Préservation et conservation sont les deux mamelles de l’écologie

Le futur c’est le passé. Par exemple, replanter des arbres pour les génération futures c’est se donner l’objectif de revenir à des périodes bien antérieures à la nôtre. Et pourquoi pas? N’est-ce pas de notre responsabilité de laisser à nos enfants un monde vivable, comme on dit aujourd’hui?

 

réchauffement,climat,arbres,reforestation,grande muraille verte,geneve,conservatisme,écologie,australie,chine,afriqueTempérer, préserver, conserver

Ainsi l’Australie va planter un milliard d’arbres d’ici à 2050. En juillet l’Éthiopie a planté 350 millions d’arbres, et espère en planter 4 milliards d’ici fin octobre. L’Inde va planter sur 95 millions d’hectares.

Des chercheurs suisses le disent:

« La restauration des arbres fait partie des stratégies les plus efficaces pour atténuer les effets du changement climatique". Ces scientifiques ont estimé que 0,9 milliard d’hectares pourrait être reboisés sur Terre sans empiéter sur les villes ou terres agricoles. Et ces arbres permettraient d’absorber 205 gigatonnes de carbone. » 

Il y a néanmoins des bémols. Plusieurs décennies sont nécessaires pour qu’un arbre capte utilement le CO2. De plus planter en masse une ou deux espèces peut perturber l’écosystème. Et quel serait l’effet de vastes reforestations rapides sur le régime des précipitations? Alors, planter, c’est favorable ou non?

Les grands travaux de reboisement nous le diront. La Chine a tenté de créer sa Grande muraille verte pour contenir l’avancée du désert de Gobi (image 1), au nord du pays. Un quart de la partie du désert de Kubuqi a reverdi en trois décennies (image 2). La Grande Muraille verte africaine s’implante progressivement au Sénégal, en lisière du Sahel.

Ces murailles vertes font encore l’objet de controverses. Mais planter des arbres reste une méthode naturelle pour interagir avec l’atmosphère, capturer du CO2, dépolluer l’air, et tempérer une région.

 

 

réchauffement,climat,arbres,reforestation,grande muraille verte,geneve,conservatisme,écologie,australie,chine,afriqueLe temps, la paix et l’âme

Ainsi à Chêne-Bougeries, sur le canton de Genève, le Conseil municipal a décidé de planter 1’000 arbres en 10 ans.

La sympathique Conseillère municipale Catherine Armand soutient et commente cette initiative sur son blog. Elle souligne cependant que replanter est une bonne chose mais qu’il en est une meilleure: PRESERVER.

Préserver, c’est laisser en place. C’est laisser comme c’est, sans trop y toucher, sauf pour l’entretien. C’est maintenir en l'état pour conserver. L’UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature, porte le même discours.

Madame Armand ne m’en voudra pas trop, je l’espère, de rebondir ainsi sur son texte. Je pense que l’on assiste, à travers l’écologie politique en particulier, à une puissante revitalisation du conservatisme, attitude prônant la conservation de ce qui est considéré comme bon.

Ici, un conservatisme environnemental, doté d’une justification imparable que l’on n’a pas besoin d’argumenter: sauver la planète. Enfin, nous sauver nous-mêmes car la notion de salut ne peut être appliquée à un objet inanimé.

Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas, disait André Malraux. Le djihadisme, l’écologisme apocalyptique, le féminisme fanatique, semblent lui donner raison. J’ajouterai, en le paraphrasant: le XXIe siècle sera conservateur ou ne sera pas…

D'un conservatisme qui rend aux femmes et aux hommes le temps, la paix, et l’âme des choses et des civilisations.

 

 

 

 

Catégories : Environnement-Climat 9 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Une occasion de parler de la nouvelle loi sur la chasse. Je peux parfaitement admettre que l'on puisse cesser la progression démographique des loups, je trouve cela normal et les couinements des urbains, je n'en ai rien à cirer.
    MAIS : comment peut-on comprendre qu'aujourd'hui en Suisse, il existe une majorité pour admettre que les chasseurs puissent tirer des tétras et des lagopèdes alpins ? C'est d'un niveau de connerie absolument sidéral.
    C'est franchement à vomir. Il y a vraiment des tarés finis dans les services étatiques de protection de la faune...

