Durabilité : l’insoutenable immédiateté de l’être

Étrange époque. Les idées présentées comme les plus progressistes aujourd’hui sont éminemment conservatrices – ce qui n'est pas blâmable. C’est le cas de l’écologie qui vise au maintien du statut quo environnemental des années 1950.

 

durable.écologie,conservatismePesée

Je reviens sur le sujet, déjà abordé sur ce blog. L’écologie politique veut instaurer un ordre mondial contraignant dirigé par des experts, nouveau clergé d’un Ancien Régime qui se reconstitue dans des habits neufs.

Elle tente également de s’imposer par une nouvelle morale. Par exemple dans le récent slogan: « Volez moins », en contradiction avec la liberté individuelle.

On ne doit pas sous-estimer la tendance passéiste, restauratrice d’un ordre ancien supposé meilleur, du nouvel ordre moral évoqué par cette injonction.

Une autre notion utilisée quand on parle d’environnement est le développement durable, ou la durabilité. Ce critère peut être appliqué dans plusieurs domaines: construction, finance, aménagement du territoire, par exemple. Penser sur le long terme revient à ce que faisaient nos ancêtres quand ils construisaient leurs grands édifices: cathédrales, palais, voies de circulation.

Quoi que l’on fasse certaines choses n’apparaissent qu’après. Mais anticiper, faire durer afin d’éviter l’épuisement de certaines ressources, présupposer les effets de nos actions et donc réfléchir avant d’agir, évaluer et tester les conséquences négatives éventuelles d’inventions ou de technologies nouvelles, est autant que possible souhaitable.

Cela n’a certes pas le parfum de la pleine liberté ni le fun de la spontanéité mais qu’importe. Dans tout choix il y a une pesée des avantages et inconvénients.

 

 

durable.écologie,conservatismeModernité positive

Pour cette raison je préfère qu’il n’y ait pas d’idéologie, pas de cantique à la Terre Mère, pas de séparation entre bons et mauvais dans la réflexion sur notre mode de vie, nos choix et notre planète. C’est parfois pesant d’être jugé comme on l’était autrefois dans les villages depuis des fenêtres silencieuses.

Le conservatisme est une manière de faire cette pesée des avantages et inconvénients, dans le sens où il pose comme référence normative une donnée validée par l’expérience.

En ce sens il n’est qu’une partie de la réalité. N’être que conservateur serait comme être amputé d’une partie de soi. C’est une part de mon credo dans plusieurs domaines. Certaines oppositions de style ou d’attitudes sont erronées. La contradiction fait partie de nous, c’est une dynamique intérieure. Nous sommes davantage ET/ET que OU/OU. Et conservateur, et moderniste.

La créativité humaine et la technologie permettent d’améliorer la vie. L’accès à l’électricité a rendu possible une foule de choses inimaginables il y a deux siècles. Au début de l’électricité il y avait des fils aériens partout. Quelle pollution visuelle! Cela a disparu dans de nombreux pays.

Naturellement, bien avant les soucis environnementaux actuels, les hommes ont constamment amélioré leurs pratiques. La modernité apportée par la technologie n’est pas contraire à un certain conservatisme.

La durabilité est donc plutôt une chose positive.

 

 

durable.écologie,conservatismeInsoutenable immédiateté

Enfin, avec des bémols. Si l’on fabrique des ordinateurs pour 30 ou 40 ans, une grande partie des progrès technologiques et logiciels ne pourra plus être mise en application au-delà de quelques années. Acceptons-nous cette limitation, signe d’un certain retour à la lenteur?

Qui dit durable dit moins souvent remplacé, donc moins de ventes pour les fabricants. Et moins de recettes, donc moins de moyens pour la recherche et pour des services après-vente. Les produits seront d’autant plus chers, donc moins accessibles aux populations défavorisées.

Consommer assure une bonne partie de la richesse de nos pays. Or la consommation c’est le court terme, le fun, l’émotion du moment. Le j’ai envie, je veux, moi d’abord. Pourquoi pas? Acheter, posséder, est ressenti souvent comme un pouvoir. Il n’y a pas de mal à cela.

