Haut les masques ! Bas les slips !

Plus besoin de mettre un slip sur sa tête: ils arrivent. Ils sont annoncés pour cette semaine. Les masques de protection sont même déjà disponibles dans certaines officines médicales. Pourquoi maintenant seulement? Et pourquoi ne sont-ils pas disponibles à bas prix dans tous les commerces de détail?

 

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En Chine, en un mois, plus de 8’000 sociétés se sont crées pour fabriquer des masques. C’est le nouvel or blanc. En France une société peut se lancer et vendre ses masques en quatre semaines. Pourquoi en avons-nous si peu?

On a vu les asiatiques avec des masques dès janvier. Aurions-nous, en occident, un tel culte du visage que nous n’ayons envisagé de le cacher que fort tard?

Le masque est utile. S’il ne protège pas à 100% il évite de contaminer les autres quand nous sommes nous-mêmes infectés. Il manque à cause des contorsions, des passe-droits et des détournements de marchandise comme cela s’est vu. Et je ne parle pas du marché noir ou de l’envol des prix.

Tiens d’ailleurs, le premier prix que je trouve est à 80 centimes la pièce. Soit 40.- CHF pour 50 masques. Je trouve cela très cher au vu de la simplicité de l’objet et de sa très large diffusion. Son port impératif dans l’urgence sanitaire devrait le faire subventionner, au nom de la solidarité sanitaire envers les personnes à risque.

Cela me paraît plus indispensable que de décréter la gratuité des protection périodiques pour les femmes. L’Écosse l’a fait. Quoi? Rendre les masques gratuits? Non, les protections hygiéniques. Au nom de la « précarité menstruelle ».

 


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On trouve sur le net des pétitions en faveur de la gratuité. L’argument principal est le coût, que seules les femmes supportent et qui est considéré comme appauvrissant et donc discriminant pour les femmes.

Il est vrai qu’en cas de règles abondantes cela peut coûter fort cher. Mais la gratuité est une solution elle-même discriminante. Certaines femmes recevraient des lots plus importants de protections que d’autres, selon leur flux menstruel. On peut admettre cette discrimination puisque les besoins diffèrent:

« …certaines personnes ont des règles au flux très abondant qui requiert beaucoup plus de protection. C’est le cas notamment des personnes atteintes de ménorragie ou hyperménorrhée. Dans ce cas les règles sont très abondantes, nécessitant de changer de protection toutes les heures pendant plus de 7 jours. »

C’est une réalité. Il y a cependant des moyens moins coûteux qu’une serviette ou un tampon à remplacer plusieurs fois par jour. Par exemple la coupelle. Dans le passé on utilisait aussi du tissus. Mais le lavage en est contraignant, et cela n’a pas l’image d’hygiène impeccable que l’on exige de nos jours. De plus ce n’est pas très sexy…

Autre solution: laisser le sang couler naturellement, sans barrage absorbant.

 


masques,pandémie,virusRideaux

Après tout certaines sportives féministes revendiquent de montrer leurs menstrues, et cela devrait trouver sa place dans une vie naturelle, vegan, antipatriarcale, anticapitaliste, antiraciste, et toussa.

Avoir des règles n’est pas un choix, c’est une contrainte naturelle. Cela fait une nouvelle raison de victimiser les femmes. Par exemple:

« … c’est un problème de santé publique, et d’égalité. Aujourd’hui, certaines étudiantes ratent des journées entières de cours quand elles ont leurs règles, parce qu’elles ne peuvent pas les gérer de manière sereine. Des femmes en situation d’exil ou sans domicile fixe rechignent à toquer à la porte des associations parce qu’elles ont honte. Des jeunes filles sont forcées d’utiliser du papier toilette en guise de protection hygiénique par souci financier. »

À ma connaissance, si des étudiantes ratent des journées de cours c’est plus à cause des éventuelles douleurs intenses que du flux.

Quant à utiliser du papier de toilette, cela me suggère de décréter la gratuité du précieux PQ pour les personnes qui souffrent de polyurie ou de dysenterie aiguë – et plus encore chronique.

Il serait malheureux que ces personnes en viennent à utiliser les rideaux faute de pouvoir se pourvoir en rouleaux.

