Médecines complémentaires et nouvelle Constitution: du neuf?

Dans l’esprit de la souveraineté du citoyen et de l’humain en général, le développement important des médecines complémentaires - dites aussi “douces” doit être prise en compte. L’évolution de la société dans ce domaine n’est pas représentée à sa juste mesure.

 ConstitLogo4.jpgJe me suis investi à fond depuis plus de 20 ans dans les approches complémentaires de santé. En plus des soins en cabinet, j’ai créé une école de formation personnelle et professionnelle, organisé pendant des années un salon-congrès sur ce thème, participé activement à diverses associations professionnelles, contribué à la définition et à la déontologie des professions en naturopathie. J’ai joué un rôle de pionnier dans ce domaine, je pense humblement savoir un peu de quoi je parle.

Actuellement il n’y a pas de reconnaissance cantonale ou fédérale des soins dit naturels. Les assurances complémentaires remboursent en partie les Pieds1-1.jpgfrais selon des contrats spécifiques. A Genève un Registre des professions de santé complémentaires a été institué depuis quelques années. Il recense les praticiens mais ne valide pas les formations.

Une telle validation est encore délicate car la recherche dans nos domaines ne dispose pas de ressources, à part les laboratoires comme en l’homéopathie. Si les cursus de formations tendent vers un standard commun, il y a encore de nombreuses disparités. Toutefois la pratique s’est imposée largement, cela parce que les patients de plus en plus nombreux ont été satisfaits. Donc cela marche. Sans pour autant avoir réponse à tout.

Nous proposons d’inscrire dans la nouvelle Constitution le principe de libre choix des approches de santé. Les citoyens sont libres de décider comment ils veulent se soigner. La loi, elle, pose des garde-fous avec lesquels je suis en accord, afin d’éviter qu’un praticien ne déborde de son cadre.

AfficheMCG.jpgPersonnellement je souhaite que l’on aille plus loin même si ce sera difficile. De même que l’article actuel sur l’énergie demande à l’Etat d’encourager de diverses manières les énergies renouvelables, de même pourrait-on imaginer que les autorités soutiennent la recherche et la déontologie dans le domaine des médecines complémentaires. Genève ferait oeuvre de pionnière.

Si une telle intention devrait plutôt s’inscrire dans une loi, j’en défendrai toutefois l’esprit dans la nouvelle Constitution.

John Goetelen, liste No 9 MCG
Mouvement Changer Genève



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PS: Encore bravo à Whitney! Son sourire va peut-être conquérir le monde, qui sait?Toyloy2.jpg
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Catégories : Politique 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • "je pense HUMBLEMENT savoir un peu de quoi je parle."

    :O) !!!!

  • Rien ne vous échappe Azrael... Je veux dire par là que je ne suis pas le seul, d'autres aussi savent bien de quoi ils parlent. J'ai généralement une pudeur à faire étalage de mes états de service. Ici c'est utile. Mais je pourrais dire: "Je pense audacieusement... ou clairement..." ou rien du tout, c'est plus simple. Mauvais esprit, va... :o)

  • Et voila, encore une anerie de plus à inscrire dans la constitution ... du grand n'importe quoi !

  • Et voilà, Dji, encore une démonstration de plus de votre pensée élaborée et argumentée... du grand chabadabada... C'est bien: je fais le couplet, vous faites le refrain... Plus sérieusement, où est l'ânerie?

  • Le libre choix du système de santé, et donc de la couverture par la LAMAL ne dépend clairement pas de la Constitution cantonale, vous allez avoir du mal à faire changer cette réalité! Vous voulez être élu pour défendre votre secteur d'activité, c'est une motivation possible, mais si tous font comme vous, bonjour les discussions sans fin où chacun prêchera pour sa paroisse et son pré carré!

    L'évaluation des médecines complémentaires est peut-être nécessaire, la reconnaissance des compétences également, mais cela n'a strictement rien à faire dans les discussions de révision de la Constitution Cantonale, à mon humble avis.

    C'est la loi sur la santé qui traite ce sujet : http://www.geneve.ch/legislation/rsg/f/rsg_k1_03.html
    et si cette loi ne vous satisfait pas, il faut utiliser les moyens usuelles pour la faire réviser, il n'est pas nécessaire de modifier la Constitution pour cela.

    Quant à faire financer par le canton la recherche (qui n'existe pas) sur l'évaluation des médecines complémentaires, je vous laisser à vos illusions.

    A part ça, les citoyens peuvent choisir en toute liberté la manière dont ils se soignent: par des professionnels de santé reconnus et donc remboursés, et d'autres complémentaires, non remboursés. Personne ne m'interdit d'aller suivre un de vos cours et d'appliquer une méthode thérapeutique que vous pourriez me recommander, je vais juste le payer de ma poche. Que vous vouliez obtenir une reconnaissance officielle pour que vos honoraires soient prix en charge par la LAMAL (et les assurances complémentaires) se comprend, de votre point de vue. Du point de vue de l'Etat, des contribuables et des assurés, c'est moins évident.