Qui pourrait le reprocher, sans tomber dans un moralisme où, in fine, on retrouve un groupe dont les membres disent aux autres ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent être pour être admis dans la communauté du bien?

Poser un ordre du bien et du mal est un acte fondateur, donc par essence conservateur. Il doit en effet être conservé dans des textes et par des expériences et climax collectifs, et reproduit régulièrement comme matrice et comme rappel, puisqu’il est (supposément) le bien.

L’individu est d’abord porté sur l’immédiat. Il ne pense à long terme que par contrainte ou nécessité. Ce n’est pas un hasard si la consommation (donc le court-terme) est devenue un mode de vie. Et cela n’est pas blâmable. C’est ainsi, c’est tout.

 

 

durable.écologie,conservatismeLiberté chérie

Je ne partage pas l’anti-consumérisme actuel, sorte de théorie de Marcuse revisitée. J’apprends plutôt, en positif, à connaître mes besoins pour éviter de gaspiller.

Il n’est pas opportun de culpabiliser nos populations. Il n’est pas souhaitable de voir s’ériger une armée de guides, d’Al Gore, de Greta Thunberg et autres, qui viennent nous dire ce que nous devons faire ou pas.

On ne devrait pas opposer le fun de la liberté, et le sérieux de l’anticipation vers le durable. Les deux manières d’être peuvent coexister en nous, à des moments et pour des objets différents. Cependant, au nom de la conservation de l’environnement et des ressources, cette opposition a lieu.

Il n’est dès lors pas exclu de voir un jour ce conservatisme progressiste ramener la morale collective au premier plan, avec interdits et contraintes en nombre. La liberté individuelle en ferait les frais. À la manière de Georges Orwell dans 1984, on pourrait dire: le progrès c’est l’immobilité; le progrès c’est le retour en arrière.

Avant que la liberté individuelle – haute conquête de nos sociétés – ne soit mise au pilori, et pour paraphraser une pub célèbre du Club Med’, haut lieu de l’hédonisme individuel, je retourne le slogan « Volez moins » en:

« Voler moins? Si je veux ».

Car c’est à la science et à la technologie de trouver des solutions pour satisfaire nos besoins et nos rêves. Si vous affirmez cela en société vous passerez pour de gros égoïstes aux yeux des gros conservateurs de l’écologie, même si en réalité vous prenez moins l’avion qu’eux. Ce que vous tairez délibérément: voir les apocalyptiques monter les tours est très jouissif.

 

 

 

Catégories : Divers, Environnement-Climat, Philosophie, Politique, Refondation 15 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonjour,
    M'en fiche, je continuerai à planer, je suis déjà ailleurs, peuvent pas nous brider l'esprit!;)
    https://youtu.be/nVhNCTH8pDs

  • "Car c’est à la science et à la technologie de trouver des solutions pour satisfaire nos besoins et nos rêves."
    Phrase très osée, que je ne vous reproche pas. Elle fait au moins pendant à certains fanatiques qui s'efforcent de nous encadrer et emprisonner au nom de la lutte contre les méfaits technologiques du monde moderne.

  • Sauf que tout ce que vous dites est très occidentalo-centré et que l'Occident est en perte de vitesse.
    "Car c’est à la science et à la technologie de trouver des solutions pour satisfaire nos besoins et nos rêves." Allez expliquer cela en Afrique, où les paysans n'en sont pas encore à la traction animale pour labourer...

  • @ Mère-Grand:

    Osée, et pourtant... Les outils sont au service de l'Homme. Nous sommes en parfaite légitimité en les utilisant. Ceux qui s'opposent à cette idée sont les vrais réactionnaires, pour utiliser une étiquette connue. Nous devons être dans cet esprit et ne pas nous justifier d'y être. C'est normal à mes yeux. Et c'est important de l'affirmer.

    @ Géo:

    Bien sûr, mais cela viendra aussi chez eux.

  • Monsieur Homme Libre vous écrivez: "Bien sûr, mais cela viendra aussi chez eux." Cela n'est-il pas de l'impérialisme ? De quel droit imposer notre mode de vie aux autres ? Pour mieux les exploiter ? N'est-ce pas ce qui a été fait à de multiples reprises sur tous les continents ? Avec massacres, esclavages et pillages ? Notre mode de vie est-il durable ? Pour combien de temps devant l'épuisement des ressources facilement accessibles ?