 

 

masques,pandémie,virusP.S.: Malgré son côté pratique et son absence d’élastiques disgracieux autour des oreilles, le slip n’est pas une protection totalement efficace contre le virus.

 

 

Catégories : Humour, Santé 11 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Vous êtres passé du rayon masques au rayon protections féminines, en faisant un beau grand écart !
    Je dirais que dans tous les cas, ça vaut toujours la peine de réclamer un rabais ou la gratuité, mais ça ne veut pas dire qu'on l'aura !
    Il n'y a pas que dans le domaine des protections féminines qu'il existe de telles tentatives. Il a des gens pour réclamer la gratuité des transports en commun ! ;-))

    Si on pense à des couples vivant dans la précarité, ainsi qu'à des jeunes en formation, tous les postes du budget peuvent être sujet à soucis.
    La contraception n'est pas non plus gratuite et elle peut représenter une somme rondelette, surtout en Suisse.
    Beaucoup de jeunes femmes genevoises achètent leur stérilet en France, pour faire des économies, Mais la pose chez la gynécologue et l'éventuel retrait de l'ancien stérilet coûte plusieurs centaines de francs non-remboursés.
    Heureusement, ce n'est pas une intervention fréquente.
    La pilule n'est pas non plus remboursée en Suisse.
    En France, la sécu rembourse 65 % du prix de 17 marques de pilules contraceptives.

    En cherchant des informations sur la contraception dans le monde, je suis tombée sur une information étonnante : la méthode la plus utilisée serait la stérilisation féminine ( 29 %) !
    Puis vient le stérilet ( 22 %), pilule ( 14%) Puis le préservatif masculin ( 12,6 %), puis les méthodes traditionnelles ( 9,6%)
    Source : Nation Unies

    https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/la-contraception-dans-le-monde/

    Les femmes portent, de facto, une bonne part de tout ce qui à trait à la sphère de la reproduction et non-reproduction. Il y a non seulement le côté physique, mais aussi le côté pécuniaire.

    Vous me direz que je suis également très loin du rayon " masques", mais après tout, votre billet portait avant tout sur les règles et leur poids dans la vie des femmes en âge d'avoir des enfants.
    C'est sympa de penser à elles !

  • Meuh non, chère Calendule, la meilleure contraception, c'est la vasectomie bien plus simple qu'une stérilisation féminine : une simple anesthésie locale, incision dans les joyeuses, on accède aux vasa qu'on tire comme un écheveau de fils électriques,, on coupe le circuit, ligatures et deux mini-sutures qui ne défigureront pas le patient,
    Le tout en beaucoup moins de temps qu'il n'en faut pour élever un môme.
    Ensuite contrôle du spermogramme. Demander une copie du rapport en cas de procédure litigieuse de recherche en paternité,

    L'est pas belle la vie comme ça ?

    PS Pas demain la veille dans les pays machos !!!

  • @ Mais oui, Gislebert, vous avez certainement raison, si on parle de " la meilleure contraception ", mais je suis tombée sur une statistique sur " les contraceptions les plus fréquentes ".
    Ce graphique est un peu surprenant, car il n'y est pas du tout question de vasectomie.Serait- elle donc si exceptionnelle ? Elle est certes relativement simple à réaliser, mais je ne suis pas persuadée qu'elle soit bien perçue par une majorité d'hommes.

    Quoi qu'il en soit, chacun devrait maîtriser sa fertilité et ne pas se retrouver père ou mère contre son plein gré.
    Les stérilisations ont ce côté définitif et je peux comprendre qu'on puisse hésiter à y recourrir. Mais voilà qu'il y aurait tout de même assez de femmes à travers le monde pour faire ce choix de façon statistiquement significative.
    Serait- ce la solution la moins compliquée à long terme ? Qui permettrait en plus de ne plus devoir gérer des règles ?

  • A propos de la vasectomie : c’est une technique de contraception fréquente dans les pays anglo-saxons, au Canada spécialement elle représente près de 15% des méthodes adoptées par les Québécois. En France, elle a longtemps été considérée comme une mutilation, elle n’est légalisée que depuis 2001 ! L’ennui de l’intervention, c’est sa réversibilité (50 % d’échecs). Pas toujours facile de « réaboucher » et suturer les déférents sectionnés.
    En ces temps de divorces et recompositions des familles, c’est un paramètre à considérer si l’on désire renidifier. Bon, reste toujours les paillettes de sperme congelé à conserver au cas où, remarquez, au Canada, dans le Grand Nord, cela doit être plus facile.
    Pas de statistiques pour la population d’ours polaires.

