Journalistes harcelées, chiffre final : 1,52%. Tamedia nous prend pour des veaux.

J’ai encore creusé ce sondage pendant la nuit et appliqué un autre calcul. Le nouveau résultat que je livre ici laisse pantois. Rapide rappel: avec 244 dénonciations sur les 755 réponses il y a 14,68% de femmes journalistes harcelées en Suisse. On est loin des 50% annoncés en gros titres.

 

mediaharcel-01.jpg14,68%

Pour mémoire le sondage a été envoyé à 3429 professionnels des médias. 458 femmes et 297 hommes y ont participé.

Je m’étais arrêté à ce pourcentage de 14,68. Cependant il n’est pas encore exact. Il désigne comme agressions ou harcèlement des: remarques salaces, propos sexistes, blagues à caractère sexuel. À ce stade il faudrait commencer par s’accorder sur les définitions et connaître le contexte.

Je refuse que des blagues à caractère sexuel ou des généralisations de comptoir vaguement sexistes deviennent des objets de délit. Cela doit rester de l’ordre de la blague ou de la bêtise. Mais la bourgeoisie a toujours voulu éduquer le peuple, ignare et qui parle mal. Les bourgeoises féministes ne font pas autre chose.

Si une femme me dit: les hommes sont comme ci ou comme ça, je n’y vois pas forcément du sexisme malgré la généralisation. C’est son opinion ou son expérience, à moi de la contrer si je le souhaite.

Et si la personne a délibérément voulu blesser, ce qui n’est pas si fréquent, présenter des excuses suffit en général à clore le litige sans aller au Tribunal. La justice et les intentions politiques n’y changent rien: cela se passe dans la tête et dans le cœur des gens. C’est là qu’il faut y travailler.

Quand on n’aime pas quelque chose on devrait le dire directement, en situation, plutôt que de déléguer notre parole à un juge.

 

 

harcèlement-03-.jpgSoustraction

Si par contre cette opinion se développe en idéologie, avec des effets préjudiciables sur le statut et l’image sociale des hommes, et une propension à la dévalorisation sociale ou culturelle de ceux-ci, alors c’est du sexisme.

Mais restons libres malgré les risques de malentendus ou de harcèlement: femmes et hommes nous devons pouvoir déconner librement et disposer d’une marge d’approximation, d’erreur ou d’humour (même provocateur) dans nos relations.

Je refuse donc, avec quelque raison me semble-t-il, de qualifier ces trois points de harcèlement ou d’agression. Je les soustraits comme n’étant ni du harcèlement ni une agression. Ils sont pourtant mentionnés par plus de 80% des femmes parmi celles qui ont fait des signalements. Mais leur place ici ne sert à mon avis qu’à gonfler les chiffres ou à brouiller les pistes pour faire du chiffre.

Il reste les quatre autres critères, en rouge sur l’image. Plusieurs coches étaient possibles. Pour cette raison il y a 365 réponses, soit 120 réponses de plus que de personnes dans cette tranche des 244. Les quatre critères ne s’additionnent donc pas. Seule la proportion entre eux est intéressante ici.

Du fait du système de réponses multiples je garde comme référence de comportements possiblement délictueux le critère avec le plus grand nombre de mentions, soit 52.

On peut en effet imaginer que celles qui mentionnent le harcèlement criminel se retrouvent aussi dans les « tentatives d’approche accompagnées … de menaces » et peuvent être inclues dans les 52.

 

 

harcèlement03.jpgAnonymat

Mon principe: dans la même catégorie générale de réponses (ici, les comportements possiblement délictueux), les plus grandes contiennent les plus petites.

Cela semble pertinent dans notre cas de figure. Ce serait à affiner mais cela donne déjà l’indication à laquelle j’étais arrivé hier. 52 c’est environ un cinquième des femmes qui ont mentionné un fait, un cinquièmes de 14,68% journalistes femmes. Soit moins de 3%.

Donc un peu moins de 3% de journalistes se déclarent agressées sexuellement ou harcelées dans le cadre de leur travail, selon le seul critère qui justifie une qualification pénale: la contrainte. Par exemple un harcèlement téléphonique ou par courriel peut être considéré comme une contrainte, s’il est réitéré plusieurs fois et si la personne récipiendaire a clairement demandé d’y mettre fin.

Mais un nouveau calcul bouscule encore ces chiffres. Il est précédé d’une question: pourquoi 78% des personnes femmes et hommes n’ont pas manifesté d’intérêt pour ce sondage? Certains seront tentés de dire, peut-être, que les femmes n’osent pas dénoncer et qu’environ seules 10% le font.

Or, si le premier des points en bas de la fiche, en bleu, semble confirmer et accentuer cette affirmation, ce n’est pas vraiment le cas.

En effet toutes les femmes s’estimant victimes pouvaient profiter de ce sondage: il était anonyme. Il ne comporte aucun élément d’identification personnelle (sauf le sexe), rien sur l’âge et la localisation, et aucune mention nominative contre une entreprise. Les vraies victimes étaient suffisamment protégée.

 

 

HarcèlementApp03.jpg1,52%

Logiquement on doit considérer que les personnes qui n’ont pas répondu ne sont concernées en aucune manière: ni victimes, ni témoins de scène les impliquant. Sans quoi elles auraient profité de cette opportunité

Si les 52 présumées victimes sont reportées à l’ensemble des professionnels de la branche (3429), les actes possiblement délictueux ne touchent plus que 1.52% des femmes journalistes. On est passé de 50% inventés à 1,52%, qui sont dans la proportion assez générale des agressions ou violences dans la sphère intime. Mon raisonnement laisse entrevoir quelques marges dans ces chiffres mais tant le présupposé (près de 90% des professionnels de la branche ne sont pas concernés par le harcèlement) que les calculs tiennent très bien la route.

1,52%, chiffre de base pouvant monter à 3%: il ne s’agit pas d’un phénomène collectif, systémique, voire idéologique.

Tamedia et la presse romande ont encore perdu du crédit. Faut-il vraiment payer pour des journaux qui reproduisent la même chose que le gratuit 20minutes? Ces organes de presse nous balancent des fake news et s’alignent sans plus de recul sur les idéologies dominantes.

Tamedia nous a pris pour des veaux, les femmes comme les hommes. La presse romande n’a rien vu, trop contente de faire le buzz avec de gros chiffres (faux). Allez encore croire à une ligne de chez ces gens-là.

La presse est pourtant importante. Mais plus celle-là. Ou pas de cette façon-là.

 

 

 

Catégories : Féminisme, Politique, société 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Si les femmes ont le droit d'êtres aussi connes que les hommes sont cons, elles ont aussi le droit de mentir comme eux.

  • Mère-Grand,

    La mise en garde de Tamedia, "sondage non représentatif", montre qu'ils savaient et s'attendaient à des critiques sur ce point. Ils se sont défaussés à l'avance et ont quand-même diffusé.

    En vous lisant j'ai réalisé que le mot "cons" était trop fort pour ma pensée. Je l'ai remplacé par "veaux" comme dans le titre. C'est aussi plus logique. Merci de m'avoir tendu ce miroir! :-)

  • @hommelibre
    De rien. Je pourrais aussi m'y regarder: depuis quelque temps je me suis quelque peu relâché en écriture.

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