Bouche ouverte, yeux écarquillés

C’est ainsi que l’on représente parfois les enfants devant un gâteau d’anniversaire. Il y a quelques jours Greg me demandait de développer un peu mon approche de la nutrition. C’était à ma reprise alimentaire suite à mon opération. Et comme naturopathe la nutrition est un poste important.

TroisPlans.jpgLes règles, les régimes, les modes alimentaires sont nombreux, parfois contradictoires, souvent présentés comme une panacée et/ou comme une obligation. Ayant quelque peu fait le tour de cela j’en ai oublié la majeure partie pour me concentrer sur ce qui me paraît essentiel. Ce n’est que mon approche et mon expérience, je n’en fais donc pas une théorie générale.

Voici ce dont je tiens compte en matière de nutrition. J’utilise d’abord une clé, les 3 plans physiques/émotionnel/mental. Ils correspondent aux trois étages du cerveau: reptilien, limbique et cortex. Ils correspondent à des fonctions différentes. Le reptilien c’est «J’ai besoin»: gestion des besoins primaires, instinctifs, non culturels. Le limbique c’est «J’ai envie», ou aussi «J’aime-j’aime pas», à l’origine de bien des compensations. C’est la gestion des émotions et de leurs mémoires, du plaisir-déplaisir fixé lors d’expériences passées. Le cortex est «Il faut»: c’est la rationalité, l’analytique, la règle.

L’alimentation est souvent dépendante du «‘j’ai envie»: l’idée d’une fondue en donne envie si l’on aime cela, ou du «il faut»: il faut manger à telle heure, il faut manger ceci ou cela pour la santé, etc. En fait elle est peu souvent liée au «j’ai besoin», qui devrait pourtant être son fondement. Mais il faut bien admettre qu’elle touche les 3 niveaux: les connaissances rationnelles (vitamines, protéines, etc) ont du sens. Je cherche quel plan a besoin d'être nourri et je creuse pour trouver une autre manière qu'alimentaire pour le nourrir.

L’idéal à mes yeux, serait d’être branché sur ses besoins, sans théorique qui contraint ni émotion qui fait compenser. Pas simple. Quelques pistes pour y arriver:
Nutrition1.jpg
- être clair et lucide avec soi-même pour identifier les vrais besoins des compensations
- manger plutôt peu à la fois pour rester dans le ressenti de ses besoins
- manger avec peu de rajouts: les épices et sauces changent la perception de nos besoins
- savoir que le frais, le cru, facilitent la gestion de ses besoins par le corps.

Ce ne sont que quelques pistes, après le reste doit être individualisé. Parfois l'écoute des besoins suffit, parfois pas.

Bien sûr chacun reste libre, même de ses excès occasionnels, et s’il sait trouver un équilibre global il peut ne pas en souffrir. Le corps a moyen de retrouver son équilibre. Quand j'écrivais suite à mon opération que je devais gérer mon alimentation au millimètre près, je voulais dire: être très branché sur mon corps, très à l'écoute de l'envie et du besoi, en quantité, en genre d'aliment. Le moindre excès de quelques grsmmes se paie cash. Bien sûr c'est exceptionnel et c'est dû à ma situation particulière, mais l'idée est là: être à l'écoute de son corps.

Quand dans mon métier je dois aborder la question alimentaire, ce qui n’est pas systématique mais parfois nécessaire, je propose des directions plus qu’un régime. Je me souviens même avoir reçu une patiente obèse qui voulait maigrir. Pendant 6 mois nous nous sommes vus régulièrement, et nous n’avons pas parlé de son alimentation. Elle se racontait: ses journées, ses réflexions, ses ressentis, sa vie. Sans faire de psychothérapie nous avons déplacé le problème du surpoids vers celui de la sous-expression d’elle-même.

Et peu à peu elle s’est mise à perdre des kilos!

Voilà, ce sont quelques pistes fondées sur mon expérience. Chacun doit trouver ce qui lui convient. Mais en sachant que la précipitation sur l’alimentation est une plus sûres routes vers la maladie.

 

 

Une pensée pour les otages suisses en Libye: bientôt 19 mois de rétention.

Catégories : Santé 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonjour,

    L'alimentation semble être devenue la source principale de bien des maux de nos sociétés modernes d'abondance. Pour nous autres européens du moins.

    Plus j'y réfléchis, plus je me dis que ce qui à tout gâché ces 50 dernières années en matière d'alimentation, ce sont :

    - l'abondance. Il y a tant de choix dans les rayons que choisir n'en devient que plus compliqué.

    - l'industrialisation de l'alimentation. Et ses nécessités liées, conditionnement, facilité de transport, conservation.

    - la publicité. Il faut vendre ses produits plutôt que ceux du concurrent.

    - les maffias du sel et du sucre, et maintenant semble-t-il celles du soja et de l'huile de palme.

    - la destruction voulue du temps consacré à préparer à manger, pour soi ou sa famille. Si l'on veut des actionnaires heureux, il faut que les gens achètent des produits industriels tout prêts à plus haute valeur ajoutée, valeur financière s'entend. En même temps, il faut libérer les femmes de la corvée de la cuisine si l'on veut d'elles comme caissières malléables à la Migros pour vendre des pizzas surgelées...

    et bien entendu bien d'autres causes.


    Ceci dit, avant la 2ème guerre mondiale, le budget nourriture représentait bien plus de temps de travail qu'après guerre. Une femme passait près de 6 heures par jour à préparer les repas de la grande famille, avec des produits locaux et saisonniers. Les restes se recyclaient le lendemain et même les épluchures étaient sauvées pour les cochons. La nourriture était respectée, il n'y avait pas le choix.

    Maintenant, entre la publicité et l'industrie alimentaire, les horaires pas harmonisés dans la famille, la chasse au temps soi-disant perdu à cuisiner ou manger pour y gagner du temps à perdre sur des loisirs complètement improductifs en terme de santé...
    et bien entre autre la destruction du lien social et familial du repas partagé ensemble s'est faite.

    Dans ces conditions, manger n'est plus une activité naturelle. Difficile donc d'y retrouver ses instincts et de manger sainement.

    La-dessus, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter,

    BON APPETIT !

  • Greg, j'ai toujours cuisiné et mangé sainement jusqu'à aujourd'hui et j'ai travaillé à Paris.... Je cuisinais aussi des heures pour ma famille et continue de le faire tant pour la famille que pour les invités! La cuisine au beurre, les plats cuisinés, connais pas!

    Je n'aime pas la facilité...

    Bien à vous

  • @ Greg:

    Je partage votre point de vue, et il est difficile de préserver ou retrouver son instinct. Cela demande beaucoup de centrage, et de ne pas donner suite à la peur du manque que l'abondance et la pub peuvent éveiller en nous.

    Je comprends en partie le besoin d'abondance par rapport au passé où tout était limité et où la disette pouvait frapper. Hélas cela se paie. Les dérèglements alimentaires sont probablement en partie cause de la chute de certaines civilisations.


    @ Patoucha:

    C'est super d'avoir pu garder cette attention à la nourriture et à sa préparation.

  • ...et ma ligne! LOL

    Excellente soirée à vous!

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