Premier repenti climatique, Michael Shellenberger demande pardon

Il a tout pour plaire: beau gosse, jeune, charismatique et brillant. Un mélange porteur. J’imagine les filles faisant la queue devant la porte de sa chambre à l’université. Mais son coming out post-alarmiste pourrait faire rétrécir son carnet de rendez-vous.

 

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Il est passé de l’activisme climatique alarmiste à la critique de cet alarmisme. De Hero of Environment, selon le Time Magazine, à possible proscrit par le système orwelien qui se met en place en occident.

Son CV glané sur internet parle pour lui:

« Lauréat 2008 du Green Book Award du Stevens Institute of Technology’s Center for Science Writings ; expert reviewer invité du prochain Assessment Report du GIEC. Il a écrit sur l’énergie etl’environnement pour le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal, Nature Energy, ainsi que d’autres publications depuis deux décennies. Il est fondateur et président d’Environmental Progress, un organisme de recherche indépendant et non-partisan basé à Berkeley, en Californie. »

Il a certes un gros défaut pour les écolo radicaux: c’est un écomoderniste. J’en parlerai dans un prochain billet En (très) gros cela veut dire qu’il est favorable à l’énergie nucléaire. Un écolo pro-nucléaire c’est comme un juif qui prierait allah. C’est impensable.

Il risque gros avec son livre. Les écolos sont en majorité figés sur leurs dogmes comme l’était l’église catholique au temps de Galilée.

Il affronte maintenant les plus déjantés des activistes, qui sont entre autres du côté des responsables d’Extinction Rebellion quiand ils déclarent: « Des milliards de personnes vont mourir. »

 

 

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Ils ne sont pas seuls. Dorota Retelska est une autre prêtresse de la grande peur du XXIe siècle. Elle prêche sur Le Temps. Elle relaie sans aucun recul critique ce même genre de débilités:

« Plusieurs scientifiques estiment que si nous laissons le réchauffement continuer jusqu’à 4°C, moins d’un milliard de personnes survivraient et donc six milliards disparaîtraient. D’autres parlent de 10% de survivants, d’autres d’un demi-milliard. »

Bon, on n’est plus à un milliard près. Le clergé de la communication alarmiste a jeté toute rigueur intellectuelle par la fenêtre au profit d’une exaltation que je soupçonne jubilatoire.

En politique aussi les sauveurs se pressent au tourniquet. Par exemple Genève vient d’élire au gouvernement de la ville le représentant des Verts Alfonso Gomez. Sa déclaration d’intention contient des aspect forts positifs, mais aussi la répétition du dogme apocalyptique:

« Si nous voulons lutter contre l’élévation du niveau des mers, les températures extrêmes ainsi que les menaces pesant sur l’ensemble des écosystèmes et des populations, nous devons nous mobiliser dès aujourd’hui. Et commencer par montrer l’exemple, ici et maintannt. La transition écologique n’est plus une alternative : elle constitue le seul projet nous permettant de continuer à « faire société » et de ne pas sombrer dans le chaos. »

 

 

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Je ne parle même pas de Greta Thunberg, déclarant devant le parlement anglais:

« Vers 2030, nous serons en mesure de déclencher une réaction en chaîne irréversible hors du contrôle humain qui conduira à la fin de notre civilisation telle que nous la connaissons»

Foutaises, mais elle a la cote et passe dans les médias! Il faut dire qu’elle a la gueule de l’emploi. Elle aurait pu tourner dans le clip de Thriller ou dans les Gremlins.

Tous ces gens croient dur comme fer à leur théorie. On ne les changera pas. Il faut donc s’adresser aux autres, ceux qui suivent le mouvement parce que la pression médiatique est irrésistible, mais qui au fond d’eux continuent à se poser des questions et qui, intuitivement ou rationnellement, ne croient pas à l’apocalypse climatique.

C’est ce que fait Michael Shellenberger avec son livre Never Apocalypse: Why Environmental Alarmism Hurts Us All paru le 30 juin en anglais. Je ne l’ai pas lu mais j’ai trouvé un article où il explique les raisons de son coming out climatique. (Original en anglais ici).

Ce témoignage est particulièrement important. Il décrit pourquoi un homme intelligent s’est plié aux injonctions.

 

 

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L’extrait qui suit est un peu long mais il est indispensable pour comprendre ce qui se joue dans l’alarmisme climatique et comment la peur s’y fabrique:

« Je suis devenu un écologiste à 16 ans quand j’ai lancé une collecte de fonds pour Rainforest Action Network. À 27 ans, j’ai aidé à sauver les derniers séquoias antiques non protégés en Californie. Dans ma trentaine, je me suis fait l’avocat des énergies renouvelables et contribué avec succès à persuader l’administration Obama d’investir 90 milliards de dollars dans celles-ci. Au cours des dernières années, j’ai aidé à éviter le remplacement de centrales nucléaires par des centrales thermiques, évitant ainsi une forte augmentation des émissions. 

