Loïc Sécher: procès révisé?

J’ai parlé de Loïc Sécher il y a quelques jours. Loïc Sécher a été condamné en 2003 à 16 ans de réclusion pour viol et agressions sexuelles. Des lacunes importantes ont émaillé l’instruction. Puis son accusarice, qui avait déjà commis d'autres fausses accusations, s'est rétractée. Il semble que Loïc Sécher faisait le coupable idéal. On va maintenant - enfin - vers une révision de son procès.

Loïc Sécher.jpg«Une commission de la Cour de cassation a décidé lundi d'engager une nouvelle étape vers un possible nouveau procès de Loïc Sécher, condamné en 2003 à 16 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur mineure.

La victime supposée de cet ouvrier agricole s'est rétractée en avril 2008. Contre l'avis du parquet général, la commission de révision des condamnations pénales, composée de trois magistrats, a décidé de transmettre le dossier à l'assemblée plénière de la Cour de cassation, qui devra siéger en "Cour de révision", a-t-on appris au parquet.

La commission a en revanche rejeté la demande de remise en liberté du condamné âgé de 47 ans. L'audience devant la Cour de révision pourrait encore attendre jusqu'à environ un an.»


Le cauchemar de cet homme n’est donc pas encore terminé, mais une lueur d’espoir est venue. Mais doit-on laisser passer tant de temps dans un cas comme celui-ci avant de réviser le procès, et surtout avant de le remettre en liberté?

«Loïc Sécher a été mis en cause par une jeune fille qui a dénoncé des abus sexuels supposés à ses enseignants en 2000. Sa condamnation fondée sur ces accusations a été confirmée en appel, puis en cassation, sur la forme.

La commission de révision se fonde pour poursuivre la procédure de réexamen de son affaire sur la rétractation de la jeune fille, qui a écrit à la justice en avril 2008 pour déclarer qu'elle avait tout inventé.

Cet élément est conforté selon les magistrats par une expertise psychiatrique de la jeune fille qui note une "grande souffrance psychologique" liée, disent les psychiatres, à la "recherche d'un apaisement".

Il est établi par ailleurs que cette personne avait déjà porté dans le passé des accusations d'abus sexuels contre d'autres personnes qui se sont révélées être affabulatoires.»

J’imagine bien le calvaire de Loïc. Je l’imagine regardant par la fenêtre, à se demander si ce monde est réel. Je pense aussi à Khalid, et à d’autres, vies brisées, piétinées, méprisées.

Lire l’article de Thierry Lévêque pour Reuters ici.


PS: La photo des otages suisses de Kadhafi publiée par la Tribune fait du bien à voir. Leurs visages sont clairs, comme le vol d’un oiseau au-dessus des combines du monde. En pensée avec eux.

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Et avec Paula qui attend avec angoisse qu’un miracle se produise pour débloquer une situation kafkaïenne dans laquelle l’administration ne veut pas entendre parler.
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Commentaires

  • Je ne connais pas grand chose en matière judiciaire, mais est-il possible que dès lors qu'une personne vous accuse vous êtes aussitôt arrêté, et que dès lors que cette même personne vous innocente vous n'êtes pas aussitôt relâché?
    La prison est assimilable à l'hôpital: il est bien plus facile d'y entrer que d'en sortir... c'est révoltant.

  • @ un passant:

    C'est une situation hallucinante.Pourquoi la Justice ne sait-elle pas revenir en arrière, rapidement? Cela me fait penser au père de Virginie Meidera, qui a écrit "J'ai menti" avec une journaliste. Elle avait aussi envoyé son père en prison, pour se donner une vie intéressante. Quand elle est revenue en arrière et a disculpé son père, ça n'a rien changé. Je ne sais pas si son procès a été finalement revisé et s'il a été libéré.

  • Il est en liberté conditionnelle depuis 2006 (il a fait six ans de taule).

    Sa demande de révision a été rejetée par la Commission en janvier 2009. Je suppose qu'il a fait une deuxième demande.

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