Langue, panneaux, rues et tpg : féminisation au forceps

Quelques mots encore sur la volonté de féminiser des noms de rues et des panneaux signalétiques. Je n’ai pas lu de débat public préalable à ces décisions. Or il y a nécessité d’un débat.

 

 

tpg-genre-02.jpgSymboliquement correct

Sur le fond j’approuve l’intention de donner plus de noms de femmes dans la cité et le canton. C’est une chose normale et juste. Lesquelles? Cela pourrait, devrait même à mon sens, faire l’objet d’une consultation au moins locale.

De plus le choix ne devrait pas dépendre d’un calcul arithmétique. Chaque cas doit être étudié en lui-même et non selon un parti-pris idéologique. La ville n’appartient pas aux féministes.

Pour les routes, places et rues nouvelles, la chose est simple. On ne prend la place de rien ni personne.

Pour les autres, si l’on veut débaptiser, je suggère de choisir des voies portant noms de choses ou de lieux, de préférence non chargés d’histoire. On ne devrait pas débaptiser une rue portant déjà un nom de personne. Par simple respect.

Or les autorités genevoises ont exprimé l’intention de remplacer des noms de rues portant patronyme masculin, par des noms de femmes. C’est symbolique du féminisme: il faut remplacer l’homme.

Une pétition circule contre le remplacement du nom de la rue Frank martin, pétition que je relaie ici.

 

 

upside_down_by_photoyoung-d5cc947.jpgMarcher sur la tête

La féminisation des panneaux de passages pour piétons a déjà provoqué quelques remous. Une signalétique doit être claire et rapidement identifiable. Celle-ci s’adresse aux automobilistes. Ils ont besoin de panneaux compréhensibles de loin. Cela doit exciter un réflexe de prudence et non une réflexion sur le sens du panneau.

Or en multipliant les pictogrammes (6 différents) on donne à chaque fois un message un peu différent qui appelle à être décodé.

Ceci est d’autant plus vrai que la première intention de ces nouveaux panneaux est de montrer une diversité, non un passage protégé. L’attention de l’automobiliste est attirée davantage par le décryptage de chaque picto que sur la possibilité d’un danger.

On peut donc dire que la trouvaille des autorités rend la circulation routière plus dangereuse qu’avant. Mais Genève est progressiste, n’est-ce pas?

Je passe sur le fait qu’en voulant régler une supposée discrimination on en crée une plus grande, puisque les femmes sont représentées par 6 panneaux, les hommes par un seul! On marche sur la tête chez les idéologues aussi bêtes que méchants.

 

 

tpg-genre-01.jpgContamination

Les Transports Publics Genevois (TPG) se sont mis à l’écriture dite inclusive: Votre conducteur-trice. (image 3, clic pour agrandir). Oh les congs!… Quel ou quelle responsable des questions de genre à mis la régie à genoux dans la messe du politiquement correct et du linguistiquement foldingue?

Conducteur-trice, quelle bâtardise! Non seulement on dégoûte de la lecture mais à nouveau le féminin est à la traîne, comme un appendice, tronqué et derrière le masculin pour cause d’ordre alphabétique. Qui devient ici un ordre alphabêtique

Le redoublement au pluriel aurait été tellement plus élégant: « Vos conducteurs et conductrices travaillent dans ce véhicule… ». Le féminin est toujours après le masculin, mais ce n’est plus qu’une simple règle de grammaire et non une supposée exclusion ou hiérarchie. Nous aurions ressenti de la gratitude pour ces personnes qui travaillent à notre service. Non, à la place on a ce pet féminisant et malodorant.

Les uns après les autres, ils partent en couilles. Enfin, si j’ose dire.

 

 

virus-02.jpgVirus spreading

Je note au passage qu’on ne s’offusque pas de voir le virus s’étaler partout. Virus vient du latin virus, qui signifie: suc, bave, poison. Et dans virus il y a la racine vir, qui signifie l’homme au masculin.

Je ne garantis pas la justesse de cette logique mais les associations d’idées s’affranchissent parfois de toute logique. Les hommes et les virus, par association d’idées, occupent tout l’espace médiatique.

Pour contribuer à la grande lutte contre tous les sexismes je propose de nommer le prochain agent pathogène la Muliera, du latin mulier, mulieris, la femme. Ou plus simplement, et afin de ne pas généraliser: la Feminista.

Voilà, une inégalité de moins.

 

 

 

 

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À lire, l’étude très documentée de Patrick Guillot, "Misogynie, misandrie, il y a deux sexismes". Le livre est paru aux Editions de Varly. Peut être commandé en ligne aux Editions de Varly, sur Amazon, Rakuten, ou chez n’importe quel libraire.

J’en ai parlé dans ce billet.

 

 

 

Catégories : Féminisme, Humour 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • A propos de l'affiche TPG, je remarque aussi qu'ils se soucient de la santé de chacun, mais pas de chacune... c'est moche... :)

  • Remplacer la plaque de l'ingénieur-entrepreneur Louis Favre à qui l'ont doit la traversée des Alpes nord-sud dénote d'un manque de respect pour son œuvre qui permet actuellement le transport de marchandises par le rail !

    Vont-elles déboulonner toutes les statues pour les remplacer par les leurs ?

    Belle journée à vous

  • Eh oui un peu de cohérence et de respect envers chacun.e !

