Désexuer les politiques de lutte contre les violences

Ce matin je cède la plume au Groupe d’Etudes sur les Sexisme (http://g-e-s.over-blog.com/) pour la publication de son manifeste et et de sa pétition. La récente loi sur la protection des victimes de violence conjugale en France le dit clairement: on veut protéger les femmes contre les hommes. Rien, pas un mot sur les hommes victimes alors même que les indicateurs avancent des chiffres élevés d’hommes subissant la violence physique et/ou psychologique. La lutte contre la violence dans la famille est donc clairement orientée et biaisée, et les organisations féministes reçoivent des subventions par millions alors que les groupes d’aide aux hommes sont laissés dans l’ombre. Voici le texte du manifeste. La pétition en ligne concerne la France mais elle peut être signée par tout le monde, français-e ou autre.

Manifeste pour la désexuation des politiques de lutte contre les violences (France)


En matière de lutte contre les violences, les pouvoirs publics français opèrent régulièrement des distinctions, fondées sur le sexe, entre les personnes qu’ils se proposent de soutenir, ce qui dans notre droit caractérise la discrimination. Ainsi dans l’actualité récente :

timbreViolence_1-8314f.jpgUn service d’aide sexué

Le 3919, numéro d’appel dédié aux victimes de violences conjugales, créé en 2007, est géré par le Ministère du Travail. Ses nombreux documents de présentation, papier ou visuels, le définissent comme réservé aux victimes féminines. Tous les témoignages qui les illustrent émanent de femmes. Le personnel qui répond aux appels est exclusivement féminin. La proportion d’hommes victimes qui utilisent le service est de ce fait dérisoire. En mars 2010, le service a annoncé son élargissement à d’autres catégories de violences (mariages forcés, violences au travail, etc.), tout en conservant le même type de présentation sexuée.

Une « Grande cause » sexuée


En novembre 2009, le Premier ministre a retenu comme thème de la Grande cause nationale 2010 « La lutte contre les violences contre les femmes », sans pour autant motiver le choix de cette sexuation. Rappelons que les thèmes retenus les années précédentes, à savoir « L’égalité des chances », « La maladie d’Alzheimer », « Les dons d’organes » n’étaient en rien sexués.

Une proposition de loi sexuée

Le 25 février 2010 l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi définie comme « renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes ». Le caractère sexué de cet intitulé est confirmé dans une demi-douzaine de ses articles, qui selon les cas, réservent le bénéfice des mesures de prévention ou de soutien aux «  femmes », ou réservent les possibilités d’intervention aux « associations de défense des droits des femmes ».

Les signataires du présent Manifeste protestent contre ce parti-pris discriminatoire
- parce qu’il est contraire à nos lois ;
- parce qu’il revient à accorder la protection de la société à une partie des victimes en fonction de leur sexe, et à la refuser à l’autre partie ;
- parce qu’il revient, toutes les victimes de violences étant posées comme appartenant au même sexe, à stigmatiser les personnes de l’autre sexe comme les seules responsables de ces violences.

Ils demandent à l’ensemble des décideurs concernés (parlementaires, ministres, Président) de mettre fin à cette dérive et de veiller désormais à ce que les politiques de lutte contre les violences soient mises au service de toutes les personnes indépendamment de leur sexe, autrement dit qu’elle soient désexuées.


Pour signer: http://6944.lapetition.be/




PS: Pas de nouvelles de l’otage suisse Max Göldi ce matin. Silence sur Radio-Kadhafi.

Catégories : Politique 11 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Merci d'avoir reproduit ce texte.

    Si ces éléments ne suffisent pas à convaincre, on peut ajouter, pour le seul mois qui vient de s'écouler :

    - un carnet de timbres sexué (!!!), édité par la Poste, qui est toujours un service public, et consacré aux "violences contre les femmes";

    - une émission sexuée sur l'inceste, diffusée par Arte (chaîne de service public), où dans tous les cas évoqués les auteurs d'inceste sont des pères ou des oncles, et jamais des mères.

  • Un commentaire pour te féliciter d'avoir les honneurs de la Tribune et surtout pour augmenter les statistiques... qui sont parfois menteuses !

