Au nom de S., ou le délit d’être désagréable

La France a les amusement qu’elle peut. Le spectacle guignol se déroule maintenant dans les cours de justice, avec la presse comme bonimenteur. Bah, après tout être ridicule n’est plus une gêne si on le revendique.

Sarko3.jpgC’est donc l’histoire de cet homme qui, lors d’un contrôle d’identité apparemment tendu sur une autre personne, lance aux policiers par deux fois: “Sarkozy je te vois”. C’était à 17h50, heure d’affluence dans la bruyante gare Saint-Charles à Marseille.

Les passants éclatent de rire au nez de la maréchaussée. Le Monsieur présente ensuite ses excuses pour les avoir dérangés, son identité est contrôlée, et il repart. Les rires des passants ont fait baisser la tension dans la gare.

Je ne suis pas certain que son intervention ait été la plus judicieuse, même s’il est vrai que M. Sarkozy prête bien le flan. Mais enfin, il y a certainement plus grave au doux pays de Charles Trenet. Le Monsieur rentre donc chez lui.

Surprise: un officier du Ministère public décide de poursuivre. En audience, il réclame 100€ d’amende. Pour, selon une jurisprudence datant de 1875, “manifestation bruyante” et “volonté de se montrer désagréable” même sans user de terme offensant. Se montrer désagréable est donc une des deux conditions pour le le caractère injurieux soit réalisé.

C’est une sympathique pantalonnade. Un pays qui joue à cela est un pays heureux et sans problèmes.

Nicolas S. n’a certainement pas poussé à la condamnation, reconnaissent tous les commentateurs: difficile après le célèbre “Casse-toi pauv’ con”. Mais il va en subir le camouflet: dorénavant, par extension, toute apostrophe publique comportant le nom du président avec une critique désagréable, et émise un peu fort, sera un crime. Gageons que cela va fleurir.

Surveillez-vous braves gens, Nicolas S. a une police susceptible et une justice digne des Guignols.

La prochaine fois il faudra dire: “Je te vois Nicolas”: entre Nicolas Hulot, Nicolas II, le petit Nicolas et tant d’autres, on pourra toujours se défendre. Par contre, mieux vaut ne plus prononcer son nom et éviter de jouer à cache-cache avec lui...

Le jugement sera rendu le 3 juillet.


PS: Radio-Vipère informe que Julien Dray, éléphant du PS, a un point commun avec Nicolas S.: le bling-bling. Il a acheté à Milan une montre Rolex de collection à 7’000€. Ca va faire plaisir aux ouvriers de Continental dont l’usine - bénéficiaire et pour laquelle ils ont fait des sacrifices depuis 2 ans - va fermer. Cours. cours en rond, camarade, le vieux monde est partout.

 

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Commentaires

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