    A propos de cohérence, vous êtes-vous déjà rendu sur le site des offres d'emploi de l'Etat de Genève ?
    https://www.ge.ch/offres-emploi-etat-geneve/liste-offres

    Ça vaut le coup d’œil, il y en a vraiment pour tous les goûts,

    les adeptes du tiret:
    Assistant-e-s socio-éducatif-ve-s
    Infirmier-ère spécialisé-e
    Maître-sse-s généraliste-s

    ceux qui ne jurent que par le petit point
    Greffier·ère
    Directeur.trice

    les fans des barres obliques
    Intervenant/e
    Un/ conseiller/ère (au fait je crois qu'il manque un "e")

    et puis il y a ceux qui panachent
    Educateur/trice-s sociaux/ales

    Enfin, ceux qui respectent l'intégrité de la langue
    Directrice ou Directeur (en deux mots et en toutes lettres, ça mérite d'être salué - c'est au demeurant la pratique générale et uniforme de la Ville de Genève, qui de ce point de vue manifeste beaucoup plus de cohérence que l'Etat).

    Je crois même avoir vu la dernière fois une annonce outrageusement "male only" (de l'office des systèmes d'information il me semble), mais je crois qu'ils l'ont heureusement corrigée depuis

  • Olivier, je découvre grâce à vous. C'est le pompon.

    Pour la ville c'est bien mais peut encore faire mieux: respecter l'ordre alphabétique afin d'éviter tout biais.

    Donc par exemple:

    Directeur ou Directrice (et non pas Directrice ou Directeur)
    Assistant, Assistante (au singulier)
    Assistantes, Assistants (au pluriel)

    Et dans cet ordre alphabétique, qui à mon sens devrait prévaloir:

    Françaises, Français est incorrect, il faut les inverser;
    Mesdames, Messieurs, est correct.

    Ensuite cela peut dépendre de la construction de la phrase et du paragraphe, l'ordre alphabétique peut être supplanté par une autre logique. Mais en "littérature" administrative, je trouve que le mieux est de rester dans des logiques simples.

  • Cette guerre des sexes, à propos des noms propres donnés aux rues, ne fait que commencer, le but étant, pour les féministes, d'obtenir la parité. Autrefois on évaluait le mérite de l'individu, en fonction de critères à la fois objectifs et subjectifs puisque historiques. Et, bien évidemment, les hommes étaient majoritaires. Ces derniers étant en première ligne en matière politique, scientifique, militaire, sportive, etc, se trouvaient généralement au-dessus des femmes quant à leur influence, à leurs responsabilités, leurs exploits, leur notoriété. Les femmes auraient pu, tout aussi bien que les hommes, figurer au palmarès de la société humaine ou du pays concerné, mais elles subissaient le handicap de la maternité et des stéréotypes. Il faut bien admettre que la condition féminine de l'époque n'était pas celle d'aujourd'hui.
    Ayant maintenant les mêmes droits que les hommes, la même éducation et la maîtrise des naissances, la femme du vingt-et-unième siècle a les moyens de faire valoir ses capacités autant que les hommes. Mais il reste deux obstacles à franchir pour les femmes. Elles doivent d'abord faire des choix, difficiles pour les mères, entre la famille et leur profession. Et la célébrité met du temps à émerger et à être ratifiée par la société. Il est évident que, dans le futur, on aura que l'embarras du choix pour sélectionner des noms de femmes pour nos rues et pour remplacer les hommes passés de mode.
    Mais le néo-féminisme revanchard est impatient. Il est totalement imprégné de cette idéologie qui confond égalité numérique et égalité des droits. Il est prêt à faire passer le sexe avant la compétence et la qualité. Et cela ne concerne pas seulement le nom des rues. Aujourd'hui, c'est hélas cette stupide notion de parité qui gouverne.

  • "Les femmes auraient pu, tout aussi bien que les hommes, figurer au palmarès de la société humaine", ça c'est une pure supposition qui n'engage que vous, les hommes et les femmes ne sont pas identiques, mais complémentaires, les priorités des femmes ne sont pas les mêmes que celles des hommes.

    http://la-cause-des-hommes.com/spip.php?article312

    les centres d’intérêts et les aptitudes non plus, en suède pays on ne peux plus égalitariste, il y a toujours 90% d'ingénieurs et 90¨%d’infirmières.

    http://la-cause-des-hommes.com/spip.php?article365

    "Il est évident que, dans le futur, on aura que l'embarras du choix pour sélectionner des noms de femmes pour nos rues et pour remplacer les hommes passés de mode."

    ah bon !!!
    il y a beaucoup plus de disparités chez les hommes que chez les femmes, le pourcentage d'idiots et de génies est beaucoup plus élevé chez les hommes., et les 3/4 quart des femmes donnent la priorité à leur famille et leurs enfants c'est comme ça, les stéréotypes n'ont rien à voir là dedans.

    donc on n'est pas prés d'avoir l'embarras du choix dans le futur.

  • Depuis que les finances de l'état ont été confiées aux Danaïdes, il existe un moyen simple de boucher quelques trous : confier le choix du nom des rues à un système d'enchères. Si vous voulez que l'endroit où vous habitez s'appelle désormais «avenue John Goetelen», vous n'hésitez pas à miser un max et vous finissez par l'obtenir. La classe, non ? Pour faire tourner le Schmilblick, les rues devraient être renommées tous les 50 ans.

  • Vous avez raison de ne pas vous contenter d'une impasse ou d'un passage: c'est le boulevard des Philosophes ou rien !

  • Il faut signer la pétition pour sauver le nom de la rue Frank Martin, mais il est bien dommage que cette dernière ne porte pas sur TOUS les noms de rues qui vont être changés pour se plier au caprice de la mère Salerno, idéologue bornée! Je sais que les locaux s'opposent également au changement de nom de la rue Jean Violette en rue Grisélidis Réal. Y-a-t-il une pétition qque part? Pourquoi ne pas chosir la rue de Berne pour ce changement de nom? Ainsi, Mme Réal serait honorée là où elle travaillait.

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