Un samedi (inclusif) au soleil

Il est onze heures. Le soleil monte, l’air se réchauffe. Des nuages de traîne envoient en passant des bouffées d’air frais à l’odeur d’humidité. Ils gonflent comme des ballons, puis disparaissent comme des fantômes.

 

multiculturel,pétanque,jeu,inclusif,brunch,enfants,portableSous un arbre, près du terrain, une table de camping.  Dessus, de l’eau, des jus de fruits, une anisette et des amuse-gueule. Le « grand chambellan » – soit l’humble organisateur – accueille voisins et connaissances.

Nous sommes bientôt une vingtaine de personnes, adultes et enfants, réunis pour un brunch-pétanque. Ce n’est pas un concours. Le seul enjeu est de réussir de beaux points et de partager un plaisir ensemble. Pas besoin de savoir jouer. On se débrouille, on se passe nos trucs techniques. Et quand il n’y a pas de beau jeu, il y a le plaisir d’être là. 

Tout le monde participe. On joue en triplettes et en neuf points plutôt qu’en treize points réglementaires. Ainsi les équipes tournent plus rapidement.

Pendant que les uns jouent, d’autres déballent le pique-nique. Dont un soufflé au thon particulièrement goûteux et léger.

Les enfants sont issus de plusieurs familles. Un joli mélange de Suisse, d’Italie, d’Espagne, du Maghreb, et d’Afrique subsaharienne. Ici, pas de politique. Pas de profession de foi multiculturelle, pas de compétition vers le bien. Ici les personnes sont naturelles, d’où qu'elles viennent, quelles qu’elles soient. Chacun, chacune dispose d’une place. Nous sommes spontanément inclusifs, sans forçage, par instinct et bienveillance naturelle.

C’est ainsi que j’aime les choses et les gens.

Les enfants n’ont pas de téléphone portable. L’espace où nous sommes offre de nombreuses possibilités de jeu. Quand vient leur tour de lancer les boules, le grand chambellan me demande de rappeler le but et les règles de base de la pétanque. Plutôt que de les abreuver de mes conseils je leur demande ce qu’ils ont compris en regardant jouer les adultes.

Les enfants sont de fins observateurs. Ils ont tout compris, je n’ai rien à ajouter. Je les félicite et ils commencent. Ils faut les voir, filles et garçons, tenter de gagner le point après un moment d’intense concentration.

Ils peinent d’abord à trouver la juste longueur, comme tout débutant. Mais l’échec n’en rebute aucun ni aucune. Ils y retournent, essaient encore, et peu à peu ajustent la force du lancer.

Ils sont passionnés comme des adultes.

Ceux-ci échangent autour du terrain, par petits groupes. On parle de tout, ici de l’état du terrain, là d’une tension récente entre deux joueurs. Une tension pas piquée des vers! Un clash. On en discute, on tourne la chose sous plusieurs angles. Finalement une femme du groupe, épouse d’un joueur, émet une suggestion de nature à recadrer les protagonistes.

Rapidement mise en pratique la suggestion aura un effet très positif sur eux. Le groupe est sauvé. Jusqu’à la prochaine fois.

Aujourd’hui le ton est à la gentillesse. Nous avons remisé les différents et les aspérités du caractère. C’est la consigne du grand chambellan. Nous ne voulons pas troubler les nouveaux venus ni les enfants.

Puis vient la fin de la journée, et une envie unanime: refaire un brunch-pétanque dès que possible, un samedi au soleil.

 

 

 

Catégories : Divers, Liberté, Philosophie 7 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Pour nous une lecture qui fait beaucoup de bien, si vivante que je m'y suis crue.
    Pour vous une journée harmonieuse, de chaleur humaine.
    Merci! bon dimanche John.

  • Bonjour Colette,

    Je vous remercie, je voulais que cela soit vivant à lire, votre appréciation me donne confiance.

    Bon dimanche!

  • Heureusement qu'il y a les blogs pour parler de ce qui va bien.
    Merci pour ce témoignage sans prétention.

  • "témoignage sans prétention." Pas très gentil, ça, Jenni. Il y a dans ce témoignage la prétention de nous dire qu'on peut vivre ensemble, Suisses et envahisseurs divers. Ce que nous savons tous. Moi aussi, mon bon monsieur, je côtoie pacifiquement des étrangers. Le blème, c'est que quand ils seront majoritaires, ils refuseront de me côtoyer, moi, vu que je suis un sale Suisse...

  • Grognon, Géo? Je ne vous suivrai pas sur ce terrain.

  • Bonsoir,
    Y' a même pas un ptit nuage grisouille à l'horizon dans vot' tableau idyllique, Tant mieux. ;)
    http://www.paul-signac.org/Au-Temps-Dharmonie-La-Joie-De-Vivre-Dimanche-Au-Bord-De-La-Mer.html

  • De la part de Frieda qui n'aime rien tant que le gros temps...

    https://www.youtube.com/watch?v=BTDSEvwJgoc

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