  • Tatage: le principe à inscrire dans la constitution est avant tout le libre choix de l'approche thérapeutique. Il n'y a pas si longtemps que Genève s'est libéralisée dans ce domaine, et la loi ne fixe rien à part de Registre dont je parle. Il y a à peine plus de 20 ans, la simple pratique d'une thérapie douce pouvait encore être passible de poursuites pénales. La situation de ces approches thérapeutique pourrait être remise en cause du jour au lendemain. L'inscrire dans la Constitution, au même titre que d'autres droits fondamentaux, garantit une certaine pérennité. J'y vois un principe.

    Si je défends cette idée ce n'est pas simplement pour mon pré carré, ce n'est pas corporatiste, simplement je suis placé pour connaître ce domaine. Si je suis élu, je ne crois pas que cela puisse m'apporter le moindre avantage personnel. Je n'en suis pas là mais je pense bien normal que ce domaine soit considéré comme d'utilité publique.

    Oui je rêve en pensant que l'Etat pourrait soutenir une recherche dans ce domaine. Cela dit, le Fond National pour la Recherche l'avait fait il y a quelques années, mais il y a eu peu de projets validés.

    Je compare avec l'article constitutionnel 160E actuel sur l'énergie:

    "d) par l'encouragement de recherches et d'expériences dans le domaine des énergies renouvelables."

    "7° par l'encouragement de recherches et d'expériences dans le domaine de l'économie d'énergie dans le bâtiment;".

    Cet encouragement était utile vu le peu de recherche et d'investissement dans ce domaine. Pourquoi ne le ferait-on pas dans d'autres domaines? Mais je sépare le principe du libre de choix de santé d'avec la recherche, et si je parle de celle-ci, comme je l'ai écrit c'est d'abord pour en défendre l'esprit.

    En ce qui concerne les assurances, cela ne peut concerner la Lamal, qui est fédérale et qui privilégie les approches thérapeutiques académiques.

  • Je tiens à freiner vos ardeurs. Les seuls thérapies remboursées par Lamal sont celles qui ont fait leurs preuves scientifiques. Ce n'est malheureusement par le cas des médecines complémentaires.
    Je ne comprends pas non plus le parallèle que vous tentez d'établir avec les énergies renouvelables. Si vous tentez de surfer sur la vague écolo-alternatif vous vous fourvoyez complètement.
    De plus, si vous arrivez à me définir le principe de la recherche en homéopathie, les buts poursuivis et ses accomplissements, vous serez très imaginatif, puisque ces médecines "douces" n'ont tout simplement aucune base scientifique à ce jour. Les "laboratoires" homéopathiques ne servent qu'à donner un semblant de crédibilité à un commerce très lucratif nécessitant peu de formation et peu de moyens, mais avec des bénéfices conséquents (quelle est la marge bénéficiaire sur un médicament homéopathique? sûrement bien plus large que celle d'une molécule que Novartis aurait mis 20 ans à développer et à tester).
    Votre plaidoyer pour les médecines complémentaires sert des ambitions purement professionnelles, et les inscrire dans la Constitution reviendrait à leur donner la crédibilité politique qui leur manque à ce jour, à défaut de crédibilité scientifique.

  • @ Striker: La preuve d'une méthode est un sujet intéressant. En médecine académique cette preuve doit être administrée d'abord in vitro. Dans le domaine des médecines complémentaires la preuve in vitro est souvent difficile à fournir. Cela dépend des méthodes. Pour la phytothérapie, là où il y a des molécules en quantité, c'est démontrable. En homéopathie où la présence quantitative n'est pas démontrable, la preuve in vitro n'est pas un objectif en soi.

    L'expérimentation en homéopathie est faite selon un certain nombre de provings, mais pas in vitro. C'est souvent la pratique qui conforte la réalité de l'action, en particulier sur les animaux ou sur des bébés par exemple, soit sans effet de suggestion. Les résultats, soit les modifications de l'état pathologique et l'amélioration de la santé, sont des preuves mille fois répétées pour les praticiens.

    En effet la Lamal ne prend en charge que ce qui est prescrit par les médecins, donc les traitements proposés par les non-médecins ne peuvent être pris en charge sauf par les assurances complémentaires.
    Inscrire les médecine complémentaires dans la Constitution ne sert pas des ambitions purement professionnelles, mais peut donner un cadre d'exigences à l'égard des praticiens. La prochaine initiative sur les médecines complémentaires va dans ce sens au niveau fédéral. Je viens d'en faire un billet.

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