  • @ Géo: Bien sûr, mais cela viendra aussi chez eux.
    Ah, ah. Et si l'Afrique refusait le développement ?
    Axelle Kabou, L'Harmattan, 1991.

  • @ Olivier1973,

    J'écris cela parce que c'est déjà en route. Pas encore autant qu'ici mais les villes d'Afrique sont électrifiées, bitumées, construite de plus en plus selon nos techniques, avec des voiture et des embouteillages monstrueux (j'ai connu ceux de Lagos).

    La technologie se développe dans le monde entier. Alors non, penser et écrire que l'Afrique suivra notre modèle de développement n'est pas de l'impérialisme. C'est un constat basé sur ce qui se passe déjà.

    L'Afrique pourrait-elle, d'elle-même, renoncer à ce type de développement? Peut-être mais quel intérêt? Devenir une "réserve" humaine de vie à l'ancienne et à la peine?

    Je leur souhaite de se développer économiquement, et donc aussi du point de vue technologique, l'un n'allant plus sans l'autre.


    @ Géo: je ne connais pas ce qu'a écrit cette dame. Le titre est provocateur mais l'idée est-elle partagée par les populations, et est-elle réaliste?

  • Je ne sais pas ce qu'il est advenu du modèle qu''Axelle Kakou expose dans son livre. Peut-Être que les blogueurs qui ont fait référence, directement ou indirectement, à une vision de ce type pour l'Afrique de demain, pourraient nous en dire plus.
    Je ne peux que constater que l'ouvrage cité date de 1991, une éternité pour les plus jeunes d'entre nous, et que la vision que nous avons des problèmes du monde et de son avenir s'est déjà considérablement modifiée depuis.
    Je ne suis pas non plus convaincu par ce qu'elle dit du Japon, qui pratiquerait " largement et sans complexe les emprunts à l'Occident avec un "opportunisme scientifique" ce qui permettrait à l'Afrique de "enfin dépasser (son) absence cruelle de projet de société cohérent".

  • "et est-elle réaliste?" Blood and guts...
    Depuis les années des indépendances, les 60's, les Occidentaux, les Européens surtout, ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour essayer de faire décoller l'Afrique... Ils ont tout essayé, le noir, le blanc, le petit, le gros, le féminin, le masculin, en long en large et en travers. Rien.
    Juste des abrutis qui économisent des sommes considérables (10'000 euros = 1 million d'euros pour nous) pour envoyer un des fistons en Europe, pour qu'il envoie à vie des mandats à sa moman tout en sacrifiant la sienne comme OS chez Renault et en dormant à la Sonacotra.
    Il faut impérativement arrêter toute aide à l'Afrique, cette aide est nuisible et les tue à petit feu. Qu'ils se démerdent, ce sont des hommes comme tous les autres, ni meilleurs ni pires.
    Mais notre "aide" les tue.
    Lisez Stephen Smith. Lisez Dambisa Moyo (avec son physique, elle ne peut que vous plaire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dambisa_Moyo
    Les Africains sont des hommes comme les autres et ils n'ont aucun droit à nous envahir. C'est cela, ne pas être raciste.

  • Monsieur Géo vous écrivez : "Les Africains sont des hommes comme les autres et ils n'ont aucun droit à nous envahir." Nous sommes bien d'accord, mais savez-vous pourquoi les habitants de la côte atlantique de la Mauritanie et du Sénégal essayent de venir en Europe au péril de leur vie ? Parce que les flottilles de pêche industrielles vident la mer des poissons. Ces flottilles ont-elles le droit d'envahir les eaux poissonneuses et de priver les habitants de leur nourriture et de leur revenu ?

    Vous avez bien raison, que les mulitnationales se retirent d'Afrique.

    Monsieur Homme Libre vous écrivez : "Alors non, penser et écrire que l'Afrique suivra notre modèle de développement n'est pas de l'impérialisme. C'est un constat basé sur ce qui se passe déjà." Est-ce que vous voulez nous dire que les peuples africains ont choisi consciemment et démocratiquement de suivre notre modèle ? Qu'ils ont choisi consciemment et démocratiquement d'abandonner certaines cultures pour d'autres ?

