Hommage à une femme de convictions

Le hasard fait parfois bien les choses. Ainsi hier après-midi. C’était l’Assemblée Générale de l’APTN, Association des Praticiens en Thérapies Naturelles, qui regroupe des naturopathes et techniciens en médecines douces.

Mamamélis.jpgLe hasard donc me fit asseoir en face de Rina. Rina, c’est une battante. Une femme de convictions qui a mis ses idées en pratique. Elle voulait donner aux femmes plus d’autonomie et de responsabilité sur leur vie. Professionnellement elle a réalisé son militantisme féministe au moyen des médecines douces.

Rina Nissim a créé à Genève, il y a une trentaine d’année, le Dispensaire des Femmes. Entourée d’une équipe pluridisciplinaire qu’elle a su fédérer, dont un médecin, elle proposait une approche alternative dans la santé des femmes. Celles-ci apprenaient à connaître leur corps, à l’observer, à le soigner en s’investissant elles-mêmes autant que possible.

Le Dispensaire était orienté vers les soins naturels, mais les femmes avaient la possibilité de faire aussi appel à la médecine académique. Elles le faisaient alors sans subir le gynécologue, avec des éléments d’information et de réflexion qui leur donnaient la possibilité de choisir.

Rina, de loin en loin nous avons gardé du respect mutuel et une sympathie. Tu as écrit plusieurs livres, mais ton ouvrage phare, “Mamamélis”, restera encore longtemps la référence en matière de de soins naturels pour les femmes. Je le conseille toujours à mes étudiants, parfois même je leur raconte un peu ton histoire.

Tu as été fâchée avec moi quand j’ai organisé le premier Congrès international de la condition masculine “Paroles d’hommes” en 2003 à Genève. Tu ne savais pas encore les raisons qui me motivaient. Je me souviens de ta prise de position contre moi en pleine Assemblée Générale, alors que je quittais à regrets mes fonctions passionnantes au sein du comité pour affronter la plus dure bataille de ma vie, celle qui a vu ma victoire le 1er février 2008 lors de mon acquittement. Celle qui m’a fait découvrir la face cachée et les dérives d’un certain féminisme.Rina1.JPG

Hier notre communication était sans tension. J’ai apprécié.

Je crois savoir de toi que tu n’aimes ni les privilèges ni le culte de la personnalité. Tu agis par conviction, tu travailles à ce qui te semble juste, et tu n’aimes pas être mise trop haut. Pourtant j’ai envie de te rendre cet hommage aujourd’hui: tu as fait du bon boulot.

Tu m’as dit hier, avec un sourire indéchiffrable et un regard énigmatique, que tu me lis parfois. J’espère que tu me liras ce jour. Que tu accueilleras cet hommage d’autant plus sincère qu’il vient d’un homme, un homme qui partage tes convictions dans certains domaines – la santé et l’autonomie individuelle – mais qui en diverge si profondément dans d’autres.

Et je conseille aux femmes de lire ton livre. Une mine d’or!

 

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