Hommelibre: épilogue judiciaire (1ère partie)

Je tourne la page. Le nouveau procureur nommé pour examiner ma plainte contre l’accusatrice suite à la récusdation du Procureur Claudio Mascotto par le Tribunal Fédéral, a à nouveau classé. J’aurais pu retourner au TF, aller même à Strassbourg. J’ai décidé d’arrêter là et de faire l’impasse sur une réhabilitation totale - qui aurait passé par la mise en accusation et la possible condamnation de l’accusatrice. Malgré la légitimité de ma démarche, j’admets que cette délinquante soit protégée et qu’elle n’aura pas à rendre compte de ses actes ni à assumer ses responsabilités. Après la fin du délai de recours, j’ai écrit au Procureur adjoint Dario Zanni pour lui faire part de mes commentaires. J’en livre ici quelques extraits.

Justice1-3.jpg“Monsieur le Procureur,

J’ai pris acte de votre décision de classement de ma plainte pénale citée en objet. Après avoir beaucoup hésité et réfléchi, évalué la possibilité d’aller éventuellement jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, j’ai décidé de ne pas faire recours contre ce classement et de tourner cette page de ma vie.

Je tiens toutefois à commenter votre décision.

Je suis en désaccord avec votre analyse et vos conclusions. Vous reprenez quelques propos de l’accusatrice, et surtout l’expertise psychiatrique et le diagnostic “borderline”. Au vu de l’absence totale d’antécédents psychiatriques, d’état dépressifs, ou autres manifestations, au vu des témoignages de ses amis proches et de sa mère, ce diagnostic est pour le moins étonnant.

...

Plusieurs mensonges importants ont été démontrés dès le début de l’instruction, et jusqu’au procès. Difficile de croire qu’ils n’ont pas été faits intentionnellement.

...

Vous ne tenez pas compte non plus d’un litige financier qui était au départ de son animosité contre moi, litige qu’elle a perdu avant de construire la plainte pénale.

Je constate aussi un désaccord sur la responsabilité du Dr Marc Leckie, qui a commis une faute professionnelle pour laquelle il a reçu un blâme par le Conseil de Surveillance des Professions de la Santé.

...

Je souligne ici également le rôle trouble du Centre LAVI, qui entérine de fait et sans enquête un statut de victime. On n’est plus dans les faits, on est dans l’émotion. C’est une anomalie.

Je constate avec regret le peu de cas qu’il a été fait de moi dans une affaire qui a ébranlé profondément ma vie et dont les conséquences ont été très graves sur ma réputation, ma santé et mon activité professionnelle. Ainsi, des années de ma vie ont été détruites au cours d’une instruction particulièrement longue, et il n’y a pas de responsable.

Je déplore ici l’acharnement dont j’ai fait l’objet de la part de Madame la juge d’instruction Isabelle Cuendet et du Procureur Claudio Mascotto.

Puisque l’accusatrice s’en sort protégée, je vous demande instamment qu’à l’avenir les hommes accusés fassent l’objet d’autant de sollicitude que les femmes qui accusent. Que les juges d’instruction soient réellement impartiaux. Que la justice n’accorde pas autant d’autorité à la psychiatrie dans une affaire de ce genre, au vu des interprétations relatives et des affirmations a posteriori.

Les fausses accusations sont de plus en plus fréquentes, et je demande instamment que, sans nier les faits graves dont des personnes sont victimes, une circonspection et une très grande rigueur soient de mise dans l’étude de tels dossiers, car être victime d’une fausse accusation est tout aussi grave. C’est un viol moral. Il y a des séminaires pour la police aux fin de dépister les fausses accusations: ne serait-il pas opportun que les magistrats en bénéficient eux aussi?

Dans cette affaire, j’ai vu une justice à deux vitesses. Je tourne aujourd’hui la page pour me construire une autre vie, mais je resterai extrêmement attentif aux dysfonctionnements de la justice et me permettrai d’en témoigner quand je le penserai utile.

Je vous prie d’agréer,…”


Dans la 2e partie à venir dans la journée, j’ajouterai quelques commentaires et une nouvelle assez surprenante et éclairante...