  • La vasectomie est une méthode de contraception radicale, mais plus lourde que celle que préconisait Woody Allen: elle est orale et c'est le mot "non".

  • Calendula,

    L'écart n'est pas si grand, il s'agit dans les deux cas d'envisager un rabais ou une gratuité catégorielle pour raisons indépendantes de sa volonté.

    Vous faite bien de compléter le sujet au-delà des protections. Ce que vous dites est la réalité. Faut-il en déduire qu'un privilège genré est légitime et devrait s'imposer de soi? Si les règles sont incontournables, la pilule fait partie du confort et n'a rien d'obligatoire. Je précise toutefois que j'ai apprécié que la pilule existe, et je n'ai jamais proposé à une compagne de la lui payer. Aucune n'aurait d'ailleurs voulu.

    Je préférerait que cela soit remboursé sur ordonnance. Pour les hyperménorrhées ce doit être envisageable. Ce n'est pas un privilège de genre.

  • Bonjour hommelibre,
    Mon propos n'est pas de faire du féminisme, mais d'essayer d'élargir la perspective et de chercher pourquoi certaines femmes peuvent avoir l'impression qu'elles portent davantage le poids de leur biologie que les hommes.

    Le problème majeur que vous mettez en évidence, c'est le privilège de genre. C'est à dire qu'il est injuste de soutenir des femmes pauvres, juste parce qu'elles ont des règles et que les serviettes et tampons pèsent sur leur budget ? ( au Royaume Uni, 10 % auraient vécu " la précarité menstruelle")
    Si les hommes avaient quelque chose comme des règles, pensez-vous qu'il serait injuste de soutenir les plus précaires ?
    Le problème de base, c'est que les femmes et les hommes ne sont pas exactement pareils, du point de vue biologique.
    Il est désormais admis dans nos sociétés que la grossesse et la maternité sont de nature à mériter un coup de pouce de la part de la société, qui dans son ensemble a intérêt à ce que les femmes aient des enfants. Les règles sont une des facettes de la biologie spécifique de la femme, qui amène un ensemble de défis logistiques. Plus ou moins grands selon les personnes et leurs conditions de vie ( p.ex. accès à l'eau).
    Dans un pays occidental, cela représente un budget. Et selon le niveau social, ça pèse.

    Vous noterez que le parlement écossais est le seul au monde à avoir voté cette loi, qui concerne toutes les femmes, pas seulement les femmes pauvres. C'est là que je verrais le problème : pourquoi arroser toute la population féminine, alors
    que seulement 10 % aurait des problèmes financiers. L'article que vous donnez en lien précise qu'il y aura une débat sur des amendements.

    Il est important de se décentrer, si on veut saisir l'entier d'une problématique.
    La pilule est confortable pour l'homme, mais pour la femme cela représente une certaine organisation et parfois des ennuis plus ou moins graves. En cas de rupture du couple, on se retrouve seule à avaler ce médicament et à se poser mille questions sur les "genres".
    Beaucoup de femmes arrêtent la pilule parce que le changement de l'équilibre hormonal est gênant ou parce qu'elles ont de vrais problèmes de santé. On peut aussi se demander, s'il est judicieux de prendre un médicament " de confort" pendant 20-30 ans.

    https://sante.lefigaro.fr/mieux-etre/sexualite/pilule/effets-secondairesanté plus ou moins sérieux

    Il est préférable de payer sa contraception soi-même, pour une question d'autonomie et dignité.