  • Petit aparté : j'ai souvent ragé en pensant au Prix Nobel attribué à Dubochet, pour ce qui n'est guère qu'une recette de cuisine ou l'invention de l'eau froide, alors que Michel Mayor et Didier Quéloz ne l'avaient pas reçu. C'est une injustice aujourd'hui réparée. Mais comment expliquer que Dubochet a eu le Prix Nobel alors que par exemple mon professeur de cristallographie Bernard Kübler ne l'a pas eu pour son indice de cristallinité de l'illite ?
    Le copinage socialiste joue quel rôle là-dedans ?
    http://geologie-alpine.ujf-grenoble.fr/articles/GA_1974__50__5_0.pdf

  • @hommelibre,

    Pourrait- on dire que la volonté de conserver ce qui ne peut nuire ( p.ex. des arbres ou simplement de l'espace vide ) serait à l'opposé de la promotion du changement et de la densification ?
    Le changement est- il forcément un progrès et le conservatisme forcément critiquable ?
    Le progrès pourrait aussi prendre la forme d'un réalisme quant à la qualité de l'air ou la qualité de vie.
    Il n'est pas idiot de désirer de l'air frais ! "Ce qui est considéré comme bon" peut être carrément une sorte de minimum vital. L'eau potable ou l'air sans polluants ne sont pas des valeurs morales, mais des exigences raisonnables.
    A Genève, se poser des questions au sujet de l'abattage des arbres n'est pas totalement dénué de bon sens. Je ne le dis pas par idolâtrie des arbres, mais parce qu'on a quand- même compris que de vivre entouré de béton, d'asphalte et de pierres n'est pas particulièrement agréable.
    Les îlots de chaleur urbaine ne sont attractifs pour personne.
    Ainsi, à choisir, je prérère passer pour ultra- conservatrice et tous les autres adjectifs péjoratifs imaginables, plutôt que de plaider en faveur d'une ville et une périphérie totalement construits et débarrassées des arbres qui effectivement prennent de la place.
    Est- ce que les écologistes politiques se réclament du progressisme généralisé ? Il ne me semble pas l'avoir vu.
    Je crois qu'ils assument tout à fait un conservatisme quant à ce qui concerne la nature, mais ils prétendent probablement à un progressisme ( ou une ouverture) sur les questions de société.
    Il me semble que beaucoup de partis ont un mix progrès/ conservatisme, selon les domaines.
    L'UDC est probablement à l'opposé des Verts ( conservateur quant aux questions de société, non- conservateur quant à l'écosystème ).

  • Je suis bien d'accord Calendula,
    L'embêtant aujourd'hui est qu'il difficile d'établir des choix sans se sentir piégé par les débats clivants du moments.
    Il faut bien avouer que parfois le développement et le progrès a fait faire quelques boeuffries sur lesquelles on est revenu.
    Il y a bientôt 160 ans, la ville de Genève se montrait à la pointe du progrès en installant la plus ancienne ligne de tramway d'Europe; la ligne 12 (tractée par des chevaux ...) Dans les années 50-60 toujours au nom de la modernisation on a commencé a arraché les rails et nombre de branches du réseau, parce le progressisme ne pouvait pas se satisfaire de ce vieux système désuet de transport. La ceinture de la ligne 1 a été remplacée par un bus au diesel , la ligne 12 qui desservait Annemasse s'arrête désormais à Moillesulaz Et puis petit à petit on s'est rendu compte que toutes les villes d'Europe commençaient à étouffer dans un flot continu de voiture .
    Alors après on à du recreuser pour remettre des rails dès les années 90 et aujourd'hui la ligne Moillesullaz- Annemasse congestionne toute la rue de Genève par la pose de rails.

    Ma fois il en va des rails comme des arbres, on déboise, on reboise... Le conservatisme a parfois quelque chose de bon; celle de réfléchir avant d'agir; et surtout ne pas agir pour de mauvaises raisons; celles de céder à une mode éphémère de modernisme.
    Cela dit , petite anecdote , le grand progressiste James Fazy lui-même était opposé à l'installation du tram à l'époque, au prétexte que la route devait rester libre à l'usage de tout. le monde. En quelques sorte il était en avance préfigurant déjà le parti des automobilistes ;-)))

  • Première phrase de l'avant-dernier § :
    "Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas, disait André Malraux."

    «On m’a fait dire: “Le XXI e siècle sera religieux”. Je n’ai jamais dit cela, bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire.» (André Malraux, cité par Pierre Desgraupes dans le magazine Le Point du 10 novembre 1975).

  • Mario, merci pour cette rectification. Dont acte.

