Bon, alors: Gurrumul?

Oui, quoi, Gurrumul, c’est quoi, c’est qui Gurrumul? Bon, voilà l’affaire.

Gurrumul 01.jpgGurrumul est un nom. Le nom d’un monsieur. Enfin, une partie de son nom. L’entier, c’est Geoffrey Gurrumul Yunupingu. Ce monsieur est non-voyant, aborigène et chanteur.

Je suis tombé sur sa présentation au TJ de France 3. Titre du reportage: «La sortie du premier album de Gurrumul, véritable phénomène australien». Et de démarrer sur son origine aborigène qui le met déjà à part - et forcément au-dessus.

Je me dis: «Ah, la musique ethno authentique fait un tabac, cool». S’en suivent des interview de spécialistes, qui tous font remarquer l’importance de son origine et de son handicap. Un Stevie Wonder Abo? J’attends donc avec impatience les premières notes.

Et là, quand elles viennent, horreur-malheur! - du sirupeux sous-produit folk, joli certes, et la voix est attachante, mais de là à en faire un phénomène exceptionnel comme je l’ai entendu, il y a un pas. S’il n’était pas aborigène et malvoyant, je doute qu’il ait un tel succès.
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Deux exemples de ce qui s’écrit sur lui. Comme dirait l’autre, si c’est écrit dans le journal c’est que c’est vrai...

«Ecrire que l'Australien Geoffrey Gurrumul Yunupingu, artiste autodidacte non-voyant, confectionne une musique habitée aurait tout d'une lapalissade, tant ses origines aborigènes l'ont nécessairement nourri en vibrations spirituelles immémoriales... et ça s'entend!»

J’aime le «nécessairement» et les «vibrations spirituelles immémoriales». La moquette bien fumée rend lyrique…

«Par sa force d'évocation extraordinaire, cet opus a propulsé en un rien de temps au rang de révélation de l'année sur la scène world planétaire.»


Bien. A vous de juger, voici un extrait.



En lisant que « ses origines aborigènes l'ont nécessairement nourri en vibrations spirituelles immémoriales», je m’attendais à vrai dire à autre chose. Quelque chose de plus proche de ça:



Alors, Gurrumul: joli, oui; phénomène de la musique aborigène, non.

PS: Le guru Kadhafi est une tête de mule. Il ne veut pas laisser les otages suisses rentrer chez eux. 16 mois qu’il s’amuse avec… Tiens, au fait, il a dû abuser de la cortisone: ses yeux sont bientôt fermés. Il compense avec ses grandes oreilles.

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Commentaires

  • D'accord avec vous, rien de transcendant dans ce que fait ce Monsieur.
    En fermant les yeux j'entends une voix somme toute agréable en effet mais rien qui ne me ramène à notre terre mère et à cette force vibratoire que peuvent procurer les sons et les incantations de certains peuples, le peuple aborigène en est un parmi d'autres.
    Je préfère très nettement le second extrait qui me parle d'avantage. Etonnant que ce son du didgeridoo entrelassé avec le souffle de l'homme qui lui donne puissance et douceur (les 2 n'étant pas incompatibles..)

  • Ah! le pouvoir de l'évocation ...
    Dans le deuxième extrait, on voit une espèce de grande soucoupe utilisée comme instrument de percussion mélodique. Cette espèce de marmite s'appelle un Hang.
    Son nom et son apparence pourrait faire croire à un instrument traditionnel exotique. En réalité "Hang"est du Bernois et signifie "main".C'est un passionné fondeur de cloche, bien de chez nous, qui a créé cet instrument peu connu, mais utilisé par de nombreux groupes. A découvrir pour ses nombreuses utilisations possibles.

    A contre-pied des autoroutes bien droites du pouvoir évocateur, loin de l'essence mystique traditionnel; ne discerne t-on pourtant pas quelques chose des tambours Yamato ou du Kodo chez ces drummers Hip-hop ?
    http://www.youtube.com/watch?v=osHT73lWMD0&feature=related

  • et ça pour une démo magistrale des mélodies pouvant sortir du hang. Cela ressemble un peu au steel jamaicain, mais en plus doux.

    http://www.youtube.com/watch?v=TQXn5ba0aT8

  • @ aoki:

    Votre retour en musique (en fanfare - !...) fait plaisir. Ce solo de Hang est envoûtant. Merci pour ce lien.

    Je vous découvre musicien?¿

    (-_^)

  • Bonjour à tous,
    Certes cette musique ne vous inspire pas la culture aborigène, mais connaissez vous seulement un peu de cette culture???
    Sur quels critères vous basez vous pour classifier les gens et les genres?
    Pour votre gouverne, un aborigène ne joue pas que du didgeridoo et n'est pas forcement bariolés de peintures... votre vision de la musique est très restreinte. On ne classe pas les gens dans des cases comme vous le faîte.
    Pour ma part, j'ai vécu 5 mois dans le territoire nord de l'australie, je connais un peu la culture aborigène et j'apprécie cette artiste à sa juste valeur car il est à mon goût authentique.
    Pour le deuxième extrait, je ne retrouve pas d'authenticité à voir un blanc jouer du didgeridoo.
    Merci de m'avoir lu

  • A découvrir pour ses nombreuses utilisations possibles.

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