Catégories : société 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Toute personne qui a compris la différence entre le Justice avec majuscule, celle dont les propos et les conseils de nos parents, ainsi que certains textes littéraires, nous font miroiter l'existence dans le monde réel, et la justice des hommes, qui consiste à interpréter et à appliquer au mieux (et donc parfois très mal) les lois d'une communauté, au gré du savoir, des expériences de vie et des préjugés des juges et de leurs associés ou subalternes, vous auront compris. Ceux qui ont dû faire l'expérience de cette différence, encore mieux.
    Vous avez pris une sage décision, car quelle qu'eut été l'issue d'un recours supplémentaire, elle vous aurait probablement encore coûté plus cher en énergie, sans vous apporter une satisfaction totale. Bravo donc, et courage pour la suite.

  • Décision juste, John, car:

    Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures
    FRANCIS BACON

    Bonne guérison!

  • @ Azraël & Mère:

    Merci pour vos messages. Bien reçus. Et bien vu la citation de Bacon.

  • Bonjour homme(enfin)libre !
    Quand nous nous sommes vus hier à la Place des Nations, nous avons brièvement évoqué la... et je vous ai fait part de... et je peux seulement vous dire aujourd'hui:
    HEUREUX pour vous.
    Tourner la page et passer à autre chose, c'est la seule solution intelligente. Des juges et des procureurs nuls, il y en aura toujours (voir le cas exemplaire de ce bon juge Fabrice Burgaud chez nos voisins: ben on en a aussi des comme ça ! Vive nous !) et - si un nouveau cas survient, il sera toujours possible et opportun de voler au secours de la VRAIE victime.
    En avant, Amigo !

    ;o)

  • La justice ne fonctionne bien qu'avec les pourris.

    "Croire que les gens vous traiteront bien parce que vous pratiquez le bien, c'est comme croire que le taureau ne vous attaquera pas parce que vous êtes végétarien".

    (pardon je ne sais plus qui a dit ça ! un anglais je crois...)

    Courage...et ne soyez pas amer...c'est souvent si difficile parce que si injuste.
    Je crois que pour être plus fort et plus serein, il est nécessaire de mettre uen bonne distance entre soi et les autres, et ça ne veut pas dire qu'on ne les aime pas.

  • La « justice » : entre l’enfer et le cauchemar. Vous qui entrez dans ce monde, perdez tout espoir… Quelques citations bien à propos…

    "Le temps, l'occasion, l'usage, la prescription, la force font tous les droits" (Voltaire)

    « On cristallise l’horreur au masculin! »

    "On ne saurait tolérer que les tribunaux qualifient les faits en fonction des résultats qu'ils souhaitent obtenir dans le cas d'espèce car dès lors que l'impressionnisme tient lieu de règle, le déclin du Droit n'est pas loin..." Professeur Roger PERROT in Revue Trim. Droit Civil 1984 page 559

    "Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres porter les chaînes de l'esclavage, c'est qu'il accepte lui-même un jour de les porter." Abraham Lincoln

    « Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres détruits par de fausses accusations, c’est qu’il accepte lui-même de subir, un jour ou l’autre, lui aussi, les mêmes destructions. » M. Willekens

    Si tous les gars pouvaient se donner la main pour crier, dans les rues, leurs colères contre ces impostures judiciaires, ce trafic infâme,… et dénoncer publiquement que L’injustice est un métier ?!?...

    La justice européenne est à la botte du Grand capital !
    Racketter le domaine privé, le domaine public… Pour se faire, le trafic de la « justice » bénéficie de la complicité intéressée des élus de tout poil. Les uns couvrent les autres et inversement. Les autres se retranchent derrière la décision des uns. Les uns sont nommés par le Grand capital, les autres sont élus. (Les magistrats sont nommés. Les politiques sont élus.). C’est partout dans les palais industriels de l’injustice ! Pas encore convaincu ? Lisez alors quelques exemples sur http://echomonde2.wordpress.com/
    C’est à nous de donner un sérieux coup de balais dans ces antres de l’horreur judiciaire !
    Merci d’avoir le courage de diffuser.

  • Bonjour John,

    Dommage que tu n'aies pas eu pleine justice... mais le principal est que tu t'investisses (enfin) là où tu peux le mieux, et je sais que tu peux beaucoup.

  • *Bonsoir John, il n'y rien de plus blessant que l'injustice ! Mais, mais moment donné il faut savoir tourner la page et ne plus se focaliser là-dessus, mais sur la vie qui est belle, quand on sait la rendre belle. Oui, notre existence et si courte, toi qui vit dans le cosmos ou les étoiles, tu dois le savoir, pour ne pas nous laisser empoisonner par ces faits, aussi douloureux qu'ils soient !
    Une bonne pensée pour toi qui me semble honnête; tu mérites mieux. Tournes la page pour enfin être libre, hommelibre !
    B

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