Pour une définition claire du racisme

Le racisme est donc de retour. Mais pas là où on l’attendait, soit d’une droite autoritaire et archaïque. On a oublié l’implication de formations de gauche dans l’esclavagisme. On a oublié, ou voulu oublier. Eh bien cela revient.

 

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Aujourd’hui on accuse de racisme pour n’importe quoi. Il me paraît utile de redéfinir ce que c’est.

Alors qu’est-ce? Selon le dictionnaire en ligne cnrtl.fr le racisme est un

« Ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies. − En partic. Doctrine politique fondée sur le droit pour une race (dite pure et supérieure) d’en dominer d'autres, et sur le devoir de soumettre les intérêts des individus à ceux de la race. »

On connaît bien la première partie de la définition: la prétendue supériorité d’une race sur une autre, et le droit auto-proclamé de la première de dominer la seconde.

On connaît moins la suite: le devoir de soumettre les intérêts des individus à ceux de la race. Ce qui laisse entendre d’une part que l’individu doit être conforme à un modèle donné, et d’autre part que les problématiques individuelles ne sont reconnues et acceptées et que si elles peuvent valider et optimiser les critères de race.

C’est ce que font les néo-racistes. Par exemple, affirmer rapidement que la mort de Georges Floyd est un crime raciste répond à cette définition. En faisant de cette affaire un crime racial, on sert Floyd, qui devient une victime innocente – alors que si c’est un règlement de compte ce n’est plus qu’un simple fait divers. On sert également la cause racialiste (néo-raciste) qui attribue tout préjudice subi par une personne de peau noire à un racisme systémique.

 

 

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Les liens personnels antérieurs, décrits comme tendus, entre Floyd et son meurtrier, ne sont jusqu’ici pas pris en compte. Peut-être sont-ils de nature à relativiser l’accusation de racisme, ce qui n’est pas dans la stratégie de guérilla culturelle anti-blanche. On ne fait donc rien d’autre que de soumettre les intérêts des individus à ceux de la race.

Or mettre la race au sommet de la hiérarchie des valeurs, c’est justement un des fondements du racisme. On est donc bien dans un renouveau du racisme. Il est voulu et alimenté par les mêmes qui s’en revendiquent victimes. Dans une telle situation paradoxale, la raison est inhibée au profit d’émotions et de réactions immédiates. Bonjour les dégâts, quand on pense que concept généralisant de racisme permet aussi de défouler des frustrations individuelles sans lien avec une théorie raciste.

Le cnrtl dit encore ceci du racisme:

« Attitude d’hostilité pouvant aller jusqu’à la violence, et de mépris envers des individus appartenant à une race, à une ethnie différente généralement ressentie comme inférieure. »

C’est la suite logique et la confirmation qu’il s’agit bien de racisme.

S’il croit en une théorie raciste, s’il ose se revendiquer supérieur par l’appartenance ethnique, l’auto-proclamé supérieur peut en venir à s’octroyer des droits moraux et physiques sur son « sujet ».

Le cnrtl ajoute deux définitions qui sont à mon avis discutables. Ainsi, par analogie, le racisme est une

« Attitude d’hostilité de principe et de rejet envers une catégorie de personnes. »

 

 

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Ou un

« Sentiment d’hostilité de principe envers quelque chose. »

Ces extensions par analogie ouvrent la porte à de possibles abus. D’ailleurs la dernière ne mentionne même plus des personnes mais des choses.

La plupart des accusations de racisme qu’on lit ou entend ressortissent de ces deux dernières définitions. Pour preuve parmi beaucoup d’autres, les exemples proposés par le cnrtl n’ont plus rien à voir avec une race ou une ethnie: Racisme xénophobe; racisme sexuel, racisme anti-policiers, racisme anti-jeunes.

On en vient à catégoriser comme du racisme l’appartenance à un groupe professionnel ou culturel. Or, si l’on ne peut reprocher à quelqu’un sa  race, qui est un état naturel non choisi et indépendant de toute valeur morale ou de qualification intellectuelle, pourquoi ne serait-il pas permis de critiquer un groupe pour une croyance collective choisie avec laquelle nous signifions notre désaccord?