    Dans le magazine de la FRC de ce mois il y a justement un dossier à ce sujet, intitulé "Contraception, un choix qui se fait de plus en plus à deux". Cela concerne les couples stables.
    Il y a un petit encarté avec le coût annuel ("une question complexe").Je résume :
    anneau ou patch : 300 fr/ an
    pilule : 100 à 300 fr /an
    stérilet: 30 à 100 fr /an
    préservatif masculin : 25 à 100 fr / an ( un rapport par semaine)
    ligature des trompes : 80 fr ( pour une vie sexuelle de 30 ans)
    vasectomie : 25-35 fr ( sur 30 ans)
    Il serait malheureux de choisir sa contraception uniquement sur des critères de coût ! Pareil pour les protections hygiéniques.
    Mais ne dit-on pas qu'il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ? Les règles ne sont pas forcément une maladie, mais représentent malgré tout un embêtement sérieux avec lequel il faut compter.

  • Je comprends et suis intéressé par vos développements. Au-delà du prétexte à revendication victimaire on peut analyser la question sans émotion.

    Nous sommes d'accord sur un point: la généralisation d'une telle mesure ne répond pas à un besoin. C'est d'ailleurs sur cela que porte ma remarque et mon grand écart, et sur la comparaison de l'urgence ou de la gravité entre offrir
    des protections gratuites aux femmes et faire payer le masque. S'il doit y avoir gratuité, les masques sont à mon avis prioritaires.

    La majorité des femmes y compris étudiantes peuvent payer leurs protections, même si des étudiants et étudiantes comptent chaque franc dépensé.

    Plutôt que de généraliser et d'établir une sorte de privilège de genre (même si les règles ne sont pas une simple formalité), je suggérais de médicaliser la prescription des tampons et serviettes.

    Mais on peut aussi prendre le critère des revenus, et soutenir les femmes en précarité financière à cause de cette précarité. Les protections feraient partie d'un soutien financier global.

    Je ne sais s'il faut mettre les règles et la maternité sur le même niveau, même s'il s'agit de spécificités féminine. À réfléchir.

  • Bonjour hommelibre,

    Nous sommes donc sur la même longueur d'ondes quant au fait qu'il faut cibler les personnes qui ont vraiment besoin de soutien financier.

    Ce serait un peu pareil pour les masques …
    Si on devait en porter un peu tout le temps, cela signifierait probablement deux à trois masques jetables par jour et peut-être autant de lavables. ( je ne suis pas encore experte en la matière !) Cela multiplié par 8 millions d'habitants ? Et même si on ne consommait que 1 masque par jour et qu'un million de personnes ne sortait pas du tout, cela représenterait tout de même un gros montant.
    Il faut continuer à réfléchir, d'autant plus que si c'est gratuit, il y aura fort probablement du gaspillage.


    J'ai mis règles et maternité au même niveau, à cause du privilège de genre. Et parce qu'il y a une même réalité là-derrière : il s'agit de fonctions corporelles qui impliquent des choix pratiques et donc des coûts spécifiques.
    Je ne parle que de notre société, mais n'oublie jamais qu'autrefois et dans d'autres parties du monde, il n'y a pas toujours le choix et que les règles peuvent être considérées comme une malédiction ou une souillure et la grossesse comme une fatalité.

    La réalité des femmes qui n'ont pas un gros budget, c'est qu'il y a l'addition des coûts liés aux règles (achat de protections) et
    à la contraception, si elles ne veulent pas avoir beaucoup d'enfants. Ce n'est pas plus compliqué que ça !
    Quand on doit compter chaque sou, il y a un moment où on se dit : mais pourquoi ai-je ce surplus de charges, juste parce que je suis une femme ?
    Dans une société riche, qui connaît pourtant des travailleurs pauvres, cela peut apparaître comme une aberration.
    Si on remboursait déjà un peu la contraception, ça allègerait un peu le budget.

    Il y a plusieurs pistes à explorer, si on se sent concerné par ce sujet, qui fait partie en réalité du débat sur l'îlot de cherté et le salaire minimum.
    Je sens qu'il faut ménager la sensibilité masculine et c'est pour ça qu'en Suisse, il serait effectivement plus sage de faire autrement qu'en Ecosse et se pencher sur la précarité de tous, enfants y compris.

  • Calendula, je vote pour vous!!!

    ...

    :-))

  • Avez-vous remarqué que le prix des sacs à cadavres est inférieur à celui des masques? Faut-il y voir le résultat d'une étude prospective sur la santé de la population, ou une intention des gouvernants d'influencer le comportement de leurs administrés?

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