    Vous écrivez aussi : "L'Afrique pourrait-elle, d'elle-même, renoncer à ce type de développement? Peut-être mais quel intérêt? Devenir une "réserve" humaine de vie à l'ancienne et à la peine?"" Pourquoi à la peine ? Y a-t-il une seule manière d'être heureux ? Une seule manière de vivre en harmonie avec soi-même, avec les autres et avec la nature ? Etes-vous et avez-vous été heureux chacun des jours de votre vie ? A quoi rêvez-vous ? Tous vos rêves se sont-ils réalisés ?

    J'ai toujours cru que la société occidentale était saine, mais que les individus étaient fous, et que la société africaine était folle, mais que les individus étaient sains. Mais sans doute suis-je fou.

    Je suis sûr d'une chose. La société occidentale n'est pas durable. Elle vit sur une énergie abondante et très bon marché. Un jour ou l'autre il faudra réviser ses rêves à la baisse.

  • Olivier1973@ "Parce que les flottilles de pêche industrielles vident la mer des poissons." Si globalement je suis assez d'accord avec vous, je trouve votre explication un peu courte. Ce ne sont pas seulement les gens des côtes qui veulent migrer en Europe. Depuis les indépendances, c'est une longue tradition. Beaucoup de sociétés africaines fonctionnent sur ce schéma. Entre autres les Soninkés, justement en Mauritanie, là où j'ai été chef de projet d'hydraulique des petites villes du Gorgol et du Guidimakha. On y voit de grands immeubles construits avec l'argent que les OS de Renault envoyaient pendant que le père de famille dirigeait les travaux. 13 garçons, douze chez Renault, un pour surveiller leurs femmes restées sur place...353 personnes dans cet immeuble répartis en une cinquantaine de cellules...(Je tiens ces chiffres du responsable socio-économique du projet...). Quand qqn rentre de France, il lui faut trois jours pour saluer tout le monde de l'immeuble.
    Sur les côtes, les gens sont nettement plus réservés quant aux risques pris par les jeunes esclaves familiaux. Un samedi matin sur la plage de Nouakchott, en 2006 ou 2007, la mer avait rejeté plusieurs cadavres de ceux-ci. En discutant avec les jeunes sur place, on sentait beaucoup de désapprobation envers cette folie...
    J'avais demandé au jeune et brillant patron d'un bureau local spécialisé dans le socio-économique (et donc l'accompagnement de projets de coopération tel que le mien) pourquoi il n'offrait pas ses services aux Européens pour mener campagne contre l'émigration. Il m'a dit qu'il se ferait supprimer très vite s'il rentrait dans ce jeu. A l'entrée des villes d'Afrique de l'Ouest, vous verrez de grandes villas très luxueuses. Elles appartiennent soit à des commerçants libanais, soit aux chefs des douanes...
    Les 10'000 euros ne vont pas intégralement dans la poche des mafias de passeurs...

  • @Géo
    Il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à dire, selon le dicton. Et lorsqu'elles sont dites, on s'en tient à ce qui rassure notre bonne conscience ... ou remplit notre portemonnaie.

  • Olivier1973@ "Vous avez bien raison, que les mulitnationales se retirent d'Afrique."
    Juste pour dire, en passant : l'Afrique, le plus grand des continents, ne produit que le 1% du PIB mondial. Et le 99% de ce 1% est produit par des firmes étrangères à l'Afrique.
    Mais vous avez raison sur le fond. Le développement selon nos critères n'est pas viable, il produit la croissance folle de la démographie humaine et va nous mener droit dans le mur. Quand, personne ne le sait. Mais qu'on aille droit dans le mur, ça c'est sûr.
    Cela dit, pour être plus léger, on ne peut qu'être admiratif pour les Africains. Ils ne produisent absolument rien, vivent à nos crochets depuis les indépendances* et continuent de se plaindre et de réclamer. Et ça marche !
    * Nous payons tout chez eux : l'approvisionnement en eau (mon projet en Mauritanie : 9 millions d'euros de la coopération française, 19 petites villes, 95'000 habitants), les hôpitaux et les écoles,, les salaires de leur personnel, les routes, les salaires des fonctionnaires, tout, tout et absolument tout.