Jusqu’à l’année dernière, j’ai évité de m’exprimer contre la peur climatique. C’est en partie parce que j’étais embarrassé. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre écologiste. Pendant des années, j’ai parlé du changement climatique comme d’une menace « existentielle » pour la civilisation humaine, et je le qualifiant de « crise ».

Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que je craignais de perdre des amis et des crédits. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je n’ai rien fait alors que mes collègues écologistes terrifiaient le public.

 

 

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Je n’ai même pas réagi lorsque des gens à la maison blanche et beaucoup d’autres dans les médias ont essayé de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, un homme bien, et ami à moi, Roger Pielke, Jr., démocrate progressiste de longue date et un écologiste qui militait pour la réglementation du carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvaient que les catastrophes naturelles ne s’aggravaient pas. »

Mais en 2019 l’hystérie climatique a atteint un sommet. Michael Shellenberger ne pouvait plus se taire:

« Alexandrie Ocasio-Cortez (proche des facho-progressistes états-uniens, ndla) a déclaré : « Ce sera la fin du monde dans douze ans si  nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a affirmé que « le changement climatique tue les enfants ».

Le journaliste vert le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains ont jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ».

Les journalistes « mainstream » ont rapporté, à plusieurs reprises, que l’Amazonie était le « poumon du monde », et que la déforestation avait les mêmes effets que l’explosion d’une bombe nucléaire.

 

 

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En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’ils pensaient que le changement climatique ferait disparaître l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq disait aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars à cause du changement climatique.

Que vous ayez ou non des enfants, vous devez voir à quel point cette situation est mauvaise. J’avoue que je devrais être sensibilisé à cette question étant le père d’une fille adolescente. Après que nous en ayons parlé de façon scientifique, elle s’est sentie rassurée. Mais ses amis sont profondément désinformés et donc, naturellement, effrayés.

J’ai donc décidé que je devais m’exprimer. Je savais que l’écriture de quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait un livre pour exposer toutes les preuves.

Et ainsi, mes excuses formelles pour avoir répandu la crainte ont pris la forme d’un nouveau livre, « l’apocalypse jamais : pourquoi l’alarmisme environnemental nous fait du mal à tous ».

Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes de fin, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables. »

 

 

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Le co-fondateur de Greenpeace, Patrick Moore, avait lui aussi dénoncé l’alarmisme et « l’apocalyptisme ».

Shellenberger désigne quelques vrais chantiers environnementaux. Le réchauffisme apocalyptique n’en est pas un. Le magazine Forbes avait décidé initialement de publier son article, avant de le censurer purement et simplement. C’est ce qui arrive aux dissidents. Voyez-vous encore un sceptique passer à la télévision?

Non. C’est délibéré. Les mêmes gueules nous racontent les mêmes conneries avec les mêmes grimaces, et tout est dit. La télé est aux ordres de la multinationale GIEC. Ne l’écoutez plus. Ses journalistes (en fait, des simples lecteurs de prompteurs, ou pire: des zombies intellectuels) ne réfléchissent plus et crèvent de trouille de perdre leur poste ou de déplaire s’il font un pas de côté. Leurs esprits sont ramollis. La pieuvre progressiste tient le monde. Elle met en place le fascisme 2.0.

Combien d’entre eux auraient soutenu Hitler en 1939?

Je n’ai même pas le sentiment d’exagérer en posant cette question. D’ailleurs en France, les écolos, excités par leurs succès aux municipales, préparent la suite:

« Delphine Batho et François Ruffin veulent instaurer un quota de kilomètres en avion par personne et par an. »

D’autres parlent déjà de gouvernance mondiale unique, préparant la route à la dictature à venir. Fin programmée de la parenthèse de liberté du XXe siècle. D’abord interdire, bientôt punir. Ça commence par l’avion, le reste suivra au nom du salut de l’humanité.

C’est ça, le monde écolo de demain. Vous avez le choix entre 2° de plus en été mais libres, ou peut-être (mais c’est pas sûr) 2° de moins avec des barbouzes Verts kaki dans votre dos.

Alors merci à Michael Shellenberger pour avoir pris le risque de l’exclusion morale et médiatique dont les progressistes l’accableront certainement. Je signalerai à nouveau son livre quand il paraîtra en français. S’il n’est pas brûlé avant, car cette période a des relents de Farenheit 451.