  • Et bien HL, moi qui suis une militante depuis de nombreuses années contre les violences faites aux femmes et aux enfants, suis vraiment attristée de ne voir aucune évolution dans les esprits et bien entendu.....à ce jour j'ai ajouté les violences faites aux hommes de quelque nature qu'elles soient, que ce soit la violence physique et/ou psychologique.
    Celles-ci existent et même si il est évident qu'en nombre elles n'atteignent pas le triste sort des femmes, il n'en est pas moins qu'elles existent et qu'elles doivent être dénoncées et combattues de la même manière.
    @Antisthène : j'ai naturellement regardé cette émission à laquelle tu fais allusion et il était aussi question d'inceste mère-fils...sauf erreur car il y a eu deux émissions du genre et ma mémoire hélas.....
    ceci dit voici encore un sacré tabou auquel il va falloir s'attaquer : la pédophilie des femmes, les mères incestueuses car elles sont réelles et je me fiche de savoir si proportionnellement elles sont moins nombreuses que les hommes (c'est sûrement le cas d'ailleurs) elles existent et cette problématique doit être combattue de la même manière.

  • Toute violence doit être dénoncée et combattue. Toute victime de violence, de quelque nature que ce soit, doit être soutenue et aidée. Toute personne exerçant des violences de quelque nature que ce soit doit se voir confrontée à ses actes.

  • @ vali

    Je parle de l'émission d'Arte, qui a fait l'impasse sur l'inceste maternel. Celle de France 3, par contre, a traité cet aspect de manière très objective.

    Quant à dire : "elles sont moins nombreuses que les hommes (c'est sûrement le cas d'ailleurs)", ça me paraît très exactement la conséquence de ce traitement unilatéral de l'information.

  • J'ai vu aussi celle de France 3 où en effet le sujet a été traité. Je n'ai pas vu celle d'Arte.

    J'aimerais un jour voir des campagnes unitaires hommes-femmes sur le thème de la violence. Je pense que cela aurait beaucoup plus d'impact. les campagnes actuelles touchent surtout les politiciens, qui font des lois genrées et donnent beaucoup d'argent aux asso féministes. Mais ces campagnes touchent relativement peu le public.

    Et pourquoi cela? Parce que le public, et les femmes qui parlent entre elles en particulier, savent qu'il n'y a pas une femme sur 3 ou sur 4 qui est tabassée, insultée ou traitées de rien. C'est tellement exagéré que cela ne peut pas prendre.

    Tous les indicateurs sérieux parlent de 1 à 2%, ce qui est toujours trop. Mais parler vrai serait à mon avis beaucoup plus efficace. Les hommes seraient aussi beaucoup plus à l'écoute de ces campagnes, car à force d'être traités massivement de violents et de salauds, il ne peuvent que se fermer au message.

    Les campagnes actuelles, biaisées par les féministes professionnelles qui y gagnent de l'argent, ne servent pas vraiment la cause qu'elle prétendent soutenir.

    C'est du moins mon analyse.

  • Désolée Messieurs mais je ne pourrai jamais dire quelque chose de faux. Je suis lucide et ô combien ouverte au dialogue mais ce serait un non sens flagrant de prétendre à l'égalité hommes-femmes en matière de mauvais traitement.
    Je trouve lamentable en effet qu'aucune campagne ne soit faite pour dénoncer les mauvais traitements infligés aux hommes et donc je vous rejoins à 100% mais je pense qu'il est malsain de vouloir minimiser les faits de violence faits aux femmes par des hommes en prétendant que les chiffres sont grossis. Là quelque chose me dérange fortement et je le dis.
    @ Antisthène : donc il me semblait bien qu'une émission avait traité du problème inceste mère-fils. Il est donc faux de dire que cela n'est jamais traité mais je suis d'accord avec toi cela ne va pas assez vite...et là je ne pense pas aux hommes mais aux enfants qui subissent ces violences inpensables.
    @HL Qui prétend que tous les hommes sont de violents salauds? comment peut-on dire ce genre d'inepsies! cela me fâche un peu ce discours. j'aime les hommes depuis...ouh longtemps et je les aimerai jusqu'à mon dernier souffle car ils me sont précieux. J'en ai connu des salauds, peut-être, mais en grande majorité des hommes magnifiques, sensibles (parfois plus qu'une femme et vlan dans le cliché!), aimants, profonds....qu'une femme me dise que tous les hommes sont des salauds et je lui répondrai qu'il en faut pour combattre les salopes qui sont aussi légion! alors par pitié ne me collez pas du côté de ces féministes extrêmes qui me dégoutent mais je ne vais pas tomber dans l'extrême inverse ah ca non

