Pietragalla, le corps parlant

Comment parler de sa danse? Quand je vois ses chorégraphies sur internet, je plonge dans les mouvements, dans les gestes originaux, comme à la recherche d’un langage, d’un sens qui ne se découvre pas immédiatement malgré les évidences.

pietragalCorps_et_Graphie_recto.jpgTout geste a chez elle un sens, tout mouvement est senti ou pensé, il y a donc quelque chose à comprendre en plus d’à voir. A comprendre ou à ressentir, ressentir jusqu’au moment où le sens vient, comme un langage en soi qui répond à ces corps qui parlent autant qu’ils dansent.

Marie-Claude Pietragalla a monté une companie à Marseille. Sa renommée est mondiale. Elle a créé «Marco Polo» pour les jeux olympiques de Pékin. Une chorégraphie qui mêle l’animation sur écran, hip-hop, à ses mouvements  dont nulle distraction ne nous écarte.

Voici ses propres mots:
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«Au long de mes créations je décompose et recompose ce concept existentiel : un dialogue avec soi, avec l‘autre, avec les autres. L’enfermement n’est plus vécu en moi-même mais appréhendé par mon regard sur la société.

Mon travail se concentre alors sur le questionnement du corps, sa place dans la collectivité, les incidences de la vie façonnant et fragilisant la chair. Tous les stigmates psychologiques et physiques, qui sont autant de traces et de blessures inscrites dans le corps-esprit, orientent l’écriture chorégraphique, comme sources d’inspiration et se traduisent par l’émotion à travers le geste.

pietragalla1_jpg_x.jpgL’humain comme référant au centre de mon travail, la confrontation à ma propre intimité, l’évolution du corps à travers le ressenti, la mémoire collective véhiculée par tous, permettent de recentrer ma recherche sur l’essence du mouvement et sur sa projection dans la plus grande simplicité.

Ma source d’inspiration se situe dans l’observation de l’être humain; sans conscience de son corps il mène des chorégraphies inconscientes, des ballets naturels.»


Extrait de son site: http://www.pietragalla.com/pietragalla.html.


En vidéo, d’abord un extrait de «Conditions Humaines», allégorie de la condition de l’homme et l’univers de la mine. La danse y est plurielle et tribale, elle innove par la mixité des techniques, où s’entremêlent le classique, le contemporain et les danses urbaines.

Puis un extrait de "Sakountala" en hommage aux créations de bronze de Camille Claudel.



 

 

PS: Les otages suisse en Libye dansent peut-être dans le désert, avec les chacal. 15 mois d'exercice, ils doivent être pro maintenant...

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Catégories : Art et culture 1 commentaire Lien permanent

Commentaires

  • C'est l'apprentissage de la danse classique qui lui a permis d'exprimer ses vibrations par la souplesse acquise. Dès lors, elle peut e faire ce qu'elle veut de son corps!

    Tant j'aime la douceur de la 2ème vidéo, tant j'exècre la violence musicale et l'ambiance de la première!

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