Marronnier de la Treille : le printemps recule !

À Genève le célèbre et très officiel marronnier de la Treille vient d’annoncer le printemps. Sa première feuille est sortie ce dimanche 8 mars. La sortie de cette feuille est suivie depuis 1818. Le graphique sur deux siècles montre deux tendances contradictoires.

 

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J’ai abordé le sujet il y a un an. Pour 2020 la tendance au recul se confirme.

La feuillaison dépend de la météo de chaque hiver. Un débourrement précoce répété sur plusieurs dizaines d’années est un indice de réchauffement général du climat par l’adoucissement des hivers.

Le Grand Conseil genevois, en charge du suivi de l’événement, publie un intéressant document sur ce marronnier. Il nous apprend que la sortie de la première feuille a considérablement varié en deux siècles.

L’image 1 (clic pour agrandir), qui figure en page 16 du document, et sur laquelle j’ai ajoutés les lignes de tendances, retrace le graphique de ces variations. De 1818 à 1870 environ la première feuille sort très tardivement, dans la première quinzaine d’avril.

Or depuis une vingtaine d’années la moyenne se situe entre le 10 et le 20 mars. Nous avons gagné trois semaines à un mois. Le printemps a avancé.

Mais le graphique montre également autre chose. De 1900 à 1990, la première feuille sort de plus en plus tôt en mars, puis en février, avec une accélération de cette précocité entre 1985 et 1995. Le printemps avait avancé de presque deux mois sur le début du 19e siècle.

Et cela avait des avantages: la production agricole allait augmenter, ou être moins vulnérable aux gelées tardives.

 


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Les récoltes de 1820 devaient être beaucoup moins abondantes que par la suite. Le froid relatif fragilisait non seulement l’agriculture mais aussi la santé des populations.

Le climat s’est réchauffé. Heureusement!

Ensuite, des années 1990 à nos jours, le graphique change. La première feuille sort de plus en plus tard. Si nous avions gagné deux mois en 180 ans, nous reperdons un mois en trente ans.

Le printemps recule! C’est contre-intuitif par rapport à la phase de réchauffement.

Je n’en tire pas de grandes conclusions. Mais cette intéressante observation suscite des questions sur l’alarmisme climatique, même si c’est un indice isolé et particulier qui peut être contredit par d’autres observations. L’intérêt ici est de disposer d'une longue série régulière d’observations.

Comment expliquer ce recul? Je n’ai pas de réponse. Je constate, c’est tout.

Je précise que c’est le même arbre qui a servi de 1929 à 2015. La forte variation ne peut donc être imputée à un changement de spécimen.

N’empêche, si le recul du printemps continue, si nous perdons encore des semaines, il faut espérer que les hivers resteront plutôt doux. Sans quoi, si des hivers froids devaient revenir, et si le printemps reculait encore plus, santé et production agricole seraient à nouveau fragilisées.

Il y aurait peut-être moins de canicules, mais je ne vous dis pas les étés pourris!

 

 

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Commentaires

  • HORS SUJET MAIS TRES IMPORTANT:

    J'encourage ceux d'entre vous qui ne sont pas encore au courant à lire le billet suivant et à télécharger, signer et faire signer la pétition si vous voulez aider à sauver ce qui reste de notre histoire et de notre culture. Merci d'avance:

    http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2020/03/13/bataille-des-rues%C2%A0-la-resistance-s-organise-305020.html

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