  • http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/entretien-avec-sylvianne-spitzer-57815

    ==> au minimum la moitié des victimes de violences conjugal sont des hommes.
    Quand une femme cherche a tué elle le fait de manière indirect par la violence psychologique en poussant son con joint au suicide, pour le reste il y a 3 fois plus d'homme qui se suicide que de femmes, voila qui peut expliqué en partie cette écart faramineux entres les deux sexes.

    D’ailleurs au passage une féministe anglaise (dont je ne me souviens plus du nom) qui c'est battu pour l'ouverture de maison d'accueil pour femme battu a étudié la violence conjugal, et chose assez drôle, elle en a conclu z que ce sont les hommes qui sont le plus victimes de violences conjugal.
    Pour le reste les féministes anglaise on voulu la tuer car elle a briser un énorme tabou, elle a donc du partir vivre aux usa.

  • @gty
    Tu as raison de dire que les suicides ont d'avantage cours chez les hommes, ceci est juste. De là à pétendre que c'est le fait de plus de violences à leur encontre...ben non. Mon explication à moi vois-tu est qu'une femme a beaucoup plus de ressources qu'un homme pour se reconstruire après un choc. Et oui. Elles se suicident moins car elles sont plus battante (sans jeu de mot attention hein!) et plus "résilentes" que les mâles et puis si elles sont mère, elles ont cet instinct de survie qui les tient pour leurs enfants, ce qui n'est peut-être pas le cas d'un homme. Peut-être. Aie je vais m'attirer les foudres mais il est pas né celui qui me fera taire ce que je sais.

  • Tu as raison de dire que les suicides ont d'avantage cours chez les hommes, ceci est juste. De là à pétendre que c'est le fait de plus de violences à leur encontre...ben non.

    ==> Ben si, la violence féminine à comme pierre angulaire la violence psychologique, une femme si elle veut tué son conjoint elle utilisera la violence psychologique afin de le poussé au suicide.


    Mon explication à moi vois-tu est qu'une femme a beaucoup plus de ressources qu'un homme pour se reconstruire après un choc. Et oui. Elles se suicident moins car elles sont plus battante (sans jeu de mot attention hein!) et plus "résilentes" que les mâles et puis si elles sont mère, elles ont cet instinct de survie qui les tient pour leurs enfants, ce qui n'est peut-être pas le cas d'un homme. Peut-être. Aie je vais m'attirer les foudres mais il est pas né celui qui me fera taire ce que je sais.

    ==> Les femmes ce suicidaient plus que les hommes avant 1950, auraient elles découvert leurs instinct maternel en cours de route, on telle plus de ressource qu'avant?
    Non elles sont tous simplement mieux aidés par le biais de diverse association mais aussi éduqué à demandé de l'aide.

  • @gty
    Aller trouver de l'aide n'a rien de honteux à mon sens lorsque l'on va mal et tant mieux si cela se fait maintenant en effet plus qu'en 1950.
    Bon ceci dit, les professionnels des soins psy sont présents autant pour les femmes que pour les hommes.
    ceci dit je pense bien evidemment, cher gty, que la condition de la femme depuis 1950 a évolué sérieusement et que le suicide ne représente plus le seul échappatoire à une vie misérable.
    Aujourd'hui, donc, il existe des aides diverses pour femmes et hommes et peut-être que les hommes sont plus récitents à les solliciter, ce que je trouve dommage. Tu parles de femmes "éduquées" à demander de l'aide, soit, mais en contrepartie peut-être faudrait-il aussi ne pas éduquer les hommes à la force innée du mâle, un homme ne pleure pas etc.... et au contraire valoriser les émotions et sentiments que je suis persuadée les petits garçons ont sûrement autant que les petites filles à la base.

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