  • @ Olivier1973:

    « Est-ce que vous voulez nous dire que les peuples africains ont choisi consciemment et démocratiquement de suivre notre modèle ? Qu'ils ont choisi consciemment et démocratiquement d'abandonner certaines cultures pour d'autres ? »

    Nous ne parlons peut-être pas de la même chose. Le développement c’est déjà la mise en place d’infrastructures de base: routes, distribution de l’eau et de l’électricité, hôpitaux, écoles, etc. Pour cela on peut utiliser ou non la technologie.

    J’ai connu un peu le sud du Nigéria, le mal-développement et la corruption sont endémiques: check points où les policiers prennent leur salaire sur votre dos, routes défoncées, égouts à ciel ouvert, écoles intermittentes, distribution de vivres aléatoires hors des circuits très courts, etc. Le système D qui en résulte ne permet pas à une économie saine de prendre racines.

    Le développement technologique n’est pas affaire de choix culturel, enfin en principe pas puisque tous les outils ont été inventés par toutes les cultures et civilisations. La technologie actuelle n’est au fond que la suite du marteau et de la flèche. Un marteau n’a ni identité culturelle, ni tradition, ni religion.

    Les structures psychiques de base des civilisations sont assez identiques de par le monde, avec: l’attrait du pouvoir, la culture de la domination, le culte du chef, le conformisme social. En Afrique on retrouve ces mêmes réalités, et des cultures très stratifiées et figées.

    L’Afrique culturelle, et donc politique et sociale, veut-elle rester heureuse, comme vous le dites, selon ses anciennes structures, par exemple les chefferies? Veut-elle renoncer à l’électricité et aux technologies qui permettent de produire davantage? Alors qu'elle le fasse. Il n'y a pas besoin de l'aide occidentale massive pour cela.

    Peut-être certains ont-ils une vision idyllique et un peu rousseauiste de l’Afrique traditionnelle. Celle-ci fut largement l’objet de convoitises internes. Guerres tribales, rapines, esclavage pratiqué entre africains y étaient normaaux, et les africains ont été eux-mêmes les premiers vendeurs d’esclaves aux arabes et aux européens.

    Beaucoup d’Africains incriminent la société occidentale. Elle n'est pas parfaite mais elle offre davantage de liberté et d'ouverture que les cultures africaines que j'ai un peu approchèes. L'Afrique n'est pas un modèle, quand-même!

    D'ailleurs les africains eux-même ont montré encore récemment qu’ils sont capables de monstruosités comme nous. Pareil dans le passé: Les conquêtes et la domination des Zoulous n'ont pas été une partie de plaisir d'après ce que j'ai lu. Tant que l’on démettra les africains de leurs propres responsabilités, qu’on jouera sur la corde sensible, on les enfoncera davantage et notre condescendance ne pourra masquer une sorte de double racisme inversé de eux vers nous, et de nous vers eux.

    Les artistes africains d’aujourd’hui pourraient demeurer fidèles à leur culture d’origine, et enregistrer selon les régions des CD avec uniquement des percussions locales, ou avec des instrumentaux qui ne se vendront pas en Europe. Si Youssou N’dour a eu un tel succès c’est parce qu’il a délibérément arrosé ses compositions d’influences pop occidentales (ex: 7 seconds).

    Il n'est pas le seul. Et le fait de passer à l'électricité en musique change de fait toutes les traditions. Fini les prestations locales, dans le village, sans besoin de micro ni de sono. Les spectateurs pouvant même participer aux chants. Avec l'électricité et la scène vient le volume sonore, par lequel l'artiste supplante et domine le spectacle et appauvrit les cultures participatives ancestrales.


    « A quoi rêvez-vous ? Tous vos rêves se sont-ils réalisés ? »

    À quoi rêvent les africains pour leur terre? Rêvent-ils seulement encore? Ont-ils jamais rêvé? Vous introduisez un curieux critère dont je ne vois pas quoi faire.

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