  • @ aoki,

    L'exemple du tram à Genève est excellent, dans ce contexte.
    A propos de la difficulté à anticiper des développements techniques, l'exemple d'une célèbre marque automobile allemande :
    A Eisenach, dans l'ex-RDA, il y a un très intéressant musée des voitures Wartburg. On y apprend qu'après avoir inventé la voiture à moteur à explosion, Benz et consorts ont décidé que leur invention n'avait pas un grand avenir.
    Ainsi, quand il s'est avéré que la voiture était en train de devenir un " must" , à Eisenach on a voulu se mettre à en construire, aux EMW ( Eisenacher Motorwerke). Ils ont dû acheter des licences en Grande - Bretagne et en France, en attendant de dévélopper leurs propres modèles, car en Allemagne personne n'avait essayé d'industrialiser l'objet automobile.
    Ça semble incroyable, à postériori, et je suis encore un peu incrédule devant cet historique.
    Une chose est sûre : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une partie des ingénieurs ont quitté Eisenach pour la Bavière et ont fondé BMW, avec le succès qu'on connaît.
    EMW est devenu " Wartburg" et a construit d'une part des voitures simples, mais pas aussi petites que "Trabant", et d'autre part de grosses limousines blindées destinées à l'exportation.
    Au moment de la chute du mur, il y a 30 ans, Opel était dans la place ! Ils ont racheté Wartburg et installé dare- dare une usine pour utiliser la main d'oeuvre qualifiée et fabriquer des Corsa.
    Ce musée racontait l'histoire de l'Allemagne au travers de l'histoire d'une marque de voitures. Je m'y suis intéressée parce que nous avions une Wartburg, autour de 1960 -64. Elle avait un moteur à deux temps et faisait un bruit de machine à coudre.
    Etrangement, mon père est devenu un bon client de BMW, lorsque ses finances l'ont permis.

    Pour en revenir au sujet de l'anticipation intelligente, je crois qu' on doit faire un pari sur l'avenir et décider d'une option en sachant qu'on prend un risque. Quand on occupe un poste à responsabilité et que les décisions impactent nombre de gens, il faut être bien conseillé.
    Couper et replanter des arbres ou pas ? Cette question me semble assez simple, bien plus simple que de construire un tram ou un CEVA. Je trouve que l'arborisation n'implique presque aucun risque, même pas financièrement, au regard du bénéfice escompté.
    On en sait suffisament, à présent, sur les avantages d'espaces verts ou de l'ombrage en ville, pour ne pas agir dans ce sens.

  • Voici un article qui remet quelques pendules à l'heure sur la question de l'impact des activités humaines sur le climat durant les 50 dernières années.
    https://theconversation.com/climate-explained-how-much-of-climate-change-is-natural-how-much-is-man-made-123604

  • @ Pierre Jenni,

    L'article que vous proposez en lien est très informatif et certainement un résumé limpide de l'état de la question, du point de vue de la majorité des scientifiques travaillant sur ce sujet depuis de nombreuses années. C'est écrit de façon très simple et les références données sont judicieusement placées.
    Mais son contenu tombe à plat, si on remet en cause la validité des mesures effectuées et des calculs qui en découlent.
    Il suffit de dire : c'est bien joli tout ça, mais il y a un biais au départ.
    S'il existe des scientifiques pour contester le travail des autres, le doute va pouvoir s'amplifier.
    Il est bien plus sympa de penser qu'on ne doit rien changer à nos habitudes, plutôt que de se poser des questions dont les réponses obligeraient à modifier des fonctionnements.
    Je crois qu'au niveau des individus, il est difficile de distinguer le temps qu'il fait du climat qui change. On vit un peu au jour le jour et on peut chercher à positiver, pour ne pas déprimer.
    Quand il fait soudainement froid, on se dit : Ouf ! en fait, tout va bien.
    Quand il fait anormalement chaud pour la saison, comme ces jours, on a envie de se dire : C'est quand-même chouette, on aurait tort de se plaindre.

    Une part du travail des climatologues tient du calcul de probabilités et d'hypothèses concernant l'évolution à venir. Si leurs prévisions s'avèrent, ils gagneront forcément en crédibilité.
    Il faudra probablement attendre que des millions de personnes soient directement impactées par la montée des eaux ( ou la sécheresse extrême) pour que l'on soit d'accord qu'il y a un vrai problème et qu'il faut agir en conséquence.
    Agir sur la partie que l'homme peut gérer, s'entend.

Les commentaires sont fermés.