 

 

 

À noter qu’il existe des Nuclear Pride:

https://www.voix-du-nucleaire.org/nuclear-pride-a-bruxelles/

 

Montée des océans, blablabla:

https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2020/01/23/ocean-atlantique-plus-30-cm-en-trois-siecles-304016.html

https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2020/01/25/mais-de-combien-se-sont-eleves-les-autres-oceans-304064.html

 

À propos de Jakarta et d’autres métropoles qui s’enfoncent:

https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2019/10/04/de-lorenzo-a-bangkok-histoires-d-eau-2-fin-301280.html

 

 

 

Catégories : Environnement-Climat 12 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Cher Monsieur,

    Selon les plus récentes prévisions établies par les expertes et ex-pères de mon Agence pour la Prospective Européenne Unifiée auprès de la Présidence Républicaine d'Estimation Statistique (l'APEUPRÈS), une part majoritaire des créatures humaines présentes en cette année 2020 sur notre planète n'y seront plus comptabilisées de leur vivant en 2098. Ceci étant établi scientifiquement, nous sommes en mesure d'affirmer avec un pourcentage infinitésimal d'erreurs improbables que nous mangeons notre pain blanc, certes peu digeste mais encore comestible, et que d'ici bien moins que pas plus tard nos sociétés épuisées par l'instabilité psychique chronique d'une part croissante des élites politiques, économiques et religieuses mèneront l'ensemble de la structure écologique planétaire à la faillite. Sans filet de sauvetage et sans garanties de remboursement à très courts ou éternellement longs délais de payement. Bref, soit Jésus revient, soit Lucifer, mais dans les deux cas l'urgence est manifeste et le salut armé.

    Merci pour votre attention.

  • Il a raison de relever la contradiction entre la lutte contre le réchauffement climatique et l'abandon du nucléaire. Depuis que l'Allemagne a renoncé aux centrales nucléaires, elle pollue plus et l'électricité y est deux fois plus chère qu'en France, par exemple. Et le problème des déchets n'est pas insoluble. Ils sont enterrés, donc inoffensifs et récupérables. Dans quelques décennies, on pourra les envoyer en toute sécurité dans l'espace, vers le soleil où ils seront absorbés par cette gigantesque centrale nucléaire.

  • Merci, Hommelibre, pour cette information des plus importantes. Enfin! Il était temps! Bien à vous!

  • Excellent article et comte-rendu, excellente intervention de Henri sur la crise phobique du nucléaire.

  • La meilleure preuve du fait que l'écologisme et le réchauffisme sont devenus des idéologies est à trouver dans la "convergence des luttes" entre réchauffistes, anticapitalistes, antiracistes, féministes décoloniales, LGBT et autres groupuscules, certes peu représentatifs de l'humanité moyenne mais bénéficiant pourtant d'une caisse de résonnance sans pareille au niveau des Facultés de "sciences" sociales aussi bien que dans les médias. Tout ceci constituant un rassemblement de revendications parfaitement hétéroclites, mais qui finalement trouvent un dénominateur commun dans la volonté d'abattre, à travers le capitalisme (comme si les systèmes économiques concurrents présentaient un meilleur bilan du point de vue de ces revendications) la prétendue hégémonie de l'ennemi public universel, à savoir l'homme blanc cisgenre.

  • Voir l'article du temps de ce jour qui porte sur le directeur du Théâtre de l'Orangerie, qui affirme : «Tous nos spectacles s’attaquent à l’arrogance du mâle blanc»

    Ce qui est incompréhensible est qu'une personne et une institution qui clament promouvoir des activités par définition racistes et sexistes reçoivent des subsides publics, à savoir de la Ville de Genève. Ou alors, tout à fait compréhensible au regard de la composition du Conseil administratif....

  • Lire à ce sujet l'entretien avec Françoise Vergès «Il ne peut y avoir de justice environnementale sans justice raciale et féministe» parue dans Le Temps hier. C'est édifiant. C'en est même terrifiant. Imaginez que les gens qui pensent ainsi se retrouvent un jour au pouvoir, et ce sera la fin de la civilisation.

  • Je viens de lire l'interview de F. Vergès.

    En effet, on est dans la pure idéologie déconnectée. Mais grave. Elle reproduit exactement ce qu'elle dénonce.

    https://www.letemps.ch/societe/francoise-verges-ne-y-justice-environnementale-justice-raciale-feministe

  • N'oublions pas Bjørn Lomborg, dit «l'Apostat», et son «Écologiste sceptique» publié en français en 2004.

  • Il y a longtemps que l'usage du terme "hystérie" est interdit.

  • Mère-Grand, à voir les manif féministes contre Darmanin à Paris, l'hystérie a encore quelques beaux restes....
    :-)


    @ Rabbit: Lomborg mériterait aussi un billet.

  • Les manifestations féministes ne sont que la version moderne des réunions Tupperware: le prétexte est de se réunir entre copines, de s'éclater à propos de conneries sans importance et essayer de vendre ses salades, Qui plus est, on pense que le produit va révolutionner le monde.
    C'est juste plus haineux et plus bruyant;, mais vu la qualité des participantes, qui s'en étonnera?

    PDO

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