devrait-on dire, c’est-à-dire qu’on donne à l’autre une réalité objective et non fantasmée), baise rapide avec pour seul objectif de satisfaire un désir immédiat, carrousel de partenaires multiples, consommation joyeuse, ouverte et goulue des mâles, infidélité notoire, etc.

    C’est une image dénigrante et générale assez facilement évoquée quand il s’agit de critiquer les hommes. Si ce n’est pas entièrement faux, tous les hommes ne sont pas ainsi et je ne peux affirmer qu’ils le seraient tous si c’était bien vu de l’être. Mais il me paraît patent qu’il y a peu de femmes adoptant ce comportement.

    La dissymétrie des sexes produit des stéréotypes par la répétition des mêmes comportements et mécanismes, et ces stéréotypes font partie de la dynamique de séduction donc de reproduction. L’homme provoque largement à la copulation, la femme sélectionne avec qui elle va copuler. De cela découlent des stratégies et des psychologies spécifiques, à mon avis.

    Le fait de, pour vous citer, « gérer le tout, de main de maître, comme si elles devaient réellement être en mesure de comprendre la situation du point de vue des autres et se placer au-dessus, en ayant de la patience » tient de leur propre préservation bien plus que d’une « assignation » par la société.

    Il n’y a ni mérite, ni exemplarité, ni valeur ajoutée, ni destin malheureux dû à ce comportement: c’est une stratégie de préservation. Je ne vois d’ailleurs pas en quoi il serait gênant de tout gérer, car celles qui le font acquièrent une puissance, une liberté et une attractivité supérieures à la moyenne.

    Je ne suis donc pas opposé à toute essentialisation, ni aux stéréotypes constructeurs et dynamisants. Je pourrais dès lors avoir envie d’être de l’autre sexe, soit de vivre ses sensations (p.e.: être pénétré plutôt que pénétrer), bénéficier de son statut selon le cas, ou d’opérer une transgression majeure dans sa vie. Pour moi c’est un choix, pas un processus un peu magique. Mais si j’aime le féminin et les femmes, je ne suis pas prêt à devenir gender fluide pour satisfaire aux modes du temps et des lobbies aujourd’hui à l’oeuvre. J’ai fait mes propres expériences, je n’ai pas eu besoin d’en faire une nouvelle religion, je suis donc circonspect quant à celle que l’on nous impose aujourd’hui, ou du moins à ce qui y ressemble.

    Donc le « pas dans le bon corps » est pour moi une notion absurde et tout sauf scientifique. Je ne dis pas non plus que le phénomène soit négatif, c’est de l’ordre des histoires individuelles, et vu l’ancienneté historique cela fait partie de la réalité d’une petite part de population. Mais « Pas dans le bon corps », c’est de la story telling pour Sophie Davant…

    À propos, Kardashian est pour moi plutôt repoussante… Elle n’a pas les bons codes à mon goût.

  • @ Mireille:

    Oui, il y a du monde derrière le "trans idéal". Ce dernier est une arme culturelle. Avec les trans ainsi exposés, c'est toute l'idéologie LGBTetc qu'il faudrait tolérer, alors que l'on y trouve du néo-racisme (le racialisme), de la haine de l'homme blanc, du rejet du mâle, etc.

    Quand un mâle applaudit à cela, il participe au suicide collectif masculin occidental.

  • @hommelibre,

    Ici, je n'ai pas considéré que l'égalité était au centre du débat, mais plutôt la capacité à supporter la sexualisation de la société, pour dire les choses un peu simplement.

    On partait de cette mise en avant d'une minorité ( transgenre) qui monopolise la scène médiatique et politique.
    J'avais lu ce long article qui prétendait qu'il y avait davantage de filles qui voulaient être des garçons, entre autres parce qu'elles ne supportaient pas la focalisation sur leurs seins, ce regard qui semblerait les réduire à "ça".
    Mon hypothèse pour expliquer une partie du malaise avec son corps est l'abus de pornographie, un phénomène assez récent. Il renforcerait une tendance qui effectivement est biologique et que vous décrivez.
    C'est un des dommages collatéraux d'internet.
    Autrefois, il fallait ruser pour mettre la main sur un magazine porno ou une cassette VHS . Pour un ado, c'était une conquête et les obstacles à surmonter signifiaient que ces contenus n'étaient pas prévus pour eux, il s'agissait de quelque chose d'interdit.
    A présent, c'est en self-service en deux-trois clics. Cette accessibilité véhicule un message du type : c'est au même niveau qu'une vidéo de musique ou de confection de cookies.
    Un garçon ou une fille de 10-11-12 ans ne peut pas bien gérer ces images et savoir que ce n'est pas vraiment comme ça que ça se passe. Déjà, les corps des acteurs sont souvent modifiés par des opérations et les complexes induits sont erronés.
    Sans parler des attentes face au sexe opposé !

    "Pas dans le bon corps" peut effectivement être plutôt un problème psychologique que biologique. Mais pas pour tous les cas
    L'erreur, à mon avis, serait de trop mettre en avant ( comme en couverture de magazine) des jeunes qui sont dans un processus compliqué. Le bonheur d'être célèbre pourrait éclipser tout le reste et empêcher, par exemple, d'évoluer dans ses perceptions.
    La surmédiatisation est un vrai poison. Ces émissions de témoignages poignants semblent énormément plaire et il ne manque pas de candidats pour venir exposer leur vie devant des millions de spectateurs.
    Ce qui m'intéresserait vraiment, c'est de savoir comment on peut retourner au supermarché, chez le coiffeur ou à la fête des promotions de son enfant après une telle apparition !
    Le confinement aide bien sûr à passer ce cap délicat ... ;-)))

  • Même si la carte n'est pas le territoire, nous ne remercierons jamais assez Masters & Johnson de l'avoir tracée. Le reste ne fut plus qu'une promenade de santé.

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