Maïwenn se fâche

Vendredi je zappe sur Koh-Lanta en fin d’émission. Une participante, Alexandra, contente de son résultat individuel dans une épreuve de confort, livre ses sentiments à la caméra. On comprend que cela lui donne confiance en elle.

 

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Entre parenthèses, je trouve que beaucoup de femmes, plus que dhommes, avouent prendre enfin confiance en soi dans cette émission. Les hommes en parlent moins. À croire que: 1) les hommes auraient une confiance en eux inébranlable; 2) les femmes en manqueraient cruellement.

On devine pourquoi la candidate prend confiance dans ses propos suivants. Ici, à 1:21:39:

« C’est important pour moi car c’est vrai que dans la société c’est tellement… heu… je trouve qu’il y a beaucoup de choses qui sont très dures pour les femmes. »

Ah. Koh-Lanta se met au féminisme et aux lamentations de genre. Dommage. Je croyais cette émission faite pour les talents individuels, ceux qui ne pleurnichent pas mais qui se dépassent, non pas pour les victimes catégorielles. J’ai dû me tromper.

« Très dur pour les femmes. »

Ouais, ouais, c’est vrai. Et les hommes? Tout est facile pour eux, pensent-elles. Eux n’ont pas de problème de confiance en eux. Ils sont déjà trop forts. Besoin de rien, les mecs.

Quoi? Pas d’accord? Vous avez raison, ils ont aussi besoin de ça. Mais ils en parlent peu. Ils sont moins narcissique, plus pudiques, parfois, les mecs.

Alors voilà, j’aurais préféré qu’elle parle simplement à la première personne: « C’est très dur pour moi ». Car elle n’est pas Les Femmes. Celles qui sont là font même partie de catégories plutôt privilégiées. Marrant d’entendre ensuite jouer à Cosette.

Mais la formulation C’est très dur pour moi est plus exigeante. Elle pointe sur mes propres faiblesses, sur moi en tant qu’actrice de ma vie. Alors que C’est très dur pour les femmes fait de moi une victime, forcément irresponsable, donc échappant à la critique et au jugement négatif.

 

 

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La victimisation est devenue un réflexe chez de nombreuses femmes, une connotation implicite et automatisée. Les médias en rajoutent. La réalité, infiniment plus complexe et nuancée, ne compte plus. Seuls comptent le message idéologique que l’on veut faire passer et les diverses formes d’attention que l’on en retire.

Mais il en reste qui ont plus de sens de leur liberté et de leur responsabilité. Elles le disent. Aujourd’hui c’est l’actrice et réalisatrice française Maïwenn Le Besco (image 2; image 3 crédit Georges Biard on Wiki). Ses récents propos sur les féministes dans Paris-Match sont courageux dans la béatitude conformiste ambiante.

Ils sont ici repris par 20 minutes:

« C’est fou ce qu’elles peuvent dire comme conneries ces derniers temps! Ce sont des femmes qui n’aiment pas les hommes, c’est clair, et qui sont à l’origine de dommages collatéraux très graves. Moi, je suis pour dire aux hommes à quel point on les aime. Il faut arrêter de dire que ce sont tous des pervers. »

Et ce n’est pas tout. Être sifflée dans la rue ne la dérange pas. C’est pour elle un compliment. Elle n’accable pas Polanski et tacle Adèle Haenel pour sa sortie théâtrale lors de la cérémonie des César.

« Si elle condamne les abus et les agressions sexuels, Maïwenn laisse tout de même entendre que les victimes ont une part de responsabilité: «Si j’accepte de me rendre dans la chambre d’un homme à 1 heure du matin, je me doute bien que ce n’est pas pour parler d’un rôle. »

 

 

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Hou là là! Que n’a-t-elle dit! Les réactions de petites juges des rézos et de coupeuses virtuelles de têtes n’ont pas tardé:

« Maïwenn en roue libre totale. Son interview entière est à gerber», «C’est fou ce que Maïwenn peut dire comme conneries, crétine va» ou encore «Au mieux, quand on cautionne le film d’un pédocriminel, la décence voudrait qu’on se taise hein, pas qu’on insulte une femme qui a eu la réaction intelligente de quitter la salle. »

Dans la grosse machine totalitaire du féminisme certains mots sont exclus: débat, critique, respect, altérité, diversité, et j’en passe.

De plus Maïwenn sait marquer sa différence. En 2018 déjà elle déclarait à L’Express:

« Je réclame de panser mes plaies comme je le veux, je réclame le droit de coucher avec qui je veux, pour le temps d’une nuit sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs. Je réclame le droit d’avoir du pouvoir dans mon travail sans faire peur aux hommes. Je réclame le droit d’être draguée avec maladresse, insistance et d’appeler ça 'importuner' si je le veux, je réclame le droit de ne pas être jugée si j’emploie des mots qui n’ont pas la même résonance que pour vous. »

Lire Maïwenn est rafraîchissant. Elle ne cherche pas les avantages liés à la victimisation. Elle ne doit son succès qu’à ses qualités propres. Fâchée, elle est encore plus belle et captivante. Et en plus d’être une très jolie femme, elle a la tête bien faite et un caractère indépendant. Je kiffe.

 

 

 

Catégories : Divers, Féminisme 5 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Moi aussi :-)

  • Pareil.
    Une sorte de Gulfstream de courage (il en faut), de fraîcheur et d'authenticité dans ce monde de larves.
    Je soutiens à fond!
    PDO

  • Vidéo qui vaut le détour

    Une fois de plus, Biden est pris en flagrant délit de mensonge.

    Dans cette très courte vidéo d’un passage du dernier débat, on entend Biden dire a Trump “Je n’ai jamais dit que je m’opposais à la fracturation hydraulique (= fracking).” Trump rétorque que Biden l’a dit quand il se faisait filmer et pour le défier Biden répond “Montre la vidéo! Mets-la sur ton site web!” et Trump répond qu’il le fera et il l’a fait avec la mention “Conformément à ta demande, Joe” et c’est très drôle:

    https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1319491234042269696

    Mais Biden et tous les médias osent traiter Trump de menteur:

  • La victimisation est le fonds de commerce du néo-féminisme. Que des hommes soient à la remorque de ce féminisme est désolant. Que des femmes se rebellent contre cette idéologie est courageux. Elles ont compris que c'est une atteinte à la dignité de la femme que de l'enfermer dans ce statut victimaire.

  • Koh lanta, ça a recommencé vendredi, les femmes aussi fortes que les hommes dans les épreuves, les mensonges habituels. euh après la réunification il n'y a plus d'épreuve physique, le parcours du combattant se fait en deux groupes, et le vainqueur est départagé par une épreuve d’équilibre., le parcours avec les sacs, il est évident que le garçon avec 21 kgrs va perdre devant la fille qui n'en a que trois !!!

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