Rappelons- nous. Le racisme c’est:

- généraliser une disposition négative à l’ensemble d’un groupe en raison de son origine raciale

- théoriser l’infériorité de l’autre par la seule appartenance à ce groupe

- mettre en place des pratiques clairement discriminatoires, voire criminelles, à cause de cette appartenance.

Dans cet esprit l’Attitude d’hostilité de principe et de rejet envers une catégorie de personnes n’est pas du racisme en soi, à mon avis. Bien que cette hostilité de principe ne soit pas sans dangers, je préfère examiner les choses cas par cas plutôt que d’y voir automatiquement une attitude raciste.

 

 

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Par exemple, si une femme généralise en disant que les hommes sont lâches, ce n’est pas du racisme. C’est une opinion personnelle, généralisante et sans nuances, qui exprime une partie de l’histoire de cette personne.

A-t-on le droit moral et pénal de ne pas aimer un groupe? Oui. Est-il immoral de demander à l’étranger quelles sont ses intentions, ou de privilégier le résident natif sur l’arrivant nouveau? Non.

Serait-il anormal de ne pas être ouvert à tout le monde, de trier, de sélectionner selon nos critères, de choisir nos préférences?

Non bien sûr, sans quoi il n’y a pas plus raciste et excluant que l’amour ou que la famille! Et pour qu’il y ait racisme il faut non seulement une généralisation des jugements négatifs mais aussi une infériorisation de l’autre et une volonté active de le discriminer.

On peut penser sans trop spéculer que la plupart des reproches de racisme dans la vie courante décrivent en réalité des rejets personnels et non des théories ou des programmes politiques racistes. Par contre les accusations globales contre l’homme blanc sont bien du racisme.

On a le droit de ne pas aimer l’autre, de prendre le temps de l’apprivoiser. La résistance au différent n’est pas simplement de la peur, c’est bien plus un mécanisme d’adaptation. Ce n’est pas forcément de l’hostilité, c’est une vigilance légitime.

Le passage à l’hostilité peut être compris comme une résistance exacerbée, à ne pas encourager, mais à ne pas mépriser non plus. Il y a toujours une raison, sur laquelle on peut travailler.

Comme dit le proverbe arabe: « Crois en Dieu (c’est-à-dire fais confiance) mais attache ton chameau (mais fais quand-même gaffe) »

 

 

 

Catégories : Philosophie, Politique 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • "Et pour qu’il y ait racisme il faut non seulement une généralisation des jugements négatifs mais aussi une infériorisation de l’autre et une volonté active de le discriminer."

    tout à fait d'accord, les aptitudes des hommes sont différentes suivant leur ethnie d'origine et alors, c'est comme ça, les hommes ne sont pas identiques.

    https://www.intelligence-humaine.com/differences-intellectuelles-entre-les-ethnies/

  • Je préfère un raciste qui fait des efforts pour pouvoir vivre avec des gens d'une autre race que la sienne, qu'un mondialiste qui s efforce de soumettre sa propre race pour pouvoir vivre avec des gens qui ne font aucun effort.

  • La race n'a pas d'importance, c'est l'attitude de la personne qui est en face de nous, qui doit dicter notre attitude! Un sourire, quelques mots dans un bus! L'origine c'est très secondaire! Je ne fais aucun effort quand j'ai en face de moi quelqu'un d'hostile et d'agressif! Alors le mot "racisme" peut avoir toutes les couleurs de peaux!

  • Après avoir visité une bonne partie de cette planète et vécu plusieurs années dans des endroits insolites, on se rend compte que les humains sont les mêmes partout. Ce qui est objectivement différent, c'est l'organisation de la société, le développement technique et la nourriture: toutes choses liées au climat et aux échanges commerciaux. Le reste n'est que littérature et ne devrait pas poser autant de problèmes.

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